Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Derniers commentaires
Pages
17 janvier 2010

Une chanson:Miles away

http://www.youtube.com/watch?v=TaM0ewZ-XMU  Miles away

  Cette voix si belle fut celle des Zombies,groupe pop prophétique dont il a déjà été question ici.Depuis des décennies Colin Blunstone enregistre et tourne dans la plus totale discrétion.Il y en a pas mal comme ça dans le monde du rock,qui a souvent pratiqué la politique du jetable.Colin Blunstone vient de sortir un bel album(The ghost of you and me),d'une pop plutôt symphonique point trop maniérée cependant.Mais le titre Miles away date du début des eighties.Il ne faut y voir ou y entendre qu'une jolie chanson d'un surdoué dont il ne faut pas oublier qu'il fut la cheville ouvrière du magique Odessey and oracle dont on sait maintenant qu'il soutient la comparaison avec Sergeant Pepper's et Pet sounds.Ce qui n'est pas mince.

Publicité
2 janvier 2010

On a failli perdre Charlot

   En 1923 Chaplin,déjà très populaire mais un peu las de n'être pris "que" pour un comique,fût-il génial,tourne L'opinion publique,film qu'il pense être un très important virage pour sa carrière.Important L'opinion publique l'est,à l'évidence.Mais fort heureusement personne n'aima ce film,ni critiques,indignés de voir Chaplin prendre l'accent grave,ni public,orphelin de son doux vagabond malchanceux.On l'a échappé belle.Songez que l'on n'aurait peut-être jamais connu Gold rush,Kid,Modern Times,City lights.Quant à Great dictator et Verdoux allez savoir!

  C'est que L'opinion publique est un mélodrame mondain,situé en France (A woman of Paris) pour atténuer la charge sur la société américaine.Lubitsch et Stroheim,ces Européens devenus américains auraient pu signer ce film.Très élégant de mise en scène,avec le sens des objets pour favoriser ellipses et légèreté,ce marivaudage grave fort bien interprété,Adolphe Menjou notamment en viveur presque touché,est une perle rare longtemps invisible  ou presque.Chaplin indique par sous-titre et dès le générique qu'il est absent de ce film(enfin,une silhouette).Une scène un peu orgiaque et très belle traverse le film lors d'une partie chez les riches oisifs.Elle est très significative et déplut souverainement.Le triangle amoureux,pourtant même pas vraiment adultère,fut fort mal reçu et interdit dans certains états.

   

           Dépourvu de happy end mais non d'une rédemption post-tragique qui a certes pris des rides (1923 rappelons-le) L'opinion publique a vogué son chemin, culte, rare,ignoré par Chaplin lui-même.On sait maintenant que c'est une oeuvre splendide,intelligente,dépourvue de toute démagogie du trottoir,ce qui aurait pu être tentant.Mais,bon sang,on l'a échappé belle.

1 janvier 2010

Grands Lacs musicaux

 

       Il restera quand tout va mal des gars quelque part dans le monde avec quelques cordes,deux mains et une voix.Et cela suffira à ce que je me sente mieux,parfois plus mal,mais quelque chose d'un peu plus intense.Ceux-là sont canadiens et s'ils ont manifestement subi une légère influence (R.E.M.) leur album Lost channels porte un bien beau titre et comporte de bien belles chansons dont cette histoire de chiromancie.

http://www.youtube.com/watch?v=RKmUxC2IP1M  Palmistry

24 décembre 2009

Grace d'Ecosse

                                         Deuxième livre pour moi de cet auteur écossais(voir Le coeur de l'hiver http://eeguab.canalblog.com/archives/2007/01/23/2924105.html Cet écrivain commence seulement à être traduit en France,trente ans après la publication originale.C'est une plume très riche que Dominic Cooper.En moins de 200 pages il nous intéresse à Murdo Munro,forestier écossais qui vient de quitter sa femme à 58 ans,le jour du mariage de leur fille.après avoir accessoirement incendié sa maison.Fuyard,perdu,Munro,plutôt bon bougre,erre dans cette forêt d'Ecosse péninsulaire,en quête d'un restant d'avenir bien ténu.Les collines,les lacs,les ruisseaux de ce petit bout d'Ouest 'Ecosse n'ont pas de secret pour Dominic Cooper.C'est extrêmement bien décrit,à en frôler le vertige du lecteur.Qu'il parle des nuages ou des oiseaux il nous enchante.Tout petit extrait:"Survolant les collines en direction du sud,quatre corneilles,des lambeaux noirs devant la lumière plus haute,passèrent devant la montagne et disparurent bientôt."

   Drame de l'usure des sentiments et de la solitude,Vers l'aube,est un superbe poème de cette Calédonie tellurique,cette Ecosse rude et enclavée,ces rochers d'Occident aux prises avec la mer.A mille lieues de la littérature du nombril que je déteste prenez une pinte de cet alcool aux forts effluves que n'auraient renié ni Stevenson ni Conan Doyle.Je ne sais s'il y a d'autres romans de Cooper à paraître mais d'ores et déjà ce bel écrivain d'embruns et de fougères rejoint mon album photo.Il y sera en bien belle compagnie.

6 décembre 2009

Californie-Mexique,une histoire de Love

   

                      Le duo magique de Calexico et leurs acolytes revisitent le classique de la bande d'Arthur Lee,Love et cela donne une version fiévreuse et haletante,avec ambiance frontière et Rio Grande.Burns et Convertino ou l'alliance Nord-Sud versant musical,tout en finesse et conviction.Calexico avec son amalgame cuivres et guitares folk me pose cependant un problème car la mayonnaise me semble parfois trop artificielle.Heureusement nombre de jolies chansons parcourent leurs albums.

http://www.youtube.com/watch?v=o14hqYc96gE Alone again or

Publicité
16 novembre 2009

Cafés viennois d'entre deux guerres

http://www.alapage.com/m/ps/mpid:MP-2AA8BM2004206#moid:MO-2AA8BM3438963

   On connaît le Viennois Joseph Roth surtout pour La marche de Radetzky et La légende du saint buveur.On sait sa fin parisienne et alcoolique juste avant le déluge en 1939.Encore sous-estimé par rapport à ses amis Zweig ou Musil par exemple on sait moins ses débuts dans le journalisme et c'est l'objet de ce passionnant recueil de quelques-uns de  ses textes parus pour Images viennoises dans Der neue tag en Autriche vers 1920 et pour Cabinet des figures de cire dans Die Frankfürte Zeitung en 1929 en Allemagne.Bien sûr on retrouve les accents de cette Mitteleuropa qu'on aime tant d'autant plus qu'entre les deux horreurs ce monde a déjà opéré une première bascule qui ne sera pas la dernière.Mais ces textes très brefs permettent aussi à Roth de savoureuses digressions sur le temps par exemple:le très curieux Voile qui recouvre une horloge d'une feuille de journal.Ou ses interrogations sur L'avenir des théâtres impériaux en cette époque où L'Autriche-Hongrie a vécu et ne se doute pas encore de ce qui l'attend.

  Mais je suis surtout ébloui par la prose de Joseph Roth,Juif Galicien,quand il dépeint en quelques pages Le portier d'un grand hôtel.L'hôtel où Roth a beaucoup vécu est un personnage important dans ce Cabinet des figures de cire et cet homme aux clefs d'or nous fait irrémédiablement penser au Dernier des hommes de Murnau,quasi contemporain. Journaliste, Roth nous entraîne aussi dans les coulisses de la presse avec le portrait du Rédacteur de nuit,oiseau nocturne appréhendant l'actualité de toute sa foi en ce métier et "rangeant" les nouvelles dans l'intérêt de ses lecteurs.En ces heures ultra-matinales l'odeur d'imprimerie se mêle là celle des cafés et le rédacteur de nuit se prend à rêver,pas longtemps,à cette nouvelle Europe Centrale.

  Le futur n'est pas sûr mais ses lignes sur une Arrivée en  Albanie sonnent pourtant comme le kafkaïen destin de  ce pays.Et vous saluerez Le congrès qui m'a paru comme mis en scène par Lubitsch,avec petits délégués nerveux et grégaires dansant sur un volcan mais l'ignorant encore.Joseph Roth publierait La marche de Radetzky en 32 avant de quitter l'Allemagne comme beaucoup d'autres.

Joseph Roth(1896-1939) http://www.alapage.com/m/pl/malid:15859517

6 octobre 2009

Ma vie sans...It's all over now baby blue

          

            Ma vie sans Zimmerman...(air connu).En 1963 un groupe irlandais débute à l'Hotel Maritime de Belfast.Curieuse appellation: Eux,enfin,Them.Quatre d'entre eux n'ont à ma connaissance laissé aucune trace dans le grand livre du rock.Le chanteur s'appelle Van Morrison et deviendra ce que vous savez.Sa voix alors qu'il est encore très jeune est déjà fabuleuse dans une des plus fortes compositions du Dylan précoce.

    http://www.youtube.com/watch?v=ChPJo_UuF6M  Them-It's all over now Baby Blue

     Grand merci à l'ami D&D qui a remis le lien,ces liens étant parfois aléatoires.Stand by me débute effectivement par un riff identique.

30 octobre 2009

Chasse aux alpins

             Montagnard ce livre,et épisode guerrier.Comme souvent Mario Rigoni Stern l'un de mes préférés au delà des Alpes.La comparaison s'arrête là.Très différents ces deux auteurs.Le livre de Curzio Malaparte est plus ardu dans la forme,constellé d'italiques,et presque versant dans l'onirique,un onirique de violence dans des décors alpins si grandioses.En fait ce court roman était sorti en épisodes dans Il Tempo en 41 quand Malaparte était correspondant de presse dans l'armée italienne des Alpes.Mais Mussolini fit censurer certains chapitres et les deux derniers disparurent et Malaparte ne voulut jamais les réécrire.Beaucoup trop francophile pour le Duce tout ça.

            Malaparte déclara en 1947 qu'avec Le soleil est aveugle il fut "le seul parmi tant d'écrivains italiens,fascistes et antifascistes (parfois ce furent les mêmes) à avoir osé condamner le coup de poignard dans le dos de la France (expression consacrée), le condamner publiquement,pendant la guerre".Je ne me prononcerai pas sur cette assertion.Par contre j'aime beaucoup le tableau illustrant le livre,Troupes au repos d'un certain Christopher Nevinson.Etonnant destin que celui de Malaparte qui s'engagea pour la France en 1914 à l'âge de seize ans et fut emprisonné par les Allemands à la fin du second conflit.Rappelons que Kurt Suckert le Toscan avait choisi son pseudo par haine/admiration de Bonaparte et que ses romans les plus connus sont La peau et Kaputt.

26 septembre 2009

Ma vie sans... Blowin' in the wind

http://www.youtube.com/watch?v=3t4g_1VoGw4

   Ma vie sans Zimmerman eût été...mais ça je l'ai déjà dit.Le trio est le premier qui m'a fait connaître Dylan.Il y a très longtemps et traînent encore quelque part chez moi quelques 45 tours.J'ai déjà parlé d'eux à plusieurs reprises.A l'heure où la blonde Mary Travers vient de partir je me dis que le vent souffle pour tous vers la poussière.

5 septembre 2009

Naissance d'Israel sur le mode léger

  Une panthère dans la cave,sous ce titre curieux se cache un délicieux roman qu'on pourrait dire d'initiation sur la vie d'un enfant de 12 ans à l'aube de la création d'Israel.L'amitié pour un sous-officier anglais.Où commence la trahison?Où finit l'amitié?Et notamment quelques très belles pages qui décrivent la bibliothèque de son père.L'état d'Israel va voir le jour en cette année 47 et le jeune héros ,membre d'une armée de libération riche de trois gamins de son âge,se pose des questions sur la meilleure façon de bouter l'Anglais hors de Terre Sainte.Ce livre du grand auteur israélien Amos Oz en dit somme toute assez long sur cette curieuse ambiance où passe encore l'ombre de la Shoah si récente mais où espoir,ténacité et humour indispensable bâtissent déjà un avenir dont les enfants ont déjà compris qu'il sera tout sauf facile.Le titre fait référence à un film avec Tyrone Power dont je n'ai pas réussi à trouver trace.Le jeune Profi (surnom du personnage,diminutif de Professeur) s'identifiant volontiers aux Bogart,Gable,Cooper;etc...

19 août 2009

J'y suis tout à fait

   J'y étais déjà,favorable à la grande Nuala O'Faolain,après avoir lu On s'est déjà vu quelque part? Et je le suis plus encore après avoir lu J'y suis presque,écrit dans la foulée.Le talent de cette écrivaine irlandaise éclate dans ces Mémoires ironiques,sévères,d'une rare profondeur.J'ai décidé de vous proposer quelques extraits,plus parlants peut-être.Nuala O'Faolain restera une femme irlandaise lucide,qui aura réussi dans ce pays que j'aime tant mais dont j'ai déjà dit qu'il n'avait pas été exemplaire,à faire bouger les choses au delà du journalisme et de la littérature?Voir Vous avez lu Nuala O'Faolain?

  Nuala O'Faolain trouve des mots de tous les jours pour évoquer sa solitude,son penchant pour l'alcool et sa fratrie nombreuse(neuf enfants d'une mère elle-même alcoolique).Elle écrit aussi divinement sur l'Amérique et le 11 septembre.Et surtout à l'âge de soixante ans elle nous parle de l'âge venant avec une lucidité et une détermination qui,si elles vacillent parfois,demeurent inébranlables.Je tiens ce récit pour une oeuvre de toute première importance.Un petit florilège,ce que je fais rarement mais je voudrais tant faire découvrir ou mieux connaître ce livre.

   "La cinquantaine,c'est l'adolescence qui revient de l'autre côté de la vie adulte-le serre-livres correspondant-avec ses troubles de l'identité,ses mauvaises surprises physiques et la force qu'il faut pour s'en accomoder"

   "Il se peut que je commence à m'apaiser au sujet de mon père,mais je pense que je serai à jamais hantée par ma mère.Cependant,je ne suis plus sûre que la meilleure chose soit de lui pardonner,et ça aussi me donne de l'espoir.Il se joue plus ici et maintenant que jamais auparavant et c'est beaucoup,beaucoup plus tard dans la vie.Pourquoi ne pas s"armer de courage pour rompre avec elle cette fois-ci?Pour lui dire de se débrouiller toute seule,enfin?"

   "En grimpant sur mes propres mots et ceux des autres,le trajet n'a cessé de me pousser plus haut.L'écriture m'a ramenée des mondes souterrains.J'ai été mon propre Orphée"

     A noter aussi les mots troublants et magnifiques sur la dualité Irlande-Amérique qui est au coeur de presque toute la prodigieuse littérature irlandaise.J'ai appelé cela Le regard d'Aran sur Ellis Island.Se plonger dans J'y suis presque,après On s'est déjà vu quelque part? c'est toucher au plus près le mal de vivre mais aussi la paix d'écrire de part et d'autre de l'Atlantique.

25 juillet 2009

Une chanson:The first time ever I saw your face

http://www.youtube.com/watch?v=wANfZoE5x_I

flack

    Une voix de femme dans cette rubrique?Exceptionnel.Je ne sais pas pourquoi.Exceptionnel aussi le timbre de Roberta Flack.Plus crooner au féminin comme Dionne Warwick que jazzy-bluesy comme Aretha Franklin Roberta n'a plus l'audience de jadis.Mais quand j'entends Roberta et que me reviennent les pages passées il me semble que le temps aurait dû s'arrêter,me prendre par la main et me poser délicatement dans la rosée d'un matin,à écouter les oiseaux ou à brancher mon baladeur sur  Killing me softly with this song que chacun connaît.Alors j'ai choisi la composition du folkeux écossais Ewan MacColl The first time ever I saw your face.Elle fut d'ailleurs reconnue surtout après sa judicieuse utilisation par Clint Eastwood dans son premier film Play Misty for me.

5 juillet 2009

Garfield boxeur

theymademeacriminla1939

        John Garfield (1913--1952) avant d'être boxeur dans l'excellent Sang et or de Robert Rossen en 47 le fut déjà dans le très bon Je suis un criminel de Busby Berkeley en 1939.C'est d'ailleurs l'un des premiers rôles de Garfield,étonnant acteur mort jeune et qui eut maille à partir avec les foudres du mccarthysme.A ce propos je remarque qu'il est bien difficile de s'y retrouver dans cette période troublée et très contradictoire.Busby Berkeley,spécialiste de la comédie musicale,dirige le jeune Garfield dans un rôle de chien fou,espoir du ring poursuivi par une sorte de Javert version flic américain un peu raté et qui veut se refaire(le toujours impeccable Claude Rains).On y retrouve aussi les Dead End Kids,groupe d'adolescents à problèmes déjà présents dans Rue sans issue et Les anges aux figures sales.Ce côté rédemption des films noirs avait alors la côte à Hollywood.

Ce film nous confirme que la boxe est bien l'un des rares sports à passer la rampe au cinéma.On compte au moins quinze films de grande qualité tournant autour du Noble Art.Voir Archives mai 2008.John Garfield paraît encore un peu tendre et sera plus marquant  dans L'enfer de la corruption ou Le facteur sonne toujours deux fois.

5 juillet 2009

Le surdoué

Candy http://www.youtube.com/watch?v=SW5iKuP6G20

La Fête des Pères m'a valu de découvrir Paolo Nutini.C'est peu dire que l'enthousiasme a soulevé ma plume pour dire tout le bien que je pense de Sunny side up.Ce diable d'homme a tous les talents en dépit de ses 21 ans.Qu'il chante Coming up easy et on pense à Otis Redding.Très percutant dans 10/10 qui évoque bel et bien Bob Marley il chante Simple things, superbe ballade country comme Roger Miller (une sacrée référence).Tout cela pourrait faire un patchwork sympa sans plus.Le disque de cet Ecossais va bien au delà d'un hommage déférent.Paolo s'attribue le meilleur de Tin Pan Alley,cette musique qui nous fait vivre depuis si longtemps,pour nous convaincre de sa permanence au cas où l'on en aurait douté.Vous aimez notre musique? Dormez tranquille.Avec des diablotins cmme Paolo Nutini les riffs iront encore bon train et à coup sûr The beat goes on.

29 mars 2009

Géographie:Baltimore,Maryland

   Baltimore,dont le nom fleure bon une aristocratie écossaise par exemple,est en fait souvent plus ou moins rattachée à l'agglomération de Washington D.C.,distante de 40 miles environ.La ville de Baltimore fait pourtant partie de l'état du Maryland dont elle est la plus grande cité,700 000 habitants,sur la célèbre baie de Chesapeake.C'est surtout un grand port,fréquemment cité dans les romans et les chansons.Y virent le jour,outre Billie Holyday les écrivains Edgar Poe,Upton Sinclair,Dashiell Hammett,Leon Uris.Souvent chantée je vous propose la pluie sur Baltimore du groupe Counting Crows,dont le leader Adam Duritz est lui aussi natif de Baltimore.N'oublions pas bien sûr la superbe Lady came from Baltimore du grand Tim Hardin.

http://www.youtube.com/watch?v=avw8rBDRUxQ Raining in Baltimore

17 février 2009

L'Inoxydable

ildivo_sorrentino

   Si Gomorra m'avait plutôt rasé Il Divo m'a,à quelques détails près,enthousiasmé.Eternelle renaissance de mon cher cinéma italien.Vous ne connaissez pas Giulio Andreotti?Moi,vu les années,j'ai toujours un peu vu la longue silhouette de l'un des plus inamovibles hommes politiques italiens.Paolo Sorrentino,metteur en scène de la nouvelle génération,nous propose un puzzle fascinant où le personnage d'Andreotti apparaît fantômatique,filmé marchant vraiment comme Nosferatu et rasant les murs dans une Italie vide d'Italiens,puisque Sorrentino a opté pour le parti pris,curieux mais très intéressant,de ne guère quitter les ministères ou les églises.Mais à l'intérieur des ors de la république se jouent des destins,se trament peut-être(le doute est permis) des morts violentes,se fomentent des trahisons dans cette Italie où la Comedia dell'Arte épouse l'Opéra tragique.

    Faut-il avoir une petite connaissance de l'histoire de l'Italie pour apprécier Il Divo?Honnêtement je trouve que ça peut aider mais au delà de la spécifité transalpine la réflexion sur le pouvoir,sa solitude,réelle,et l'ambiguité du jeu politique,est passionnante.De ce films ne sort pas la vérité sur l'assassinat d'Aldo Moro,sur la loge P2,sur l'implication de Giulio Andreotti.Cette vérité là existe-elle seulement?De ce film,par contre,on peut sortir,ravi et heureux comme un spectateur "né cinématographiquement" sous Rossellini dont Sorrentino serait le petit-fils spirituel,mais un petit-fils qui aurait eu comme parrain Fellini dont l'ombre plane un peu,beaucoup,sur la mise en scène.

4 janvier 2009

Géographie:Dallas,Texas

http://www.youtube.com/watch?v=AjcOSmmTTiE  Dallas

           Texas nous voilà!Tragiquement célèbre depuis 1963 et plus encore depuis un certain feuilleton voici Dallas et son univers impitoyable. Troisième ville du Texas après Houston et San Antonio Dallas est aujourd'hui le centre d'une mégapole nantie d'une couverture aéroportuaire importante,la deuxième aux USA pour les vols intérieurs.L'un de ces aéroports porte le beau nom de Love Field.Dallas vit naître Stevie Ray Vaughan,Larry Hagman(forcément), Lance Armstrong et Norah Jones.Aujourd'hui Dallas nous vaut surtout le plaisir du blues de ce bon vieux Johnny Winter,intitulé sobrement Dallas.Mais qu'est-ce que ça m'énerve des musiciens de cette trempe,besogneux sur mes accords majeurs!

Image panoramique

21 décembre 2008

Géographie:Los Angeles,Californie

Fichier:Hollywood boulevard from kodak theatre.jpg

      Dernière étape 2008:du lourd,du très lourd.Deuxième ville du pays l'hydre étend des ramifications à 100 miles à la ronde.Voici El pueblo de Nostra Senora la Reina de Los Angeles de Porcunciula.Oui cette mission espagnole s'appelait Le village de Notre Dame la Reine des Anges de Porcunciula.Vous connaissez la suite,les boulevards,Hollywood,les highways incessants,la démesure automobile.Pour illustrer Los Angeles il fallait une voix tout aussi géante.Je l'ai trouvée en la personne de The Voice,Frank Sinatra.Ecoutez sa déclaration d'amour à sa lady,L.A.sur des arrangement de Quincy Jones.C'est vrai que très infidèle il avait aussi déclaré sa flamme à New York,New York.

http://www.youtube.com/watch?v=ubCYvaO2YdE L.A. is my lady

18 décembre 2008

Fascisme et gauchisme en grotesque

Domani,domani et Le porteur de serviette,les deux seuls films de Daniele Luchetti sont bien loin,vingt ans à peu près.J'avais autant aimé le premier,conte voltairien,que le second,fable politique.Mon frère est fils unique,sorti l'an dernier,me semble un film un peu moins personnel mais fort intéressant cependant.Si la première partie,très volubile,traite de l'opposition entre les deux frères querelleurs l'un comme l'autre,et ce avec pas mal de verve pour un film qui ressort assez classiquement de la comédie à l'italienne des années soixante,la seconde partie tourne à l'amer et au grave.Accio,le plus jeune est membre du parti néo-fasciste et Manrico l'aîné très engagé à l'extrême-gauche.Peut-on considérer que Luchetti les renvoie dos à dos?A peu près et c'est très bien ainsi à mon avis.Mais derrière la truculence de ces deux jeunes hommes perce la difficulté d'une Italie en proie à ces mouvements qui finiront par les Brigades Rouges,sans pour cela ôter la gangue d'affairisme d'une bonne partie de la classe dirigeante.

Amoureux de la même femme,rivaux en politique,les frères s'aiment pourtant profondément.Je les ai aimés aussi bien que ce cinéma reste un peu palôt par rapport aux grandes oeuvres du passé.Pourtant Daniele Luchetti est loin d'avoir démérité sur cette adaptation d'un livre nommé,je crois,Il Fasciocommunista,dont j'ai oublié l'auteur.Il faut un certain courage pour présenter un jeune néo-fasciste plutôt positif par ailleurs.il n'y a là-dedans rien de démagogique,c'est assez rare pour le souligner.Et puis ces bagarres entre ces extrêmistes plus benets que vraiment concernés sont souvent péchés de jeunesse.A noter une scène hilarante et qui en dit long:la version de L'hymne à la joie de Ludwig aux paroles modifiées ainsi "Trotsky,Lénine,Staline,Karl Marx",tout ça sur la Neuvième.Je connais des images actuelles tout aussi ridicules mais moins drôles.

25 novembre 2008

Un livre en somme

   Oui mais quel livre!Et quelle somme que ce livre!Sybilline l'a dit,les critiques sont enthousiastes et je me méfiais un peu.De plus je confesse m'être ennuyé à la lecture de Trois fermiers s'en vont au bal dont seul le titre m'avait plu.Avec Le temps où nous chantions Richard Powers nous livre une somme littéraire,un souffle prodigieux et rare animant ce livre,incomparable.Je pense que beaucoup le liront et n'ai pas l'intention d'en dire bien plus.

    Simplement il fait 760 pages et ne s'est ouvert à moi que parcimonieusement car certains passages sur la physique quantique ou même la musique sont relativement ardus.Je l'ai dégusté à petites doses comme un vieil alcool qui n'autorise son arôme que peu à peu,exigeant du lecteur une certaine disponibilité.A mon avis le très grand livre sur l'Amérique de ce début de siècle. Histoire, science, musique,famille,violence,mort sont les ingrédients de ce fabuleux bouquin qui balaie six décennies américaines en une polyphonie étourdissante qui fait qu'on quitte à regret cette famille si américaine dans toute sa complexité.On pourrait écrire des pages sur Le temps où nous chantions.Mais vous n'avez pas le temps,il vous faut vous précipiter sur ce roman inoubliable.

20 novembre 2008

Géographie:San Bernardino,Californie

 

       Back to California and welcome to City of San Bernardino.Sud-est de la Californie plus précisément.La vallée de San Bernardino compte dans sa proximité le Désert Mojave et le Joshua Tree Park(les fans de U2 savent de quoi je parle).La ville de San Bernardino fut comme beaucoup de villes de l'Ouest au départ une mission catholique qui porte le nom de Saint Bernardin de Sienne.Wyatt Earp,héros de l'Ouest,en fait un abruti de première d'après les historiens,y fit une bonne partie de sa carrière.La ville tend bien sûr à devenir banlieue de Los Angeles.Quant au groupe Christie son seul titre de gloire fut la version originale d'une célèbre chanson de Dassin que je vous offre en plus de San Bernardino.

http://www.youtube.com/watch?v=BZxwxv3UZ9M  San Bernardino

http://www.youtube.com/watch?v=qJ5-FoiBuVc  Yellow river

18 novembre 2008

La nostalgie,cette assassine blessure

Nostalghia

        Tarkovski est un cinéaste que je découvre seulement maintenant.Après Andreï Roublev La passion selon Andreï et Andreï j'ai donc vu Nostalghia.On sait le cinéma de Tarkovski exigeant,parfois frôlant l'ascèse en sa beauté plastique unique.Il me semble assez difficile de parler de Nostalghia tant la hauteur de vue de Tarkovski n'est pas notre quotidien.Le voyage dans l'Italie du Nord du poète russe,sur les traces d'un musicien,russe lui aussi,deux siècles plus tôt,se passe dans une Toscane qui n'a pas la luminosité des Taviani.C'est que le cinéma des frères se veut ancré dans une réalité très italienne alors que la parabole de Tarkovski est davantage universelle dans son questionnement.Tonino Guerra,le grand scénariste de plusieurs films importants des Taviani,Rosi,etc.. est d'ailleurs aussi celui de Nostalghia.

    Le poète et sa traductrice  rencontrent non loin de la chapelle de Piero della Francesca Domenico,sorte d'ermite accompagné de son chien et qui tient d'étranges propos.Cherchant à lutter contre le matérialisme du monde il se confie à Gortchakov le poète...Les pistes abondent dans Nostalghia,peut-être fausses.Et qu'est-ce que cette nostalgie où le thème de l'intraduisible semble vouloir scléroser tout art?Et Domenico dans sa folie n'est-il qu'un dément ou l'ultime sage dans cette Italie devenu un théâtre de malédiction.Mais Nostalghia sera ce que vous en ferez tant ce film sidérant de baroque somptueux et d'obscurs exils refuse de vous prendre par la main.La presse a parlé à propos de Nostalghia de poème métaphysique aux images inoubliables.Je parlerai de tremblante alchimie entre l'âme russe comme transportée,déportée et mystique et la Toscane qui aurait comme avorté sa Renaissance pour n'en retenir que la lumière noire.La présence si sensible du grand comédien suédois Erland Josephson évoquera certainement pour plus d'un spectateur un autre grand homme du Nord,à l'austérité si douloureuse et que vous aurez reconnu.

26 octobre 2008

Emois au lac de Côme

Un été

  Alberto Vigevani est un auteur inconnu...Les amis de Parfum de Livres,que je fréquente assidument,m'ont fait découvrir cet auteur italien né en 1918 et dont la discrétion n'a d'égal que le talent.Il y a dans Un été au bord du lac une belle finesse d"analyse de ces fameux premiers émois que l'on a tous connus.Un livre qui aurait dû ravir François Truffaut par exemple.Un univers de questionnement sur cette douleur de l'adolescence quand se tord un peu le coeur pour mieux voir.Avant guerre,le jeune Giacomo,trop jeune pour les grands,plus pour longtemps,passe ses vacances d'adolescent milanais privilégié sur les rives du lac de Côme.Il se prend d'amitié pour Andrew,enfant venu d'Angleterre avec sa mère.Andrew est gravement malade et en cette fin d'été Giacomo le sensible cherche à atténuer sa peine.Il trouvera ainsi sa propre peine dans cette nouvelle fragilité du coeur qui bat un peu fort la chamade à la vue de la mère d'Andrew.

  Sur ce sujet somme toute très classique Vigevani brode de fort subtiles variations autour d'infinis détails,une maquette de bateau,une baignade,un sentier de montagne.C'est magnifiquement écrit et ce déchirement qui perce la jeune âme de Giacomo,il faudrait être une brute pour ne pas en saisir la grâce.A des années-lumières de tout tapage ce court roman est inoubliable.

8 novembre 2008

Géographie:Nashville,Tennessee

Vue générale de Nashville

        L'une des villes les plus citées dans la musique américaine est sans conteste Nashville.Capitale du Tennessee,un peu plus petite que Memphis,également très courue musicalement et nous y reviendrons certainement.Nashville abrite le célébrissime Grand Ole Opry,temple immortel de la musique country où toutes les stars sont passées.Altman et Bogdanovitch l'ont célébrée au cinéma.Ecoutez si vous le voulez l'un des tubes des Lovin' Spoonful,le frétillant Nashville cats,les cats étant ici les nombreux requins de studio qui hantent Nashville.Et le leader des Spoonful John Sebastian y raconte les émois d'un des 1352 guitar pickers de Nashville.

http://www.youtube.com/watch?v=vtU_R61TVk4

17 octobre 2008

Le grand écrivain provençal

     Le grand écrivain provençal n'est pas celui qu'on pense.Une révélation pour moi,tardivement mais qui n'en a que plus de prix.Je l'ai déjà écrit,je n'avais lu que L'Ane Culotte en mon adolescence lointaine.Plutôt homme du Nord,en fin au nord de la Seine je ne suis pas particulièrement friand de la couleur locale provençale en général et Henri Bosco ne faisait pas partie de mes projets.Mais les amis de Parfum de Livres m'ont donné envie d'essayer.J'ajoute que c'est là le rôle le plus noble de ce forum,et de loin.

         Le mas Théotime est une presque tragédie à l'antique. Bosco, tout en faisant vivre au mieux cette Provence de rudesse et de travail,ne nous l'inflige pas dans un passéisme outré(le roman date de 1945 me semble-t-il).Ses personnages,à commencer par Pascal le héros narrateur, s'inscrivent dans un climat passionnel fait de retenue et de silences,ce qui n'est pas incompatible.Les tempêtes sous les crânes sont extraordinairement bien ciselées et la langue de Bosco est superbe , envoûtante,tellement au-delà du terroir.Le mas Théotime pourrait se dérouler en Amérique du Sud ou en Grèce,n'importe où peuvent souffrir les hommes,là où se cassent les rêves et se meurtrissent les âmes.
   

     Le mas Théotime est le plus beau livre français que j'aie lu depuis des lustres.Ce n'est pas pour moi une mince surprise et je comprends Markofr,entre autres,qui semble un boscophile émérite et qui chez Parfum de Livres est le meilleur vendeur de Bosco.

Citation:
Elle aimait la maison.Souvent elle se tenait dans sa chambre,car la saison était devenue chaude et déjà,sur,les aires,le soleil brûlait.Pourtant elle ne descendait que rarement vers la source;elle prétendait que les eaux,même limpides,ne sont pas toujours amicales.Il est vrai qu'on ne sait jamais d'où elles viennent,quand elles jaillissent ainsi de la terre;et peut-être y-a-t-il,non loin de leur résurgence,un abyme,où des rivières souterraines alimentent de leur courant silencieux des profondeurs liquides,que nul n'a jamais explorées,et qui dorment à notre insu,noires et lourdes de menace,dans quelque caverne de la montagne?"Près des sources,disait Geneviève,on perd la raison."
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 064
Publicité