Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Derniers commentaires
Pages
31 octobre 2013

Deux sons de cloche

Plath

                        Oui vous aurez deux sons de cloche sur le seul roman de Sylvia Plath, en lecture commune avec La jument verte de Val, ce qui est bien plaisant. Je ne connaissais que le nom de Sylvia Plath,et son suicide à 32 ans. L'idée vient de Val, excellente, et La cloche de détresse m'a beaucoup plu.Rarement roman n'aura sonné , sans jeu de mots, aussi vrai. Rarement un récit manifestement très autobio n'aura carillonné aussi juste. Et rarement ce carcan social qui nous menace tous n'aura été aussi bien cerné. Estelle Greenwood est lancée à 19 ans dans le grand bain newyorkais des mondanités et de la presse tendance mode et féminisme. Ce roman m'a séduit aussi en tant qu'homme alors que ces derniers n'y ont guère le beau rôle. Estelle n'est pourtant pas une figure romanesque qui à première vue me passionne, ambitieuse et carriériste.Mais Sylvia Plath parvient à transcender magistralement la jeune femmeEt pour cause...Estelle étant manifestement le double de Sylvia, perturbée et beaucoup d'éléments du livre faisant régérence à la propre vie de Sylvia Plath.Ainsi La cloche de détresse fut-il publié en 63 sous le pseudo de Victoria Lucas.

mois américain

                        La matière première du livre est donc la jeunesse de l'auteur.Mais Sylvia Plath a-t-elle connu autre chose qu'une jeunesse? Surdouée de la poésie, Sylvia ne l'était pas de la vie. Dès le début du livre on constate le procès-verbal qu'évoque Colette Audry dans sa préface.Un vrai constat, plutôt rude sur la société et sur elle-même pour commencer. La propre mère de Sylvia aurait écrit "Sans commentaire,ce livre représente la plus vile ingratitude". C'est bien vrai que La cloche de détresse cogne son lecteur comme ses personnages. Précis et clinique, le chemin si peu fictionnesque de l'auteur nous hèle à chaque paragraphe et nous interpelle tout au long des 260 pages. Le syndrome psychiatrique qui court,inéluctable et programmé, n'obère pas les qualités littéraires du "roman". Il enrichit de ses brutalités et de ses approximations au contraire, et ceci nous laisse pantois, cette histoire de folie et de mort, cette très sombre et très vive marche vers la nuit, sur fond de conventions et d'hypocrisies, carrément assassines cette fois.

Allez Valentyne

wombat1

 

 

 

 

Publicité
10 septembre 2013

Table d'hôte

1069353_219198968229725_656349646_n

                                           La table a souvent servi de décor,de (s)cène en littérature et au théâtre.Le souper, Le dîner de cons, Le festin de Babette,etc... L'auteur néerlandais Herman Koch nous la sert style film danois Festen.Deux frères dînent avec leurs épouses respectives dans un grand restaurant d'Amsterdam.L'un des deux est le possible futur premier ministre. Mais un cadavre va s'inviter à leur table,leurs enfants,un fils chacun,ont commis ensemble un acte ignoble et la rencontre a été initiée pour éventuellement faire front commun. Mais pas tout de suite,dînons d'abord dans cet établissement prestigieux où les deux couples, bien sous tous rapports,s'installent avec ce qu'il faut d'ostentation. Apéritif et mondanités,universellement connus à tous les étages de la planète, enfin sauf chez ceux qui se demandent ni ce ni quand ils vont manger,mais seulement s'ils vont manger.

                                         Les fleurets sont d'abord mouchetés selon l'expression consacrée. On se gausse du maître d'hôtel, un soupçon de mépris peut-être. Ces gens là ne nous emballent pas,dirait-on. Et puis sonnent les portables de ces gens très occupés, de bonne compagnie.L'un des deux couples a même adopté un jeune Africain, Faso. Serge et Babette et Paul et Claire devisent cinéma, Woody Allen se prête particulièrement bien à ce type de papotage bobo, bonne conscience du cinéphile depuis quatre décennies, à peu près sûr que la moindre sous-préfecture européenne propose le film. Je suis personnellement très proche du cinéma de Woody Allen,j'aurais fort bien pu dîner avec eux.

                                          Puis les questions se précisent et c'est à petites doses que le lecteur apprend l'innommable, à savoir l'horreur commise par les cousins, et le plus qu'innomable que j'appellerai l'ignominommable, à savoir que tout le monde est plus ou moins au courant et que ça n'a pas déclenché chez les parents autre chose que quelques soucis domestiques somme toute casables dans un petit coin de mémoire,tout petit le coin. Prise de conscience tardive? Pas sûr. Herman Koch s'abstient de tout parti pris dans ce dilemme,comme tout cela est froid.Glaçant. Au long des chapitres, Apéritifs, Entrée, Le plat, etc.. on peut trouver à ce Dîner intéressant des vertus émétisantes.

L'avis de Dominique de Nuages et vent    Hermann Koch Le Dîner

3 juillet 2019

Nowhere to run

shopping

                                Nulle part sur la terre, titre français, n'est déjà pas d'une franche gaîté. Mais le titre original, Desperation Road, est encore plus sombre. Nous sommes dans le Sud américain, une terre de Mississippi classique, où l'on a déjà rencontré pas mal d'auteurs. C'est un bon roman, où les personnages sont évidemment marqués du sceau de la violence et du destin. Vengeance, rédemption, des restes d'amitié, de la déveine surtout. Oui, c'est surtout ça. Dans ce Deep South la plupart du temps on n'a pas de pot. Et les rencontres sont souvent mauvaises.

                                Maben traîne de motel en motel Annalee sa gamine de cinq ans. Les camionneurs sont souvent son seul horizon avec les flics. Il y a parmi les deux corporations de braves types, pas tous. Russel, lui, vient de purger de 11 ans de cabane pour homicide involontaire, voiture et alcool, très vieille antienne. La poisse leur colle aux basques à tous deux et n'est pas près de les lâcher. Maben, dès le début, et toujours en rupture, doit se défendre et ça tourne mal. Russel, dès sa sortie de prison, se fait cogner par les frères de sa victime de jadis. Tous les ingrédients du sud brutal, écrasant et alcoolisé, sont en place. Vengeance, remords, et surtout bien mince espoir, voir le titre original.

                                Nulle part sur la terre se lit avec plaisir. Bien sûr cette Amérique dite des laissés pour compte a été mille fois dépeinte et le cinéma s'en est bien souvent emparé. Ces autoroutes, ces motels, cette moiteur, ces relents de bière et de bourbon, ces filles paumées, ces baluchons qui montent en cabine... La route du désespoir. Cependant Mitchell, le père taiseux de Russel, ou Boyd, un copain d'enfance policier honnête, sans grandes phrases ni accolades, aident chacun à leur manière. Et les autres, Heather aimait que Larry soit toujours galvanisé par la haine. Elle aimait l'entendre parler de son frère mort, l'entendre parler de vengeance. Elle aimait son côté fruste, la rage qui s'allumait quand il la basculait. Voilà de quoi est fait le Sud. Voilà de quoi est fait le monde.

.

2 juillet 2013

Méfiez-vous des contrats que vous passerez à Bourg-Tapage

Francois-Garde_-Pour-trois-couronnes_int_carrousel_news

                     Deuxième livre de François Garde et deuxième réussite avec ce roman d'aventures et d'enquêtes et de  voyages. Cet homme là est un sacré raconteur. Karen Blixen puis au cinéma Orson Welles ont utilisé avant lui cette légende de tout temps, appelée d'ailleurs Une histoire immortelle,du marin qui,pour trois couronnes, accepte de suppléer à la stérilité d'un mari vieillissant.Dans un port mal identifié mais qui prête à la légende,tourné plutôt vers l'Asie,ce matelot disparaîtra. Des années après Philippe Zafar,lui même franco-libanais est nommé curateur aux affaires privées d'un riche homme d'affaires franco-américain qui vient de mourir. Dans ses archives,une mystérieuse lettre manuscrite évoque en trois pages cet épisode de la vie d'un matelot.

               Il mène ainsi l'enquête sur les secrets de Thomas Colbert et de fil en aiguille essaie de percer la vérité sur le passé de cet homme.La piste ira se perdre dans une île lointaine, probablement dans l'Océan Indien,cela reste indéfini.Entre temps les insulaires se sont révoltés,en grande partie sous la houlette de Benjamin Tobias, qui pourrait bien être l'enfant de la curieuse  transaction de 1949,sur le port de Bourg-Tapage.Zafar va patiemment renouer les fils de ce contrat,rencontrer les rares témoins indirects,interroger les lieux et les archives insulaires.Ce travail est assez ingrat,rien de spectaculaire. Mais le plus passionnant est probablement la réflexion,très fine,sur la décolonisation,qui évite de donner les sempiternelles leçons,discrète,comme je les aime et qui laisse le lecteur à ses interrogations.

            De père libanais mais lui-même n'ayant jamais vu le pays du cèdre Philippe Zafar trouvera sur cette quête d'un fils l'occasion de se réapproprier sa propre filiation  à travers le destin de son propre père mort accidentellement,ou pas,alors que lui-même n'avait qu'une dizaine d'années.Il envisagera alors son propre voyage au Proche-Orient,dans un modeste village des Monts du Liban.Mais avant il lui faudra décider ou non de dévoiler la vérité apprise,avec de multiples risques. François Garde sait disséminer les petits cailloux sur une piste très littéraire et qui nous amène immanquablement à nous prendre au jeu.Parions quelques sols que vous aimerez Pour trois couronnes.

15 mai 2014

Du côté de Wicklow, du côté de Cleveland, du côté du coeur

 canaan

                                            J'espère que Valentyne, La jument verte de Val,  maintenant primée à Lyon, encore toutes mes félicitations, aura toujours le temps de lire en commun avec  moi. Aujourd'hui nous revenons tous deux de Canaan et d'Irlande avec le bien beau roman de Sebastian Barry, sur la partance Irlande-Amérique un peu certes, mais bien plus sur la vie d'une femme que les graves dissensions, le mot est faible, dans l'Irlande des années vingt, ont conduite à l'exil avec son fiancé. En effet Du côté de Canaan raconte une femme, Lilly Bere, dont on fait la connaissance lors qu'elle a 89 ans et que son petit-fils vient de mourir. La construction du roman m'a beaucoup plu, entremêlant sa vie, brève, avec Tadg qui n'avait pas choisi le bon camp, celui de l'IRA, avant la traversée clandestine et Chicago, des souvenirs de son frère Willie qui combattit en Picardie (voir Un long long chemin, Beau roman de boue ), et des épisodes plus récents de sa vie à Cleveland, Ohio.

                                           C'est que déjà son père, policier à Dublin, n'était pas vraiment du côté que l'Histoire aura retenu. Et que dire des guerres qui lui enlèveront son frère dans la Somme et plus indirectement son fils des suites du Vietnam et son petit-fils de celles du Golfe. Ainsi les choses se répètent dans la vie de Lilly Bere et passent les hommes, passent les années dans cette Amérique qui exclut souvent tout autant que la vieille Erin là-bas à l'Est. Mais la Lilly Bere vieille dame sur le départ, tout comme la jeune émigrée confrontée à la vengeance et au mépris qu'elle fut jadis, aura doucement changé les choses, sans bruit, sans extravagance, sans grandes théories féministes, par sa simple disponibilité envers de plus modestes encore qu'elles, Cassie, sa meilleure amie, noire, par exemple. Autour d'elles les hommes auront fait ce qu'ils auront pu, tant d'erreurs, parfois suivies de rédemptions comme Nolan le jardinier ou Eugenides  le vieux marchand grec.Tous de très beaux personnages.

                                          Nous pensions agir pour le bien de l'Irlande.

                                          Les Italiens partirent, Mike Scopello parmi les premiers, bien que leur pays fut de l'autre côté. Les Irlandais y partirent, bien que l'Angleterre fut du même côté.

                                          Deux citations pour un livre dont il faudrait tout retenir. Mon Irlande littéraire se porte bien et là au moins du côté de Wicklow, le nouvelles sont bonnes. Quelque chose me dit que ma co-listière Valentyne partagera mon sentiment mais là je m'avance un peu. Par ailleurs mon vieil ami Yvon est aussi un ardent défenseur de ce beau roman BARRY Sebastian / Du côté de Canaan.

Publicité
7 janvier 2014

Bronxite chronique

bronx

                                        Ce sera bref. Je n'ai pas aimé ce roman. Je sais que Jerome Charyn a une cohorte d'admirateurs notamment en France. Je lui reconnais une imagination fertile. Il faut dire aussi que pour mon premier, et vraisemblablement dernier Charyn, j'ai pris au hasard El Bronx, huit ou neuvième roman mettant en scène Isaac Sidel, ancien flic juif, commissaire puis ci-devant maire de New York. Depuis je crois qu'il est devenu vice-président des Etats-Unis. Certaines filiations m'ont sûrement échappé. Charyn est un prolifique  "branché". Les prolifiques, moi, je les préfère simples et pas modernes. Jerome Charyn, enfin ce livre, El Bronx, me l'a semblé tellement, moderne, avec tout ce que ça implique d'air du temps, et de facilités, et ce style BD.Certes Charyn sait nous décrire un monde coloré et assez original, un monde d'enfants perdus virevoltant autour d'un maître, un maître mot pour l'auteur, la came. Ce n'est pas le Bronx des polars et du cinéma, pourtant violent, mais un royaume où les enfants jouent un jeu, un jeu que je n'aime décidément pas.

                                       Encore une fois Charyn ne manque ni d'idées ni de visions. Des hélicos survolant le Bronx, transormé en hyper de la dépravation, une sorte d'opéra baroque sous crack , le contraire d'un conte de fées,  Seulement je trouve les idées bien banales et les visions bien clinquantes et agressives. J'aurai lu Jerome Charyn, notamment pour Lecture/Ecriture. Et voilà tout.

 

7 novembre 2013

La poésie du jeudi, Boris Vian

chromo oiseau couronné ana-rosa(1) A propos de guerre, de novembre et de deuil (j'aime tout spécialement "une abeille de cuivre chaud").

L’Evadé

 

Il a dévalé la colline

Ses pas faisaient rouler les pierres

Là-haut entre les quatre murs

La sirène chantait sans joie

 

Il respirait l’odeur des arbres

Avec son corps comme une forge

La lumière l’accompagnait

Et lui faisait danser son ombre

 

Pourvu qu’ils me laissent le temps

Il sautait à travers les herbes

Il a cueilli deux feuilles jaunes

Gorgées de sève et de soleil

 

Les canons d’acier bleu crachaient

De courtes flammes de feu sec

Pourvu qu’ils me laissent le temps

Il est arrivé près de l’eau

 

Il y a plongé son visage

Il riait de joie il a bu

Pourvu qu’ils me laissent le temps

Il s’est relevé pour sauter

 

Pourvu qu’ils me laissent le temps

Une abeille de cuivre chaud

L’a foudroyé sur l’autre rive

Le sang et l’eau se sont mêlés

 

Il avait eu le temps de voir

Le temps de boire à ce ruisseau

Le temps de porter à sa bouche

Deux feuilles gorgées de soleil

 

Le temps d’atteindre l’autre rive

Le temps de rire aux assassins

Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

 

Boris Vian, Chansons et Poèmes

8 mai 2013

Academy Award Nominee

award-liebster

               Je réponds rarement aux tags.J'ai fait exception pour celui-ci car je l'ai trouvé amusant.Il a transité par Asphodèle à qui je n'ai rien à refuser. L'exercice n'est pas si simple si l'on ne veut pas trop s'étendre. J'ai donc essayé.Voilà ce que ça donne mais j'ai vraiment l'impression de ne pas être doué pour cet exercice.Je me suis aperçu que l'on ne peut pas répondre aux questions sans prendre le temps de s'expliquer.Et ce n'est pas ici le lieu où s'épancher.

   Onze faits sur moi

     1/ Je déteste les fautes d'orthographe et les traque sur mon propre blog car il peut m'arriver d'en faire.J'aime tant la langue française.

    2/ De culture musicale je suis plutôt d'influence très anglo-saxonne,ce qui n'est pas incompatible avec la ligne précédente.

    3/ J'essaie d'éviter comme la peste tout blog manifestement politisé.Mon non engagement est de longue date,et mûrement réfléchi.

    4/ J'ai une passion pour les chats même si je n'en possède pas.Il n'est rien de plus beau qu'un petit félin,quoi qu'il fasse.

    5/ Au bout de 42 ans de métier,et à quelques mois de la fin,j'aime toujours autant soigner.

    6/ On ne peut pas dire que la retraite me fasse peur.Mais on peut dire qu'elle me terrorise.

    7/ Certains mots,souvent très beaux,me sont devenus insupportables: citoyen, humanisme, tolérance. Leur suremploi, leur mésemploi n'ont fait qu'entraîner simplisme, angélisme et démagogie.Mais là je suis à la limite.

    8/ A mon dernier pointage j'ai vu 3143 films,certains jusqu'à douze fois.Mais je préfère la littérature au cinéma.

    9/ Emma et Noé sont deux prénoms qui me sont chers.Bien évidemment mes petits-enfants s'appellent ainsi.

    10/Je n'ai pas d'appareil photo.Et de mes voyages je n'ai ramené aucune photo.Mes photos sont dans ma tête.

    11/L'un de mes regrets est de n'avoir jamais eu de jardin et d'être ignorant en botanique alors que les fleurs me fascinent.

timthumb

    Et voici les questions d'Asphodèle

  1. Quel a été le plus beau jour de ta vie? ****
  2. Le pire? ****
  3. Quelle est l’idée en ce moment qui t’angoisse le plus ? Pas une originalité:les violences.
  4. Le livre que tu offres systématiquement à tes amis ? C'est assez rare.J'aurais tendance à offrir un livre à mon goût,ce qui évidemment n'est pas toujours partagé.
  5. Celui que tu offres à ta belle-mère ou aux gens moyen-moyen ? Aux gens moyen-moyen je n'offre rien.A ma belle-mère j'ai longtemps offert le coiffeur,enfin une séance chez le coiffeur.
  6. Ton expression ou gros mot préféré ? Ca c'est drôle et c'est plutôt un compliment quand je dis à quelqu'un(e) "Mon grand (ma grande) tu auras compté dans ma putain d'vie".Le d' est très important.
  7. Aimes-tu les vacances ? Finalement,pas tellement.Pour de multiples raisons.
  8. La première chose à laquelle tu penses en te réveillant ? Que le gâteau de ma vie est bien entamé,et que ça ne m'amuse pas.
  9. Te vois-tu bloguer dans dix ans?  Pourquoi pas,dans la mesure où bloguer c'est écrire.
  10. Un film où tu es sorti avant la fin? Aucun des 3143 évoqués plus haut.Mais il doit y avoir trois, ou quatre films dans ce cas.Je me souviens d'un film anglais d'après plus ou moins La terre de Zola.Ca s'appelait justement Cette sale terre.Trop sordide. J'ai un problème avec la surenchère du sordide.
  11. Et enfin,si tu en as une,quelle est ta devise? "Faire,tout de même,malgré tout,de son mieux".Que je corrige vite en ajoutant "A peu près".

 

            Quant aux onze questions que je poserais éventuellement elles ne concerneraient surtout pas une curiosité quelconque,mais plutôt une approche des goûts culturels des blogueurs,blogueurs que je ne citerai d'ailleurs pas nommément.Répond qui le souhaite.

   1/ Quel est l'oiseau qui te fait rêver?

   2/ Le point cardinal qui parle le plus à ton imagination?

   3/ Une ou deux lignes d'un poème qui te viennent à l'esprit?

   4/ Un geste physique ou sportif que tu trouves vraiment très beau?

   5/ Cite quelqu'un que tu considères un bienfaiteur (trice) de l'humanité?

   6/ Que t'inspire le mot "travail"?

   7/ Quel est ton sentiment sur le fait que les blogs que nous fréquentons,en gros tendance lecture,musique,expos,ciné,sont à 85% environ féminins?

   8/ Quel est l'endroit de France que tu préfères?

   9/ Si tu devais remonter à pied  le cours d'un fleuve du monde lequel choisirais-tu?

   10/ Si tu devais être enfermé dans un livre quelle île emporterais-tu? Voilà une question qui change un peu,non?

   11/ Que penses-tu de mon questionnaire?Ne pas hésiter à dire les choses.

 

          Je ne désigne personne.Ou tout le monde.Et confirme que ce n'est pas là mon exercice favori.

9 juillet 2013

Et le wombat cessa...

La vengeance du wombat

                       Kenneth Cook,Ce vieux briscard des antipodes est décidément infréquentable.Je le sais depuis Cinq matins de trop et A coups redoublés. Mais qu'est-ce qu'on se marre avec lui. D'accord,pour le foie,c'est pas trop recommandé et la modération n'est pas le fort des gars du crû,le déodorant non plus,ni la galanterie.Une quinzaine de nouvelles australes qui nous dépaysent et nous laissent le cheveu raide.Moi,j'aime bien,de temps en temps.Mais comme on en sort épuisé on a tendance à glander et à laisser la parole à quelqu'un de tout à fait autorisé qui pense comme soi-même et qui l'a fort bien écrit.J'ai nommé Le Bison. Allez à toi cher Buffalo! http://leranchsansnom.free.fr/?p=5287

5 mai 2013

Ma peur du loup

HESSE

              Il ne viendrait à l'idée de personne de nier l'importance de Hermann Hesse.Prix Nobel 1946,l'écrivain allemand n'est pas un auteur souriant.J'ai attendu très longtemps avant d'affronter Le Loup des steppes.J'ai des difficultés à en parler.Cette littérature existentielle m'est assez  étrangère.Les chefs-d'oeuvre intimident parfois.c'est le cas avec Harry Haller,ce quinquagénaire désabusé en pension dans une ville d'Allemagne.Lui-même pris en étau entre sa tendance presque suicidaire et misanthrope,celle du Loup des steppes,un beau titre, séduisant,et son désir d'insertion dans la société.Toutes les anthologies du XXème Siècle soulignent l'importance de ce livre.Probablement indiscutable mais à moi,Le Loup des steppes est demeuré en partie hermétique.

a-tous-prix

          Ainsi ma peur du loup était donc justifiée.A voir le thème on pourrait penser,un peu,à une sorte de Docteur Jekyll et M.Hyde version post-freudienne.Un peu immodeste la version.Malgré quelques moments forts.De plus il faut rappeler que Hesse a écrit ce livre en 1927,devenu citoyen suisse,par anti-nationalisme essentiellement.Un soir ,traînant son âme en peine, Harry se retrouve en possession d'un ‘Traité du Loup des Steppes, où son portrait psychologique est dépeint avec une telle précision que lui seul aurait pu l'écrire. Intrigué, il tentera d'en découvrir la provenance, et apprendra ainsi l'existence d'un Théâtre Magique, un mystérieux endroit où seuls les fous sont admis. Harry rencontre alors Hermine, une jeune fille,plus ou moins prostituée,mais qui aurait un peu lu , qui peut apparaître comme son double ou son contraire,ce qui ne simplifie pas la situation, et qui promet d'apprendre au loup et à l'homme qui vivent en Harry à cohabiter en paix. Elle ne pose qu'une seule condition : une fois son apprentissage terminé, il devra la tuer.

        Honni par le Troisième Reich qui le trouvait particulièrement décadent Le Loup des steppes accéda à partir des années cinquante au très envié et très discutable statut de livre culte.Notamment par beatniks et hippies interposés.Y aurait-il un peu de Meursaut, L'étranger camusien chez Harry Haller? Vers mes quinze ans j'étais fasciné par Le Loup des steppes,par le titre,pas par le livre que je viens de lire le mois dernier.Mais un beau titre,c'est déjà pas si mal.Plus tard un film,jamais diffusé,lui donna les traits du grand Max von Sydow,alter ego de Bergman pendant une époque,ce qui ne tendait pas vraiment à la franche rigolade.Le film est mauvais,peut-on lire partout.De toute façon peu l'ont vu.Mais pour moi,qui n'avais alors plus tout à fait quinze ans,ça me séduisait toujours,de loin en loin.

       Les années passant,Le Loup des steppes me mordillait toujours un peu et très récemment je décidai d'en finir avec ce canus lupus septentrionus.Je le lus.Oui,je le lus.Et ne le regrette pas,les passages sur Goethe ou Mozart notamment volant assez haut.De même que d'assez pitoyables leçons de danse et des crachats sur le jazz qu'évidemment je ne cautionne pas.Donc je le lus et viens de vous dire ce que j'en ai retenu.Me reste la perplexité que peut-être vous partagerez si vous le lisez.Mais vous pouvez faire semblant de l'avoir lu.C'est très bien aussi et personne ne vous contredira.

http://bookin-ingannmic.blogspot.fr/2013/05/le-loup-des-steppes-hermann-hesse.html Inganmic l'a chroniqué deux jours avant moi.

 

4 avril 2013

Promis...Juré

cinejeunevisu2013_ok

http://www.cinejeune02.com/catalogue_st-quentin.pdf

             Nous sommes neuf qui avons cinq jours pour juger neuf longs métrages à voir dans le cadre de Ciné-Jeune 2013.Les films y sont allemand, japonais, argentin, belge, danois, américain,finlandais.Une occasion de s'aérer,enfin s'aérer au sens figuré.Le Jury Ville,adulte,décernera le Prix de la ville de Saint Quentin.Et puis plein de courts,très courts parfois,pour les petits, très petits parfois, et les plus grands.

15 mars 2013

Ella,elle l'a

     CHEVREFEUILLE_GOLDFLAME_A         

                     ...cet indéfinissable charme.L'une des ladies du jazz reprend ici un standard composé dans les années 30 par Fats Waller.Tout le monde,absolument tout le monde du jazz a enregistré une version de Honeysuckle rose.Voici donc Ella à Montreux, accompagnée du fabuleux orchestre de Count Basie.Nul doute qu'avec Ella Fitzgerald et le Count ce chèvrefeuille prospère vraiment du côté ensoleillé de la rue.C'était mon petit tour au jardin virtuel,sous la tonnelle,à boire le vin frais.On peut rêver.Et swinguer.Par contre je n'ai jamais compris comment "chèvrefeuille" se traduisait dans la langue de Shakespeare par "suc de miel".

fvb3mb    http://youtu.be/7FwWlyGHlwE   

Honeysuckle rose  Ella Fitzgerald

  

 

 

4 mars 2013

Rome n'est plus dans Rome

51mWvEXYg6L__SL500_ 

                  Toujours très attiré par l'Italie je me suis régalé avec Prison avec piscine,premier roman traduit en France de Luigi Carletti.J'ai titré Rome n'est plus dans Rome pour deux raisons.Un,pour frimer et faire croire que j'ai lu la pièce de théâtre de Gabriel Marcel intitulée ainsi.Deux,plus sérieusement,parce que ce roman se déroule en fait en vase clos,dans une luxueuse résidence bunkerisée où un petit monde de privilégiés vit à l'aise,et rythmé à la belle saison par la piscine,principale distraction,très sécurisée comme il se doit.Bien qu'il y ait dans ce roman un hommage manifeste à la comédie italienne de ce cher cinéma on ne verra pas du tout les Gente di Roma,pour citer le beau document d'Ettore Scola.Aucune trattoria,pas de scooter,ni de soutane,mais une délicieuse intrigue,vaguement policière qui redistribue les cartes classiques,mafia,intellos,services secrets,gens de maison.Tout cela version 2012,Internet et tutti quanti.

brodetto

                      Filippo,universitaire en fauteuil roulant,et son factotum Isidro,Péruvien stylé,voient arriver dans la Villa Magnolia,un nouveau résident,le dos couturé de trois cicatrices horribles.Qui est cet homme?Et comment en si peu de temps prend-il une telle importance dans le quotidien bien huilé des habitants? Ange exterminateur? Théorème pasolinien? Deus ex machina? Toujours est-il que l'avocat sicilien,le maître-nageur, les vieilles dames très dignes,chacun tombe sous le charme de l'Ingeniore.Enjôleur,son passé apparait vite trouble,trouble mais délicieusement dangereux pour pimenter l'existence morne et chlorée de cet espace aseptisé comme le bassin.Non,on ne trouvera pas de cadavre dans la piscine.Mais rassurez-vous,cadavres il y aura.Et plaisir aussi,de lire 250 pages très rapidement, entre la farce romaine et le dossier secret défense.Et puis côté cuisine,vous vous régalerez de brodetto de l'Adriatique car l'homme,s'il a ses mystères,est ouvertement cordon bleu.Buon appetito!E grazie Nathalie per Il Viaggio!

Il viaggio

7 mars 2013

Harry dans tous ses états

la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert22

                        Grand succès actuel ce livre n'est pas un très grand livre.Mais il a une qualité non négligeable, il se lit avec un vrai plaisir simple,celui de se confronter à une embrouille policière efficace.Habilement construit,ce pavé de 650 pages nous emmène en Nouvelle-Angleterre et veut mêler adroitement et à sabots pas toujours d'une exemplaire finesse,le vertige de l'écriture,le roman dans le roman,la sociologie d'une petite ville du New Hampshire,les rebondissements abracadabrants. Marcus Goldman,écrivain est amené à enquêter sur son mentor Harry Quebert,écrivain lui aussi mais sec depuis 33 ans,depuis la disparition de Nola, quinze ans.Nola dont on vient de retrouver le corps dans le jardin d'Harry.Joël Dicker joue sur différents tableaux avec plusieurs coupables possibles,base de tout polar,mais aussi avec une variation sur l'acte d'écrire,pas mal fichue d'ailleurs.Ce qui fait qu'à la fin on ne sait plus très bien qui a écrit quoi.Mais c'est bien troussé,d'un abord très aisé malgré les drames.Il me semble toutefois que l'Académie Française a été un peu généreuse en couronnant La vérité sur l'affaire Harry Quebert.Pour le Goncourt des Lycéens on comprend mieux.N'ont-ils pas l'âge de la victime?C'est donc à double titre que ce roman rejoint le sympathique challenge de Laure(Ma danse du monde)

a-tous-prix

         Pourquoi ce roman a-t-il rencontré une telle audience?Et pourquoi les détracteurs sont-ils montés au créneau?A mon avis ce livre remplit son rôle presque à l'excès,la roublardise de l'auteur,ou son savoir-faire,c'est selon,permettant à tous les lecteurs de traverser ce récit au galop.Pourtant il ne manque pas d'une certaine complexité,avec de nombreux retours et une constante oscillation entre Quebert et Goldman,le suspect et l'enquêteur,tous deux aptes à bâtir des histoires puisqu'écrivains. "Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé".On peut voir les choses comme ça.De toute façon il n'y a pas de mal à se faire du bien et les lecteurs plutôt satisfaits,j'en suis,oublieront vite cet ouvrage agréable et sans séquelles.

      Polémique puisque polémique il y a eu.Certains critiques,non des moindres,Nouvel Obs. par exemple,et d'autres,ont cru voir dans La vérité...  l'ombre de Philip Roth.C'est faire beaucoup de place médiatique à Joël Dicker,bon faiseur.Comme souvent je pense qu'il n'y a ni excès d'honneur ni indignité dans ce livre.Pourquoi Roth,le maître absolu de l'écriture nord-américaine,version Est?Parce que,dixit Obs.,l'affaire se passe dans une petite ville universitaire de la côte atlantique.Parce que Quebert est un intello,prof de fac,soupçonné,comme tout le monde ou presque,d'obsessions sexuelles.Parce que comme Philip Roth,il fait partie de la longue lignée de l'écriture juive de Nouvelle-Angleterre.Parce que la transmission des générations y tient une grande place,le relais Harry-Marcus. Tout ceci est à mon avis sans intérêt.Plus sévère,mais plus juste,l'accusation d'easy reading,péjorative mais qui m'a semblé évidente, un peu comme l'easy listening,courant musical un peu simpliste,mais pas forcément bouillie musicale dans l'ascenseur.En conclusion,lisez "quand même" La vérité...On a tous ses faiblesses.Et surtout,qui de nous est toujours un aigle?

Deux autres avis parmi les très nombreux sur les blogs:

http://touteseule.over-blog.com/article-dicker-joel-la-verite-sur-l-affaire-harry-quebert-115940850.html

http://meslectures.wordpress.com/2013/01/06/la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-joel-dicker/

30 avril 2013

La lyre d'Islande

6424_1607616

                      C'est avec grand plaisir que j'ai partagé avec Athalie A les lire cette lecture commune.Celui-là,il ne manque pas de souffle.Et il en faut,très au Nord dans cette Islande de glace et de feu où le moindre faux pas vous flanque  à l'Océan et où l'oubli d'une veste un peu chaude vous mène au Walhalla,comme on le vit dans Entre ciel et terre,premier tome d'une trilogie dont La tristesse des anges est le deuxième volet.Il est préférable à mon sens de lire les livres dans la foulée car les personnages d'Entre ciel et terre,lu il y a deux ans,s'étaient pour moi un peu dissipés.Ce n'est toutefois pas indispensable.

                  Le Postier et le Gamin sont les deux héros de cette histoire qui nous jette sur les chemins gelés et les crevasses volcaniques de cet étrange caillou nordique d'Extrême-Europe.Le premier a besoin du second pour mener à bien sa tournée vers les fjords du Nord,moins hospitaliers encore que le village où se concentrent les autres personnages.Dans ce pays de blancheur où cavalier et monture ne font plus qu'un, unis par la peine et le gel,et où la terre si brutale ne rachète pas la mer meurtrière,nous sommes dans une lande de conflagration.Il est si difficile d'y vivre et le gamin n'a plus que le souvenir de son ami Barour disparu.

               La poésie inonde ce livre,son prédécesseur,et probablement le troisième opus.C'est que,sous de telles latitudes,aux arbres rares et aux eaux souvent solides,la vie s'accroche au moindre lichen et s'abreuve à la plus fine fonte de neige,de cette neige qu'on appelle aussi La tristesse des anges.Rudesse aussi en ce parallèle du Septentrion,la mort est en embuscade et parfois colle à la peau des survivants comme ce cercueil fou qu'on est incapable de mettre en terre.

            Ce voyage en Islande n'est pas toujours aisé au lecteur non plus d'ailleurs.Comme transi de froid j'ai parfois dû réfléchir,ce qui ne peut pas faire de mal,car la prose de Jon Kalman Stefansson ne s'offre pas si vite,un peu secrète,un peu mythique.Et puis,un détail,les prénoms de la-bas,ou de là-haut,on a ne les identifie pas immédiatement comme masculin ou féminin.Cela m'a perturbé un tout petit peu.Broutilles que tout cela,La tristesse des anges est un livre somptueux et le cap au Nord que vous allez mettre,je l'espère,vous récompensera des ses multiples beautés.Froides,les beautés.Et le macareux salé que vous partagerez avec Jens et le Gamin,je suis sûr que vous l'apprécierez.

          Dans l'article  Poésie meurtrière sur le premier tome j'avais évoqué Melville et Stevenson.Je crois que Jon Kalman Stefansson est tout à fait digne des deux géants.Il y a chez l'Islandais la quête de l'un et le sel de l'autre.

30 janvier 2013

Lecture commune Shakespeare: l'échec flagrant de Coriolan

imagesCADOE6X5

            Quand je pense à Welles,à Branagh,aux grandes pièces du non moins grand Will jouées un peu partout dans le monde,je ne peux que constater une cinglante défaite, mon Azincourt à moi.J'ai donc lu Coriolan et le moins que l'on puisse dire c'est que lui et moi on ne partira pas en vacances ensemble.Ben non mon Coco(riolan),j'suis pas assez bon pour ça,j'suis pas vraiment capable de lire ce Shakespeare qui pourtant me fascine.Ca marche pas.Non,il me faut des hallebardiers sur le côté,et des gardes sur une estrade,des rideaux et des tentures, un trône ou une tribune,mais faut que je les voie.Les traîtres,il me faut les entendre et les monologues,et les sentences célèbres aussi,pour que j'ai envie de les claironner moi-même."Etre ou ne pas être", "L'hiver de notre déplaisir", "Mon royaume pour un cheval", "Nous en avons vu des choses,Sir John,quand sonnaient les carillons de minuit",ces phrases si belles le sont encore plus sur la scène d'un théâtre et dans les quelques films géniaux évoqués plus haut.

         C'est vrai que Coriolan n'a pas ces fulgurances,sauf à l'avoir mal lu,ce qui à tout prendre n'est nullement exclu.J'ai pourtant essayé de jouer le jeu,l'édition Bouquins,bilingue,mais ça n'a rien arrangé.Ca manquait totalement de souffle,un comble pour Shakespeare.Enfin,c'est surtout moi qui manquais de souffle, vraisemblablement.Dodelinant de la page de droite à celle de gauche pour tenter d'aspirer un brin,une once de la substantifique moelle de la version vieil anglais, j'espérais au moins m'immiscer un peu dans la grandeur épique du barde de Stratford,mais rien n'y a fait.J'avais beau m'appliquer,il me manquait au moins un Sir,John Gielgud ou Ralph Richardson.Il me manquait des trompettes et le frisson d'un rideau cramoisi.Impuissant à chroniquer,moins encore à critiquer la valeur intrinsèque de Coriolan,je regrettai vite de m'être lancé dans cette lecture commune qui allait révéler mon inconséquence.

            Que dire du général Martius,alias Coriolan?Est-il un héros parmi les patriciens romains,incompris des siens?Ou un traître dont la subtilité m'a en grande partie échappé?J'ai cru y lire des délégations,des amitiés brisées,des conjurations.Il n'est pas impossible que m'aient frôlé des ambitions déçues et des querelles de pouvoir,thèmes hautement shakespeariens,ainsi que des coups bas,apanages de quelques séides,quelques reîtres.Il n'est pas impossible que Coriolan soit une pièce assez importante,très importante je ne crois pas car ça se saurait.Il est encore moins impossible que j'aie eu tort de me lancer dans cette aventure hors de ma juridiction. Shakespeare s'en remettra .Et moi je vais trinquer avec le Falstaff d'Orson Welles en la plus belle taverne. élisabéthaine au monde. Les carillons de minuit

    Ont participé à cette lecture commune,comédie ou tragédie, initiée par Claudialucia ,   http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/ 

    

3 janvier 2013

Retour aux antipodes

9782226241467m

                    Voilà un bon livre,classique au possible, presque trop,d'où je retiens essentiellement les retours sur le passé et la guerre en France,qui me semblent plus forts que l'improbable rencontre entre Quinn,accusé à tort de l'assassinat de sa jeune soeur et Sadie, gamine délurée en l'Australie qui compte ses morts loin,très loin,là-bas en Picardie (je connais bien et les croix australiennes y sont si bien entretenues).L'enthousiasme m'est mesuré quant aux Affligés de Chris Womersley.Revenir sur la douleur des Australiens en ce conflit pourtant encore relativement européen était par contre une bonne idée.Les dégâts collatéraux de ce drame se sont bien moqué des frontières et des océans.Puissions-nous ne pas l'oublier.

                   Quinn veut obtenir justice,bien que porté disparu sur le front,à son retour en Nouvelles-Galles du Sud.Il retrouve sa mère très malade qu'il persuade de son innocence.Lui reste à châtier le vrai coupable.Là un petit peu plus de suspense n'aurait pas nui.Je n'ai pas été convaincu par ces épisodes et j'ai trouvé que l'histoire tournait court à la fin,comme si Chris Womersley ne savait pas quoi faire de son idée de justice.Il m'arrive alors d'être pris d'un certain mutisme.Alors j'aime orienter vers quelqu'un de plus dithyrambique et qui en a fort bien parlé.Sur Les affligés et cette rédemption dont j'ai parfois douté un peu c'est le cas de http://www.laruellebleue.com/8587/les-affliges-chris-womersley-albin-michel/

pt77204

23 janvier 2013

L'oubli du souvenir

Westlake-memoire

                                   Parfois on comprend mal.Donald Westlake a publié des dizaines de romans de son vivant,sous de très nombreux pseudos. Et fourni la matière de bien des films,parfois français d'ailleurs.Pléthorique,son oeuvre compte au moins une centaine de titres.Et pourtant je ne l'avais jamais lu.Mais ce roman,Memory,est sorti cinquante après son écriture,Westlake le souhaitait-il posthume?C'est le cas car l'auteur est mort en 2008.Les livres habituels de Donald Westlake ont plutôt un registre assez humoristique d'après ce que j'ai vu,étant néophyte de cet écrivain.Mémoire morte est absolument passionnant,parcours douloureux de Paul Cole,acteur de profession, amnésique suite à bagarre avec un mari jaloux.Hospitalisé dans une petite ville de l'Amérique dite profonde,il sort,physiquement rétabli mais sans repère aucun de  sa vie antérieure ni moyen financier de faire plus de 100 km pour regagner New York.

                      Dans cette Amérique de 1960 le seul point positif pour Cole est qu'il trouve facilement un job dans une tannerie et en quelques semaines parvient à rejoindre la grande ville.Mais la déception sera de taille pour cet homme qui n'est plus personne et qui ne parvient pas à se reconstruire suffisamment pour en devenir un autre.C'est tout à fait pertinent par l'écriture précise et qui ne s'égare pas,de Donald Westlake.Il essaie pourtant,à,l'aide des classiques pense-bête,d'honorer ses rendez-vous médicaux ou professionnels,mais rien ne s'ébauchera vraiment. Le quotidien de Paul Cole tourne au cauchemar,amis inconnus,incapacité à renouer avec son métier d'acteur,quoi de pire que l'amnésie pour un comédien?Tout est terriblement compliqué,hors du moindre élément sûr pour ce qui est du passé récent.

                      Et puis Westlake sait très bien décrire cette vie simple au détour d'une petite gare,une vieille dame qui travaille encore au guichet,ou ce gardien d'immeuble plus très jeune lui non plus,à croire que cette Amérique ne draine pas que des destins clinquants. Mais ça,on le savait déjà.Quoiqu'il en soit je ne peux qu'engager les nombreux amateurs de la littérature américaine à lire ce roman.Rien d'un thriller,rien d'un nature writing,tout d'un grand livre.Le grand Edward Hopper,qu'on semble découvrir en France presque jusqu'à l'overdose,illustrerait parfaitement ce voyage étrange d'un étranger en son propre monde.

17 janvier 2013

Des mots,une histoire: Texte plus émasculé que majuscule

                 Olivia a récolté cette semaine pour Des mots,une histoire 88: église-attendre-châtrer-midi-pauvre-chose-toujours-diable-alors-envie-décrire-accomplir-étal.

plumedesmotsunehistoire5

              Midi déjà,à force d'attendre je vais finir par finir par faire chou blanc mais vraiment le hasard cette semaine ne s'est pas foulé.Moi non plus,mon imagination se révélant bien pauvre avec ces vocables strictement fonctionnels et notamment deux adverbes tellement pâlots.Vraiment pas grand-chose à proposer.C'est toujours mieux que rien?Ben justement non,parfois le rien est préférable. Une seule envie me titille un peu,tirer un trait sur ces lignes sans intérêt.Alors je vais accomplir cet acte de salubrité publique, envoyer au diable ce texte de folliculaire et sortir lancer des boules de neige sur la Place de l'Eglise,me réchauffer coeur et âme à l'étal de viennoiserie voisin,et rentrer pester devant mon incapacité à décrire correctement l'art de châtrer les tomates,opuscule que m'a commandé la société horticole qui connait si bien mes vertes compétences.

17 décembre 2012

Des gens ordinaires

wolff

            Dix nouvelles forment ce recueil de Tobias Wolff dont je n'ai lu que l'excellent bouquin sur le Vietnam Dans l'armée de Pharaon et dont je n'ai vu que l'adaptation de son livre Un mauvais sujet qui donna le film Blessures secrètes (Di Caprio,De Niro). Curieusement ce n'est pas la même nouvelle qui donne au livre son titre original.Voilà un livre qui est tout de sécheresse et de tranchant,des instants volés dans des vies américaines.Ils n'ont rien de transcendant,les personnages de Wolff et on n'a pas forcément envie d'en faire des amis.Et quelque chose en eux de pessimiste nous fait parfois nous sentir un peu mieux.Après tout on a un peu plus d'allure qu'eux,nous semble-t-il.

            La nouvelle titre,Chasseurs dans la neige,n'a rien de glorieux et il s'agit de trois chasseurs plutôt bas de plafond qui se querellent sur fond de médiocrité. Plusieurs nouvelles étudiants et professeurs sans que l'on sache quels sont les plus malheureux, englués qu'ils sont dans leurs conventions.Brooke par exemple est un enseignant qui se laisse entraîner dans une infidélité d'un soir,se laissant ainsi deviner par un collègue antipathique qui ne dira rien d'ailleurs.Mais quand même,cette aventure le met à la merci de  ce type qu'il n'aime pas.C'est pour le moins désagréable.Tout paraît assez petit dans ce recueil et ces petitesses font parfois notre vie à nous aussi.Pour cette raison un léger malaise m'a envahi à la lecture de ces textes,des vies commes lues par le petit bout de la lorgnette. L'institution universitaire,notamment dans Dans le jardin des martyrs nord-américains,nous est présentée comme particulèrement sclérosée.Tobias Wolff doit bien connaître ce monde,c'est vrai qu'il est lui-même professeur à Syracuse.

               Braconnage,le texte le plus beau à mon avis,explore le difficile retour à la nature d'un père en instance de divorce.Souvent chez Wolff on a l'impression que les choses restent en suspens,on n'est jamais sûr que cela soit fini.Un peu comme le voyage dans un car hors d'âge de la dernière nouvelle Le menteur.Un peu comme cette chronique...

22 novembre 2012

Des mots, une histoire: Haïkaï... et banzaï.

            Olivia,que je remercie une fois encore, et Des mots,une histoire, cette semaine c'est:pièce-progresser-ricaner-dépenaillé-aller-hoqueter-affaires-doué-cygne-tournée-auparavant-supporter-frère-surface-chercheur-projectile. Sobriété, maître mot pour moi de ce millésime 82.

plumedesmotsunehistoire5

Hoquetant,exsangue

Impuissant d'aller plus loin

Mon frère m'a laissé.

 

En fin de tournée

C'est vraiment La mort du Cygne

Comment supporter?

colibri01

Auparavant,oui

Affaire d'âge assurément

Je taillais en pièces.

 

Surface gelée

Projectiles homicides

Chercheurs mis à nu.

 

Tout dépenaillé

Je ne progresse plus guère

J'entends ricaner.

 

Un court,court moment

Pauvre fou,je m'étais vu

Peu,si peu,doué.

 

 

 

2 novembre 2012

Les plumes...by Asphodèle: Panthéon

       Asphodèle nous propose cette semaine ce qui suit:funèbre-larme-ribambelle-cheminement-fleur-manifester-foules-costumes-rose-atmosphère-succession-carnaval-piquer-bleuté-attelage-embaumer-ancolie-cérémonie-tête-défiler-abattre-admirable-acclamation.

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-com

                Entrez ici blogueurs connus et inconnus avec votre cortège magnifique de critiques qui manifestent votre passion des livres et  qui mêlent ancolies et roses sur l'autel de la littérature.Entrez ici foules curieuses et insatiables qui du rire aux larmes essayez de partager vos virulences et vos extases.Par delà les sentences  parfois contradictoires qui en ribambelles transforment la courtoisie en colère et qui un jour embaument tel livre et le vouent au culte avant que d'abattre lors d'un lendemain grincheux tel film.Entrez ici amis que j'aime sans les connaître, chez qui je suis mieux qu'avec ceux que je connais sans les aimer,ici avec votre bonne foi et vos costumes bleutés parés pour la fête des livres.Entrez ici vous qui avez tant oeuvré pour que la flamme de la lecture ne devienne pas,ou pas encore un témoignage funèbre du joli temps d'avant,celui lointain,où malgré les répétitions ouvrir un livre tenait toujours un peu de la cérémonie comme le refermer en énonçant son titre après un cheminement de plusieurs centaines de pages qui parfois avaient fait elles aussi,de la résistance.

               Entrez ici chers entoilés à la prose étoilée,que les fleurs,toutes les fleurs,qu'elles soient du mal ou A l'ombre des jeunes filles, vous accompagnent en ces attelages de charme et en costumes colorés, carnaval fringant et épuisant rassemblant tout ce qui se pique d'aimer lettres et mots,phrases et chapitres, tomes et sommes.Entrez ici avec votre maëlstrom de challenges à envertiginer qui ne sait plus où donner de la tête sauf à être multicéphale come un poulpe inversé,entrez ici nimber l'atmosphère de rimes et d'images,avec vos Voyages autour de ma chambre qui m'expédient au Népal ou à Saint Cast le Guildo,comme une succession de Connaissances du monde où défileraient sous les acclamations les sites les plus admirables des quatre coins.

P.S.Ne m'en veuillez pas si j'ai cette semaine emprunté la voie royale de l'hommage.J'avais l'espoir d'échapper ainsi à la condition humaine si difficile de l'hebdo-auteur en mal d'inspiration.   

28 octobre 2012

Le diable,probablement

empreintes-diable-john-burnside-2008-L-1

                   Ne pas se laisser abuser par le titre bressonien de cet article.Une légende circule dans la petite ville côtière écossaise de Coldhaven, celle du diable qui l'aurait jadis traversée par une nuit d'hiver, laissant sur son sillage ses empreintes noires, dans la neige toute fraîche. Un jour, dans la presse locale, un fait divers horrible attire l'attention de Michael Gardiner, qui a toujours vécu dans cette bourgade de pêcheurs : voyant en son époux violent le diable en personne et en ses fils ses successeurs, Moira Birnie tente de le poignarder avant de mettre le feu à sa voiture en rase campagne, ses deux fils avec elle à l'intérieur, mais après avoir pris soin de déposer son aînée, Hazel. Or Moira était autrefois la petite amie de Michael, lequel commence à voir ressurgir les vieux démons du passé, s'interrogeant sur son éventuelle paternité, et surtout se remémorant un terrible secret, celui, enfant, d'avoir assassiné le frère de cette dernière...

                       John Burnside et moi,on ne se quitte plus,tant ses romans me parlent à l'oreille.Cette Ecosse pas tès engageante m'attire pourtant au plus haut point.Après Un mensonge sur mon père et Une vie nulle part Les empreintes du diable commence comme un conte maléfique puis explore ensuite très intensément les méandres de l'âme et les ombres de l'homme,en l'occurrence Michael Gardiner.Le couple Michael-Amanda n'en est plus un,l'a-t-il jamais été? Sans enfant,sans occupation bien définie ni besoin d'argent,sans le goût de son père pour la photographie ou les oiseaux,Michael vaque ainsi à ses souvenirs qui semblent rebondir un peu avec la rencontre de la jeune Hazel. Que lui arrive-t-il à propos d'elle.Ce soupçon de paternité est-il bien ce qu'il ressent?Ce qui est sûr c'est que pendant un moment relativement court Michael va être amené à se remettre en question.Mais tout ceci reste flou et ne s'explique guère.John Burnside ne nous précise pas beaucoup les choses.Et si tout cela n'avait été qu'un rêve,quelque chose comme ça,avec des traces bizarres d'une créature mal définie.

                  Décidément cet auteur est une vraie découverte de cette année en ce qui me concerne.Les secrets de l'enfance,les si difficiles relations familiales,les contextes sociaux tout sauf idylliques,les rédemptions fragiles trament un monde souvent très solitaire qui outrepasse et de loin la côte écossaise somme toute assez inhospitalière.Comme Burnside sait bien nous parler de tout cela avec ses personnages tout bancals,tout meurtris, souvent violents et qui ne nous lâchent pas comme ça.

11 octobre 2012

Des mots,une histoire: Ca s'castagne à Saskatoon

         Infatigable,Olivia a glané pour cette édition 77 les mots qui suivent:nuitée-zouk-cadenasser-blues-ventiler-vitreux-bigre-communauté-épice-s'abandonner-pénombre-antichoc-téton-escargot-érable-rancune-massage-détonation-rouler-évanoui.

plumedesmotsunehistoire5

               Paumé.Paumé,rien à rajouter.Là,dans ce bled du fin fond canadien,à l'Ouest,doublement si j'ose dire.Sa Ford Mustang ressemblait à la guimbarde d'un détective hard-boiled vieillissant et les protections antichocs ne relevaient plus que du pieux souvenir d'une nuitée dans un motel tristounet,agitée et imbibée.Une de ces nuits d'amertume relayées par des matins de vertige,qui depuis tant d'années avaient l'avantage de lui laver les neurones,pour trop peu de temps,lui laissant le regard vitreux d'un quinquagénaire aux futurs évanouis et au passé se floutant derrière les bruines alcoolisées.

              Savait-il seulement s'il était encore au Saskatchewan?Nulle feuille d'érable sur nul pavillon dans ce village hors du temps, comme figé,qui avait l'air d'attendre quelque éclaireur sang-mêlé précédant une brigade de chercheurs d'or ou une communauté de disciples de Joseph Smith dont les chariots au rythme d'escargot bringuebalant n'arriveraient jamais à destination.La matinée balbutiait encore mais la pénombre frisquette avait insensiblement laissé le champ libre à un soleil hésitant.Voûté sur son volant il anhélait quelque peu,c'était toujours comme ça les lendemains difficiles,presque tous les lendemains.De sa main gauche un massage de sa nuque contracturée, de sa main droite une cigarette virtuelle.Il était brillant comme c'est pas permis.

             Combien de temps avait-il roulé depuis sa fuite du motel?La musique antillaise,ce zouk qu'il détestait,cognait encore à ses tempes.Fort à propos son autoradio antédiluvien diffusait Smokestack lightnin',fabuleux blues version Howlin' Wolf et il se surprit à rythmer les basses.Au comble de la mouise il s'abandonnait toujours à ce bon vieux binaire douze mesures qui avait tant compté pour lui.Les types viendraient bien assez tôt.Car c'est sûr,ils viendraient,la rancune tenace,ces mecs-là.Il n'aurait peut-être pas le temps de voir leur mâchoire cadenassée,style Warner Bros. forties.Alors adieu le doux téton de Shirley et son parfum d'épice. C'était pas un début de délire,sa poésie à deux nickels?Comme au bord du malaise il entreprit de ventiler un peu sa tire.Bigre!Il saignait,ça faisait un peu mal.Il n'avait pas entendu de détonation,mais même sans,ça pourrait bien ressembler à la fin.

smokestack lightnin' - HOWLIN WOLF

4 octobre 2012

Géographie: Saginaw, Michigan

 mi_saginaw03

                   Nord oblige, voici Saginaw que nous présentent les Monkees.Mais je connais Saginaw depuis une autre chanson bien plus passionnante même si j'aime bien les Monkees,certes sorte de proto boys band,mais bien huilé et efficace.A la même époque sur le somptueux Bookends de Simon and Garfunkel le sublime America racontait un couple en voyage, Pittsburgh, le New Jersey, les fameux Greyhound.Et j'avais dix-neuf ans,et le stop je connaissais."It took me four days to hitchike from Saginaw, I've come to look for America", c'était au début de la chanson, une merveille que je vous propose ce jour en prime.S'il fallait réduire ma vie en chansons America serait dans cette poignée d'or qui constella mes jours de petites pépites sans lesquelles ma vie n'aurait été que ce qu'elle est,un peu moins bien cependant.

monkees

http://youtu.be/BZNcKQB7Mwo  If I ever get to Saginaw again    The Monkees

america

http://youtu.be/vCbOEZ8c8dM    America   Paul et Art (oui,nous sommes très amis)

         Quant à la ville elle-même,proche du Lac Huron et de la cité industrielle de Flint,si chère à Michael Moore,je doute de ses charmes mais c'est le principe du voyage,pas toujours radieux.Saginaw,jadis prospère grâce au bois de charpente puis au boom automobile de l'état du Michigan,n'est plus qu'une ville moyenne grise et qui pourtant trotte dans ma tête depuis longtemps. "Michigan seems like  a dream to me now".Version du mythique Concert à Central Park,je voudrais pouvoir dire que j'y étais,ce serait mentir mais le mentir est parfois presque vrai.

Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 064
Publicité