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24 octobre 2007

Le baron et le garde-chasse

    Un bien joli roman que ce livre,Ouest de François Vallejo.Peu amateur de romans français actuels j'ai pourtant apprécié la liberté de ce texte.Sous Napoléon III quelque part dans l'Ouest de la France, l'affrontement entre un hobereau désargenté et son régisseur.C'est du moins l'impression de début.On pourrait croire alors à une histoire de classes,carrée,un tantinet démago,et bien structurée dans les giboyeuses forêts de la Sarthe par exemple.Ce serait sûrement unn livre agréable,somme toute assez convenu.

     Mais Ouest est un roman qui échappe à ces tiroirs bien ordonnés où l'on rangerait la littérature.Où l'on s'aperçoit que le baron est realativement républicain,mais avec des accommodements dont une sorte de droit de cuissage,une paresse et surtout la peur de ne pas être à la mode.Or,la mode est à l'exilé de Guernesey,avec lequel le baron entretient une vague correspondance,assez irréelle, fantômatique. Sans en dire trop,car l'ambigüité persiste,le baron semble avoir fait sienne la maxime de Beaumarchais,un connaisseur, "Puisque ces mystères nous dépassent feignons d'en être l'organisateur".

    Où l'on s'aperçoit que Lambert le garde-chasse aime que les choses soient à leur place.Qu'il pense que le maître reste le maître et qu'à trop mélanger torchons etserviettes le service se dégrade.Car c'est un homme de service,Lambert et la meute qu'il mène dans les bois sait aussi bien l'obéissance.Le rôle des chiens dans cette histoire est symbolique.Deux caractères opposables mais qui font un bout de chemin ensemble,cela peut désarçonner le lecteur,ainsi que l'humour presque non-sensique de certains dialogues.Moi j'y ai vu beaucoup de panache pour un écrivain que je découvre,le contraire d'un régionaliste.La plume chatoyante de François Vallejo me paraît plus que prometteuse.

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6 octobre 2007

Le cri du loup

    Ce loup là ne sera jamais apprivoisé.Voici un album live que je considère d'anthologie sous la conduite de Joachim Kraudelat,Allemand de l'Est,c'est déjà pas gai,malvoyant,un peu plus connu sous le nom de John Kay et un peu plus encore(quoique)comme leader du meilleur groupe de tous les temps(avec environ un millier d'autres selon l'heure,la forme,l'humeur et la digestion),j'ai nommé le mythique

Live

    Sur la rage rock ne cherchez pas il n'y a pas mieux}}}polémique inévitable.Voici quelques-uns des morceaux choisis de ce somptueux opus à la santé d'Hermann Hesse l'immense écrivain allemand auteur du Loup des steppes.

     Sookie sookie,un classique soul revisité comme aimait les enregistrer Steppenwolf ainsi que le Hoochie coochie man de Willie Dixon ou Berry rides again sorte de compilation bricolée par John Kay à à partir du grand Chuck.

     Monster et The pusher qui stigmatisent l'Amérique moderne et l'addiction(The pusher est en fait une adaptation méconnaissable du chanteur folk bien méconnu Hoyt Axton).

    Draft resister(sur les insoumis) et Corina,Corina,ballade superbe enregistrée par Dylan,peut-être même un peu composée par lui,c'est flou comme assez souvent chez Dylan ce qui n'enlève rien à son génie.La voix de John Kay fait merveille dans la douceur autant que sous les riffs incroyables de l'hymne Born to be wild.

   Le très surréaliste Magic carpet ride qui ne doit rien à l'eau de source.Don't step on the grass,Sam une chanson sur le politiquement correct déjà,le très swinguant Twisted,etc...

    Mais je m'aperçois que Steppenwolf s'écoute plus qu'il ne s'analyse.Pour cela lire l'autobiographie de John Kay qui s'intitule...Non vous avez perdu,elle ne se nomme pas Born to be wild mais...Magic carpet ride.

Music http://www.youtube.com/watch?v=tdnSxVK0WzM   Magic carpet ride

        http://www.youtube.com/watch?v=do5w8M-8L2k   The pusher

        http://www.youtube.com/watch?v=XUgjYTgiFi8      Born to be wild

12 octobre 2007

Iwo Jima:deux versions,deux versants

      Le dyptique de Clint Eastwood est une oeuvre attachante et originale:conter la bataille en deux épisodes,très différents et pourtant complémentaires.Outre que ces films nous rafraîchissent la mémoire très utilement sur Iwo Jima et le Pacifique dont on connaît mal en France l'importance pour les deux peuples japonais et américains Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima sont indissociables et permettent chacun à sa manière une relecture d'un des grands genres du cinéma,le film de guerre.Traités de manière dissymétrique les deux films constituent les deux faces d'un terrifiant miroir sur l'une des batailles les plus meurtrières du Second Conflit.

    Mémoires de nos pères revient sur un aspect peu connu d'Iwo Jima,à savoir la tournée de propagande de trois des soldats ayant hissé le drapeau au sommet,photographie célébrissime.La manipulation très business,très pro,de ces jeunes gens laisse un étrange gôut de cendres et en dit long sur le désarroi du pays face à la menace nipponne.Les scènes en Amérique sont très réussies et l'on mesure très vite les difficultés de l'après-guerre pour ces soldats dépassés par l'enjeu.Mais si l'on sait qu'il n'y a pas de guerres faciles on sait aussi que les lendemains de guerre ne chantent jamais plus qu'une journée.Clint Eastwood, réalisateur qui a su transcender Hollywood,très américain et en même temps tout à fait capable du recul nécessaire à une réflexion sur cette époque a prouvé avec Mémoires de nos pères qu'il était définitivement inscrit dans l'histoire du cinéma américain dans la lignée de Griffith ou de Ford.

     Lettres d'Iwo Jima est peut-être plus traditionnel mais a l'immense mérite d'essayer d'appréhender le point de vue de l'adversaire.La dignité est le maître mot de ce film.Dignité et discrétion du regard d' Eastwood, dignité du général japonais,patron d'Iwo Jima,plutôt américanophile de culture,dignité de la plupart des personnages,happés par un destin plus grand qu'eux et broyés par la machine de guerre,tout comme leurs homologues américains.Basé sur les propres lettres du Général Kuribayashi le scénario de l'Américano-japonaise Iris Yamashita permet au metteur en scène de peaufiner aussi bien des scènes quotidiennes au fil des jours infernaux vécus là-bas que l'ampleur guerrière de ce cauchemar d'où les soldats japonais n'avaient que d'infimes chances de survie.

    Clint Eastwood dit avoir dirigé des comédiens nippons remarquables de justesse et de sobriété.Au vu du résultat on ne peut qu'acquiescer et s'enthousiasmer pour un film unique,hommage aux combattants,et d'une valeur humaniste universelle.L'édition collector propose des suppléments très intéressants sur les castings,le tournage et la personnalité des vrais protagonistes de cette horreur.Je ne suis pas à priori un fan des bonus mais dans le cas des films de guerre je trouve que l'on gagne à mieux connaître ainsi la trame historique.

16 septembre 2007

Les fleurs du mâle

    J'aime le cinéma de Jim Jarmusch.Sans avoir l'air d'y toucher et sans tourner énormément il a su depuis vingt ans faire entendre sa petite musique filmique très personnelle.Dead man et Ghost Dog sont deux films très aboutis,aux images fortes,où les influences de différents cinémas transpirent(western,films de samouraï).Broken flowers est lui aussi un bijou de ciné-pêle-mêle frôlant le surréalisme et le road-movie,narrant le très improbable voyage d'un Don Juan d'aspect lunaire joué par le fabuleux "Droopy" Bill Murray,cet acteur à minima qui d'un regard nous fait fondre de compassion et nous tordre de rire.Bill est tout cela à la fois,clown blanc à la tristesse chevillée devant sa télé,solitaire conquérant mais qui comme Don Juan a dû être à chaque rencontre,donc à chaque rupture(car pour moi rencontre et rupture sont synonymes,ce n'est qu'une question de temps) se retrouver encore un peu plus pâle,un peu plus triste,un peu plus absent.Il y a dans les personnages joués par Murray un je ne sais quoi d'un mime du Boulevard du Crime qui n'aurait pas déparé Les enfants du paradis.

   Le cinéma de Jarmusch joue beaucoup sur l'absence avec des héros qui ne sont pas tout à fait là.Ils sont un peu ailleurs et le spectateur s'est éloigné lui aussi pour broder sa propre logique sur les thèmes égrenés par Jim Jarmusch. Ici la sempiternelle quête du père à la recherche d'un fils,fils pas très probable lui non plus évidemment.Jim Jarmusch n'impose jamais rien.Ce n'est pas un tonitruant et si vous voulez des certitudes passez votre chemin.Ici vous n'aurez même pas des probabilités,seulement des hypothèses au long de la route comme dans Mystery train ou Down by law,plus anciens mais déjà très incertains. Quelle qualité que l'incertitude qui baigne Broken flowers.Et comme toujours Jarmusch a soigneusement choisi ses musiques.

16 août 2007

Josef et Vladimir vont en bateau

    De l'excellent Marc Dugain(voir Edgar le magnifique) voici Une exécution ordinaire.Dugain est en France un de mes auteurs favoris car cet homme n'a  pas peur de confronter le destin de quelques-uns avec un pays,mêlant pour le meilleur de la fiction la grande histoire et les petits tracas de chacun.Très intelligemment construit l'intrigue à trois temps d'Une exécution ordinaire nous glace calmement la peau comme au fond d'une isba près de la Mer de Barents. La première partie nous présente le sympathique Joseph Djougachvili bien malade et ayant recours au service d'une urologue magnétiseuse,mère et grand-mère de deux des héros de ce livre.La description de la rencontre entre Staline et Olga est remarquable de précision et déboulonne l'homme de fer qui ne le sera jamais assez, déboulonné.

      Le reste est tout aussi passionnant avec les premières armes d'un futur président de la Fédération de Russie post-eltsinienne devenue difficilement fédérable d'ailleurs. Portrait d'un jeune Poutine,déjà sec et déjà peu affable.Et puis ressurgit le drame intime d'une famille russe à peu près ordinaire,comme l'exécution du même nom,avec un petit-fils officier sous-marinier à bord de l'Oscar.Marc Dugain n'est pas historien se penchant sur les cinquante dernières années de la Russie sous ses différentes formes, mais romancier qui insuffle à ses personnages, fictifs, réels,ou fictifs ayant autant de chair et de sang que les vrais,une vie propre et complexe,qui nous aide à mieux comprendre cet apocalyptique continent qui a su engendrer Staline et Dostoïevski,les purges et Soljenytsine,l'histoire officielle et Pasternak,le goulag et Rostropovitch.

     La Grande Guerre et l'Amérique de la CIA avaient été le théâtre des très bons romans de Marc Dugain La chambre des officiers et La malédiction d'Edgar.Guerre Froide, Tchétchénie et catastrophe du Koursk tiennent lieu de décor pour ce livre haletant,pas nombriliste mais au contraire éclatant par son universalité qui dépasse de loin les tristes cimetières de bateaux de ces mers du Nord où seule la vodka surnage.

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25 août 2007

Une chanson:Four strong winds

http://www.youtube.com/watch?v=jIc5h2bfYyU

                J'ai toujours le même intérêt pour des centaines de chansons du patrimoine folk américain,de ces chansons inusables  et presque orales,sans cesse reprises aussi bien par des grands(ici Neil Young accompagné par Willie Nelson) que par d'obscurs gratteux  infiniment respectables. Ces chansons,on connaît à peine leur auteur,parfois à peine leur titre.Pourtant si vous les écoutez vous vous sentez l'âme d'un hobo,d'un folksinger laborieux,fussiez-vous français comme tout le monde.Et vous sortez dans la rue en fredonnant la route de l'Ouest, les filles qui vous poignardent et les trains qu'on prend en fraude.

    Quatre vents solitaires,sept mers houleuses,advienne que pourra.Nos beaux jours sont endormis et me voilà sur la route une fois encore.Qui sait si je reviendrai?J'ai des amis dans l'Alberta qui pourront peut-être me donner du travail.Et si tu changeais d'avis.Ceci n'est pas une traduction,seulement quelques mots adaptés du texte de Ian Tyson(photo).

15 août 2007

Une chanson:Roxette

          

              Il existe des gens pour penser que Dr.Feelgood a été le meilleur groupe de rock du monde.Si,il en existe.Et vous savez quoi?Quand j'écoute Roxette je fais partie de ces gens-là.Commenter,c'est à dire bavarder là-dessus serait faire insulte à la musique.Nous sommes en 75,Lee Brilleaux et Wilko Johnson,les têtes pensantes de Dr.Feelgood,ne sont déjà plus tout à fait d'accord.Au fait j'avais dit "pas de commentaire. Sauf :"tapez du pied..."

http://www.youtube.com/watch?v=_jmIYyskDM8

13 août 2007

Le récit de Coral

Roots & Echoes

       Quand on est un vieux rocker patenté on ne peut s'empêcher de ruminer un peu et à la découverte de musiciens  très actuels on les rattache évidemment plus ou moins à de glorieux anciens ou à une mouvance quelconque. Il me semble que The Coral pourrait descendre de deux de mes références absolues.Il faut dire que j'ai beaucoup de références.Les Byrds et les Zombies sont de ceux-là et Coral,tout en finesse,a hérité des harmonies si fines et mêlées des uns et des autres.

         Bien que jeune Coral a déjà publié plusieurs albums que je ne connaissais pas.Voici le somptueux, délicat,et "aristocratique" Roots and echoes.Je m'explique qur l'adjectif aristocratique dans ce contexte.Je veux dire par là qu'il me semble que Coral a su tenir compte du meilleur du patrimoine rock pour en faire la quintessence d'un très bon groupe rock harmonieux mais pas trop éthéré,éternel mais pas passéiste.Est-ce l'air des quais de Liverpool sans qui notre musique n'existerait même pas?Six musiciens maniant la subtile dentelle des guitares et souvent des cordes précieuses.Nous sommes dans le beau monde du rock.C'est aussi le rock.

      Ce n'est guère fréquent mais tous les titres sont très bons.J'en citerai trois:Rebecca you,chanson d'amour très belle et simple,She's got a reason aux riffs très carrés et Fireflies,ballade envoûtante.Mais tout est réussi.Si par hasard vous pensez à un quatuor de Liverpool qui aurait connu un certain succès sachez que vous n'avez pas tort et que Norwegian wood,par exemple ne déparerait pas le Roots and echoes de The Coral.En extrait un quatrième titre:

http://www.youtube.com/watch?v=S5ksBt5nJY0  Who's gonna find me?

3 août 2007

Piquant

 

   Je ne croyais guère à ce livre et ne l'ai lu que parce qu'une amie l'avait prêté à une amie qui me l'a prêté pour le rendre à la première.Bref je l'ai lu par hasard.Peu fervent de littérature française d'aujourd'hui je n'étais pas attiré par le thème de la complicité entre une concierge d'un immeuble de luxe et une gamine délurée mais pas du tout titi.Ce roman est absolument délicieux car il arrive à manipuler de bons vieux clichés,si difficiles à éviter,et à les transformer en délicates arabesques brodées à merveille. Beaucoup de références dans ce film,un peu de name dropping.Bâtie comme le journal alterné de Paloma et de Mme Michel l'histoire de ces deux personnages d'exception est pleine de verve et de poésie.Mme Michel cache sa haute culture et ses films japonais derrière des manières de "concierge" et sa rencontre avec un nouveau résident du nom d'Ozu va pour un temps lui faire voir la vie autrement avec ce recul oriental qui fait tant défaut à nos âmes d'Européens.

   Ce livre est une fable qui pointe avec finesse les travers et les tics de chacun et si l'opposition entre les nantis et les modestes demeure un peu systématique le caractère très littéraire de la concierge nous conquiert haut la main et hauts les coeurs.La petite Paloma,attachante elle aussi,me semble souffrir un peu plus d'une dramaturgie artificielle.Le roman est,je crois,en train d'être adapté au cinéma.Très mauvaise idée,la richesse de l'héroïne ne pouvant que se trouver sabordée par le raccourci inévitable du film. L'élégance du hérisson mérite bien son titre.Sous les pics...le charme.

30 juillet 2007

La lanterne magique s'est éteinte sur l'île de Faro et à Ferrare c'est l'éclipse

   J'ai lu ce livre il y a juste vingt ans.Moi qui n'ai relu qu'un livre dans ma vie,je vais le relire car il n'existe pas de témoignage plus fort sur la créativité et sur l'artiste au travail. Douloureux,indispensable.

  Quant à l'autre géant je me permets de réactualiser deux chroniques.Adieu à ces deux immenses montreurs qui n'avaient pas choisi la facilité.A ceux qui craindraient leurs univers je dirais simplement "Je vous en prie,essayez!".La fin d'une époque peut-être...Mais comme je déteste ça,les fins d'époque.

21 juillet 2007

Une chanson:Maggie(specially dedicated to Holly Golightly)

    

            Une fois n'est pas coutume,cette chanson est dédiée à l'auteure du plus beau journal que j'aie rencontré depuis deux ans ici même.Et je pèse mes mots ne voulant pas la gêner.Je viens seulement de découvrir cette chanson de Colin Hay,Australien ancien membre de Men at work.Holly connaît sûrement déjà le clip,elle qui sait tout d'Audrey.Elle ne sait pas peut-être que je lui dois la lecture de Peter Pan,lecture tardive pour moi,mais au pays de Neverland le temps importe peu.Bon voyage Holly!Dans d'autres contrées...Audrey's gone,Maggie's gone,Holly's gone...Things go wrong.

http://www.youtube.com/watch?v=D0cyoZX2EXY  33-1066 Audrey Hepburn in

Going Somewhere

8 juillet 2007

Une chanson:Born on the bayou

   

    Vous imaginez Une chanson sans un titre de CCR?Après reste le choix du titre.Et pourquoi pas Born on the bayou, hymne à ce Sud parfois roots,voire rustique,voire un peu rudimentaire.Si Creedence Clearwater Revival ne figure pas parmi les gens qui ont changé la musique(il y en a si peu),ce groupe demeure un formidable juke-box vivant qui m'ouvre toujours l'appétit.Allez Jambalaya et ragoût d'oppossum pour tous!Si le bayou vous tente n'oubliez pas Blue Bayou,par Roy Orbison de préférence.

http://www.youtube.com/watch?v=pAVhKjsImeI

  Et j'y rajoute ne petite merveille d'un grand poète scandaleusement méconnu:Dixieland(Louisiana Story)

6 juillet 2007

La léthargie hivernale carnivore des ursidés

     J'ai décidé de faire une communication scientifique de toute première importance sur ce phénomène qui gagnerait à être étendu:la mise en sommeil de l'ours pendant quatre mois d'hiver.

     L'ami Arto Paa...,je dis ami parce ce que c'est le septième bouquin de lui que j'ai lu et que,même si je commence à bien connaître son univers loufoque, vaguement écolo mais tendance vodka de Carélie,je ne suis jamais déçu.Arto c'est comme Jorn Riel,un copain du Nord qui m'en raconte une bien bonne régulièrement et avec lequel je m'esclaffe bruyammment au comptoir.Pas toujours très distingué,un peu ours mal léché,mais la moustache nous en frise de plaisir.

      Cela n'empêche pas Paasilinna d'être un écrivain populaire et qui sait manier la prose nordique et forestière.Dans cette dernière livraison en France l'auteur balance quelques souvenirs "sympathiques" sur les goulags de la Mer Blanche et les"délicieux" cimetières de bateaux ex-soviétiques.Mais tout cela est dit sur le ton de la rigolade comme les sermons du pasteur défroqué et alcoolique.Quant au remarquable titre de cette excellente rubrique il fait référence à l'idée de Paasilinna qu'il serait judicieux que bien des humains débarrassent le plancher pendant un tiers de l'année.Des noms?Il y en a tant à commencer par certains blogueurs de talent et qui ont l'outrecuidance de recueillir beaucoup plus de commentaires que moi. Je pourrais ainsi les rattraper un tout petit peu.

     Le pasteur et son ours,victimes dans leur Finlande natale d'incompréhension entament alors un voyage du Nord au Sud,des gelées d'Arkhangelsk aux rives de la Mer Noire, près des escaliers d'Odessa et puis en Israël avec retour en Angleterre.Alors si vous voulez passer un bon moment en attendant des ours meilleurs précipitez vous aux basques de cet étonnant duo:Oskari le pasteur sans foi et bientôt sans foie et Belzeb,plantigrade de son état et philosophe de formation.

25 juin 2007

Ces gens là n'étaient pas très différents

     Ces gens là jouaient à peu près la même chose.Ils avaient le même âge.Tous étaient britanniques.Il s'en est fallu d'un cheveu(ou d'une coupe de cheveux)...Beaucoup jouissaient d'un certain talent.Certains ont même fait un peu carrière.Je me souviens.C'était bien.Mais voilà,à Liverpool et au Royaume-Uni la déferlante ce ne serait pas eux.Je n'en veux pas aux Fab Four sans qui je n'existerais pas vraiment. Mais...hommage à ceux-là qui sont passés si près.

http://www.youtube.com/watch?v=_YfixpZx_uE

http://www.youtube.com/watch?v=KWaHXvbm9yI

http://www.youtube.com/watch?v=BlyLUsNDaRI

http://www.youtube.com/watch?v=j6yyv3un0CQ

http://www.youtube.com/watch?v=qsgnFF4z3fk

23 juin 2007

Les travaux et les jours

      Digne des meilleurs films  du grand Rossellini par le regard sur les humbles et leur noblesse come dans Rome ville ouverte ou PaÏsa.

      Digne des toiles des Frères Le Nain par exemple,ces scènes de la vie paysanne d'une totale luminosité à travers les heures et les siècles.

      Digne de la ferveur des fugues de Jean-Sébastien Bach qui accompagne délicatement ce film hors du temps et surtout des modes et des snobismes.

      Digne d'un engagement que n'auraient pas renié les Taviani du temps de leur grandeur,aux antipodes d'une démagogie exécrée.

      Revoici L'arbre aux sabots,justement récompensé par Cannes,pour une fois clairvoyant.Toujours inoubliable et qui pourrait inciter les télés à se pencher un peu sur la carrière d'Ermanno Olmi.On peut rêver.Je l'ai revu avec bonheur,j'ai remarché trois heures durant aux côtés des travailleurs de cette terre du Piémont il ya un siècle.La chronique de la vie à la ferme mêle les drames familiaux et les naissances fréquentes,dans cette Italie très chrétienne où ne pointe aucune caricature,ce qui est la force du film.Ermanno Olmi a voulu raconter une année ordinaire, joies et peines,récoltes prometteuses bien que modestes et attachement aux animaux familiers,si importants dans cette petite société toute tournée vers le labeur.La simplicité est l'essentiel de cette fresque au ras des saisons,baignée d'une lumière presque toscane et de neiges bien peu méditerranéennes.C'est que cette humanité là n'a rien de napolitain ni même de romain.Un cinéaste en France,il ya bien longtemps ,Georges Rouquier,avait eu cette approche avec Farrebique en 46.Il est aujourd'hui bien oublié.

   Des acteurs non professionnels,une grande linéarité qui épouse rivières et sillons,le sens du récit qui est celui d'Ermanno Olmi font de L'arbre aux  sabots une oeuvre exceptionnelle.Olmi est d'ailleurs l'auteur d'un beau témoignage littéraire qui raconte la vie quotidienne d'un jeune Italien aux années sombres du fascisme dans une banlieue de Milan.Publié chez 10/18,cela s'appelle Enfant de faubourg.

29 juin 2007

Poussières de l'Empire des Indes

Titre français:Quelques jours avant la nuit.

   Paul Scott est un peu connu pour la somme Le quatuor indien,tétralogie racontant sous forme romanesque les derniers soubresauts de la présence indienne aux Indes. Dans la continuité de cette fresque il écrit à la fin de sa vie Quelques jours avant la nuit,qui a obtenu le Booker Prize en 73.Staying on est une histoire plus intime qui nous transporte aux premières années de l'Inde indépendante à travers le portrait d'un couple de vieux militaires qui a choisi de rester sur place entre habitude,regrets et nostalgies sans pour autant donner dans les clichés du colonisateur racorni.

   Quelques jours avant la nuit est en fait un long poème,un poème où une certaine désuétude frise le génie et où le burlesque cotoie le tristounet.Le tristounet,pas le tragique car la calme déliquescence de ce vieux couple,ayant cessé de fonctionner dans l'empire ressemble tant au crépuscule de n'importe quel couple, ayant cessé de foctionner dans n'importe quel atelier,administration,etc... qu'elle en vient à acquérir une patine universelle. Ceci est, attention, parfaitement capable de nous émouvoir.

2 juin 2007

Chemin de croix selon Don Luis

    Il me semble que Luis Bunuel est actuellement en phase de purgatoire.On pense sûrement que son cinéma est d'un autre âge et certains films c'est vrai ne nous concernent que de loin.Mais je suis sûr que Don Luis fera un retour en force,son cinéma étant l'un des plus libres qu'il nous ait été donné de voir.J'ai revu Nazarin,période dite mexicaine qui compte aussi Los Olvivados,El,La vie criminelle d'Archibald de la Cruz.

   On sait l'anticléricalisme de Bunuel et pourtant il ya dans ce beau film quelque chose qui relève du sacré.Non pas un sacré de pacotille infantilisant mais une recherche d'une sorte de sagesse échappant aux pièges du mysticisme dans l'ambigu et très abouti personnage titre.Le prêtre est un personnage très présent dans le cinéma et permet des figures souvent riches et torturées.Peut-être y reviendrai-je.Nazarin n'épargne ni l'Eglise,on s'en doute,ni le pouvoir, on s'en serait douté.Mais il ne faut pas oublier que Don Luis sait la férocité quand il dépeint le prolétariat dans ce Mexique harassé de saleté,de misère,et de gâtisme.

    Bunuel n'a pas peur de présenter des "salauds de pauvres" et ne leur trouve guère d'excuses.Ceci n'exclut pas une forme d'humour et d'ironie,ne serait-ce que le nom de l'Auberge des Héros.Tu parles de héros!A remarquer aussi la façon dont il utilise le nain,symbole de laideur et près de la terre au sens propre comme au figuré,une terre de glèbe et de plèbe.Nazarin dans cette sorte de road-movie qui mène au calvaire frôle Don Quichotte pour finir aux confins rythmés des tambours de la folie.Un très grand film,d'une richesse absolue et qui n'entre pas dans un tiroir facilement.Mais ça c'est tout Bunuel.Je rappelle le très intéressant site du ciné-club de Caen http://www.cineclubdecaen.com/,particulièrement cinéphile et que je consulte souvent.

26 mai 2007

Un vieux film bien démodé,bien noir et blanc,bien romanesque,bref un très bon film

     Signé Douglas Sirk le somptueux prince du mélo(Ecrit sur du vent,Mirage de la vie,etc..),ce qui est une garantie minima de qualité ce film,oublié même des dictionnaires ciné,n'a pas vraiment de titre français.Vous pouvez lire sur l'affiche A woman,a man,a temptation.Vous avez donc compris.D'un hyperclassique trio amoureux Sirk l'esthète trousse une très sensible variation sur l'habitude et l'homme vielllissant,engoncé de ses certitudes et de ses charges qu'une rencontre avec un amour de vingt ans va faire chanceler.Nous sommes en 1956.

   Brabara Stanwyck est une de mes actrices de référence dans le cinéma hollywoodien.Elle tient ici le rôle de l' "executive woman" solitaire qui renoue le temps d'un week-end avec Fred MacMurray,sobre et juste en père et mari qui se questionne.Les clichés abondent bien sûr mais on est prié de ne pas trop cracher sur les clichés,surtout nous autres blogueurs qui en usons tous plus ou moins.Sirk n'est pas un moraliste même si le film peut sembler aujourd'hui douçâtre voire terne.Il est en fait bien dans la ligne de son auteur, flamboyant quoique assez éloigné des fulgurances de Mirage... ou Ecrit...La famille américaine,c'est à dire la famille tout court n'est pas épargnée,en mode mineur, discret.Moi je crois que ça ressemble à la vie et qu'un film comme American Beauty n'en est pas fodamentalement éloigné.

27 mai 2007

Les palétuviers du Honduras

   Je découvre Patrick McGrath auteur entre autres de Spider,son oeuvre la plus connue relativement depuis le film de Cronenberg.En potassant un peu j'apprends qu'on lui a longtemps accolé l'étiquette "néo-gothique". Passons,sans intérêt.Mais Port Mungo est très loin d'être sans intérêt.Un peintre très jeune,d'un certain talent rencontre une sorte de virago,artiste elle aussi et quitte Londres puis New York pour le Honduras,genre Mosquito Coast pour le climat(rappelez vous le film avec Harrison Ford d'après Päul Theroux).Ensemble entre jungle et alcool,entre bagarres et inspiration ils vont vivre un amour ravageur et avoir deux filles,elles aussi marquées.McGrath ne fait pas toujours dans la nuance et irrite légèrement par ce parti pris qui me fatigue un peu,à savoir  ce côté artiste maudit dont la vie est forcément plus intéressante.On peut penser à Gauguin,Modi,Gogh et aussi à Verlaine,un peu aussi aux écrivains de la beat generation.Il y a évidemment de la déglingue dans l'air.Cette réserve émise Port Mungo touche juste.

   Juste parce que derrière les tics du couple marginal apparaît la quête universelle d'une certaine estime de soi-même.Et l'écriture de McGrath oscille entre la paix des âmes,rare et fragile,et l'explosion éthylique de tous les personnages.Exorciser le drame passé dans le Golfe du Honduras,exorciser aussi si possible les traumatismes d'enfance quotidienne de Meg,disparue et que réincarne plus ou moins la cadette Anna?Gin,la soeur de Jack est un peu le grand témoin de cette descente aux affres de la création,seule à peu près d'aplomb dans ce navire qui ne joue même pas à faire semblant d'être une famille.Au total un livre assez dérangeant,non exempt de facilités mais qui laisse des traces comme le limon des tempêtes tropicales sur les toiles de ce peintre fatigué.

    

19 mai 2007

Histoires d'hommes

HOMME DES HAUTES PLAINES, L' 

    Il peut venir des hautes plaines,de l'Ouest,de la plaine tout simplement,,de la sierra,des vallées perdues,de la rivière d'argent.Il peut aussi venir de l'Arizona ou du Kentucky.Peut-être a-t-il tué Liberty Valance et depuis erre-t-il sans frontières,cet homme qui n 'a pas d'étoile.A moins qu'il ne soit nommé cheval,traqué ou lui-même homme de la loi.

l_homme_de_la_sierra-   

   Peut-être sont ils plusieurs  deux dans l'ouest,sept à abattre.Ou alors il vient du désert,ou de nulle part.Et s'il était aux abois malgré ses colts d'or...

 

  Quoiqu'il en soit et malgré leur fureur tous ces hommes sans foi ni loi ne peuvent que s'incliner devant le personnage le plus fort que le western aie quasiment déifié.

deux hommes  La Fureur des hommes     Recto L'HOMME DE LA RIVIERE D'ARGENT (27Ko)

  Eh oui dans ce monde si loin de la parité le plus beau caractère restera...Vienna(Joan Crawford) dans le film qui malgré tout porte le nom d'un homme,Johnny Guitar. http://www.youtube.com/watch?v=1JPragZeLGU

19 mai 2007

Des images comme on aimerait en voir moins souvent

   

  Comme on aimerait que ces deux films,distants de trente ans n'aient pas eu lieu d'être.Ces deux films sont pourtant très intéressants et surtout pas racoleurs.Ont-ils un point commun?Deux metteurs en scène très originaux et qui n'ont jamais donné dans la facilité:Jerry Schatzberg et Gus Van Sant.Et c'est peu dire que dire que ces deux films,inédits pour moi,m'ont mis mal à l'aise,appuyant sur deux drames très différents,pas si différents en fait.On aimerait chasser de notre mémoire cinéphilique deux films plutôt bons,une fois n'est pas coutume.mais voilà,il y a la vie,et dans la vie il y a Panique à Needle Park(1971) et Elephant(2003)

   Panique à Needle Park est le second film de Jerry Schatzberg,photographe qui débuta très tard au cinéma. Tragédie de l'enfermement dans sa forme la plus contemporaine,la drogue,pure et dure et son cortège d'enfants déchus,ce film se veut dénué de tout romantisme mais n'y arrive pas tout à fait,le couple Pacino et Kitty Winn fonctionnant par instants comme une histoire d'amour simple et belle dans sa descente aux enfers.Ce qui trouble encore beaucoup dans Panique à Needle Park est la précision documentaire des gestes quotidiens du junkie qui personnellement m'est difficilement supportable.Plus que jamais et hélas d'actualité cette oeuvre hyper-dérangeante proche de la non-fiction demeure un témoignage qui n'a pas toujours été bien compris.La presse lui a en effet reproché le chaud et le froid,à savoir pour certains une complaisance morbide et pour d'autres une condamnation par trop aveugle.Pour moi ce film brûlant que je viens seulement de découvrir n'est pas si éloigné d'un film récent et honoré,Elephant,constat glacial.

  Elephant,Palme d'Or,obéit à une mécanique rigoureuse traitant de la violence en Amérique sans la moindre fioriture,et loin de toute psychologie de bazar ou non.Plusieurs blogueurs ont évoqué récemment Elephant et Sachaguitry notamment en a parlé mieux que je ne le saurai.On peut lui faire une petite visite.Pour conclure il se trouve que c'est le hasard qui m'a fait voir ces films dans la même semaine,semaine qu'on peut donc qualifier d'éprouvante.

8 mai 2007

"J'ai perdu Tom,j'ai perdu Charley,je ne sais pas lire"

belgianstrangersonatraibs8

            Ce sont les presque dernières paroles de Billy le Kid dans Le gaucher d'Arthur Penn(58).Je les trouve très belles,au souffle tragique de la jeunesse et de l'ignorance fauchées.Je viens de voir ce film pour la première fois et trouve qu'Arthur Penn fait preuve de pas mal d'audace pour son premier western.On a souvent vu au cinéma la figure légendaire de Billy the Kid mais la composition de Paul Newman,particulièrement proche de James Dean (nous sommes au milieu des fifties),restera inoubliable.Dans la défroque de William Bonney Newman est un chien fou,une sorte de racaille qui une fois sur son chemin a trouvé quelqu'un qui croit en lui.Cet homme abattu,il ne lui reste plus d'espoir et l'ignorance,cette horreur qui est mon cinquième cavalier de l'Apocalypse reprendra possession de Billy avec ses corollaires de haine,violence,vengeance et trahison.

   Billy,déjà pas une lumière,va s'avilir et presque livrer ses deux amis dans un engrenage baroque de cruauté qui préfigure Peckinpah par exemple.Il faut voir Paul Newman,tout jeune homme,passer ses nerfs sur une corde,équilibriste de beauté comme un ange égaré.Il faut le voir aussi,figure martyre voire christique les bras tendus marchant vers la mort programmée,programmée quasiment par lui-même.

         Autre élément important dans Le gaucher:l'irruption d'une certaine presse,sorte de Gang Academy, avec le personnage du colporteur-journaliste,joué par Hurd Hadfield,déjà le symbole d'un média débutant et se régalant de charognes.A noter aussi que Penn a en fait adapté la pièce de Gore Vidal qui devait valoir son pesant de névrose.Parmi les films sur Billy citons Billy the Kid de King Vidor en 30,Le banni de Howard Hughes en 43 où le personnage principal est plutôt le décolleté de Jane Russell,Le réfractaire de David Miller en 41,Le Kid du Texas de Kurt Neumann en 50,les deux variations de Young guns  1 et 2 en 88 et 90.Il va de soi que la plus intéressante version est celle de Peckinpah en 73,Pat Garrett et Billy le Kid avec Kris Kristofferson,James Coburn et Bob Dylan,film nanti de la célébrissime chanson Knockin' on Heaven's door.

      

6 mai 2007

Back to the West Coast

http://www.youtube.com/watch?v=2VYxdqt4k3A Dark end of the street

 

   L'avènement du CD a permis nombre de rééditions pour unn prix raisonnable.Sous le titre Hot Burritos/ Anthology on peut redécouvrir les trois albums phares des Flying Burrito Brothers,respectivement The guilded palace of sin,Burrito DeLuxe,The Flying Burrito Brothers (69,70,71). Nous sommes là dans l'une de mes mouvances favorites,celle qui a suivi ce que j'appelle l'électrification dylanienne avec les fabuleux Byrds dont je suis monomaniaque,mais aussi Poco,Buffalo Springfield,et les innombrables variantes Crosby ,Stills, Young, Nash,etc...Epique époque où les musiciens partaient, revenaient,en trio,en duo,en solo,vivaient, mouraient.

  Composé entre autres de l'ange foudroyé Gram Parsons, des ex-Byrds Chris Hillman et et Michael Clarke,et de l'as de la pedal-steel guitar Sneaky Pete Kleinow le groupe réussit à réconcilier les tenants d'une country assez traditionnelle et l'influence hippie et libérée.Le magique Sin City et la superbe reprise Dark end of the street figurent parmi les meilleures chansons du premier album.Du second,Burrito DeLuxe,notons Wild horses de Jagger-Richards,splendide version de ce morceau que les Stones enregistreront sur Sticky Fingers avec ce même Kleinow.Sur le troisième album de belles reprises de Merle Haggard,Bob Dylan mais déjà la vie musicale s'affole et tout ce monde là se shoote plus ou moins consciencieusement dans cet étrange comportement moutonnier comme savent si bien le faire les gens qui se veulent non-conformistes.Mort de Gram Parsons,devenu icône,comme tout le monde,la belle affaire et qui m'enrage.On peut toujours se consoler avec l'influence,très forte des FBB en particulier sur Jayhawks et Counting Crows.

12 mai 2007

J'ai trouvé ça pas malle

L'Attaque De La Malle Poste

      Le western en noir et blanc me frustre souvent un peu.Les grands espaces sont en couleurs et autant le thriller s'accomode de l'esthétique urbaine du noir et blanc type filatures sous la pluie et imper bogartien,autant l'Ouest réclame son dû de soleil couchant et de sable ocre avec éventuellement squelette de bétail.Mais j'aime bien Tyrone Power,acteur célèbre mais qu'on a beaucoup négligé depuis,qui fut Zorro,Jesse James,mais aussi Ferdinand de Lesseps ou Axel de Fersen.Très bon dans les rôles à panache Tyrone Power fut ainsi corsaire, conquistador, officier de l'Armée des Indes.

     Sous la houlette de Henry Hathaway,remarquable metteur en scène polyvalent(le magique Peter Ibbetson pour n'en citer qu'un),Tyrone Power campe un modeste convoyeur de diligence qui lors d'un huis clos bien orchestré,se révélera digne de défendre la veuve et l'orphelin.Modeste,ce film présente quelques originalités et même une audace pour 1951,à savoir la mise en joue d'un enfant par l'arme d'un bandit de grand chemin.Tout se terminera bien,rassurez-vous.L'attaque de la malle-poste constitue une pierre honorable de notre grande Histoire du Western,catégorie otages et ultimatum.

12 avril 2007

Fratrie nordique

  Petite déception pour ce court roman suédois.Pas inintéressant mais terriblement convenu à mon avis.Ce roman fait entendre une petite musique intime sur les troubles de l'adolescence et les incertitudes sexuelles.C'est assez bien écrit,sans prétention mais aussi sans véritable élan.La famille comprend mal mais sans heurt véritable et le drame raconté par un jeune homme qui n'a pas connu son frère,mort avant sa naissance,et qui enquête sur le passé,ne m'a pas vraiment ému.De plus j'avoue que la question du coming out m'a semblé assez politiquement correcte,pour ne pas dire pleine de clichés.Pas désagréable mais loin de la passion d'autres auteurs scandinaves.

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