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1 mai 2006

Quand le déclin mène aux invasions(ou ma jeunesse perdue)

  VousLES INVASIONS BARBARES avez remarqué que je ne suis pas un cinéphile qui suit l'actualité de très près.Ainsi je viens seulement de voir Les invasions barbares, film bouleversant, non exempt de facilités,démagogique mais efficace et surtout terriblement humain.Ce film est un fils( non, pas de faute de frappe). C'est bien un film-fils,un fils à Papa,un fils prodigue,un fils indigne,un fils quoi.Son père: Le déclin de l'empire américain qu'à l'époque j'avais vu à sa sortie,étant plus jeune de  18 ans. Ce film, choral, fait partie des "désenchantés",ces classiques où une génération se penche sur ses belles années, et c'est souvent au moins nostalgique quand cela ne va pas jusqu'à vous donner le bourdon,plus encore quand le spectateur est du même âge. Attention jeunes amis le film bilan guette tout le monde.Ne vous croyez pas à l'abri.  Quelques citations.

Vincent,François,Paul et les autres,quand des quadras bien cadrés jouent au foot lors de leurs parties de campagne. Montand rattrapé par l'infarctus,Piccoli médecin des pauvres devenu médecin des moins pauvres,Reggiani qui tente de finir son livre depuis 30 ans,comme moi.

Vincent, François, Paul et les autres…

Les copains d'abord de Lawrence Kasdan(83) dont le titre original The big chill(Le grand refroidissement) ets bien plus explicite. Désillusions près du cercueil d'un ami de 25 ans. 

Nous nous sommes tant aimés ou Dieu que la guerre était jolie quand nous avions toute notre foi et toutes nos dents. Ettore Scola et ses amis Gassman et Manfredi(75) "Nous voulions changer le monde et c'est le monde qui nous a changés". Pardi!

Quequefois un week-end suffit pour qu'ainsi tout bascule et que plus rien ne soit jamais comme avant: Délivrance ou son "petit frère" Stand by me, même si les héros de ce dernier n'ont que 12 ans.Il n'est jamais trop tôt pour avoir mal.

Les plus belles années de notre vie,de William Wyler(46):un retour de guerre bien difficile comme celui du Voyage au bout de l'enfer.Et puis plein d'autres films qui cueillent la vie et vous burinent toujours un peu plus.

Les invasions barbares donne envie de revoir le Déclin de l'empire américain.Ont-ils changé tant que ça?Et vous?Et moi? 

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6 octobre 2006

A la frontière du fantastique,Leo

Pour Leo Perutz justice sera rendue bientôt je l'espère. Il rejoindra Schnitzler,Musil,Zweig,Roth au paradis des auteurs dits "viennois".Ignorer Perutz est à mon avis une faute de gôut et une privation de liberté littéraire. Faisons un peu connaissance si vous voulez. Leo Perutz est en fait un Juif né à Prague comme Kafka quelques semaines plus tard.Fonctionnaire dans les assurances il quitte Prague pour Vienne, alors centre culturel de l'Europe et qui vit ses dernières années de prestige.Tous partiront et pour cause: Zweig, Freud,Musil,Kokoschka.

Le Judas de Léonard

               On définira Perutz comme un croisement entre Agatha Christie et Kafka. Certes réducteur mais assez juste. Toute son oeuvre sera imprégnée d'inquiétude et de culpabilité souvent englobées dans des histoires d'aventures ou d'enquêtes.Le Judas de Leonard nous entraîne dans la Renaissance Italienne quand le Maître cherche un modèle pour La Cène.

Le Tour du cadran Le tour du cadran qui intéressa Murnau et inspira Hitchcock narre 24 heures de la vie d'un prisonnier échappé aux mains menottées et qui comprend tragiquement le sens des expressions tendre les bras ou les mains dans les poches. Fort drôle et souvent pathétique ce roman se dévore à condition de pouvoir tourner les pages.

  Cavalier suedois (le) Le cavalier suédois est peut-être le plus connu et constitue un merveilleux conte sombre et fantasmagorique. Rêve et destin se conjuguent dans les aventures d'un brigand repenti signataire d'un pacte avec un fantôme.D'une écriture somptueuse qui emprunte au roman gothique et au fabliau Le cavalier suédois est le meilleur accès au pays de Leo Perutz.

  Le Cosaque et le Rossignol Le Cosaque et le Rossignol,conçu au départ comme un scénario proche de Lubitsch, n'a jamais été tourné. C'est une variation brillante sur les amours d'un général et d'une cantatrice troublés par un fakir. Mais tous les livres de Perutz sont à conseiller:il y a encore les nouvelles de Seigneur,ayez pitié de moi! et d'autres romans, Le Maître du Jugement dernier, Le miracle du manguier,etc... Aux éditions 10/18 et Phébus.

2 juin 2006

Une chanson:Honey

La médiocrité est un droit de l'homme. J'ai décidé de faire valoir ce droit en vous infligeant une chanson bien mielleuse et à faire pleurer Margot, psalmodiée  par un chanteur quelconque ni crooner, ni rocker, ni country. C'est une chanson d'amour bien banale qui ne vaut pas une note dans le blog de la Comtesse par ailleurs si brillant(?). Seulement voilà:j'aime vraiment beaucoup cette sucrerie. Cette petite chose sera évidemment acccompagnée d'images tout aussi quelconques. Cela vous apprendra et j'espère que vous boirez le calice jusqu'à la lie.

  http://www.youtube.com/watch?v=b_O_KePRKfY Ecoutez quand même!

6 janvier 2007

Une chanson:Innuendo

Innuendo  Il y a parfois de sales semaines.Fin 91 je tenais sur une radio locale un petit billet d'humeur intitulé "Les 100 secondes de C.B". Et je me souviens de cette dernière semaine de novembre.L'édito aurait pu s'appeler Mort de deux fous.Nous avions perdu en 48 heures Farookh Bulsara,né à Zanzibar,ayant vécu à Bombay et en Rhodésie,chanteur rock de son état et Nikolaus Günther Nakszynski né à Dantzig(lieu déjà hautement improbable) acteur de profession.La vie sans ces deux-là devait s'avérer nettement moins bariolée,et plus ordinaire en quelque sorte.Ces deux-là n'étaient certes pas des parangons de vertu,plutôt des "excentriques" .J'ai voulu les réunir aujourd'hui encore avec la chanson Innuendo,extraite de l'album du même nom,un album magistral.

The show must go on disait la chanson la plus connue du disque,prémonitoire.Evidemment depuis,the show has been going on...Mais moins bien,sans Freddie Mercury ni Klaus Kinski.Si vous le voulez nous reparlerons très vite du deuxième et de ses aventures en Amazonie.Quant au premier écoutons Insinuation(Innuendo)

http://www.youtube.com/watch?v=_3IHAHBABmE Innuendo!

2 juillet 2006

Une histoire de violence

A History of Violence - Edition Prestige    

Il faudra m'expliquer pourquoi il n'y a pas de titre français.Le nouveau film de David Cronenberg est assez loin des interrogations vertigineuses de La Mouche,M.Butterfly ou Faux semblants.Il est exact que ces références sont anciennes.C'est cependant un film intéressant sur les engrenages et les raisons de la violence dans cette Amérique cathartique qui nous fait peur parfois.Sans vouloir être réducteur A history of violence se présente comme un thriller de bonne facture avec quelques gueules de cinéma comme on les aime,Ed Harris,inquiétant à souhait ou William Hurt,pour la première fois vieillissant à mon avis,hallucinant parrain expéditif.La thématique est d'une Amérique éternelle,westernienne,contant la difficulté de la réinsertion dans un monde armé jusqu'aux dents.Viggo Mortensen ne me paraît pas l'acteur idéal mais c'est un avis personnel.Je trouve aussi que la famille n'est pas étudiée au mieux Cronenberg ayant cédé à des facilités(les fantasmes,la relation père-fils).

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5 octobre 2006

Park qui sonne le glas

Ce roman a été salué par la critique et élu meilleur livre de l'année par Lire!Disons-le,je n'aime guère les palmarès mais ce bouquin est immense,une date,un objet difficile à identifier mais à lire d'urgence.N'ayant pas lu les précédents opus de l'un des trublions des lettres américaines je ne sais si son oeuvre entière est de ce niveau.Mais à l'évidence Lunar Park c'est une sorte de tourbillon,de maelström en plein coeur d'une civilisation américaine déboussolée.C'est aussi une plongée dans la création littéraire hallucinante où l'on voit l'auteur devenir le héros du bouquin,doublé de l'écrivain qu'il croit être.Cela paraît comme ça assez compliqué,c'est juste vertigineux sans être élitiste,bouleversant et terriblement dérangeant.C'est aussi une "vie de famille" à l'américaine,enfin un type de vie, effrayante, cauchemardesque entre pouvoir de la technologie pour le pire,et quotidien de défonce et de violence,un monde que Bret Easton Ellis connaît bien,lui,le wonder boy mais aussi l'un des bad boys de la littérature américaine,un peu assagi  peut-être mais  dont le talent est à son apogée.


Lunar Park c'est une claque,salutaire mais brutale,qui nous rappelle que ce grand pays vacillant reste une formidable terre de pionniers pour la littérature,d'une richesse fabuleuse.

28 octobre 2006

Une chanson:Days of Pearly Spencer

Days Of Pearly Spencer Début 68 je crois entre Canned Heat et Lovin' Spoonful nous arriva une chanson un peu étrange en même temps que parfaitement roublarde émanant d'un Irlandais découvert par l'imprésario de Van Morrison.Il nous fallut bien noter son nom typiquement écossais d'ailleurs car nous risquions de ne plus jamais en entendre parler.Et...c'était vrai.Mais rassurez vous,vous connaissez tous.J'aime toujours cette chanson,incorrigible que je suis,dont je sais maintenant qu'elle parle de chevaux de course,ce qui n'a rien de surprenant au pays vert de mes fantasmes.Days of Pearly Spencer,très astucieusement écrite,avait au moins deux originalités qui ont fait son succès planétaire:Le crescendo des violons très proche du Initials B.B. de Gainsbourg et la voix nasillarde psalmodiant comme dans un mégaphone.David McWilliams devait avoir juste après une demi-réussite,pas loin de l'auto-plagiat avec This side of Heaven,avant de tomber dans l'oubli.Mais il nous reste http://www.youtube.com/watch?v=4VDS8uArR0A

8 mars 2010

Géographie:Brooklyn,New York

               

                               Deux grandes premières sur cette note.Un,il ne s'agit pas d'une ville mais d'un quartier de Big Apple.Mais surtout,deux,je vous présente une chanson française ce qui n'est pas dans mes habitudes.Mais Brooklyn by the sea est un tel chef-d'oeuvre tant par la musique que par les mots.Je ne connais aucun texte court qui décrive la diaspora européenne d'une telle manière.Cette chanson c'est Odessa sur Atlantique.Cest toute la beauté des racines lorsqu'elles se fondent au Nouveau Monde.Mort Shuman qui écrivit tant de perles pop,se prit de passion pour Brel et se ruina le coeur et le corps dans la France des seventies la chante d'une façon bouleversante.Ce qui pourrait n'être qu'une ritournelle gentiment nostalgique retrouve les accents juifs des mélopées d'Europe de l'Est dont la famille de Shuman était originaire, transcendés par les paroles d'Etienne Roda-Gil,un homme qui savait le prix de l'exil pour qu'ainsi la Mer Noire baigne New York.

http://www.youtube.com/watch?v=Me1DIAEQbRw  Brooklyn by the sea

1 juillet 2008

Zenith

John Butler Trio

    A quelques encablures de chez l'ami Thierry (Jazzbluesandco) un concert dont j'étais peut-être le doyen des spectateurs mais enthousiaste comme les benjamins.John Butler est maintenant très connu en Europe où son style,sa bonne humeur et sa virtuosité laissent pantois.Le Zenith de Lille est une sorte de hangar dont le confort ne sied guère à quelqu'un qui a vu Hendrix sur scène,c'est vous dire plus proche en âge du Buena Vista Social Club que de Tokio Hotel.Mais John et ses acolytes valent bien quelques crampes.Un  sémillant duo en première partie, croisement entre Kurt Weill et Fats Domino ,et dont j'ai oublié le nom,donna des fourmis dans les jambes.Le pianiste joua d'ailleurs avec Butler sur la moitié environ de son set,parfois très reggae.Et le trio infernal arriva...A suivre...

   Dans le vif du sujet avec Company sin et nous voilà partis pour deux heures de show du surdoué de la douze cordes et de tout ce qui se gratte.Et là je serai très prudent mon niveau de guitariste étant tel que je commence à jouer L'eau vive et ne me permettant pas de risquer des impairs que les gratteux ne me pardonneraient pas.Nanti donc de différents instruments John fit un show époustouflant et dans une proximité digne d'un club de jazz.L'ambiance excellente ne se démentit pas tout au long de ces morceaux connus pour la plupart avec quelques exceptions.Citons Used to get high,Gov did nothing, Better than,Good excuse,Zebra,la superbe Caroline.Ocean le morceau de bravoure nous hypnotisa un quart d'heure environ.Butler sait manifestement tout jouer avec une égale maestria,aux limites du reggae et du hard rock,mais aussi du jazz et de toutes les tendances folk.Ses deux complices ne sont pas des faire-valoir et leurs solos furent très appréciés.Le John Butler Trio montre une cohérence à toute épreuve capable de ravir tous les publics.Mon seul regret est l'absence de reprises de classiques mais je dois souffrir d'un peu de nostalgie,bien excusable convenez-en.

http://www.youtube.com/watch?v=S6Uyeg1BL0Q Caroline ( D'accord c'était pas à Lille mais à Adelaide)

28 juin 2008

Un ticket pour "Le dragon de la méchanceté contre le saint guerrier".

            Voilà l'improbable demande à faire au guichet si l'on avait traduit le titre original d'

 

         Reconnaissez que c'était un  peu baroque.Baroque Antonio das Mortes l'est de toute évidence.Il s'agit de l'un des films les plus célèbres de ce Cinema Novo brésilien qui n'a guère eu de prolongement. Entrer dans cet univers foisonnant n'est pas une si mince affaire.Un minimum de connaissance de l'histoire du Brésil peut se révéler très utile.Entre Cangaceiros,improbable croisement de Robin des Bois du Nordeste et Beatos,paysans mystiques illuminés,tous deux opposants au régime des grands propriétaires,il est un peu difficile de savoir qui est qui.Ajoutons à cela l'incroyable amalgame entre la foi et la superstition,entre la sainteté et les diableries.N'oublions pas qu'Antonio das Mortes était déjà présent dans Le dieu noir et le diable blond,film antérieur de Glauber Rocha,dont le titre à lui seul fait peser pas mal d'incertitude sur le spectateur européen plus cartésien.

      Strié de rouge vif et parsemé de morts violentes dans cette ahurissante arène qu'est le Brésil d'une époque un peu indéterminée Antonio das Mortes délivre des fulgurances filmiques baroquissimes flanquées de paraboles d'un mysticisme brouillon mais qui semble aller sa propre cohérence tant ce film a l'air de ressembler à son pays.Un magnifique combat singulier où les deux protagonistes serrent les dents,tenant chacun l'extrémité d'une longue écharpe.Le fraternel baiser du vainqueur au vaincu,tous deux habillés de barbe noire,de rose et de hardes qui les font ressembler à quelque pirate des Antilles.Un riche aveugle visionnaire dont la femme adultère tue elle-même son amant.Une curieuse alliance de circonstance entre Antonio,celui que l'on ne peut appeler un justicier et un instituteur à peine éclairé.Une sainte et un Saint Georges noir terrassant le dragon...Toutes ces images renvoient au titre original et à un Brésil qui conjugue la violence et la chorégraphie,mais n'est-ce pas une assez bonne définition de ce pays immense et méconnu où l'on meurt si vite au rythme des Cariocas?

   Antonio das Mortes fut primé à Cannes 69 sous la présidence de Visconti.Rocha devait mourir à 43 ans en 1981 laissant quelques films,assez peu,s'étant longuement détruit,ayant tourné un peu en Europe et fait l'acteur pour Godard.Dans les dictionnaires on accole souvent à ses films le terme de westerns.C'est en fait vrai en un certain sens.Sam Peckinpah a dû voir ses films.

24 avril 2008

Est-ce bien,Clair?

        Alors que Renoir,Carné,Duvivier font toujours la une des blogs cinéphiles René Clair semble traverser son purgatoire.Regardons de plus près deux de ses classiques du début des années trente.

     Datant du tout début des années trente ces deux films appartiennent à la veine presque musicale et gentiment anar de René Clair.Mais l'anarchie chez Clair est tout en poésie,en ritournelles et en rues que semble baigne un bleu de ciel.Tout s'arrrange dans ce petit monde sympa où même les hommes politiques finissent par devenir des sous-préfets aux champs.Seulement y a le temps,le vilain temps qui passe et...si Monsieur Clair et ses créatures étaient devenus surannés, délicieusement mais surannés quand même...Ma réponse sera normande car la façon dont sont introduites les chansons dans Sous les toits de Paris est apparue à mes yeux comme antique et totalement kitsch, appartenant au cinéma sonore plus que parlant.Le cinéma sonorisé,besogneusement la plupart du temps,me semble rétrospectivement avoir conjugué les mimiques excessives du muet et le style revue de music-hall franchouillard un brin passéiste.J'ai pourtant conscience de l'inanité de ces critiques tellemnt tardives qu'elles paraissent relever de références antédiluviennes.Mais,je le confesse,j'ai eu du mal à m'intéresser aux querelles du chanteur des rues(Albert Préjean,à lui seul un monument de gouaille) et de son ami.Les décors sont jolis,exhumant ce Paris d'avant et ce "bon petit peuple".René Clair est déjà bien loin des expériences surréalistes de Paris qui dort ou Entr'acte.

     A nous la liberté,par contre,que Chaplin cita comme référence et c'est bien le moins qu'il pouvait faire tant la dénonciation du machinisme du film de René Clair préfigure Les temps modernes, demeure un film délicieux tenant à la fois des Pieds Nickelés et du Front Populaire,comme le dit justement l'ami Fantasio, même si ce Front Populaire ne devait voir le jour que cinq ans plus tard.Mais ce printemps vu par René Clair n'a pas le pessimisme de Duvivier ni le militantisme un peu lourd de Renoir.Il est vrai qu'en 1931 les différentes menaces n'étaient pas encore si prononcées.A nous la liberté c'est l'ode à l'amitié,à la fratenité sans véritables slogans et c'est tellement mieux,et pour moi finalement plus fort.Henri Marchand et Raymond Cordy ne sont jamais devenues des vedettes mais comme on a envie de les accompagner au long de la route buissonnière,après avoir échappé à la prison et à une autre prison,la fortune.Et puis aussi bien Sous les toits de Paris que A nous la liberté ne nous offrent-ils pas de merveilleuses affiches?

17 avril 2008

A propos de Pirandello

    L'oeuvre de Pirandello,immmense romancier poète dramaturge sicilien est une de celles qui me fascine...En 1936 le cinéaste Pierre Chenal et les dramaturges Roger Vitrac et Armand Salacrou adaptent son roman Feu Mathias Pascal sous le titre L'homme de nulle part.Déjà adapté au temps du muet par Marcel L'Herbier en 1925 il le sera à  nouveau par le grand Mario Monicelli en 85 avec Mastroianni dans le rôle titre.Même si je crois qu'il sera difficile de mieux comprendre Pirandello que les frères Taviani dans Kaos ce vieux film français n'est pas inintéressant.Il faut faire abstraction de l'interprétation notamment féminine, particulièrement datée, l'audibilité de la version de notre cher Cinéma de minuit n'étant pas géniale.Broutilles tant le travail de Patrick Brion contribue-t-il vaillammment à la pérennité du cinéma.

     Ce qu'on garde de L'homme de nulle part c'est surtout l'interprétation de Pierre Blanchar,assez habité en Mathias Pascal,nanti d'une seconde vie tant la première était platounette, certes assez théâtrale mais honorable surtout en première partie,le Mathias Pascal un peu benet et barbichu,relatif contre-emploi pour Blanchar.Et surtout celle du plus grand voleur de scènes du cinéma français,j'ai nommé Robert Le Vigan.La Vigue étant l'acteur excentriquissime numéro un,celui que l'on n'oublie jamais,même en quatrième, cinquième,voire dixième rôle.Quelque exemples:Goupi Mains-Rouges, La bandera,Le quai des brumes.

   Feu Mathias Pascal est une fable sur l'identité et le paradoxe de l 'homme dans toute sa complexité.Tout homme est mutiple mais j'en connais qui sont simples,si simples que c'en est effrayant.Ainsi Mathias Pascal, prisonnier d'un mariage raté et d'une vie banale (pas loin de Kafka ou du Bartleby d'Herman Melville),est-il contraint de se "tuer" deux fois avant d'émerger d'une sorte de léthargie et d'assumer pleinement son existence.Ce roman de l'absurde est plutôt joliment illustré par Pierre Chenal dans une atmosphère sordide de manigances au début, avec quelques éclairs lorgnant vers le réalisme poétique prévertien,lequel Prévert avait d'ailleurs failli participer au film.

11 avril 2008

La maison des Aurès

La Maison Jaune d' Amor Hakkar

       De bons sentiments,des gens solidaires,un film de brave,un film plutôt sympathique mais pas tout à fait crédible.Amor Hakkar réalise La maison jaune et interprète le  père de famille berbère qui cherche à ramener à la maison le corps de son fils mort dans un accident.Ce film est souvent accompagné comme c'est parfois le cas de débats organisés par différentes associations. Curieux ce fait que certaines oeuvres ne semblent guère visibles que dans le cadre d'une animation de type culturel ou sociétal,où les gens qui savent (un peu) sont sensés mieux faire comprendre aux autres forcément ahuris probablement.Ayant fait beaucoup de ciné-club j'ai été des deux côtés.C'est intéressant mais ça participe aussi d'une scolarisation qui peut avoir ses effets pervers.J'ai souvenir par exemple de séances où les lycéens étaient rameutés pour faire nombre et pour faire noble cause à des séances dont ils se foutaient éperdument.Allers et retours,portes qui claquent,voire vociférations diverses gâchaient ainsi allégrément la soirée de tout un chacun.Mais l'on avait fait son devoir.Bref.Revenons dans les Aurès pour ce Bienvenue chez les Berbères où même les policiers sont plutôt sympas.Et je pose la question:où va-t-on si l'on se met à tolérer la présence de flics sympas dans le cinéma?Si l'on n'y prend pas garde un jour on verra des bourgeois innocents ou un politicien honnête.

           Plus sérieusement La maison jaune aborde le problème du deuil,vécu différemment suivant les croyances. Ce paysan courageux et modeste n'a de cesse de ramener le corps de son fils dans son village.Evidemment il se heurte à l'arrogance des fonctionnaires et à la morgue (jeu de mots de mauvais aloi) des employés de l'hôpital. Non,c'est tout faux.Tous ces gens,voisins,policiers,chauffeurs de taxi, barmen,imam,se révélent de bonne composition et le voyage se poursuit finalement sans trop de complications.C'est un joli film, sensible, sur l'âpre région des Aurès,qui se transforme en conte avec un brave préfet et la fée électricité installée comme par enchantement dans la petite maison de Mouloud, repeinte en jaune pour conjurer le chagrin de son épouse Fatima.La maison jaune est loin d'être à dédaigner,frisant un amateurisme spontané,ce qui est agréable.Sujet idéal pour débattre doctement de deuils,de soins palliatifs éventuellement,voire d'euthanasie.On peut surtout voir ce film pour ce qu'il est,sans esbrouffe,sans grand bruit,sans trop de nuances,mais surtout pas sans qualités.

11 avril 2008

Je si né ma taux graphe hic

   

     ?

   A la demande d'Oggy je répondrai qu'il a le bonjour d'Alfred.Ceci n'est pas une insulte mais un indice.Autre indice à la demande générale pour ce jeu qui ne déchaîne pas vraiment les foules:un des cinq acteurs a tourné à plusieurs reprises pour des frères italiens.

   Effectivement,Dominique,il s'appelle Omero Antonutti et a joué plusieurs fois avec les Taviani.Surtout dans Kaos,contes siciliens ce qui devrait vous mettre sur la voie.

15 février 2008

Un copain du patron

 

    Sur ce bel album,très classique au demeurant,sept chansons sont signées Joe Grushecky,quatre Bruce Springsteen et deux Grushecky/ Springsteen.On est donc en pays de connaissance et c'est rudement bon de retrouver des potes.Je sais Joe n'aura pas la palme de l'originalité mais nous non plus,quand on glose sur l'histoire du rock ou toute autre chose en essayant de sortir un peu des sillons battus.Ce disque date de 1997 et,bourré d'énergie,nous donne un aperçu de la belle voix de Joe et un son carré et jovial qui sait aussi se faire caressant dans la belle ballade 1945.Si Joe Grushecky n'est pas une star du rock je crois que l'on peut faire confiance au patron pour choisir ses amis.

http://www.youtube.com/watch?v=Oj51DuSEmK4 On rentre à la maison

http://www.youtube.com/watch?v=hBO2_j4CLBk  Lake Pontchartrain(extrait du dernier album A good life),ode au grand lac de Louisiane après Katrina.

3 février 2008

Bon,alors on se la joue ciné

   Point commun?

  Bravo pour cette réponse.Primo Levi,Ernest Hemingway,Henri de Montherlant,Drieu La Rochelle, Cesare Pavese et Hunter S.Thompson se sont tous suicidés.Les films sont La trêve,Pour qui sonne le glas,Un lever de rideau(court de François Ozon),Le feu follet,Femmes entre elles et Las Vegas Parano.Encore bravo!

26 janvier 2008

Uchronie nippone en cases

       Assez peu bédéphile j'ai eu la surprise de trouver devant la cheminée cet album japonais d'un auteur semble-t-il assez connu mais que j'ignorais.Après un moment d'hésitation je me suis lancé dans l'aventure de Quartier lointain.La préface est signée du cinéaste belge Jaco Van Dormael et je dirais que ça va de soi.Pour deux raisons.D'abord Quartier lointain est presque déjà une oeuvre de cinéma par son rythme,ses cadrages hyperprécis,ses hors-champ,son temps suspendu.Je sais que c'est déjà en cours d'adaptation d'ailleurs.Ensuite le très rare Van Dormael(à ma connaissance deux films seulement,Toto le héros et Le huitième jour) possède un univers filmique curieux et très personnel,assez proche du thème traité par Jiro Taniguchi,la deuxième chance et l'imaginaire qui permettrait de revivre sa jeunesse et,toute la question est là,de la corriger éventuellement.Le héros,cadre quadra et demi,se trompe de train,stressé et hypernippon, pour se retrouver dans sa ville l'année de ses quatorze ans.L'uchronie est un procédé littéraire et cinématographique classique qui a ses célébrités Smoking/No smoking,Un jour sans fin,nombre de films de science-fiction.Revivre sa vie est un vieux fantasme.Moi j'appelle ça simplement "refaire un tour".Ca arrive d'ailleurs,qu'on "refasse un tour",c'est le propre des rencontres.

       C'est donc l'occasion de se faire une idée de quarante années de vie japonaise au quotidien, écoles, lycée,université,vie de famille. Souvenirs de guerre aussi,absolument inévitables dans toute oeuvre japonaise et pour cause. Univers oppressant en lui-même à nos yeux d'Occident,ce pays nous échappe et Quartier lointain nous en donne à gôuter un petit morceau,délicieux et teinté d'amertume. Les plus cinéphiles ne pourront pas ne pas penser à Ozu,même si les années ne correspondent pas tout à fait.Il y a dans Quartier lointain un parfum d'intemporalité bien subtil.Le noir et blanc convient à merveille à ce ballet de cases à bulles dont je suis peu familier mais qui m'a profondément touché.La version cinéma est-elle indispensable?Peut-être quelques-uns d'entre vous,plus au fait de BD,me le diront-ils?

28 décembre 2007

La règle du jeu(dernière 2007)

         Point commun?Et petite aide parce que c'est Noël:il s'agit une fois encore du couple infernal cinéma et littérature.Bonne fin d'année et meilleurs voeux à tous les amis qui passent par ici!

  "Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

   Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots"

Bon,allez,on ne badine pas avec la réponse.Bravo Oggy.Mandy Patinkin dans Impromptu en 90,Yves Rénier dans George qui? en 73,Jean Cocteau dans La Malibran de Guitry en 43,Benoît Magimel dans Les enfants du siècle en 99 ont tous incarné Alfred de Musset.

22 décembre 2007

Grand pays,ville d'acier

http://www.youtube.com/watch?v=e3Veko70OfQ Steeltown

     Début 80,pas très éloigné de U2,était Big Country,mené par l'Ecossais Stuart Adamson.Ce groupe qui n'a guère survécu aux nineties faisait sonner ses guitares comme des cornemuses et comme l'indique son nom aimait les grands espaces et les sujets sociaux.Fields of fire(exode rural,sur un album antérieur) ou Steeltown de l'album homonyme,par exemple.Le succès fut énorme mais ne dura pas très longtemps,ce qui fut le cas de Simple Minds entre autres.Il est vrai que les deux groupes ne faisaient pas dans la légèreté. Pourtant constitué de très bonnes individualités dont le génial Matt Brzezicki,batteur,qui a ensuite rejoint l'antédiluvien mais excellent(pas incompatible) Procol Harum,Big Country a vécu,maillon intéressant de notre longue chaîne musicale,dont à mon avis la principale faille est une certaine monotonie de leurs harmonies, puissantes mais un peu stéréotypées.A verser au dossier donc,pour éventuelle compulsation ultérieure par les fouineurs du rock.Et puis sur ce disque ,une superbe ballade,ma préférée,Girl with grey eyes.

http://www.youtube.com/watch?v=CMorbx3Sji0  Girl with grey eyes

1 décembre 2007

Trilogie Jean Vigo tome 2,ou bonne note à Zéro de conduite

   

    En 1932 Vigo,déjà ou toujours malade réussit à tourner un film dynamite,un film cauchemar,un film étoile filante.Enfin s'il réussit à le tourner il me réussira pas vraiment à le montrer.La censure veillant sur le moral des Français Zéro de conduite ne sera sauf très rares exceptions projeté qu'en ...1945.Entre temps il y aura eu les Ligues,le Front Populaire,la Guerre,Vichy,la Résistance et l'épuration. Replaçons le film à sa sortie en 33 devant une salle de professionnels de la profession comme dirait Godard.Les spectateurs payants, eux,attendront 12 ans.André Gide n'a pas aimé,Georges de la Fouchardière(auteur très en vogue de La chienne) non plus.Ils ont qutté l'Artistic avant la fin du film qui dure...45 minutes. Mais il y a eu quelques applaudissements assez nourris,des frères Prévert notamment.

   Vigo,je ne reviens pas sur sa vie,règle manifestement ses comptes,et ceux de son père.Car il y a partout dans la maigre oeuvre de Jean Vigo la figure paternelle,qu'il lui aurait certainement fallu tuer si la providence ne s'en était chargé.On comprend à revoir ce film la fureur qu'il provoqua.Nous sommes en 32 et Vigo ne propose rien moins que la révolution.Car ce n'est pas une gentille histoire de cancres qui font le mur,sortes de sous-doués années trente.Un des élèves dit merde à deux reprises et chez un adolescent de cinéma de cette époque c'est déjà beaucoup d'autant plus qu'il s'adresse aux professeurs,symboles d'autorité.Le directeur,un nain grotesque incapable d'ccrocher son chapeau et les autres notables sont plusque brocardés,vilipendés lors de la fête finale.Même sexuellement Vigo y va fort,fesses et sexe apparaissent, oh,très furtivement mais... Evolution des mentalités aidant on peut même subodorer un soupçon d'amitiés particulières et une caresse peut-être équivoque,peut-être car il faut se garder d'extrapoler par delà les années.

    La bataille de polochons que Vigo ralentit se transforme en sarabande débridée et le vieux pion Pète-Sec est crucifié à son lit.Inquiétant tout ça et la musique de Jaubert semble ridiculiser les institutions en transformant la fête de l'école en cirque et bacchanales.Et sur le toit,quatre anges du diable,les élèves en révolte semblent nous montrer leur fesses.Ainsi Jean Vigo montra-t-il les siennes.Comme je vous l'ai déjà dit cela ne plut guère.

   Et maintenant.Certes le film est célèbre,enfin surtout le titre du film.Mais détrompez-vous!Zéro de conduite reste peu diffusé hors des cénacles de  ciné-clubs un peu tatillons.Son format de moyen métrage s'est toujours mal inclus dans les programmations.Et puis surtout comme A propos de Nice et mieux que L'Atalante à mon gré,le brûlot n'a rien perdu de la verdeur de ses étincelles.François Truffaut le fidèle,lui au moins,saura s'en souvenir même si mon frère Antoine Doinel n'est pas tout à fait dans le même registre.Il reste de ce zéro pointé le souvenir d'un film peu vu,peu aimé,très important et Vigo ne pouvait aller plus loin.Avoir zéro et puis mourir,ou presque.

9 décembre 2007

Jouons un peu en attendant pire

       Point commun entre ces messieurs?Déjà un élément de réponse grâce à Oggy.Un peu de précision est cependant requis quant au lien entre ces sept cinéastes.De l'aide semble nécessaire vu les commentaires amis.Sept hommes,une femme...et relisez bien à fond le nom de la catégorie.

    Pas trop inspirés par Jacques,Robert,Anatole et les autres...Cela m'inspire une certaine tristesse...Et un grand bravo à Dasola une fois  de plus.

   

8 décembre 2007

Cinéphile gériatrie

   

             Je n'avais vu que quelques images des Fraises sauvages,souvenir antédiluvien de noir et blanc avec un vieux monsieur sentencieux et une voiture noire sur les routes de Suède.Peu connaisseur de Bergman,bien qu'ayant dévoré Laterna Magica,livre superbe d'intelligence et d'imagination,autobio de Bergman et qui permet,je crois,de cerner un peu le personnage pour le moins complexe.J'entreprends donc tardivement mon propre voyage en Bergmanie(voir note sur Monica) un peu comme le professeur Isak Borg, interprété à la perfection par l'un des maîtres de Bergman,le metteur en scène Viktor Sjöström(1879-1960).

   On a beaucoup parlé de l'austérité des films de Bergman,souvent très justement,et de la mort comme l'un de  ses thèmes de prédilection.Le vieux savant prend sa voiture pour un road-movie qui pourrait bien être le dernier,en compagnie de sa bru qui ne lui voue pas vraiment un amour filial.Mais probablement était-ce difficile d'aimer cet homme sévère,drapé de ses certitudes,trahi par sa femme des décennies plus tôt,et dont le fils unique reste distant.Sa très vieille mère quasi-centenaire le reçoit sans aménité,lui,seul survivant de ses dix enfants.D'ailleurs un tribunal de mauvais rêves le déclare "coupable de culpabilité". Chemin faisant,assez lourd de symboles,une horloge sans aiguilles,un corbillard accidenté et un mort sans visage,Isak est assailli de fantasmes et de cauchemars et finit par s'interroger sur sa vie.Qu'est devenue Sara,son amour de jeunesse,qui cueillait des fraises sauvages non loin de la maison de vacances familiale?

     Plusieurs rencontres émaillent le périple dont celle d'une jolie blonde un tout petit peu effrontée et qui finira par l'appeler Papa Isak,apportant au film une touche de fantaisie très bienvenue et pleine de promesses.Les retrouvailles avec son fils ne se passent pas trop mal et sa vieille gouvernante n'hésite pas à le contredire.Au soir de sa vie Isak,l'un des plus beaux personnages de vieillard du cinéma,semble comprendre la futilité et la vanité des honneurs et s'endort,peut-être en paix.Dans ce que j'appelle les portraits de l'âge un seul autre vieil homme a su m'émouvoir autant,le merveilleux vieux fonctionnaire d'Umberto D. de Vittorio de Sica(voir Cinéma d'Italie).Pour conclure comme je l'ai déjà écrit souvent,laissez leur chance à ces films,dérangeants parfois,marquants toujours.Je ne me résignerai pas à ce que des créateurs comme Bergman ou Antonioni soient sans cesse marqués d'intellectualisme.Un peu court,cette appellation.

16 juillet 2007

Eeguab's Journey through the French Cinemathèque

   Voilà.J'ai ma carte d'abonné et je suis membre de la confrérie des fêlés des salles obscures.Quelques mots sur les lieux.Dasola a raison:cet endroit n'est véritablement pas chaleureux et j'ai eu bien du mal avec les différents niveaux de la bibliothèque,à ne pas confondre avec l'iconothèque. Cet univers semble hélas annoncer une approche du cinéma un peu glaciale et que n'améliore pas vraiment la librairie où manque une flamme.De plus le restaurant était fermé, tout cela n'allant pas dans le sens de la rigolade.Il est vrai que l'humour n'est pas forcément la qualité première de nombre de cinéphiles.La bibliothèque est très complète avec pas mal de bouquins dont je prétends qu'ils sont quasiment illisibles en dehors de quelques exégètes souvent eux-mêmes peu compréhensibles.Ces escaliers et ces couloirs sont plus proches d'Antonioni que de Claude Sautet.J'aime beaucoup les deux.

   La collection permanente Passion Cinéma,héritière du capharnaüm d'Henri Langlois,recèle des merveilles historiques,à savoir nombre d'appareils anciens et préhistoriques,rutilants et aux cuivres somptueux.Ces objets témoignent de l'ancienneté du cinéma qu'on peut logiquement faire remonter à trois siècles,sachant l'importance des illusionnistes et des automates,des lanternes magiques et des tours de passe-passe.N'est-ce pas Mr.Méliès?

<b><p style=''text-align: justify;''>Triple lanterne de projection </br>« The Climax Tri-Unial »</p></b>

   Ces objets sont certes superbes mais le Huron que je suis ignorant tout de la technique cinématographique je me suis lassé assez vite des merveilles lustrées pour me plonger dans quelques affiches chamarrées et de très belles vues sur plaques que diffusaient les lanternes magiques,comme cette extraordinaire image de la collection Will Day,un esthète britannique à qui l'on doit un legs prodigieux.

<p style=''text-align: justify;''><b>Plaque de verre peinte à la main de la Royal Polytechnic attribuée à W. R. Hill</b></p>

   Evidemment le spectateur sortira toujours frustré de n'avoir trouvé son objet culte préféré même si l'on tombe sur le célèbre cadeau de Hitch à Langlois,la tête de Mme. Bates dans Psychose, ou sur la robe de Scarlett,ou sur le costume de robot de Brigitte Helm dans Metropolis.Le seul musée exhaustif du cinéma loge quelque part au fond de votre coeur et de vos souvenirs et il ne me paraît pas qu'il faille sacrifier à un fétichisme exagéré.La scénographie est bien faite,l'ensemble Passion Cinéma évoque un certain bazar forain et c'est très bien comme ça.

La Cinémathèque propose deux fois par an une expo temporaire et actuellement se termine la suivante:

    L'image d'après confronte le regard de dix photographes Magnum sur les passerelles éventuelles entre Cinéma et Photo.J'ai été happé par la beauté de certaines corrélations notamment sur les univers de Wenders,du Film Noir Américain,du Païsa de Rossellini,d'Antonioni,de Tarkovski.J'ai détesté la brutalité des corps du cinéma japonais comme amplifiée par le photographe Antoine d'Agata.

  Gruyaert et Antonioni

    Soth et Wenders

    Pinkhassov et Tarkovski

  Cette mise en perspective de l'infernal duo Cinéma/Photo est souvent passionnante même s'il me semble y déceler du moins dans les commentaires une once de snobisme de bon aloi,jamais très éloigné dans le domaine du cinéma.Peut-être suis-je de mauvais foi.

   Quant à voir des films hier je n'en ai vu aucun mais je sais qu'elle est formidable avec une variété,une profusion de films qui vont des meilleurs et des plus mauvais cape et épée jusqu'à Bresson en passant par le bis et l'avant-garde.On trouve tout à la Cinémathèque.Le tout est de ne pas se perdre dans ces moches couloirs et de bien  regarder les horaires.

15 septembre 2007

Une chanson:In the year 2525

   

    

      Je vous demande bien pardon.Je suis rarement tombé aussi bas.J'ai honte.J'essaierai de ne pas naufrager davantage.Je n'ai aucune excuse.Que vous dire?Ben voilà Messieurs et Mesdames,c'était il y a si longtemps.Moi,moi je ne voulais pas mais,entraîné par des copains de 18 ans,j'ai suivi.Et j'ai participé au succès de cette bêtise auditive.J'espère que je vaux un peu mieux que ça.Vous avez vu,hein,des fois je parle de Dylan,de Cohen,de Young,et de gens bien.J'ai craqué mais j'étais si jeune.Oui j'avoue que j'ai aimé In the year 2525 des dénommés Zager and Evans.Et puis vous savez,je crois que je l'aime encore un peu,rien qu'un peu.Larmes...

http://www.youtube.com/watch?v=WhNM2K8cmU8

24 novembre 2007

Trilogie Jean Vigo tome 1,ou à propos d'A propos de Nice

      Devant faire une conférence illustrée sur Jean Vigo je me propose de vous en dévoiler les bonnes feuilles comme on dit dans l'édition.Et son premier film,moyen métrage de 23 minutes,A propos de Nice,n'a à mon avis rien perdu de sa verdeur et demeure l'une des oeuvres les plus audacieuses.Tentatives d'explication.

     Avec son complice Boris Kaufman,frère ou cousin du cinéaste russe Dziga Vertov,théoricien du cinéma-oeil,Jean Vigo dont il faut toujours garder à l'esprit l'héritage anarchiste, pamphlétaire et frondeur de son père,mort en prison curieusement en 1917,ne rêve que de cinéma, passionné de montage et des pères fondateurs Charlie et Serguei.Son idée est de faire d'A propos de Nice un laboratoire,catégorie documentaire,de ce nouveau cinéma,plus libre,plus caustique,plus nerveux, plus politique,avec rage et mauvaise foi parfois.J'ai donc revu plusieurs fois A propos de Nice et ce film me frappe toujours de plein fouet,d'une violence inégalée,sauf par Vigo lui-même dans Zéro de conduite.

     Pourquoi Nice en cette année 29?Présence des studios de la Victorine,climat ensoleillé convenant à Vigo,toujours malade,lumière de ce midi d'azur.Et puis Vigo cherche à réaliser un poème visuel sur une cité traditionnellement connue pour ses plaisirs,encore assez peu démocratiques à cette époque,et qui doit lui permettre forces paradoxes,et oppositions entre le labeur,la pauvreté,d'une part et l'oisiveté,le faste d'autre part.On sait bien sûr de quel côté penche le fils de l'anarchiste mais cela n'empêche pas d'apprécier ce film,en ôtant la petite part de démagogie inévitable.Et puis Nice est aussi la capitale du grotesque avec ce carnaval,sinistre pochade dont la vulgarité  et la laideur ne sont pas du goût de Jean Vigo.

    A propos de Nice est un film déstabilisant,usant et abusant de plongées et contre-plongées,au montage parfois désinvolte d'apparence,un film muet ne l'oublions pas mais qui donne le tournis par sa richesse d'invention et ses idées multiples.Vigo se sert aussi très bien de figurines en papier mâché pour moquer les touristes descendant de leur train-jouet.Corps sur la plage,rombières en chaises-longues,messieurs à lorgnons lisant le Financial Times, Promenade des Anglais et Anglais en promenade, palmiers lissés et artificiels,sont quelques unes des images assez féroces de cette faune des palaces.J'avoue me demander presque sérieusement si ce film ne tomberait pas dans le délit de racisme anti-vieux,tant les visages des nantis expriment déjà et brutalement une prochaine agonie et bien peu de candeur.Les employés des hôtels,ou les Niçois des quartiers pauvres sont au contraire,pour la plupart d'une jeunesse rimbaldienne.Et même des plus vieux semble émaner ue énergie.La vie,simplement.

    Le blanc des voiliers et des joueurs de tennis n'empêche pas un hydravion,peut-être trop lourd,comme les ventripotents aux terrasses,ou à sec,comme les vieilles et leurs caniches,de rater à plusieurs reprises son envol dans la Baie des Anges.Mais j'arrête, croyant qu'il ne faut pas faire d'A propos de Nice une lecture trop dichotomique et qu'il faut voir ou revoir ce film évènement, oeuvre de jeunesse d'un cinéaste qui ne fera que cela,des oeuvres de jeunesse et pour cause,comme un sonnet un peu surréaliste,corrosif et un tout petit peu "mal élevé" ne serait-ce que pour comprendre en partie l'art du montage que nécessitaient la concision et la ferveur du film.

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