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13 mai 2006

Comme idées musicales

Comme idées musicales de comédies musicales ce week-end j'en ai eu deux:une bonne et une moins bonne.


Je n'avais jamais vu Un violon sur le toit de Norman Jewison,adapté d'un succès de Broadway(71) et craignais  des longueurs et des mièvreries de cette histoire du folklore yiddish d'Europe Centrale.Malgré trois heures le film tient ses promesses et Jewison a réussi un bon spectacle assez familial où tous les numéros musicaux sont excellents.Toutes les danses,le mariage,les traditions sont bien rendues au son d'une musique entraînante et le comédien israëlien Topol est confondant de truculence et d'humanité ayant fort à faire avec cinq filles à marier.Le destin des Juifs d'Ukraine vire au grave,sans excès de mise en scène,avec les pogroms et l'exil et de modestes valises sur les chariots.Bravo,pour cette silhouette d'un violon sur le toit,comme une cigale parmi toutes ces fourmis laborieuses.

Blanches Colombes et vilains messieurs

Déception avec Blanches colombes et vilains messieurs(55) de Joseph Mankiewicz qui nous a donné tant de chefs-d'oeuvre dont le plus beau a valu à ce blog la moitié de son nom.La présence de Brando et Sinatra n'empêche pas des numéros de scène anémiques,une actrice bien fade(Vivain Blaine) et les trognes de ces joueurs professsionnels obligés d'écouter les sermons de l'Armée du Salut  manquent vraiment de folie pour la seule bonne idée du film.Jean Simmons est bien jolie dans son uniforme de Soeur Sarah et la bagarre à La Havane nous offre un très bon mambo.Tout cela reste assez faible.

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9 octobre 2006

When I was young

Bien sûr presque personne ne se souvient des Zombies.S'il n'en reste qu'un je serai celui-là.Les Zombies ont un court moment joué dans la cour des grands mais le Moloch du rock dévore ses enfants et les rejette aussi vite.

     Retour sur la carrière des Zombies dont les leaders Rod Agent et Colin Blunstone devaient ensuite et en solo obtenir la reconnaissance de quelques initiés mais jamais du grand public.Les Zombies avaient au départ une culture musicale bien plus forte que les Beatles  et une solidarité rare dans les groupes pop.La musique de Zombies s'écoute encore de nos jours car sa frâîcheur et ses harmonies sont bien au delà des courants.Quelques titres: She's not there, Tell her no, I want you back again, Leave me be.

   Mais le bâton de maréchal des Zombies est sans doute le somputeux album Odessey and Oracle (1968) que les historiens du rock n'hésitent pas à classer au niveau de Sergeant Pepper's, du Pet sounds des Beach Boys, du L.A Woman des Doors, bref du nec plus ultra de la planète rock. L'illustration évoque la grandeur de la fin des sixties et la gloire des 30cm dont on pouvait épingler la pochette aux murs de nos adolescences vacillantes

9 décembre 2006

Reprendre le temps

Visuel du produit

     Nous avons quitté la campagne du Hunsrück pour Munich la métropole bavaroise conservatrice où Hermann est maintenant étudiant.Cette série de 13 films enchaîne sur une petite dizaine d'années les hauts et les bas de ce groupe d'amis musiciens, cinéastes, actrices dont la plupart se retrouvent à la Renardière,sorte de maison pour étudiants fauchés à prétention artistique.Le début des années 60 est prétexte à la présentation de ce petit cénacle de jeunes Allemands en un portrait de la génération née en 40 avec la lourde marque du passé.Bien sûr l'Allemagne d'après guerre n'est pas entière dans ce groupe d'intellectuels qui se sont tant aimés et l'Est brille par son absence.Pourtant Edgar Reitz signe là un film terriblement engagé non pas militant de base avec tout ce que ça implique de désintérêt, mais qui prend le pari du temps et de l'intelligence ce qui est autrement plus difficile qu'un prêchi-prêcha comme certains cinéastes célèbres.

     Cette brochette d'amis va vivre intensément cette décennie où l'Allemagne,personnage principal semble se réveiller.En quête d'une métropole qu'ils ne peuvent trouver à Berlin et pour cause c'est Munich la prospère et peu mobile qui deviendra pourtant leur havre.Je n'aurais pas cru que la Munich des années soixante pouvait me donner envie d'y avoir vécu avec un petit côté Frisco Côte Ouest des belles années.Mais les belles années sont toujours derrière nous(Scola, Giordana en Italie par exemple).

     Mais les villes et les pays ne sont que ce qu'en font les hommes et je vous recommande chaudement ce voyage en Bavière sans Louis II ni Lola Montes mais avec une pléiade de héros(on n'avait pas encore,je crois,trouvé le terme film choral).Tout est dans ce chef-d'oeuvre des conflits de génération aux utopies plus ou moins libertaires,des crises existentielles qui cachent mal les échecs d'une vie,des fantômes du passé aux rêves réinventés.La tentation de l'extrêmisme y est évoquée très finement aussi et sans démagogie.

    Ce film de 13 épisodes car il faut parler de film est une pépite dans un cinéma allemand que Fassbinder avait à mon avis trop théorisé,que Wenders et Schloendorff avaient un peu déserté. Mais rien là dedans de poussiéreux comme un débat de ciné-club à sens unique.Non!Une humanité de tous les instants irradie les méandres de ce fleuve où je vous engage à retrouver des amis que vous n'oublierez pas:Hermann, Alex,Rob,Reinhard,Stefan,Volker,Jean-Marie,Juan l'étranger,Ansgar et les filles Helga, Olga, Clarissa, Schnüsschen, Renate,  Eveliene...Embrassez-les pour moi.

20 septembre 2006

Anthony Mann sans James Stewart


Anthony Mann,admirable utilisateur du temps et de l'espace à l'Ouest,n'est pas que l'auteur d'une "pentalogie"(néologisme que je viens d'inventer) avec James Stewart.Pour mémoire:Winchester 73,Les affameurs,L'appât,Je suis un aventurier,L'homme de la plaine.J' ai vu La charge des tuniques bleues(55) dont le titre français très guerrier fleure bon les années 50.En V.O.The last frontier correspond mieux à cette notion de géographie dont tout bon western est pourvu.


J'avoue que cette affichette fait plus penser à  un album d'enfants qu'à un western épique.Sans être inoubliable The last frontier nous présente trois archétypes solides et classiques:l'officier viellissant et borné(Robert Preston),en clair la baderne(Avez-vous remarqué qu'une baderne est toujours vieille?),le jeune capitaine plus idéaliste et en conflit avec sa hiérarchie(Guy Madison) et l'éclaireur(scout),homme des bois,trappeur illettré et ivrogne mais qui veut se refaire(Victor Mature).


              Il y a un fort à défendre,la femme du colonel qui va tomber sous le charme du rustaud.Il y a surtout l'éternel mythe de la conquête de l'Ouest qui a fourni au Cinéma tant de légendes.La pierre  apportée à l'édifice du Western n'est pas ici un mur portant mais un modeste rondin très honorable.Evidemment la "pentalogie" c'est autre chose.


A propos d'affiches voici le somptueux album Le souffle de l'Ouest,composé des affiches de Dominique Blattlin,grand collectionneur et cinémane,nanti d'une préface de Patrick Brion.Vous y retrouverez aussi bien Stagecoach que les cow-boys chantants et les serials du muet,panorama naïf et merveilleux de nos rêves d'être Jesse James ou Davy Crockett.(Carnot et A3 Editions)


27.12.05 16:03

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2 septembre 2006

Parler de Chaplin

    

                       PMr. VERDOUXarler de Chaplin lors de quatre interventions à l'Université du Temps Libre a été pour moi l'occasion de revoir et de comprendre l'oeuvre du cinéaste qui reste à ce jour le nom le plus connu du Septième Art. Chaplin est si grand que je n'avais abordé que quatre thèmes précis dont je vous livre quelques bribes.            

J'ai présenté Chaplin  en commençant par les "longs courts métrages" de la période First National car je pense qu'il trouve à partir de la création de ses propres studios une ampleur qui manquait peut-être un peu,malgré la drôlerie et la perversité des meilleurs films précédents.         

    Et quel plaisir d'entendre les rires lors des extraits présentés car ces huit films First National sont tous de haut niveau,avec des points culminants dans Jour de paye(kafkaïen mais si drôle).  Une vie de chien (où l'on croise en quelques plans les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse selon Charlot: le froid,la faim,le sommeil et le chômage plus un cinquième,le policeman), Charlot soldat (ou de la difficulté d'adaptation chronique du vagabond à marcher au pas,et l'homme déguisé en arbre et qui se cache en forêt).             

Les Temps modernes - Édition Digipack 2 DVD [Inclus un livret de 8 pages]

Les deuxième et troisième parties présentaient Les lumières de la ville et  Les temps modernes, avec les profondes différences qui existent entre les deux films et que l'on ne soupçonne pas toujours. A l'étude on voit bien que Charlot quitte la scène, en fait,après Les lumières de la ville car le Charlot des Temps modernes a déjà un accent grave et prophétique qui annonce la fin du vagabond "à l'ancienne" pour devenir un personnage plus en phase avec le Siècle et ses inquiétudes. C'est l'anticipation des films parlants de Chaplin,pas inférieurs aux muets, et qui au contraire les complètent pour faire de l'oeuvre de Charles Chaplin la plus cohérente qui soit.         

    Mais la vraie découverte pour les auditeurs a été le troublant Monsieur Verdoux ( Le Dr.Orlof ne me contredira pas), cette variation sur Landru rachetéeà Orson Welles. Plus que troublant,d'une redoutable perversion Verdoux l'assassin de femmes expiera 30 ans d'honnêteté à la banque et quelques années de crimes de misogynie( ce que je peux comprendre) par une mort sur l'échafaud messianique,christique et terriblement pessimiste. Même s'il semble que dans cet ultime avatar d'un Charlot qu'on n'aurait pas reconnu(selon Bazin), Verdoux s'offre en  rachat des turpitudes du monde,coupable de bien pire.

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8 avril 2006

Deux films auxquels n'a pas coupé Burt

Avant tout je présente mes excuses pour ce titre dont la drôlerie n'échappera à personne.Les chasseurs de scalps(68) est le premier western de Sydney Pollack avant Jeremiah Johnson,beaucoup plus ambitieux. Cependant The scalphunters  ne manque pas de qualités et surprend. Je n'avais jamais vu ce film qui est une histoire de l'ouest tendance truculente,voire comique avec des traits d'esprit. Burt Lancaster y incarne un trappeur qui se voit gratifié d'un esclave noir plus intelligent que lui, qui sait lire et s'adapter même prisonnier des chasseurs de scalps de Telly Savalas,célèbre chauve série(rigolo,ça?)TV.  Des dialogues avec son cheval, d'autres qui vont comme un cheval fou(pardon Arrabal),une bagarre homérique de boue debout et le tour est joué pour un western qui ne prétend pas être un "vibrant plaidoyer antiraciste" mais une farce astucieuse loin d'être idiote.

Lawman

L'homme de la loi(70) de Michael Winner,metteur en scène très peu inspiré de Bronson et de ses histoires de justicier est un western à la trame classique.Un sherif intègre(Burt Lancaster) doit arrêter une brochette de durs et suppléer au marshall local,un ancien devenu trop timoré(Robert Ryan dans un de ses derniers rôles,au visage si marqué. Lee J.Cobb joue le maître des lieux, plus riche psychologiquement que la plupart de ces gros fermiers de westerns,figures emblêmatiques de la prospérité souvent sans scrupules

23 octobre 2006

Le protocole de Procol

    We skipped the light fandango turned cartwheels 'cross the floor

    I was feeling kinda seasick but the crowd called out for more

    The room was humming harder as the ceiling flew away

    When we called out for another drink the waiter brought a tray

Vous n'avez pas compris les mots de Keith Reid.Moi non plus.Personne depuis 39 ans n'est dans la confidence. A whiter shade of pale reste un slow langoureux que moi-même,pas vraiment Fred Astaire, j'arrive à danser. Le fabuleux quintette Procol Harum peut vaguement se définir comme comportant un cinquième de fugues de Bach, un cinquième de soul music Otis Redding-Wilson Pickett, un cinquième d'influences Gospel, un cinquième de Chicago blues, un cinquième d'harmonies post-beatlesiennes, et un cinquième d'envolées lyriques proches de Pink Floyd.Té, ça fait six cinquièmes, mais ça dépend de la grosseur des cinquièmes. Encore faut-il y ajouter les poèmes de Keith Reid,parolier unique de toute l'oeuvre de Procol Harum.      

     Gary Brooker, maître d'oeuvre de Procol Harum et la dizaine de grands musiciens ont construit une carrière loin des classements et en marge des modes, et surtout tellement mieux que toutes les modes.Même des groupes comme Coldplay reconnaissent l'influence de Procol Harum. Détenteur d'une quasi-intégrale du groupe que je viens de redécouvrir après quelques années j'affirme qu'il s'agit là d'un des groupes majeurs qui ont façonné l'histoire du rock(Beatles,Stones,Byrds, Pink Floyd, Doors, U2)   

    Un magnifique DVD vient de sortir,Live at the Union Chapel,enregistré dans une église londonienne, laquelle sied parfaitement à la musique planante mais inspirée de P.H. harmonieuse et endiablée à la fois.On retrouve dans ce concert tant les symphoniques A whiter shade of pale, Homburg, Salty dog ,Conquistador que les très rock-blues Whisky train, Good Captain Clack, Simple sister. Bien sûr les gars de Procol Harum sont mobiles comme des menhirs mais la soirée est de qualité. La plupart des disques ont été réédités et je conseillerai peut-être par ordre d'entrée dans cet univers Grand Hotel, A salty dog et Broken barricades.    

              Exceptionnellement j'aimerais citer le site internet www.procolharum.com, remarquable, qui offre entre autres toutes les paroles si importantes des albums de Procol Harum.Elles sont d'une beauté à couper le souffle, lyriques et parfois noires.Et les auteurs en ont autorisé la publication intégrale.Bravo et merci.

19 août 2006

C'était un temps déraisonnable

C'était un temps déraisonnable ou les groupes rock venaient de l'Ouest et où à grand renfort de motos,de musique et de substances assassines pour nombre d'entre eux leurs noms de scène à eux seuls savaient nous faire planer.Florilège du Pouvoir des Fleurs et de Frisco Bay avec la traduction quand c'est possible car cela vaut son pesant de chemises bariolées.

The Music Never Stopped : Roots Of The Grateful DeadLe Mort reconnaissant

Quicksilver Messenger ServiceLe Service Postal Vif-argent

In-A-Gadda-Da-VidaLe Papillon de fer

California Dreamin': Live in ConcertLes mamans et les papas

Incense & PeppermintsLa Fraise réveille-matin

It's a Beautiful DayC'est une belle journée

I Feel Like I'm Fixin' to DieJoe le campagnard et le poisson

The Very Best of the 13th Floor Elevators: Going UpLes ascenseurs du 13° étage

Forever ChangesL'Amour(Thank you Thom)

America's ChoiceLe Thon chaud

Golden ClassicsLa Comagnie de chewing-gum de 1910

PowerglideLes Nouveaux Cavaliers de la Sauge Pourpre

SteppenwolfLe Loup des Steppes(Danke schön Herman Hesse)

Ecoutez!   http://www.youtube.com/watch?v=KZnrXnujQyU

Green TambourineLes Citrons pressés

Cheap ThrillsGrand Frère et la Société de gestion(particulièrement poétique n'est-ce pas?)

The Doors

Les Portes ainsi se referment sur cette petite galerie sans prétention que celle de remémorer aux anciens ces pochettes ahurissantes et d'amuser les plus jeunes.

Il va de soi que ces groupes n'étaient pas tous des grands mais cette mouvance nous valut quand même Jim Morrison, Janis Joplin, Jerry Garcia, John Kay, Mama Cass,etc...

8 octobre 2006

Retour d'un vieux copain

The US edition of The Animals' self-titled debut album. Je l'avais quitté il y a à peine 35 ans,quand son fabuleux groupe,né à Newcastle,avait explosé.House of the Rising Sun,Don't let me be misunderstood,Boom boom ce n'est pas rien quand même.Eric Burdon est de retour et je l'aime toujours.The Animals,encore un de ces groupes qui ont changé la musique en ces fameuses année soixante-cinq.Je les ai vus deux fois à l'Olympia.J'avais 15 ans et les éructations de Burdon me résonnent encore aux oreilles.Peu amateur de menthe à l'eau  Eric Burdon,humble prolétaire de Newcastle,savait mettre le feu et chanter ce rock-blues entre Ray Charles et Joe Cocker,tout en hargne et de sa petite taille Burdon faisait alors partie des plus grands.La deuxième fois le vent avait déjà tourné un peu et Burdon et les Animals n'étaient plus que la première partie d'un curieux type qui rongeait sa guitare,du  nom de Jimi Hendrix.

Il y a bien longemps que Jimi joue Voodoo chile parmi les anges.Eric est alors parti à San Francisco pour y graver d'excellents titres:Year of the guru,Monterey,San Franciscan nights.Puis ce fut quasiment le silence.Enfin j'apprends qu'il est en France et ses deux derniers albums sont magnifiques:un live enregistré à Athènes et en studio,Soul of a man.Voilà qui plairait à Wenders,Scorsese et à tous ceux que l'énergie brute et inchangée du maître des Animals a pu séduire.Welcome Eric!Great to see you again!La vie commence à 60 ans.

28 août 2006

In the U.S.Cavalry


Il est très salutaire de retrouver de temps à autre la maîtrise de John Ford,notamment dans la trilogie dite "de la Cavalerie" dont je viens de revoir le deuxième volet,La Charge héroïque(She wore a yellow ribbon) dont le titre original est bien plus fort comme souvent.Sorti en 49,entre Le Massacre de Fort Apache et Rio Grande,comme dirait notre ami Patrick Brion,le film est délicieux par le regard tendre et naïf qu'il jette sur la société militaire des Cavaliers,cette grande famille d'honneur et de tradition.Tourné pour la RKO ce film est un modèle du genre hommage parsemé de jolies scènes.On peut citer les bagarres mémorables et très fordiennes de Victor McLaglen,l'émotion de John Wayne chaussant ses lunettes pour son cadeau d'adieu à l 'armée,et ce merveilleux soleil couchant qui le voit ratttrapé par la Cavalerie pour une promotion ultime.Si ce n'est pas cela l'emploi des seniors...


Dans ce film et dans les deux autres,tous d'après des récits de James Warner Bellah,on retrouve les interprètes fétiches de John Ford,le grand Wayne,magistral en officier vieillissant,McLaglen éternel abonné de sa propre trilogie,alcoolique,irlandais,bagarreur,Ben Johnson,vieux complice de tant de westerns.Enfin on retrouve le studio magique de Ford:Monument Valley.Ce DVD  de la collection RKO est préfacé de façon simple,enjouée et non pontifiante par Serge Bromberg,ce fou du patrimoine ciné.

http://www.youtube.com/watch?v=za3AKJG1Lo4 Rio Grande!

21 septembre 2006

La tournée du Patron

J'ai deux nouveaux disques et ils ne sont pas sans liens.Le hasard fait bien les choses.La fête des Pères m' a ainsi nanti du Seeger sessions de Springsteen. Voilà un homme qui incarne l'Amérique, celle que j'aime et qui est capable de s'approprier toute la musique de ce pays. Certaines de ses oeuvres sont un peu pâles mais connaissez-vous des créateurs d'une telle envergure qui en 35 ans de métier n'ont jamais eu l'ombre d'une faiblesse?                                                                                             

We Shall Overcome : The Seeger SessionsQuoiqu'il en soit We shall overcome est un vrai disque live enregistré en trois sessions et bourré d'énergie.Cet hommage au folk-singer Pete Seeger est uniquement composé de traditionnels réinventés en quelque sorte par Seeger au début des années soixante. Curieux de constater combien le Boss est à l'aise avec ces musiciens qui semblent à la fois sortir d'un bal cajun,d'un orphéon avec Louis Armstrong,d'un pub de Galway,ou d'une église noire un jour de Pâques.Springsteen nous donne là un très beau disque devant le quel de beaux esprits feront sûrement la fine bouche. Ils auront tort. Ecoutez-le et vous aurez des fourmis dans les jambes tant banjo,accordéon,cuivres et piano type bastringue revisitent la musique populaire américaine sous la houlette du Patron.

Alors merci Patron.Et remettez-nous ça!Que ce soit la joyeuse gigue de l'alcoolique Old Dan Tucker,la déchirante ballade Mrs.McGrath ou les road-songs à nous faire redécouvrir les grands espaces My Oklahoma home,Erie Canal ou la bien jolie complainte Shenandoah.Tom Paxton est sûrement très fan de We shall overcome,lui dont j'aimerais faire connaître quelques vieilles chansons.

Ramblin' Boy / Ain't That NewsCe disque de Tom Paxton est donc tout à fait d'actualité puisque regroupant deux albums parus en...64 et 65. Nous sommes à l'époque en pleine renaissance folk aux Etats-Unis et Pete Seeger, Bob Dylan débutant et acoustique, Peter,Paul and Mary deviennent célèbres et l'Europe commence à s'intéresser. Pour Robert Zimmerman on connaît la suite. Tom Paxton est resté dans l'ombre et cela lui va très bien. Bien sûr certaines de ses chansons sont empreintes d'une naïveté très sixties avec le Vietnam et la ségrégation:What did you learn in school today?, The willing conscript, Lyndon Johnson told the nation. Mais j'aime surtout les éternelles chansons contant l'histoire sans âge de ces types traversant le continent à la recherche d'un boulot, aux amours très incertaines et à l'avenir tout aussi peu sûr, comme Ramblin' boy, My lady is a wild flying dove,Bound for the mountains and the sea. Pas mal de ces chansons avaient été adaptées plutôt bien par Joe Dassin et Graeme Alwright, un peu déracinés eux aussi.Ma préférée:I can't help but wonder where I'm bound.

    "I had a little girl in time,she had lips like cherry wine.  But I was too blind to see,she was drifting away from me and she went on a morning train"

   Voilà.C'est toute la vie, un boulot pas facile, la route  et une fille qui vous laisse par le premier train du matin ou le dernier bus du soir.C'est toute une putain de vie, c'est un peu la vôtre peut-être,c'est un peu la mienne. Et pourtant on y tient à cette vie. C'est le folk,c'est le blues. Ailleurs on peut appeler ça le fado ou la saudade. Franz Schubert appelait cela des lieder. C'est toute la musique du monde avec tout son mal-être. C'est douloureux, c'est simple , c'est beau.   

22 août 2006

Pickett:un bon crû

The Exciting Wilson PickettDes trois parrains de la soul music James Brown reste seul.Il y a si longtemps qu'un avion trop pressé nous a privé d'Otis Redding,qui,tel Van Gogh,n' aura jamais connu son plus grand succès:The dock of the bay.Mort à 26 ans Otis nous aura laissés entre autres Try a little tenderness,I've been loving you too long,sur le mythique label Stax.

On connaît bien James Brown tant à la rubrique faits divers qu'en chronique musicale,même si depuis 25 ans ses disques recyclent imperturbablement  le même riff usé jusqu'à la corde.

Je crois que Wilson Pickett était un peu oublié,bien que partiellement remis en selle par le film d'Alan Parker,The Commitments,d'après Roddy Doyle dont j'ai parlé il y a peu.Les prolos de Dublin reprenaient alors les morceaux de Wison Pickett,des tubes de dynamite rhythm & blues à faire frétiller des chaussures même les plus rebelles à toute chorégraphie du samedi soir.Wilson Pickett,c'était un juke-box à lui tout seul,section cuivres agressive et souvent la guitare de Steve Cropper du légendaire groupe Booker T. and the MG's en renfort.Quelques titres qui fleurent bon ces années soul:Mustang Sally,Land of 1000 dances,Funky Broadway,In the midnight hour,Barefootin'.Wilson Pickett lui aussi avait eu maille à partir avec la justice,la musique n'adoucissant pas forcément les moeurs.Il avait pourtant débuté comme la plupart des chanteurs afro-américains dans l'église de son quartier.

9 septembre 2006

Défense des classiques

Honoré de BalzacIl est bon ton de se gausser des grands classiques de la littérature française ou étrangère comme si tout ce qui était antérieur à notre siècle(et à celui d'avant) n'était que vague souvenir scolaire donc synonyme d'ennui et de pensum.Moi j'aime à m'y replonger de temps en temps d'abord par amour des lettres et passion de la langue française, si maltraitée par ailleurs.Et puis parce que par exemple Une ténébreuse affaire d'Honoré de Balzac nous en apprend bien plus sur une époque, avec ses scandales,ses faits divers et ses affaires privées ou publiques que certains films de l'ineffable Dayan entre autres.

    Il y a dans ce roman tout ce qu'il faut de trahisons,de vengeances et d'ambitions pour nourrir des scénarios et des images.D'ailleurs les images l'auteur de la Comédie humaine s'y entend à les faire naître au travers de descriptions somptueuses du terroir français et de la vie  quotidienne.

      Enfin j'entre dans un classique avec une certaine ferveur parfois déçue mais je n'oublie pas ce que la littérature doit à Villon, La Fontaine, Molière,Voltaire, Musset, Maupassant et tous les autres. Si vous lisez un peu les billets de la Comtesse vous savez que ce goût des classiques n'empêche pas des admirations plus contemporaines.Vive toute la littérature de Homère à Bret Easton Ellis.

1 novembre 2006

Sublime simplement

Soucieux de me plonger dans le patrimoine cinématographique et après Griffith j'ai pu voir L'Aurore,film mythique et assez peu diffusé, je crois,du grand F.W.Murnau,dans une version DVD très complète(et assez chère)publiée chez Carlotta. Truffaut parlait de l'Aurore comme du plus beau film su monde,simplement.Je ne sais pas mais ce film est une pure merveille,d'une richesse absolue qui mêle mélo, onirisme,  expressionnisme.

C'est aussi un film sur le désir et une opposition un tout petit peu sommaire entre la ville,perdition et la campagne,rédemption. Les images en sont somptueuses,encore très influencées évidemment par le grand cinéma allemand puisque l'Aurore est le premier film américain de Murnau(1927).


L'action se passe en Amérique,une Amérique rurale qui ressemble à l'Europe Centrale ou à n'importe quel pays qui rassemble un couple qui s'aime et une tentatrice qui vient de la ville,qui est la ville elle-même,symbole de turpitude.Nombre de scènes magnifiques:l'arrivée en ville du couple,les embouteillages, la fête foraine, tout cela représentant l'agitation par rapport au lac,aux animaux de la ferme,à la sage coiffure de l'épouse légitime que l'on trouve à la campagne. Il y a contraste aussi entre l'aurore,prometteuse et apaisante et le crépuscule de tous les dangers,plutôt urbain. La grande fluidité de l'art de Murnau hisse ce film à la hauteur des oeuvres phares de Septième Art. Le très beau coffret DVD propose nombre de documents sur l'Aurore et la période américaine de Murnau,très courte puisqu'il mourut en 31.

13 novembre 2006

Redécouvrir Anderson

TrNous sommes tous des voleursès méconnu et éclipsé par Steinbeck notamment il faut lire Edward Anderson(1906-1969), particulièrement si l'on est comme moi fondu (entre autres) de littérature américaine. Edward Anderson est un de ces Américains des annèes 30 qui aura tout fait tromboniste, boxeur, matelot. Dans cette Amérique de la crise où l'on pense aux grands Les raisins de la colère, Des souris et des hommes ainsi qu'à Erskine Caldwell: La route au tabac, Le petit arpent du bon dieu, n'oublions pas les deux très bons bouquins d'Edward Anderson, évidemment chez 10-18.

Edward Anderson n' a publié que deux romans.Tous des voleurs que les cinéphiles auront immédiatement reconnu et rebaptisé Les amants de la nuit et Il ne pleuvra pas toujours. Le premier Il ne pleuvra pas toujours dont le titre original est Hungry men(Des hommes affamés)est presque l'autobiographie de l'auteur. Il raconte la vie d'Axel Stecker, un hobo, un vagabond de la Grande Dépression. C'est une histoire de bourlingue entre trains clandestins et nuits dans les parcs et les églises.C'est un rude bouquin,de sang,de sueur et de poussière,éléments fondateurs de l'histoire américaine." Ce n'était pas tous les jours que je me prenais pour un gentleman. J'étais plus près du chien galeux".

Les Amants de la nuit

   Publié deux ans après,en 37,Tous des voleurs est un peu plus célèbre surtout par l'adaptation essentielle de Nicholas Ray en 49.C'est une histoire de gangsters,un Bonnie and Clyde un peu plus rural,qui obtiendra un certain succès.Mais Edward Anderson ne fera jamais fortune,Hollywood ne lui fera pas de cadeau et il ne publiera que deux nouvelles dans les trente années qu'il lui reste à vivre.L'adaptation de Robert Altman en 73 me paraît moins forte.

20 octobre 2006

L'ombre de ton sourire

The shadow of your smile est un thème musical célèbre dont j'avais oublié qu'il était extrait du Chevalier des sables,ce joli film de Minnelli parmi ses derniers.The sandpiper flirte avec les limites du mélo,ce qui n'étonne pas de la part de Vincente Minnelli qui aime les couleurs flamboyantes comme les robes de Liz Taylor et les les complexes de culpabilité comme ceux de Richard Burton,clergyman ayant perdu sa flammme depuis longtemps sous les arrangements.

   Enième rencontre Burton-Taylor Le chevalier des sables est aussi l'histoire d'un rendez-vous manqué entre Taylor  peintre en marge sur les falaises de Big Sur,Californie,ce qui est une marge confortable pour une artiste sans succès et ce qui limite un peu la vraisemblance de la performance de comédienne,et Burton qui passe de la sécurité au tourment de manière tout à fait sobre et assez bouleversante.

   L'épouse modèle est Eva Marie Saint l'évanescente héroïne hitchcockienne pour qui je concède un faible.En peu de scènes et jamais à corps et à cris l'épouse conformiste et digne atteint finalement  une grande sensibilité. Il est parfois plus difficile de rester dans le rang.Vincente Minnelli filme ainsi les passions comme l'Océan qui n'a de Pacifique que le nom ressemblant en cela à l'âme humaine.

9 octobre 2006

Kazan

Bien sûr cette photo n'a pas plu à tous.Je n'ai pas l'intention de revenir sur l'attitude d'Elia Kazan il y a 50 ans.J'aimerais simplement attirer l'attention sur un formidable livre de cinéma:Elia Kazan,une Amérique du Chaos,de Florence Colombani(éditions Philippe Rey).C'est un bouquin bref,concis,plein de punch,en aucun cas une biographie de Kazan,histoire typiquement américaine de cet émigrant grec né en Turquie.L'auteur nous fait pénétrer dans l'oeuvre intime de Kazan,pétrie de contradictions.L'homme Kazan ne se laisse pas enfermer,ni circonscrire.Il se sentira toujours outsider et doutera toute sa vie,partagé entre besoin d'approbation collective,culpabilité et arrogance.Un homme,un cinéma heurté,contradictoire à la rencontre d'autres hommes,difficiles eux aussi,Tennessee Williams,John Steinbeck,Marlon Brando.Florence Colombani en parle si bien que vous n'aurez qu'une envie,voir ou revoir au moins une dizaine de ses films qui traitent du chaos que sait être l'Amérique et de la passion des héros de Kazan.

30 septembre 2006

Le maître du mélo


Des magnats du pétrole,le Texas,l'alcool et la frénésie,c'est un univers impitoyable qui vous rappelle quelque chose.C'est surtout l'un des nombreux chefs-d'oeuvre de Douglas Sirk,justement renommé comme le grand maître du mélo.Sirk mérite bien des adjectifs,:tout est somptueux,les voitures rutilantes,les familles déchirées,les amours imposssibles,etc..Cela pourrait être trop.En fait c'est parfait.Il hisse le drame mondain au niveau de la tragédie.Tant de force de conviction dans ses propos nous entraîne dans un  tourbillon,essence même du cinéma de caractère.A pleurer d'émotion,Ecrit sur du vent,mais aussi Mirage de la vie(France 3 garde encore une case ciné-club),ou encore Le temps d'aimer et le temps de mourir,Le secret magnifique.Bienheureux Parisiens qui peuvent voir l'intégrale Douglas Sirk à la Cinémathèque.

10 octobre 2006

Le plein de Fuller

   

    Peu au courant des films du grand Samuel j'ai donc un peu amélioré mon niveau et vous livre en vrac qulques impressions simples sur quelque-unes de ses oeuvres. Rappelons que le mot "Action" ne voulait pas seulement dire "Moteur" dans l'existence fort mouvementée de Fuller, journaliste, scénariste, combattant. Vénéré par Godard,Wenders et d'autres, Fuller dit dans Pierrot le Fou:" Un film est un champ de bataille, amour, haine, violence, action, mort". Tout est dit. J'ajoute que le Dr. Orlof a analysé brillamment (pléonasme) plusieurs de ses films.

   Le démon des eaux troubles(53) a le mérite d'éclairer les années cinquante d'un thème sur le nucléaire peu en vogue à l'époque. Je n'ai guère été convaincu par le film et son histoire d'amour assez plate entre le héros et la scientifique.

    Police spéciale(65) est un brûlot très marqué, sec et bref, qui dynamite une petite ville américaine sans facilité ni démagogie avec un très fort personnage féminin.

    Baïonnette au canon(51) m'a étonné en me présentant la guerre de Corée non dans la jungle comme je m'y attendais mais dans les cimes enneigées. Film de guerre sans héros, passionnant car les rapports entre les hommes y sont d'une vraisemblance très forte, sans idéaliser  la guerre, qu'il faut bien faire quand on y est. Même l'humour y sonne juste(très belle scène de pieds froids!).

    Les bas-fonds new-yorkais(61) est une histoire de vengeance assez classique sur la forme,très efficace et qui pose un problème moral récurrent chez Samuel Fuller:la vengence,jusqu'où?

    La maison de bambou(55),que j'avais vu il y a des lustres est un film très intéressant par l'imbrication américano-japonaise dans l'Empire du Soleil Levant après-guerre .Robert Stack poursuit Robert Ryan et finit par lui ressembler. A noter une très belle scène finale dans une grande roue. Ce nest pas celle du Troisième homme mais quand même...

6 octobre 2006

Pan dans le Mills

¨                       Un nouvel écrivain pour moi et c'est un régal que de le présenter,un certain Magnus Mills,anglais de son état et vaguement surréaliste d'inspiration.La maison 10/18 dont on ne dira jamais assez l'excellente collection Domaine étranger a publié trois de ses livres.Le dernier,Trois pour voir le roi,est  une ahurissante fable contant les fantasmes de quelques misanthropes et de leurs maisons de fer-blanc.Irracontable,simplement à situer(grosso modo)entre Buzzati et Lewis Carroll.C'est un livre assez bref,un livre de plaine,de plat pays très surprenant.A découvrir vite fait.

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                  Le premier roman de Magnus Mills s'appelle Retenir les bêtes.Un peu moins original mais fort savoureux il nous emmène dans le sillage deTam et Richie,deux Ecossais bougons et paresseux,contraints de clôturer des hectares de pâtures alors qu'ils ne rêvent que de soirées au pub.Un point commun entre les deux bouquins,une espèce de fascination de l'enfermement,mais rassurez-vous,beaucoup d'humour.

Je n'ai pas lu Sur le départ mais j'ai confiance.Mills a un ton  et  son univers est très personnel,alerte et plus bouleversant qu'il n'y paraît.

4 octobre 2006

Majeur,Dundee


La version DVD De Major Dundee de Sam Peckinpah(1965) est une réussite que n'aurait pas désavouée l'auteur.Je n'avais jamais pu visionner qu'une version tronquée.Major Dundee est une charge qui n'a rien d'héroïque,de fantastique(célèbres titres de Ford et de Walsh).Le film serait à la limite plus proche de la Charge victorieuse,de John Huston,vision amère de la Guerre de Sécession(51).


Après la Guerre Civile le Major Dundee(Charlton Heston) se lance à ,la poursuite d'Apaches assassins à la tête d'un conglomérat de soldats nordistes,de rénégats indiens,d'adversaires sudistes et même de noirs.Le capitaine sudiste(Richard Harris),son ennemi juré,fait allégeance jusqu' à la fin de la vengeance...


De très belles scènes,nocturnes notamment,des passages de rivière,une excellente utilisation des décors naturels mexicains confèrent au film une qualité rare.Une galerie de personnages,indispensable à toute action de groupe,nous présente entre autres un éclaireur manchot(James Coburn),de jeunes officiers pleins d'illusions,un pasteur qui fait le coup de poing.


Mais nous sommes bien dans l'Ouest désenchanté et Major Dundee annonce par sa violence et ses couleurs le brûlot que Sam Peckinpah sortira en 69,la Horde sauvage,sorte d'Apocalypse now du western qui enterrera définitivement le romantisme relatif et le lyrisme un brin naïf de tant de films sur l'Ouest,souvent très bons par ailleurs et qui auront fait du genre western "le cinéma par excellence".J'ai toujours pensé que s'il ne devait rester qu'une image de cinéma ce serait celle d'un cavalier faisant boire son cheval avant quoi?l'action(Action/moteur,les mots du metteur en scène).

6 octobre 2006

Meurtres dans un paysage anglais

Les joyeux démonsJ'aime bien les Grands détectives de 10/18.Ce sont des ouvrages sans prétentions mais bien écrits et documentés.A condition de ne pas lorgner sur Le nom de la rose,ConanDoyle,Leroux et Leblanc ou les  passionnantes histoires de détectives américains carburant au whisky comme leurs auteurs si foisonnants.La série des grands détectives nous balade dans le temps et l'espace et dans un milieu bien précis. Personnellement je me limite à trois ou quatre livres car il me semble éviter ainsi trop de redites.A doses raisonnables ce sont des lectures très agréables dont vous connaissez déjà certains héros.J'ai déjà présenté Toby Peters détective à Holywood(Stuart Kaminsky)

    Edward Marston nous propose les enquêtes de Nicholas Bracewell,régisseur d'une troupe de théâtre dans l'Angleterre d'Elisabeth Ière. D'auberges emplies d'opulentes serveuses en manoirs de nobliaux parfois pervers,de rivalités entre comédiens en bordels londoniens Bracewell déjoue les énigmes tout en assurant les représentations des Hommes de Westfield,compagnie itinérante qui lui assure subsistance.Une dizaine de titres sont parus dont La folle courtisane,Les joyeux démons,La route de Jerusalem.Truculence assurée et peut-être y rencontrerez-vous Shakespeare ou Chaucer.Attention certains morts ne se relèvent pas à l'issue du dernier acte.

6 octobre 2006

Eleveurs et Mormons

   La mythologie du western a ses références bien précises et ses personnages aussi. En voici deux qui font partie du paysage westernien par excellence.

  Ciel rouge  Les éleveurs,essentiellement les gros éleveurs sont souvent des exploiteurs avec un patriarche et des enfants moins courageux en général.Le vieil éleveur est souvent veuf,allez savoir pourquoi, et au soir de sa vie se pose des questions existentielles. Dans le méconnu Ciel rouge(48) de Robert Wise avec Mitchum très jeune et peu bavard le puissant propriétaire n'est pas si antipathique dans le conflit qui l'oppose aux profiteurs. C'est une réalisation des studios RKO que Serge Bromberg ce cinéphile qui ne se prend pas la tête nous présente très simplement.

    Les Mormons traversent fréquemment le paysage western avec leur air peu avenant et leurs jolies filles de noir vêtues. En général ces joiles filles tombent amoureuses de modestes cowboys qui doivent alors s'arrêter de boire. Le Mormon de cinéma est très raide et ne plaisante pas comme en témoigne Le convoi des braves(50) de John Ford, l'un de ses films préférés d'après Bromberg.Ce film sans vedettes met en évidence trois des acteurs favoris de Ford,les grands seconds rôles Ben Johnson,Harry Carey Jr. et Ward Bond bien connus des fordiens. C'est un beau film noir et blanc qui reprend le thème éternel de la Terre Promise avec ses chariots,ses ornières et ses bals violonneux.et pas mal d'humour comme toujours chez John Ford. Et ces plans sur la caravane sont vraiment de toute beauté.

9 octobre 2006

Sur la liste noire

item imageLe sel de  la terre est un film unique que je n'avais jamais vu.Réalisé quasi clandestinement en 54 par des victimes du McCarthysme il ne fut distribué aux Etats-Unis qu'en 1965. Bertrand Tavernier dit que ce film est incritiquable par son existence même. Tourner le film fut un exploit physique et moral entre les mauvais coups des milices,les coups tordus du FBI,les intimidations des syndicats. Herbert Biberman,Michael Wilson et Paul Jarrico terminèrent le film qui fut immédiatement boycotté et fort peu diffusé depuis. Je ne m'étendrai pas sur la sinistre chasse aux sorcières bien que cette période mérite d'être étudiée avec le recul nécessaire qui me semble encore manquer tant les démagogies diverses se portent bien.

   Mais que vaut le film Le sel de la terre? Les films dits militants ne m'intéressent pas souvent parce que schématiques et d'un courage très relatif avec une nette tendance à brosser dans le sens du poil sur laquelle je ne gloserai pas davantage.L'aventure du Sel de la terre c'est autre chose.Et le film qui raconte une grande grève de mineurs mexicains au Nouveu-Mexique présente une lecture plus déroutante que je ne l'aurais cru car je m'attendais bien sûr à la traditionnelle leçon de morale.Or le film décrit bien sûr la lutte de ces mineurs exploités mais il nous donne à voir un deuxième bras de fer bien plus engagé à mon avis,la volonté des femmes de mineurs d'avoir leur mot à dire.Et c'est dans ces images de femmes défilant en lieu et place de leurs maris que le film décolle vraiment en un noir et blanc qui évoque les merveilles néoréalistes dont je vous rebats les oreilles régulièrement. Le sel de la terre n'est pas un film féministe où quelques harpies s'en prennent aux hommes,c'est un film où les épouses se battent pour que leurs maris les traitent mieux que les exploiteurs ne le font des mineurs.Cette double lecture est de loin le plus intéressant de ce film pas comme les autres.Herbert Biberman fut l'un des Dix de Hollywood condamné à la prison.

18 octobre 2006

Le milieu du lac

The Trials of Van OccupantherCédant à la pression des blogueurs plus jeunes(soit 97% environ) et pour faire moi-même moins que mon âge je viens annoncer mon coup de coeur pour Midlake qui si c'est le milieu du lac doit être celui du Lac Majeur ou du Lac Supérieur vu la grâce qui émane de cet album The trials of Van Occupanther.Nanti d'une pochette particulièrement hideuse le disque recèle des trésors que je m'en vais vous détailler juste un peu.

  A l'évidence Midlake  s'intéresse à l'écologie comme en témoignent les titres Roscoe ou It covers the hillsides.C'est toute l'ambiance qui apporte une touche de fraîcheur et une véritable originalité à l'ensemble des morceaux.Ceci fait que Midlake ne ressemble à rien de très connu et que l'itinéraire des chansons n'est pas parfaitement balisé comme la plupart des albums.Surprise donc dans cette jolie production dont quelques harmonies évoquent un peu Mercury Rev pour donner une vague idée.Le plus simple est d'écouter Roscoe.Dire que ce groupe vient du Texas étonnera bien des gens car le son de Midlake est très loi du rock sudiste qu'on associe un peu systématiquement à l'état pétrolier.

http://www.youtube.com/watch?v=QGCrED-2v7o Ecoutez!

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