Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Derniers commentaires
Pages
7 avril 2007

L'immense acteur qu'aurait pu être...

     Parmi les destins brisés du cinéma bien peu de gens connaissent Laird Cregar dont l'impressionnante présence plane sur deux films passionnants du tout aussi méconnu John Brahm,réalisateur allemand faisant partie de la très fournie diaspora d'artistes germaniques ayant émigré aux Etats-Unis pour les raisons que l'on sait.Ces deux films sont assez proches l'un de l'autre,sortis la même année 1944 avec tous deux,en face de Laird Cregar,le flegmatique et lui-même inquiétant George Sanders.Il s'agit de Jack l'Eventreur que j'avais injustement oublié dans un précédent billet finement intitulé Fiche le camp, Jack, excellente version du mythe moralisateur d'un Jack the Ripper pourfendeur de prostituées ou d'actrices (synonyme?), et du meilleur encore Hangover Square.Avant d'aller plus loin je vous laisse en tête à tête avec les yeux de Cregar dans Hangover Square.Peu d'acteurs,Peter Lorre peut-être ou Mitchum dans M. et dans La nuit du chasseur sont aussi marquants dans la catégorie assassins.

     Jack l'Eventreur arrive à nous surprendre non par le décor bien balisé depuis longtemps du Londres victorien et embrumé mais par quelques idées peu exploitées dans cette histoire archiconnue:les bobbies sont à cheval,ce qui donne de jolies teintes expressionnistes qui trahissent bien l'origine de John Brahm,né  Hans Brahm à Hambourg dans les années 1890.L'ami Jack a des activités au fourneau comme un certain Landru et c'est dans les coulisses du théâtre,source de toutes les perversions,qu'il scellera son destin de monstre émouvant que la carrure de Laird Cregar rapproche d'un autre grand sentimental,King Kong.Là encore le mythe de La Belle et la Bête s'avère très cinégénique.Ce The lodger est une réussite mais Hangover Square me paraît plus original.

   Laird Cregar y joue le rôle d'un compositeur frappé d'amnésies et de pulsions meurtrières.J'avoue n'avoir pas revu récemment ce film mais conserve un souvenir d'une vision noir et blanc d'une sorte de colosse fragile amené au pire à son corps défendant.Hangover Square culmine dans un hallucinant bûcher final.Ma mémoire y mélange,peut-être un peu infidèle,des sensations de pogroms et de chasse aux sorcières.John Brahm tourna peu d'autres films intéressants sauf Le médaillon avec justement un autre halluciné,Mitchum. Quant à Laird Cregar sa morphologie à la Falstaff qui lui valut d'interpréter à 25 ans des personnages de 45 lui valut aussi deux attaques cardiaques qui l'emportèrent à 28 ou 30 ans selon les biographes.

Publicité
24 mars 2007

J'ai oublié de me souvenir de l'oublier

L'ignorance

   Thom m'a convaincu de lire Kundera.L'univers de Milan Kundera m'était étranger.Ca tombe bien car L'ignorance parle de l'exil et surtout du retour et la figure tutélaire d'Ulysse traverse ce récit,emblême des retrouvailles difficiles dans son île d'Ithaque.L'Ithaque de Josef et Irena c'est la Prague d'après la Révolution de Velours.J'ai du mal à trouver les mots pour dire mon sentiment devant L'ignorance mais le voyage vaut la peine.

   Que retrouve-t-on après tant d'années d'absence,tant de boulevesements,la chute des différents murs et souvent l'édification d'un autre mur,celui de l'incompréhension?Quand le départ a été mal compris les retrouvailles ne peuvent qu'être superficielles et désillusionnées.Kundera procède par courtes captations-chapitres et certaines phrases sont déchirantes sans jamais d'outrances.C'est manifestement la preuve d'un talent immense pour un auteur qui écrit maintenant en français.La relation brève et intense que vont vivre Josef et Irena,dont le premier n'est même pas sûr de reconnaître la seconde,est véritablement un enchantement qui tient en quelques pages.L'ignorance de son prénom,c'est quand même vertigineux,non.

  Et si le destin de l'homme après sa mort était celle de ce grand poète islandais que l'on a cru exhumer d'un cimetière de Copenhague pour le transférer en terre d'Islande alors qu'on avait en fait déterré un boucher danois.Ces variations,ces courtes digressions émaillent le récit de Kundera et lui donnent beaucoup de véracité.Et ces quelques pages sur Schönberg,sur la musique devenue bruit me semblent d'une évidence démoralisante tant la musique est souvent devenue effectivement subie.Thom l'a très bien décrit et je vous y renvoie:ce court roman très littéraire est aussi d'une portée universelle sur l'identité et l'idée de patrie au sens très large.Je crois que quelqu'un venu de l'autre côté du Rideau était le mieux placé pour l'exprimer.

   

24 mars 2007

Pleutres,pitoyables,pathétiques,géniaux

Dino Risi est le maître de la comédie italienne florissante.Il n'est pas le seul et Monicelli, Comencini,encore de ce monde également lui ont donné ses titres de gloire.La marche sur Rome(1962) reprend le thème de la "débrouillardise" en temps de guerre ou de révolution.Je vois dans ce registre une trilogie formidable.La grande guerre de Monicelli(59) nous emmène dans le sillage d'un duo d'enfer Gassman-Sordi,ces extraordinaires histrions capables de vendre des cotillons le jour des obsèques.Fainéants de première,Pieds Nickelés à la transalpine,les deux hurluberlus se verront magnifiés et comble d'ironie pour ces profiteurs,mourront héros de la Résistance.On sait que l'irruption du tragique dans le burlesque est l'essentiel de ces comédies féroces et que le destin d'Oreste et Giovanni se conjuguera par le petit bout de la lorgnette dans la grande histoire italienne.

La Grande guerre    La grande pagaille de Comencini(60) avec un Sordi ébouriffant nous installe dans le climat de déréliction qui suit la destitution du sympathique Mussolini.Officiers, sous-officiers,soldats,civils cherchent à rentrer à la maison(titre original Tutti a casa),éventuellement à retourner leur veste et surtout à sauver leur peau.Ce film remarquable suscite le rire mais aussi l'émotion et pas mal de réflexion sur la condition humaine et la limite très étroite entre la lâcheté et le courage qui sont parfois frères d'armes.

    Enfin La marche sur Rome narre l'avancée des "glorieux" fascistes en 1922 vers la capitale.Deux grands flandrins, anciens de 14-18,Gassman et Tognazzi,prennent le train en marche et se couvrent de gloire entre vols de poules, courageuses administrations d'huile de ricin aux opposants,planques minables jusqu'au jour miraculeux où ils sont pris pour des dignitaires.Peu importe la cause de ces dignitaires,l'important est de s'en sortir.

   On cherchera vainement l'équivalent ailleurs de ces films où les héros sont des cossards sympathiques, pas tout à fait affreux,pas tout à fait méchants.L'Italie a toujours su se moquer de sa propre histoire particulièrement à travers son cinéma.Grazie Signore Monicelli,Comencini,Risi.

9 mars 2007

Une chanson:Come away Melinda

http://www.youtube.com/watch?v=Xlef9pDMssw

Come Away Melinda (a Collection Of Classic Ballads)  Come away Melinda.It's nothing,just a picture book,before they had the war.

   Voilà une chanson qui me fait toujours autant d'effet.N'ayant pas trouvé la version de Tim Rose,ma préférée,je vous propose celle du groupe Uriah Heep qui oeuvra jadis dans les eaux deep purpliennes en gros.De même que j'adore Stairway to heaven de Led Zeppelin  je trouve que les groupes tendance hard seventies sont parfois très à l'aise dans la ballade.Ils confèrent à cette si jolie chanson pacifiste une rage magnifiée.Qu'en pensez vous?

7 mars 2007

Le dernier Ferry

Dylanesque http://www.youtube.com/watch?v=GhrH7CuqWzo

Les chansons de Dylan sont une mine et depuis longtemps,se prêtant à de multiples adaptations.L'univers de l'ancien leader de Roxy Music,qui trimballe depuis des décennies une image de glamour-rock-crooner-enjôleur(mais tout cela de qualité) semble à des lieues du Zim et pourtant ce serait mal connaître la richesse des compos de Dylan et la souplesse du brillant Bryan.Celui-ci déjà interprète de nombreux standards(écoutez As time goes by,de Casablanca par exemple) s'est parfaitement réapproprié les mélodies dylanesques.

   De vieux complices,Chris Spedding,Brian Eno bien sûr,Paul Carrack,Robin Trower sont à ses côtés.Pas précisément des perdreaux de l'année mais des pointures.Bryan Ferry a mélangé des titre très connus,All along the watchtower,The times they are a-changin',Knockin on Heaven's Door et d'autres moins célèbres et à découvrir.Mais Dylan a ses thuriféraires,incollables sur ses enregistrements et qui,je l'espère,aimeront les versions de Bryan Ferry.Peu importe,une chanson est faite pour être entendue et ma foi,Bryan Ferry n'est pas le plus mal placé pour être notre guide en Dylanie.

Publicité
5 mars 2007

Burlesque intolérance

     

      1923.Keaton parodie D.W.Griffith et Intolérance en mélangeant la Préhistoire,Rome et le XX° Siècle en une heure cinq et trois histoires éternelles où triomphe l'amour.Il faut dire que Keaton avait joué sur les deux tableaux,se réservant le droit de distribuer Les trois âges soit en un seul long métrage soit en trois courts.Pour un film de 1923 il y a quelques effets spéciaux réussis(dinosaure).Et si ce film n'a pas tout à fait la plénitude du Mécano de la General,ou du Caméraman il recèle quelques trouvailles dont une course de chars(avant Ben Hur) qui a la particularité de se dérouler à Rome certes mais sous la neige,gagnée par Keaton qui a eu la bonne idée d'un attelage de chiens.Une partie de golf préhistorique et quelques anachronismes réjouissent le spectateur.Les quelques années qui suivront seront l'âge d'or de Buster Keaton que pour ma part je trouverai toujours d'une certaine sécheresse.

1 mars 2007

Ah ça ira!

Les Bouffons : Roman des temps révolutionnaires

     Ce Roman des Temps Révolutionnaires(c'est le sous-titre du livre) est un bouquin délicieux,iconoclaste et dynamite allégrément les clichés sur la Révolution Française.Le héros,très modeste aristo mayennais,Lazare de Kervignac,va se trouver mêlé aux complots royalistes et nous faire pénétrer les arcanes des différents comités où pérorent les singes hurleurs et les bouffons,les marionnettes,les agents doubles, triples,quadruples,les maquereaux, les défroqués,et toute une faune de personnages bêtes,méchants,vicieux comme les révolutions en accueillent souvent.En effet une révolution a le mérite de mettre une société sens dessus dessous,ce qui a l'avantage de permettre aux imbéciles de se croire des aigles,aux minables de se sentir pousser des ailes,aux opportunistes de faire leur boulot d'opportunistes.

  Les Bouffons est rempli d'un humour qui s'immisce jusque dans les scènes cruelles qui sont légion on s'en doute en cet univers de carmagnoles et de raccourcissement express.J'ai toujours été étonné par la vitesse d'exécution(c'est le cas de le dire) de cette époque bénie où l'on pouvait dénoncer son voisin pour lui piquer sa maison ou sa femme,quitte à se retrouver soi-même dans les bras de Sanson pour une ultime et courte escalade.Songez que Robespierre ne survécut que quelques semaines à Danton qu'il avait envoyé ad patres.

   Vous aurez compris qu'Hubert Monteilhet est un très alerte conteur et qu'on apprend dans la bonne humeur une belle tranche d'Histoire de France. Ripaille, tripaille, pagaille, canaille dans les rues de Paris débaptisées pour la plupart dans un ridiculissime engouement pour cette trilogie rarement aussi peu respectée Liberté-Egalité-Fraternité.Utopies proches de la démence,vices s'érigeant en vertus,sanglante lanterne sur la place...Un régal...

25 février 2007

Merci Holly,merci Frank

WatertownEcoutez cet enregistrement si méconnu et si attachant.Toutes les chansons touchent droit au coeur en toute simplicité.Et c'est bien douloureux mais de cette douleur que l'on aime tous parce que terriblement humaine.Quelqu'un parle de ça avec une telle ferveur:écoutez-la.Merci Holly.    http://rosesdedecembre.blogspot.com/

24 février 2007

Une chanson:You keep me hanging on

Vanilla Fudge

Il ne s'agit pas là de la très bonne version des Supremes de Diana Ross chez Tamla mais de son iconoclaste et psychedelique reprise par les New-yorkais de Vanilla Fudge en 67.Stein,Martel,Bogert et Appice vont connaître un succès foudroyant mais assez bref,dure loi du rock souvent évoquée ici.Leur spécialité sera de reprendre des tubes et de les ralentir systématiquement pour en faire une sorte de melting-pot Jean-Sébastien Bach/Jimi Hendrix(dixit moi).Exemples Ticket to ride,Eleanor Rigby,Bang bang,People get ready.Les quatre membres du Bâton de Vanille essaimeront ensuite un peu partout dans un relatif anonymat.Dure loi du rock vous disais-je.A noter la  très bonne rencontre du bassiste et du batteur avec l'ex-Yardbird Jeff Beck pour l'album éponyme Beck,Bogert and Appice.

Yeah!   http://www.youtube.com/watch?v=71cGLyOKhSc

17 février 2007

Boulevard du crépuscule

Ni dieux ni démons

    Boulevard du crépuscule pour ce joli film qui brode une variation sur les derniers jours de James Whale,metteur en scène fin et esthète lui aussi brisé par Hollywood.James Whale,réalisateur des deux plus beaux films sur la Créature:Frankenstein et La fiancée de Frankestein,délaissé par le cinéma n'est plus qu'un vieil homosexuel malade et nostalgique de sa grandeur.Sa rencontre avec un jardinier réveille des ardeurs toutes platoniques et des souvenirs de jeunesse,de guerre et de films.

   James Whale finira dans sa piscine pleine d'eau dans Ni dieux ni démons alors qu'il est mort dans sa piscine vide en réalité.Légende,réalité.Peu importe puisqu'on est là dans le double imaginaire du Septième Art avec les fantasmes de Whale (saisissant et grandiose Ian McKellen) d'une part et d'autre part la fiction de Bill Condon,réalisateur de ce film passé inaperçu en 99.Ni dieux ni démons n'a rien d'une biopic appliquée et sentencieuse.C'est seulement quelques jours dans la vie de James Whale au long desquels on approche le spectacle de la création au travail à travers les émotions du personnage ni vraies,ni fausses,mais qui peut-être ont pu exister.

  Autant je suis méfiant devant les lourdes biographies qui peinent à restituer un portrait d'artiste dans sa longueur et sa subtilité,autant je me laisse emmener dans un voyage intérieur plein de finesse et de poésie comme celui-ci.L'amour des artistes n'est pas si loin d'un Ed Wood de Tim Burton.Compliment.

James Whale et Ian McKellen.

3 février 2007

Une chanson:Reach out I'll be there

         THE FOUR TOPS

Retour à la maison Tamla Motown avec un des hymnes de Detroit par les Four Tops qui furent il y a 40 ans les meilleurs vendeurs de 45 tours souvent interchangeables il faut bien le dire.Mais ça bougeait quand même mieux que les copies françaises.Il faut s'y faire le rock s'accomodera toujours mieux de vocalises du côté de Detroit City que du moulin de Sammois.Par rock entendre soul ou rythm'n'blues ou ce que vous voulez,du moment que vous tapez dans les mains avec ce fabuleux groupe vocal,apanage de Motor City.

http://www.dailymotion.com/video/x14b2m_four-tops-reach-out-ill-be-thereEcoutez!

2 février 2007

Voyage en Harmonie(ou bing!Crosby!)

Voilà un joyau.

VoyageD'abord l'objet:il est splendide sous forme de coffret 3 CD à manipuler avec précaution(en voiture par exemple),d'une couleur brune mais je ne suis pas très doué pour les couleurs.Au milieu se découpe le visage pas trop rond encore de David avec ses moustaches gauloises.Un livret de 130 pages,très soigné et très lisible,ce qui est loin d'être toujours le cas.Et après une préface de Graham Nash le vieux complice on retrouve la vie de David et son oeuvre avec plein de photos peu connues et Roger,Chris(Byrds) plus bien sûr les trois autres mousquetaires(Stephen,Graham et Neil,enfin vous connaissez) et même d'autre gars ou filles du crû,Joni Mitchell,Rita Coolidge et ceux du Dead ou de l'Airplane.

Longue descente aux enfers suite à l'accident mortel de Christine Gay Inton sa compagne.Le journal Spin titra même un jour "Mort de David Crosby" avec photo d'un Crosby obèse,hirsute,crasseux et shooté.Tout cela a été David Crosby comme ses armes à feu et son voilier(plus sympathique) mais qui faillit lui aussi devenir une épave.De cela j'ai déjà un peu discouru(Byrds,Crosby,Stills and Nash) .Mais je voudrais maintenant insister sur l'incroyable talent de mélodiste de David.On fait une pause avec Eight miles high,de l'époque Byrds.Je tiens ce titre pour le meilleur de toute mon histoire du rock à moi.}Tollé général chez ces jeunots de Thom,Chtif et Fab.Après la volée de bois vert et Eight miles high je vous retrouve pour la suite musicale majeure de David Crosby.

http://www.dailymotion.com/video/x9lod_the-byrds-eight-miles-high

David Crosby a enregistré avec les meilleurs.Et ce florilège nous propose des versions rares avec les autres musiciens,seul,avec le groupe relativement récent CPR.Que de bonnes choses dans ce pays d'infinie harmonie qu'est la musique de David Crosby.Je le conseille notamment à tous ceux qui pensent que ces arrangements sont datés,voire désuets.Influences jazz ou brésilennes,voix enchanteresses vous convaincront je l'espère.Personnellemnt j'ai découvert nombre de morceaux ignorés/Mr.Crosby n'est pas un survivant mais un orfèvre.

http://www.youtube.com/watch?v=JZxH_8VhRMs Laughing

26 janvier 2007

Une chanson:This town ain't big enough for both of us

Mael Intuition: The Best of Sparks 1974-1976

Le rock n'a pas si souvent fait preuve d'humour.Clownesques à souhait les frères Ron et Russell Mael ont fait un peu de tout dans leur carrière déjà longue y compris dans la mouvance disco qui m'indiffère prodigieusement.Mais grâce leur soit rendue pour l'inénarrable,pétillante,sautillante et inimitable cabriole dont le titre semble être sorti tout droit de l'univers de mes chers westerns (1973).Il faut avoir vu Ron et sa joviale dégaine d'organiste à l'inquiétante moustache pour ne pas mourir idiot.

http://www.youtube.com/watch?v=b8p8PYV86wo

13 janvier 2007

Une chanson:Hello in there

http://www.youtube.com/watch?v=wpxZqr8epMM Hello!

J'ignorais Hello in there.J'ignorais John Prine.J'ignorais qu'il pouvait y avoir tant d'émotion dans une simple chanson,une chanson  qui aurait pu être signée Don McLean,ou James Taylor,ou Tom Paxton,ou Harry Nilsson,ou Loudon Wainwright III,ou...Nanti de mon dictionnaire rock je découvre ainsi des perles.Celle-ci a 35 ans.Elle pourrait en avoir 100 ou quelques mois.C'est toute la vie,toute la mienne,toute la vôtre peut-être, joliment illustrée. J'aimerais que vous l'aimiez.

12 décembre 2006

Cagney le teigneux

Il me semble que James Cagney,irlando-américain,est le père spirituel de Robert De Niro,italo-américain.Je parle là du De Niro des années 70.Décortiquons donc comme dirait Chris. Ils se sont beaucoup bagarrés dans leurs films.Cagney a eu de la concurrence car les mauvais garçons ne manquaient pas:Paul Muni,George Raft,Edward G.Robinson et un certain Bogart.Les films de Cagney étaient taxés de violents comme nombre de ceux de De Niro. Citons L'enfer est à lui,L'ennemi public,Les anges aux figures sales,A chaque aube je meurs,Les fantastiques années vingt,Le fauve en liberté.Et surtout dans toutes ces productions Cagney a incarné le rêve américain du petit rouquin irlandais qui ne trouvera que la cogne pour satisfaire ses ambitions.Pas plus pourri qu'un autre au commencement le héros joué par Cagney rentré de guerre et débutant dans la vie active et malhonnête cherche à bâtir un empire.Pour ça il lui faudra piétiner et frapper.Mais dans les pires moments le personnage cagneyen conserve quelque part un code de l'honneur et un sens de la pédagogie(ne faites pas ce que j'ai fait,voir la très belle fin des Anges aux figures sales).Agité,le regard inquiet,à la limite du tic Cagney apporte à ses rôles de gangsters une fièvre,une ardeur brutale et terriblement humaine,trop humaine.Le rictus de Cagney est de ceux qui auront compté au cinéma.Tellement à l'aise en gangster on en oublierait son Oscar pour la comédie musicale La glorieuse parade(Michael Curtiz,1942).

Il me semble que Robert De Niro,famélique héros de Scorsese bien sûr mais aussi De Palma et Leone et Coppola est à l'ambition émigrée italienne et brute ce que Cagney a été à la diaspora irlandaise qui n'avait pas peur des coups.On dit que Cagney,homme plutôt doux,détestait l'homme cynique,mufle,voire cruel que le cinéma lui avait fait interpréter.Mais comme il donnait bien le change...

A signaler les deux films en commun de James et Robert:Le voyage au bout de l'enfer est à lui et Nous ne sommes pas des anges aux figures sales.Euh...Désolé.

8 décembre 2006

Les gars de l'eau

Très belle réédition en double CD de l'album historique de la bande à Mike Scott.Cet Ecossais,maître d'oeuvre du groupe quitte l'Angleterre en 88 pour enregistrer avec une équipe de pointures du côté de Galway,près des lacs du Connemara,cette merveille dénommée Fisherman's Blues d'une richesse somptueuse.En fait je connaissais peu les Waterboys mais j'aime à me pencher sur le passé de la musique rock,nanti d'un bon dictionnaire.Ainsi je découvre des disques relativement récents(à peine 18 ans,et 18 ans c'est peu pour un rocker dont le premier 30 cm fut le Aftermath des Rolling Stones en 1966).

  Fisherman's Blues qui donne son titre est très roots irlandaises avec le violon de Steve Wickham et la mandoline d'Anthony Thistlewaite.Vous connaissez mon amour de la verte Erin.Strange boat est une déchirante ballade ou l'harmonica fait merveille.Ils reprennent aussi le Sweet thing d'un autre barde  du coin,Van Morrison et adaptent le poème du grand écrivain,du coin également,W.B.Yeats,The stolen child avec la participation du chanteur traditionnel Thomas McKeown.Dans certains morceaux ils ont sept ou huit et saxo,bouzouki,flûte font très bon ménage.Une très courte version du classique social de Woody Guthrie This land is your land termine ce premier disque.Les Waterboys connaissent leurs classiques puisqu'ils rendent hommage aussi au grand Hank Williams(Has anybody here seen Hank?)

Rien à jeter non plus dans le second opus.J'en extrairai le traditionnel instrumental Carolan's welcome et une originale reprise,très gaélique,de la si belle chanson Girl of the North Country de Maître Dylan.Mais ne croyez pas que Mike Scott et les Waterboys soient quelque peu figés entre Edimbourg,Dublin et le folk,ce qui d'ailleurs n'est déjà pas si mal.A preuve If I can't have you au tempo très jazz et les influences tziganes et klezmer de Soon as I get home.Au total 1h40 de musique toutes directions à déguster comme au pub avec les copains dans cette ambiance qui n'appartient qu'à ce pays pas comme les autres.Croyez moi.Signé Claude O'Baugee.Et vive le blues du pêcheur. http://www.youtube.com/watch?v=STWx8YnW2XA Ecoutez!

   

9 décembre 2006

Et si on prenait encore un peu de temps

Suite et fin de cet objet filmique unique.Après 30 films et 52h10' de mon temps me voilà au bout de l'aventure Heimat,oeuvre d'une vie,celle d'Edgar Reitz,d'un pays,l'Allemagne,d'un art,le Septième.J'ai regroupé les trois notules:Une chronique allemande,Chronique d'une jeunesse,Chronique d'une époque. Mêlant les destins de plusieurs personnages,apportant de nouveaux héros parfaitement en phase avec l'histoire allemande,chroniquant les transformations sociales et les détails individuels,la trilogie Heimat restera référence absolue pour qui s'intéresse à ce grand pays,celui de Goethe, Beethoven, Murnau, Dûrer et tant d'autres.

  Hermann et Clarissa ont vieilli.Le mur est tombé et avec lui beaucoup d'illusions se sont aussi écroulées.La liberté,réelle,se paie cher,l'Allemagne de l'Est peine à gôuter les fruits de la prospérité.Les frères aînés sont morts,d'étranges tumeurs gangrènent les corps,les paradis artificiels démolissent en Allemagne comme ailleurs.Le rêve passe et certains passent à côté.On vient de l'Est bien sûr,du Kazkhstan ou de Serbie.Y en aura-t-il pour tout le monde?Heimat pose les questions essentielles sur l'Europe et sur l'homme.Ils se sont tant aimés depuis la Grande Guerre à travers la musique,le cinéma,l'industrie,les affaires.Une telle fluidité baigne Heimat que malgré 93 rôles parlés,des amis,des cousins,des collaborateurs,aucun personnage ne paraît artificiellement plaqué sur l'histoire pour l'enrichir.Ce fleuve de vie coule comme le Rhin,sans jamais faillir.

   J'ai tant aimé,moi aussi,cette trilogie que j'en ai pleuré au dernier épisode.Jamais je n'avais vu ça.Adieu à tous,mes amis d'outre-Rhin.Vous me manquez déjà.Et comme j'aimerais que cette oeuvre,le contraire du formatage et de la démagogie,de tous les formatages et toutes les démagogies,trouve son public.Auf wiedersehen!Au revoir à cette bouleversante chorale.

19 novembre 2006

Il paraît

Il paraît que Les carabiniers dénonce parfaitement l'absurdité de la guerre,le militarisme,l'honneur,les films glorifiant la force brutale,Hollywood,le cinéma français classique,la narration,les hideuses forces de l'argent.Il me paraît que je n'y ai vu que petites cocasseries,intertitres assez marrants,trop rarement et "foutage de gueule" quasi-total.Pouquoi pas?JLG je t'aime bien quand même pour Camille,Ferdinand et Pierrot.

10 février 2007

Edgar le magnifique

Faire de ce vieux flibustier de John Edgar Hoover le héros d'un roman passionnant et très éloquent sur la condition humaine est le pari réussi de Marc Dugain(auteur de l'excellente Chambre des officiers).Hoover qui fut le patron du FBI pendant des décennies avait de la démocratie une idée très personnelle.Et une idée de sa nécessité dans les coulisses du pouvoir telle qu'il se jugeait au dessus des suffrages,ayant bien trop peu confiance dans ses concitoyens pour leur demander leur avis.Cet homme fut donc l'un des hommes les plus puissants de l'univer sans jamais être élu nulle part.

Et Marc Dugain,par un très intelligent montage alternant des dialogues,des notes,des comptes rendus d'écoute,des fiches de renseignements mais aussi de petites touches intimes comme les querelles d'amoureux de ces deux vieilles badernes que sont Hoover et son adjoint-concubin Clyde Tolson,parvient à faire d'Edgar un personnage presque sympathique,et surtout terriblement humain.

La malédiction d'Edgar

  En effet le roman prend l'allure des mémoires de Clyde Tolson,totalement apocryphes,cela va de soi.Et ainsi l'on assiste à 40 ans de politique américaine vue par le petit bout,très petit parfois,de la lorgnette.La malédiction d'Edgar nous immerge dans les magouilles de ces figures que l'on a pu croire presque angéliques.Et comme nous avions tort.La famille Kennedy qui fit longtemps figure de galerie princière américaine apparaît pour ce qu'elle a dû être ,à savoir une dynastie d'opportunistes allant d'un père fasciste à des rejetons obsédés et addicts à différentes choses.Bref des êtres humains comme vous et moi,quoi. Martin Luther King ce bon apôtre est loin d'être exemplaire et c'est presque mieux comme ça.Ces gens là nous ressemblaient donc.

   Je ne me livre pas à l'apologie d'une crapule.J'ai seulement lu un bon bouquin,documenté,qui reste une fiction.Certes Hoover était une canaille,mais une canaille de qualité.Et j'aime la qualité.(Gallimard)

11 novembre 2006

Une plume en Nord

Pas facile de voler des chevauxCe Norvégien est en passe de devenir la nouvelle coqueluche de la littérature scandinave.Loin de l'univers du polar nordique ou de la farce finlandaise(que j'aime tous deux beaucoup) Per Petterson fait entendre une musique inquiète et solitaire où la nature se veut présente sans étouffer l'humanité des personnages.Pas facile de voler des chevaux est un roman de l'âge mûr,avancé même.Trond se remémore,solitaire,son amitié avec Jon,les chevaux empruntés plus que volés,son enfance somme toute ordinaire.Mais quelle enfance est ordinaire?Et qui était vraiment son père dont il apprendra tard l'attitude pendant la guerre.

  On ne se débarrasse pas comme ça du passé.Ce passé n'a d'ailleurs rien de honteux mais toute jeunesse est douloureuse et à travers les images du père il semble qu'un fantôme tout bergmanien vienne à s'immiscer dans l'interrogation de Trond face à son nouveau voisin dans ce chalet de campagne où il a décidé de passer le reste de son âge.Un souvenir commun avec Lars et ressurgissent ces années d'apprentissage au bord du lac des vacances où amitié et cruauté chevauchent ensemble les mustangs de l'adolescence.Des images très fortes restent gravées à la lecture de ce roman qui,loin d'être un respectable mais très couru roman d'initiation,transcende la quête du souvenir en un flot introspectif passionnant que, l'âge étant venu,Trond assumera le mieux possible.Emprises,disparitions,peurs et soupçons auront balisé une vie bien remplie,une vie d'homme,là bas dans ce Nord qui me plaît tant.

    J'avais assez peu aimé Dans le sillage,autre livre de Per Petterson.Il me semble que Pas facile de voler des chevaux atteint d'emblée une universalité d'une toute autre envergure.(Gallimard).

22 juillet 2006

A fable!

Nostalgique à souhait à l'époque de King Kong et de Harry Potter que j'aime beaucoup par ailleurs.Le Père Noël a apporté au grand enfant que je suis cette délicieuse réédition des Fables de La Fontaine avec les fameuses illustrations de Benjamin Rabier,cet immense dessinateur et publiciste(On lui doit entre autres le canard Gédéon et la Vache qui rit).Cet album,paru en 1906 chez Tallandier ressort,composé de 300 fables de l'illustre Monsieur Jean.Et c'est une merveille de replonger dans l'univers des animaux croqués par Rabier qui savait si bien donner vie au bestiaire de La Fontaine.


Et surtout que personne ne croie qu'il s'agit là d'un auteur pour enfants sages,complètement dépassé.La Fontaine n'est pas,n'a jamais été un auteur pour enfants.Quant aux plus célèbres de ses fables que beaucoup ont anonnées besogneusement,je suis sûr qu'elles ont donné à certains le gôut de lire,du théâtre et même pour quelques-uns un penchant pour le cabotinage,cet exquis avatar de l'art dramatique.Sérieusement si l'on connaît tous Le loup et l'agneau ou Le corbeau et le renard,que celui qui a lu,et compris Daphnis et Alcimadure ou Du thésauriseur et du singe me fasse signe.Car voilà:les Fables de La Fontaine est un joyau exigeant avec structures de phrases inversées,nécessité d'un dictionnaire de permanence,allusions mythologiques.Il faudrait avoir fait ses Humanités pour en saisir toute l'essence et ce n'est pas mon cas.Mais diable!On peut faire un effort.Notre si belle langue mérite bien ça.Cette leçon vaut bien un fromage.


23 mai 2006

Lola

lola_montes_poster

S'il est un film "en couleurs" c'est bien Lola Montès de Max Ophuls.J'ai rarement vu une telle réussite picturale où l'or des lustres et la splendeur des attelages donnent au film  cette allure si aristocratique mais menacée de proche disparition.Il me semble que la suite des amours de Lola  fait écho à La ronde des amants d'après Arthur Schnitzler et aux péripéties des bijoux de Madame de ... d'après Louise  de Vilmorin,autres films prodigieux de Max Ophuls.

 

Ophuls est un enchanteur du mouvement et du spectacle,tout spectacle,danse,cirque,peinture,music-hall,tous arts très présents dans son oeuvre,transfigurés,faussement frivoles.Ophuls c'est la politesse de la mélancolie,que je trouve parfois proche de Visconti quand il nous fait sentir la fragilité des choses y compris des castes.

1 septembre 2006

Quand Hollywood se penche sur Hollywood


Hollywood aime parfois  à dévorer ses enfants et n'est jamais aussi féroce que lorsque la cité du cinéma règle ses propres comptes.On voit ainsi que le cinéma américain,même au coeur des studios des années 50,est capable de beaucoup de clairvoyance quant à sa propre mythologie.Notre ami cinéphage a déjà dit tout le bien qu'il pensait du Grand couteau de Robert Aldrich et que je partage tout à fait.Dans cette même décennie au moins trois autres films signés des plus grands explorent les coulisses de l'usine à rêves.Il s'agit de la Comtesse aux pieds nus de Mankiewicz qui mériterait un livre entier,si admirable,et aussi des Ensorcelés de Minnelli,fascination exercée par un nabab sur ses collaborateurs.


J'ai revu hier Boulevard du Crépuscule,le chef d'oeuvre de Billy Wilder(les quatre films sont d'ailleurs tous des chefs d'oeuvre).Tout est parfait d'inquiétude et de folie,dans ce film depuis l'hallucinante Gloria Swanson qui,  devant les caméras des actualités déclare être prête pour le gros plan,jusqu'au sacrifice de Stroheim pour épargner son ex-femme.William Holden,grand acteur injustement ignoré depuis,compose un jeune scénariste,à la limite du gigolo mais qui relève la tête avant de mourir dans la piscine de ses ambitions.


Cecil B.De Mille joue son propre rôle avec tendresse pour l'odieuse et pathétique actrice vieillissante incarnée par Swanson et Buster Keaton est fantômatique,une statue de cire.Film sur la cruauté comme les trois autres,la cruauté du milieu cinématographique,mais à tout prendre guère plus cruel que n'importe quel microcosme humain.

4 juillet 2006

Du travail de pros

Richard Brooks n'est pas un spécialiste du western.D'ailleurs ses trois films relevant du genre sont plutôt des westerns tardifs quant à l'action qui s'y déroule,que ce soit La dernière chasse,La chevauchée sauvage ou Les professionnels que je viens de revoir dans une jolie copie DVD.Brooks est avant tout un écrivain et scénariste et l'idée du film repose sur une arnaque astucieuse et une fausse demande de rançon.C'est donc un western assez southern(au Mexique) et contemporain(on y voit une automobile).C'est aussi un western pyrotechnique ou l'arme principale s'avère la dynamite,ce qui nous vaut un feu d'artifice d'anthologie dans l'hacienda.

      On sent bien la sympathie de Brooks pour la Révolution mexicaine et on n'en est pas surpris quand on connaît ses opinions.Mais c'est aussi un excellent film d'action avec chevauchées,attaque de train et guet-apens dans les rochers.Du travail de pros évidemment avec Lee Marvin dans un de ses meilleurs rôles,Burt Lancaster qui n'a pas oublié qu'il a débuté au cirque,Robert Ryan vieillissant et au visage si marqué,Woody Strode discret et efficace en face d'un Jack Palance héros de la Revolucion,Senor.Claudia Cardinale est l'objet de la transaction et Brooks égratigne les Yankees à travers Ralph Bellamy,vieille baderne,fossoyeur du Mexique.

     Ce n'est pas un film à thèse et l'humour y est aussi bien présent:Les professionnels demeure un spectacle cinématographique d'une facture classique,narrative et fluide qui vaut le coup.

12 juin 2006

Le vent de la prairie,au coin du feu

Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Publicité
Archives
Publicité
BLOGART(LA COMTESSE)
Newsletter
33 abonnés
Visiteurs
Depuis la création 371 064
Publicité