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13 juillet 2015

Le cinéma, mon vélo et moi/9/ CDD à Pekin

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                                  Un très beau film chinois, très désenchanté sur le miracle économique du Céleste Empire. Le difficile apprentissage de la ville par un jeune paysan, exode rural, violence sociale, dans ce film qui a déjà près de quinze ans, âpre et ténu. A Pekin comme ailleurs tout ne marche pas comme sur des roulettes. Et un vélo peut faire l'objet de bien des tensions.

Le cinéma,mon vélo et moi

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26 mars 2015

A propos de Flore

Flore

 

 

                               

 

 

 

             Une belle soirée jeudi dernier au Ciné-Quai, où les associations France-Alzheimer et JALMALV projetaient le très serein et très beau document Flore. Le documentariste Jean-Albert Lièvre a filmé pendant quatre ans sa mère veuve atteinte de la maladie d'Alzheimer. Proprement stupéfiant, le film apporte un début de réponse à ce fléau, hélas tempérée très sérieusement par le volet financier. Flore a 70 ans en 2005, au moment où les premiers signes inquiètent ses trois enfants. Peintre de talent elle perd vite tout goût pour la création. Et c'est le chapelet hélas souvent inévitable d'assistance à domicile parfois refusée, d'hébergement en EHPAD puis en institution spécialisée. Flore se dégrade, vite, très vite. Jean-Albert en accord avec ses frère et soeur décide d'installer leur maman dans leur maison de famille en Corse.

                                    Nous sommes face à une famille privilégiée. Sur les plans intellectuel, affectif, et matériel, et c'est tant mieux. Voilà Flore dans cette jolie maison corse où elle connut tant de joies. Les enfants se sont démenés pour trouver de l'aide et nombreux seront les intervenants auprès de Flore dont le visage doucement redeviendra expressif, le poids normal, la marche possible, le sourire fréquent. Il faut l'avoir vu un an avant, plus que prostrée, en voie de grabatisation et d'une rare violence envers elle-même et les autres.

                                   Evidemment, et les premiers échanges du débat ont porté là-dessus, la famille a pu financièrement supporter des frais que l'on devine importants pour avoir à demeure un personnel adéquat, une "gouvernante" tibétaine qui lui a prodigué des soins de toucher, de massage, de chansons, asiatiques et certainement efficaces, un aide psychologique voisin dont je n'ai pas bien compris les compétences officielles mais manifestement très à l'aise et très en osmose avec Flore. Cette dernière a même pu nager à nouveau en Méditerranée. Sans parler des thérapies classiques des infirmières et kinés et là je ne vous cacherai pas ma surprise quand on sait la difficulté d'avoir un MK à domicile et d'une telle disponibilité, moi dont le cabinet tenu 39 ans a tout simplement disparu faute de successeur.

                                   Mais surtout mon sentiment après le document a été la stupéfaction. Interrogeant la gériatre qui répondait au public, j'ai eu la confirmation que, au moins dans certains cas idéaux, moyens, personnel, cadre de vie, famille unie, la maladie pouvait s'améliorer dans des proportions vraiment intéressantes. J'ignorais que c'était possible. Ce fut une soirée enthousiasmante et les spectateurs, concernés comme nous tous, n'oublieront pas cette Flore qui s'illumine à nouveau et retrouve le goût de vivre même si l'on ne peut certes évoquer la guérison totale, et si l'on a bien compris que les conditions optima pour une amélioration ne sont pas près de s'étendre aux si nombreux cas d'alzheimer.

 

 

 

9 mai 2015

Un toit ne suffit pas

Toit rouge

                                       On n'est pas loin du chef d'oeuvre avec La maison au toit rouge du cinéaste japonais octogénaire Yoji Yamada dont je n'avais vu aucun film. J'ai recopié le synopsis. En 1936, la jeune Taki quitte sa campagne pour travailler comme gouvernante à Tokyo au sein de la famille Tokoda composé d’un charmant couple et de leur fils de 6 ans. Lorsqu'Itakura, un jeune collègue du mari est chez lui, Tokiko la maîtresse de maison se trouve irrésistiblement attirée par cet homme différent, sensible et cultivé. Témoin de leur liaison secrète, la servante se souviendra bien des années plus tard, non sans une certaine émotion, de cette époque tourmentée d’ un Japon en guerre dans la rédaction de ses mémoires...

                                       Ca a tout l'air d'un mélo et c'en est un. Et alors... Cette histoire simple est traitée  d'une manière calme et modeste, nous quitterons fort peu cette maison symbole d'abord d'un bonheur assez tranquille ou rien n'est remis en question et surtout pas la place de la femme dans cette société japonaise d'avant-guerre. Parlons-en, de la place des femmes. L'épouse est plutôt bien traitée, comme une épouse quoi, qui sait mettre en valeur son grand homme de mari. Pas très loin du féodal. La servante, quant à elle, suit un cursus classique pour une jeune fille pauvre à cette époque. Terriblement troublée par ce secret qu'elle partage bien involontairement avec sa patronne, Taki voit en plus comme tous les Japonais le spectre de la guerre s'avancer et se préciser. C'est un bel art que pratique Yoji Yamada: parvenir à faire passer le souffle de la guerre, la guerre sino-japonaise d'abord, sans insister, uniquement pas des bribes de conversation entre hommes, mais en nous faisant parfaitement comprendre cette sensation de culpabilité qui déjà lors du massacre controversé de Nankin, 1937, acommencé d'étreindre les Japonais.

                                       Puis c'est Pearl Harbor et le conflit du Pacifique. Itakura sera finalement mobilisé, les bombes sur Tokyo et le feu nucléaire (présent d'une manière ou d'une autre dans tout le cinéma nippon) auront raison de cette liaison secrète. Mais quel joli prodige que La maison au toit rouge qui en dit tant avec une économie de moyens, qui laisse le spectateur se faire sa propre version, et qui grave au coeur la jolie habitation tokyoïte. Fine analyse de ce Japon que l'on connait si mal, et bien beau mélo tout en retenue, le petit jardin, les volets claquant et les sentiments qui blessent pour si longtemps, comme tout cela exprime bien la sensibilité du vieux cinéaste. C'est un régal que ce film d'un grand classicisme que certains critiques ont confondu avec le conservatisme le plus rassis. Consternant. A mon avis.

19 février 2015

La poésie du jeudi, Charles-Augustin Sainte-Beuve

Poésie du jeudi

                                Chers amis des potins de la commère cette semaine, foin de poésie, nous allons dire du mal des célébrités et fouiner dans leur vie privée. Vous connaissez ma passion pour les tabloïds et les cancans. Et puis distiller un goût de fiel envers les "people" fussent-ils du XIXème Siècle ne peut que nous faire du bien. Enfin moi c'que j'en dis...

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À Victor Hugo (II).

Votre génie est grand, Ami ; votre penser

Monte, comme Élysée, au char vivant d'Élie ;

Nous sommes devant vous comme un roseau qui plie ;

Votre souffle en passant pourrait nous renverser.

 

Mais vous prenez bien garde, Ami, de nous blesser ;

Noble et tendre, jamais votre amitié n'oublie

Qu'un rien froisse souvent les cœurs et les délie ;

Votre main sait chercher la nôtre et la presser.

 

Comme un guerrier de fer, un vaillant homme d'armes,

S'il rencontre, gisant, un nourrisson en larmes,

Il le met dans son casque et le porte en chemin,

 

Et de son gantelet le touche avec caresses ;

La nourrice serait moins habile aux tendresses ;

La mère n'aurait pas une si douce main.

Sainte-Beuve (Les Consolations, 1830)

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                                 Alors voilà, mes amis. Figurez-vous que ce Mr. Sainte-Beuve  a certes bien du talent pour tresser ainsi des lauriers à Mr.Victor, mais, et c'est de source sûre, j'vous dis, moi qui vous parle, que des rumeurs bien-fondées circulent sur ses relations avec Mme Adèle, épouse de Mr.Victor. Alors flatter le mari pour séduire l'épouse... Et puis ce Mr.Victor, un modèle conjugal comme chacun sait. Enfin, moi j'dis ça, j'dis rien, vous me connaissez.

11 décembre 2014

La poésie du jeudi, Anatole France

Poésie du jeudi 

                                       Extrait du recueil Poèmes dorés,un sonnet de facture très classique. Triste sort de ce gallinacé. Dans ce même ouvrage plutôt bucolique, Les cerfs, Les sapins,Le chêne abandonné.

La perdrix

Hélas ! celle qui, jeune en la belle saison,

Causa dans les blés verts une ardente querelle

Et suivit le vainqueur ensanglanté pour elle,

La compagne au bon cœur qui bâtit la maison

 

Et nourrit les petits aux jours de la moisson,

Vois : les chiens ont forcé sa retraite infidèle.

C'est en vain qu'elle fuit dans l'air à tire-d'aile,

Le plomb fait dans sa chair passer le grand frisson.

LES

Son sang pur de couveuse à la chaleur divine

Sur son corps déchiré mouille sa plume fine.

Elle tournoie et tombe entre les joncs épais.

 

Dans les joncs, à l'abri de l'épagneul qui flaire,

Triste, s'enveloppant de silence et de paix,

Ayant fini d'aimer, elle meurt sans colère.

Anatole France (1844-1924, Poèmes dorés)

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24 novembre 2014

Ta guérison, ma déraison

VALLEJO    

                                          François Vallejo, dont j'ai jadis apprécié Ouest, a réussi avec Fleur et sang un excellent roman à double lecture, dont les héros sont deux médecins, l'un médecin apothicaire dans la France de Louis XIV, l'autre chirurgien cardio à notre époque. Un côté plutôt fleur, un côté plutôt sang. Vu ainsi ça ne nous éclaire pas beaucoup. Les deux  histoires sont indépendantes et cependant tout à fait en résonance. Dans une paroisse de Touraine, le jeune Urbain Delatour, élève de son père à son corps défendant, observe les relations complexes que son père, chirurgien et apothicaire, entretient avec le maître des lieux, seigneur de Montchevreuil. Suite à la disparition de ce dernier c'est sa fille unique qui règne, que maître Delatour est mystérieusement le seul à pouvoir raisonner. Le jeune Urbain, lui, est sous le coup d'une certaine attraction-répulsion envers elle, pourtant dotée d'un physique hors norme.

                                          Trois siècles plus tard, Etienne Delatour, interne à Tours, tombe amoureux d'une jeune fille affligée d'une légère claudication mais terriblement séduisante. Là aussi importance de la différence, y compris physique, traitée très joliment par l'auteur. Quel sera le poids exact d'Irène de Saint-Aubin dans la vie d'Etienne, devenu brillant cardiologue, parfois contesté? A travers ce portrait d'un homme très complexe et indéfinissable ce n'est que bien des années plus tard que la véritable nature de leur relation se précisera mais il faut convenir que très habilement François Vallejo laisse l'ambiguité régner. Beau roman sur la manipulation dans les deux cas, tant on hésitera à prendre parti. C'est un de  ces romans qui laisse le lecteur diriger sa barque, il y a bien des écueils, et l'on ne saisira jamais l'essence intégrale des deux médecins d'Ancien Régime, le père notamment échappant à trop de sanctification, pas plus que l'on ne se prononcera sur la sincérité/duplicité d'Etienne.

                                           Vallejo est un écrivain très fin, qui refuse les facilités, mais qui honore la littérature française, ce qui empêche probablement de plus grands tirages. J'encourage à découvrir, tant Ouest que Fleur et sang, et bien d'autres romans encore. Le titre de cet article est emprunté au livre,phrase plusieurs fois prononcée par Etienne Delatour s'adressant au patient. Très troublant.

15 juillet 2014

Sur les traces de Jeff

Mmasse critique

                                          Chouette aventure avec Babelio dans le sillage de Louis Meunier et de ses fringants Cavaliers afghans. Vous pensez à Joseph Kessel? Comme vous avez raison car c'est sur ses traces que s'est élancé Louis Meunier. Chevaux et montagnes de l'Hindou Kouch, nuits glacées et poussières aux sabots, le récit à peine romancé est un beau voyage au coeur du pays, version Nord, où tout est cheval, ce qui me fait immanquablement penser au western. Car l'auteur, documentaliste, producteur, vit depuis huit ans à moitié en Afghanistan, pays fascinant et si méconnu, talibans, attentats, présence étrangère, intégrisme étant les mots qui viennent à l'esprit. Et cela n'est pas faux. Mais Louis Meunier, ce centaure, nous met en selle pour une autre aventure, pour laquelle il vaut mieux bien tenir les rênes.

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                         Le buzkashi est célèbre depuis Kessel et le film avec Omar Sharif. Bref rappel, ce sport de brutes, oui, quand même, individuel, consiste à ramasser un cadavre de chèvre, ou de veau, et à le déposer dans un cercle, le tout à cheval évidemment, sur un terrain immense. Tous les coups ou presque sont permis. A moi on me permettra de douter du bien-être des chevaux. Mais Louis Meunier à l'évidence pense que certains chevaux s'éclatent vraiment dans cet exercice. Trêve de polémique, ce récit se révèle très agréable et dépaysant. Les tchopendoz, c'est le nom de ces cavaliers intrépides, forment une sorte d'aristocratie, parfois hautaine, et qui se divise en clans plus ou moins "sponsorisés" par des gens fortunés, souvent politiciens véreux, seigneurs de la guerre, ou parrains de l'opium. Peu à peu Louis Meunier, accueilli dans le pointilleux cercle des initiés, l'un des rares étrangers à avoir été admis à pratiquer le buzkashi, aura toute les peines du monde à marquer son premier point dans cette sorte de Rollerball équestre. D'où, ne l'oublions jamais, toute présence féminine est proscrite, ce qui déjà jette un froid. Les Cavaliers afghans est aussi un carnet de voyage de deux cavaliers au contact des populations souvent plutôt hospitalières mais où l'arrogance de quelques tyranneaux régionaux peut s'avérer parfois inquiétante.

                        Encore une fois une belle aventure qui s'apparente au journalisme plus qu'à la littérature. En cela je crois que l'homme à la crinière léonesque, Jeff Kessel, hantait des sphères romanesques et néanmoins documentées plus intéressantes. Mais Louis Meunier a le temps, on n'est pas tout de suite Albert Londres.

                        Merci aux Editions Kero et à Babelio qui nous permettent ainsi de découvrir des livres sur lesquels à première vue on ne  se serait pas forcément rué. Changer les habitudes de lectures ne peut qu'être profitable.

14 octobre 2014

Des hommes et des guitares/Miss Williams' guitar

                                               En l'occurrence aujourd'hui plutôt une femme et sa guitare. Ca me rappelle quelqu'un, enfin quelqu'une dont beaucoup d'enfants se souviendront comme leur Miss Williams avec sa guitare. Une qui soi-disant massacre Souchon. Miss Williams' guitar est extrait de l'album Tomorrow the green grass (1996), le dernier avant la séparation Gary Louris-Mark Olson, les deux leaders des Jayhawks, groupe du Minnesota.

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                                              Le pire est rarement sûr. Mais c'est le cas aujourd'hui avec ce qui suit. Pourvu que la Miss Williams en question me pardonne mon outrecuidance. J'ai une petite circonstance atténuante, je ne sais pas publier en audio seulement (d'où l'expression l'audio du village). Et puis elle l'aura voulu, me demandant de reprendre ma guitare. Mais pour les massacres elle ne m'arrive pas à la cheville. Qu'elle sache que je l'embrasse.

 

 

 

27 septembre 2014

En territoire bien connu

Mmasse critique

 

 

 

 

                                                                                     Tout d'abord je remercie  Babelio et les éditions Presses de la Cité, Terres de France, de m'avoir fait gracieusement parvenir, dans le cadre de l'opération « Masse critique », le tout récent roman de Nathalie de Broc. J'ai cependant eu tort de m'engager cette fois. Mais Et toujours ces ombres sur le fleuve..., par ailleurs sérieusement documenté, ce qui est un bon point, appartient au roman historique, genre dont je ne suis plus très friand, en ayant lu trop peut-être. Bien évidemment rien de déshonorant dans ce livre et je serais fort mal venu de donner des leçons. Mais ce livre aurait gagné à mon sens à être un peu plus long plutôt que de mettre en place dès le début une dramaturgie hyperclassique, du traumatisme de l'enfance à la vengeance programmée, mais qui prendra du temps et se fourvoiera au long d'au moins une ou deux suites un peu trop évidentes.

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                                                      On connait les ressorts du roman historique depuis longtemps mais sans remonter à Dumas on peut évoquer les héroînes un peu fondatrices d'écrivains contemporains, j'ai nommé Caroline chérie et Angélique,Marquise des Anges. Il y en a bien d'autres.Points de repère: une époque précise, génératrice de conflits et de changements, c'est à dire presque n'importe quand, un héros voire plutôt une héroïne, d'abord victime puis vengeresse, des rebondissements, un bon qui s'avère ignoble ou un salaud qui en fait combat l'injustice, etc... Et surtout un territoire, un terroir, une ville, un fleuve, qui permet l'identification quand bien même on n'aurait jamais mis les pieds là-bas.

                                                      Nathalie de Broc nous entraîne sur les pavés de Nantes, la Loire, négrière, et assassine en cette fin de XVIII° siècle, les beaux hôtels particuliers et les bouges du port, tout ça à peu près interchangable. La Révolution est en marche et sur l'estuaire ligérien le sinistre Carrier célèbre ses mariages républicains, c'est à dire ses noyades par couples. Les parents de Lucile sont du lot et elle-même n'y échappe que par miracle. 1793, à douze ans, Lucile devient Albane et trouve refuge parmi les voleurs, un peu sa nouvelle famille. L'histoire n'est pas finie mais ce volume ne nous mène qu'à ses dix-sept ans, ce qui augure de nouvelles livraisons pour lesquelles je ne m'inscrirai pas.

                                                     On apprend pas mal de choses sur la ville de Nantes, les bords de l'Erdre et les navires en partance, aussi sur les maisons closes, un passage ultraclassique dans le roman historique dont le personnage principal est féminin,en général sauvé avant "consommation" si je peux me permettre. Ce qui m'a le plus amusé c'est quelques injures d'époque, car pour le coup, là, on peut dire que c'était mieux avant. "Jean-fesse, valet de toupie, bougre de groin,savon à culotte", il me semble que j'aimerais bien être insulté ainsi. Trêve de billevesées Et toujours ces ombres sur le fleuve... (le titre même semble avoir été soigneusement décidé) ne m'a pas vraiment intéressé mais libre à chacun d'espérer la suite des aventures de Lucile de Neyrac, forcément attendues dans les deux sens du terme.

3 octobre 2014

Vérité australe, australe austérité

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                                         Cet écrivain est absolument majeur pour moi. Rarement un pays aura été analysé dans son histoire, ses soubresauts et ses rapports sociaux avec autant de coeur et de délicatesse. Des voix parmi les ombres est le cinquième roman de Karel Schoeman paru en France et je les ai tous lus, et tous chroniqués. L'Afrique du Sud est toute entière dans l'oeuvre de Schoeman, qui n'en finit pas de revisiter les vieux démons du siècle dernier. Schoemen fait partie de ces très grands, Paton, Gordimer,puis Brink, Coetzee qui ont contribué à changer le pays même si je crois que l'influence des intellectuels est à relativiser.

                                         Un brin d'histoire peut s'avérer intéressant quand on lit Karel Schoeman. Assez touffue l'histoire en Afrique du Sud, Transvaal, Etat libre d'Orange, Colonie du Cap, deux guerres dites des Boers dont la seconde en 1901, entre les descendants des Hollandais et les colons britanniques. Cest sur ce dernier conflit que revient Karel Schoeman quand un commando de Boers investit la petite ville de Fouriesfontein, près de cape Town. L'auteur a bâti un roman exigeant tout autant que passionnant, en se plaçant sur deux axes de lecture à un siècle d'intervalle.

                                          Dans la première partie un explorateur et son photographe mènent une enquête sur ces évènements de cent ans d'âge dont les traces curieusement sont assez peu visibles. Tout l'art de Schoeman est dans le quotidien de cette communauté, qui va vivre des évènements tragiques, que les deux enquêteurs peinent à reconstituer, allant presque jusqu'à se perdre, les plus belles pages peut-être de ce roman, quand ils ne sont plus sûrs du tout, au point de sentir leur raison vaciller. Pourtant ils sont bien sur les lieux de ces affrontements mais tout se passe comme si le pays était comme frappé d'amnésie. Des silhouettes, des ombres...

                                          Trois voix, Des voix parmi les ombres en l'occurrence, s'élèvent alors dans la seconde partie,Alice, fille du magistrat anglais local, Kallie, jeune clerc de ce même homme de loi, et qui ambitionne d'écrire, et Miss Goby, vieille fille soeur du médecin britannique lui aussi. Ces trois témoins ne sont pas des grandiloquents, chacun est comme à sa petite fenêtre, entre les microévènements du journalier et les rares et relatives intensités, un bal, une chorale,un pique-nique. Pas de scènes de guerre, une occupation étrangère parmi les étrangers, un pays non miscible entre les Africains, les Métis, les Afrikaners, les Anglais. Présence de l'église ou plutôt des églises, pas très miscibles non plus, avec en commun un sérieux réformé qui fait que la future nation arc-en-ciel ne semble pas dotée d'un humour exceptionnel en ces années 1900. C'est donc par des scènes ordinaires, un repas, un achat, un jardin, que Karel Schoeman parvient à nous plonger au coeur battant de cet étonnant pays, tout de douleur et de rancoeur. Cet écrivain, parfois un tout petit peu ardu, dont je crois qu'on chuchote le nom du côté de Stockholm, est à découvrir d'urgence. J'ai chroniqué les quatre autres romans parus en France. Mon préféré est En étrange pays. A noter que ses livres sont écrits en afrikaans, contarirement à Gordimer et Coetzee.

Mourir à la Fontaine aux Fleurs(Bloemfontein)

                                         Hasard de mes lectures, trois parmi les cinq ou six derniers livres ont une grande part d'ombre, Et toujours ces ombres sur le fleuve..., Des voix parmi les ombres, Une terre d'ombre (chroniqué prochainement). Un signe quelconque?

12 avril 2014

Un livre, un film (énigme 91)

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                                     FrançoisTruffaut adapta aussi cet écrivain dont je vous demande aujourd'hui le titre le plus connu. Ce titre en question et d'ailleurs lui-même en forme de question. Si le livre a été publié en 1960, le film, lui, date de 1962. Il est très célèbre en particulier pour son duo. Duo dont on dit, mais est-ce vrai, qu'il était aussi explosif sur le tournage que dans la fiction. En tout cas le film est devenu un  classique de ce qu'on appelle l'épouvante domestique et cinéma, théâtre et littérature ont donné naissance à bien d'autres oeuvres lorgnant vers la même ambaince paroxystique, tout sauf fraternelle.

                                     La nourriture avait l'air délicieuse. Il y avait deux côtelettes grillées à la perfection, de la purée, des carottes et des petits pois, un peu de salade et une part de tarte aux cerises. Blanche s'empressa de saisir sa fourchette et de prendre de la purée.Elle avait à peine introduit la nourriture dans sa bouche qu'elle poussa un cri et se pencha brusquement en avant. Elle lâcha la fourchette qui tomba à terre et saisit vivement sa serviette. Puis elle s'immobilisa, le regard rivé sur son assiette.Elle remarqua ce détail qui lui avait échappé: toute la nourriture avait été soigneusement saupoudrée de sable - un sable très fin et très blanc.
  

                                    J'attends de vous le titre du livre et du film, c'est rigoureusement le même, l'écrivain et le metteur en scène. En option très facultative le duo, voire l'autre roman de cet écrivain adapté au cinéma par Truffaut. Rendez-vous samedi 19 chez Claudia et Wens. Bien sûr réponses précises uniquement par courriel. Merci.

                                   

3 mai 2014

Affres, hics en questions

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                                         Un titre bien banal pour un roman fort enlevé. Des enquêtrices qui s'assument, des femmes fortes, on sent bien l'intention de l'auteur, un tantinet militante, de revendiquer la pleine légitimité de la parité. Pas de surprise de ce côté mais un excellent voyage qui mêle assez habilement les services secrets, les rivalités policières, les boeufs-carottes, les hommes de l'ombre, face aux mouvements terroristes, en l'occurrence la piste syrienne semble avoir la côte ces temps-ci. Mais on pense évidemment à l'affaire dite Karachi et à certaines ventes d'armes. 

                                          Lola, flic en disponibilité et son amie Ingrid en rupture de Las Vegas se penchent, mais pas très officiellement, sur la mort mystérieuse du commissaire divisionnaire Mars en Côte-d'Ivoire, sur un chantier abandonné sous la pluie tropicale. Un avocat marron en taule semblerait être en possession de carnets compromettants. Un autre grand flic que tout accuse, et un monde parallèle d'ex-barbouzes ayant conservé un petit job, de mercenaires sans scrupules, un grand camé devenu serviteur zélé. On patauge dans la déliquescence, qui remonte très haut dans la sphère politique, mais on s'y trouve bien car la plume de Dominique Sylvain est alerte et conjugue fort bien rythme soutenu et humour percutant, les réparties entre Lola et son associé dans cette recherche, Berlin, fusant avec  bonheur même pieds et poings liés.

                                        Particulièrement réussie toute la partie africaine d'Ombres et soleil, où un patron de boîte de nuit et un conteur un peu griot renseignent Lola et Ingrid dans les gravats d'une résidence des beaux quartiers d'Abidjan. L'image d'un continent noir où la débrouillardise tient lieu de passeport et où la chanson  Reine Pluie scande avec drôlerie les aléas de l'enquête au milieu des ingrédients naturels d'un bon thriller version Françafrique, trahison, violence, corruption, le tout venant de l'âme humaine tant à Treichville que dans l'Ile-de-France résidentielle. Remontent lentement les meurtriers souvenirs de la station Saint-Michel et d'un attentat à Damas. On s'y perd un peu,le labyrinthe parfois se complique de frénésie mais dans le monde du polar on sait bien que climat, ambiance et dialogues noient souvent l'intrigue la plupart du temps tarabiscotée pour des neurones moyens,je parle des miens. Qu'importe la façon pourvu qu'on ait la liesse. De toute façon Dominique Sylvain vous en parle mieux que moi.

 

 

 

23 février 2014

Un livre, un film (énigme 88), la solution

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                                   Les réponses à cette énigme sont Marguerite de la nuit, court roman de Pierre Mac Orlan publié en 1925, et le film homonyme de Claude Autant-Lara (1956) avec  Michèle Morgan et Yves Montand. L'illustration est celle du Livre de Poche, parmi quelques trésors que m'a laissés mon père, ce lecteur. Souvent brocardé comme Marguerite de l'ennui, le film, assassiné par François Truffaut, n'a à ma connaissance guère été réévalué avec le temps. L'autre film évoqué était bien sûr Le quai des brumes, plus ou moins désavoué par Mac Orlan et défintivement accaparé" par le tandem Carné-Prévert.

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                                Bravo à Pierrot Bâton, Aifelle, Asphodèle. La prochaine énigme aura donc lieu chez Claudialucia et Wens le 15 mars. Merci à tous.

22 avril 2014

Vois Belz et bute-le

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                                           Amateurs d'embruns, de sel et de houle atlantiques, embarquez pour la petite île de Belz, au large de Lorient. Le polar, on le sait, se conjugue sous toutes les latitudes, du Botswana jusqu'en Islande, c'est même devenu un genre en soi, le noir quasi ethnique. Cap à l'Ouest donc avec Emmanuel Grand pour son premier roman qui mêle habilement immigration clandestine venue de l'Est et ambiance tempête sur les îles, lorgnant avec un peu d'application vers le fantastique légendaire, le fameux Ankou, ange tutélaire de bien des malheurs bretons. Marko est ukrainien, une petite annonce lui a fait rencontrer un patron de pêche, taiseux comme pas permis qui l'embauche sur son chalutier. Curieux, pas d'une folle vraisemblance quand on sait que bien des îliens pointent au chômage et que Marko n'a mis les pieds sur un bateau qu'avec son grand-père à la pêche dans le port d'Odessa. Ce Caradec aurait-il une autre idée? Drôle de comité d'accueil pour Marko et drôles d'évènements sous le ciel souvent chargé du Morbihan. L'étranger attire les regards et dérange ce petit monde plutôt vindicatif en dehors de quelques figures imposées compréhensives, l'institutrice, le libraire lettré, le "fêlé" de service.

                                           Côté méchants, très, on a droit à une brochette de Roumains, des passeurs prédateurs mécontents que leurs proies leur aient échappé, avec un tueur sur la piste de l'exilé. On suit donc en montage alterné le gibier et le chasseur, selon un procédé habituel dans le roman policier. J'avoue avoir été plus séduit par le climat breton, ses grimoires et ses signes inquiétants sur terre et mer, que par la course-poursuite. Nous sommes en Bretagne, le prêtre, dit-on encore le recteur, joue un un rôle non négligeable dans cette lutte où les démons prennent parfois figure humaine. La malédiction, ce satané Ankou, c'est le cas de le dire, trouve beaucoup d'écho dans la population donnant à Terminus Belz un air assez passéiste à mon sens. Mais on ne s'ennuie pas sur cet îlot venteux, ni dans ce roman où le commissaire du continent ne s'attarde guère et où l'on a l'impression qu'on aime bien régler ses comptes entre autochtones. Revigorant comme une bolée de cidre lors de vacances sur une côte sauvage, salubre incursion en plein air, ce voyage vers l'Ouest fait plutôt du bien, dans une catégorie agréable et convenue.

8 février 2014

Un livre, un film (énigme 86)

 

film

                            Cette semaine exotisme au programme. Un livre, le deuxième écrit par son auteur, publié vers 1895. Un film sorti en 1952. Les deux oeuvres ont un titre légèrement différent. Ce roman fait partie d'une trilogie mais à dire vrai je l'ignorais totalement, n'ayant lu que le premier opus qui, chronologiquement, s'avère d'ailleurs le dernier. "A la rescousse" me direz-vous.

                            Voilà. L'auteur mourut d'une nationalité différente de sa naissance, après avoir servi sous deux pavillons. Le roman que je vous demande est très loin d'être le plus célèbre de son auteur mais il explore comme la plupart de ses livres les thèmes du lointain, souvent oriental, et de la culpabilité, selon les exégètes de ce romancier très connu, pas forcément lu autant qu'on pourrait le croire. Je pense que comme souvent après une adaptation ce livre est ressorti sous le même titre que le film, très proche.

                            Au détour suivant du sentier, il entrevit encore fugitivement devant lui une étoffe de couleur et les cheveux noirs d'une femme. Il précipita sa marche et découvrit dans sa totalité l'objet de sa poursuite. La femme, qui portait deux seaux de bambou pleins d'eau, entendit ses pas, s'arrêta et, posant à terre  les seaux de bambou, se retourna à demi vers lui. Willems, lui aussi, demeura immobile un instant, puis continua d'avancer d'un pas ferme, tandis que la femme s'écartait pour le laisser passer.

                            Point de vue Septième Art, l'écrivain a été adapté plusieurs fois au cinéma, notamment pour une Palme d'Or. Même Sir Alfred s'y est intéressé., des metteurs en scène français aussi dont l'un nous a quittés il y a peu. Ce film sorti en 52 est signé d'un très bon metteur en scène dont le film le plus connu fut tourné juste avant celui-ci. Dans une distribution hyperbritannique un acteur est d'ailleurs commun aux deux films. Récapitulons. J'attends de vous le titre du livre, celui du film et le metteur en scène si possible.

                            Samedi 15 février Claudia et Wens vous auront très certainement concocté quelque chose. N'oubliez pas non plus que j'aime bien semer un ou deux indices dans le texte même de mes énigmes.

21 janvier 2014

Le chantre du Mexique

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                                    De B.Traven on sait qu'on ne sait pas tout et je n'y reviens pas. Par contre je reviens régulièrement à ses oeuvres, et, pour la première fois après les romans Le trésor de la Sierra Madre, Le vaisseau des morts, La révolte des pendus, La charrette, Le pont dans la jungle je découvre les dix nouvelles du recueil Le visiteur du soir. La" lecture" me semble trouver dans les histoires mexicaines de Traven son incarnation la plus précise. A savoir un total plaisir du récit, qui vous emporte dans ce Mexique rude et toxique, sur les traces d'un toubib presque anachorète, d'indiens peinant à survivre, de paysans assommés de labeur. B. Traven aimait ces gens-là, lui qui avait hérité par exemple de la radicalité d'un Jack London dont je le trouve proche. Mais ce n'est pas cela qui m'a intéressé chez Traven.

                                   Raconteur d'histoires, c'est la plus belle définition de la littérature et Traven s'y entend pour en quelques dizaines de pages nous immiscer dans  ce vaste pays qui le subjugua. Chaîne de montage par exemple analyse finement l'exploitation de la misère à travers la mésaventure d'un Indien, vannier qu'un gringo sous couvert d'un coup de pouce tente de  déposséder. Une conversion manquée pointe pareillement l'ambiguité, le mot est faible, du rôle des prêtres dans la vie de ce Mexique rural si cher à l'insaisissable B.Traven. La mort, cette éternelle invitée des poussières autochtones est éminemment présente, carnavalesque parfois, grandiose toujours.Si l'origine allemande de Traven est controversée, si ses itinéraires prêtent à discussion, nul doute que c'est bien en amoureux du pays mexicain qu'il gagnera la postérité. Mais Traven n'est pas un amoureux transi et mutique, et seul peut-être Eisenstein dans Que viva Mexico! me semble avoir aussi bien compris et décrit le baroquissime état géant d'Amérique Centrale.

19 décembre 2013

La poésie du jeudi, Emile Nelligan

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Me sentant l'âme allegretto

Et furetant pour vous séduire

Quatre cordes,un piquant tempo

Que j'offre à votre doux plaisir

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                                     C'est en ces termes que j'ai choisi le poète québecois Emile Nelligan, sorte d'archange fulgurant né la veille de Noël 1879, et  qui fut interné à 20 ans pour le reste de ses jours. On pense évidemment à d'autre météores. Merci Asphodèle pour avoir réveillé l'amateur de poésie qui somnolait en moi.

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 Le violon brisé

Aux soupirs de l'archet béni,

Il s'est brisé, plein de tristesse,

Le soir que vous jouiez, comtesse,

Un thème de Paganini.

 

Comme tout choit avec prestesse !

J'avais un amour infini,

Ce soir que vous jouiez, comtesse,

Un thème de Paganini.

 

L'instrument dort sous l'étroitesse

De son étui de bois verni,

Depuis le soir où, blonde hôtesse,

Vous jouâtes Paganini.

 

Mon coeur repose avec tristesse

Au trou de notre amour fini.

Il s'est brisé le soir, comtesse,

Que vous jouiez Paganini.

 

Emile Nelligan (1879-1941)

 

 

 

29 décembre 2013

Remous

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                                         Aharon Appelfeld réunit ses personnages à la fin des années trente dans une pension de famille pour une cure thermale dans une ville d'eau désertée. Nous sommes bien sûr quelque part au milieu de l'Europe. Cette année ils sont très peu nombreux et se posent des questions, quelque chose n'est plus comme avant. Guère plus de deux femmes, deux hommes, et les propriétaires de l'établissement ainsi que le personnel. S'ils font ici une cure annuelle c'est une cure de jeu et de marivaudage à laquelle ils s'adonnent. Mais ça, cétait avant.  Sur les bords de la rivière Pruth, affluent du Danube, on pourrait être du côté de l'ancienne Bucovine, région natale d'Aharon Appelfeld, maintenant israélien. Appelfeld s'y connait en Nimportequoilande et déracinement puisque né à Czernovitz, ahurissant exemple de l'explosion Mitteleuropa, ville nantie de huit orthographes et qui fut en vrac et en désordre roumaine, moldave,  autrichienne,  ukrainienne,  soviétique, allemande. Eaux tumultueuses mais histoire tout aussi échevelée ,je l'ai déjà évoquée à propos de Gregor von Rezzori, autre auteur majeur et méconnu de cette mouvance danubienne  et consorts dont la plupart connurent l'exil. Pour cela ils ne manquaient pas de raisons.

                                        Le fleuve, justement, déborde et la boue envahit la cour de l'auberge et transforme en panique la sourde inquiétude des protagonistes. Rita et son fils ne se parlent plus, Van est toujours éconduit par Zoussi et l'on n'a plus guère le coeur à danser,ou alors sur un volcan, comme l'Europe entière. Métaphore évidente de l'agonie d'un continent (et plus si affinités) Eaux tumultueuses, publié en 1988, témoigne aussi de l'acuité d'Appelfeld quand il situe cette fable tragi-comique sur un bord instable d'une rivière de cette région si sensible aux soubresauts. L'un des curistes finira emporté par le flot indompté et il y a de fortes chances que ce soit qu'un prélude à l'horreur générale. Réflexion aussi sur la place des Juifs et sur leur parfois troublant antisémitisme. Aharon Appelfeld est l'un des maîtres de la belle littérature israelienne et voir ses personnages attendre à la gare ceux qui ne viendront plus prendre les eaux sonne comme un glas des libertés, un air de glaciation.

                                             

23 novembre 2013

Un livre, un film (énigme 77)

film

                                         Cap vers le Sud, tant pour le livre que pour le film. Cette énigme va un peu par deux,deux réalisateurs associés pour deux films l'un des années 80, l'autre de la fin des années 90. Très proches, ces réalisateurs ont presque toujours travaillé ensemble. L'écrivain adapté, également dramaturge et poète, reçut un prix international de littérature très célèbre aussi. Les oeuvres adaptées sont tirées de plusieurs de ses recueils. Il me faudrait donc le titre des deux films, leurs metteurs en scène. Pour la partie littérature, comme souvent pour les courts récits, plusieurs titres généraux ont été utilisés. J'aimerais le titre le plus connu, très vaste, et qui regroupe plusieurs centaines de récits dont les sept qui ont été utilisés pour les deux films.

                                        Il y avait  quatorze ans que ses deux fils aussi étaient partis pour l’Amérique ; ils lui  avaient promis de revenir au bout de quatre ou cinq ans ; mais ils avaient fait  fortune, là-bas, un surtout, l’aîné, et ils avaient oublié leur vieille mère.  Chaque fois que partait de Farnia un nouveau convoi, elle venait chez Ninfarosa  se faire écrire une lettre qu’elle confiait à un des émigrants en le suppliant  de la remettre à l’un ou l’autre de ses fils. Longtemps elle suivait sur la  route poudreuse le convoi qui gagnait, dans une houle de sacs et de paquets, la  gare de la ville voisine, escorté par les mères, les femmes, les sœurs, qui  pleuraient et hurlaient leur désespoir. Tout en marchant, elle regardait  fixement les yeux de tel ou tel jeune émigrant qui affectait une bruyante  allégresse pour dissimuler son émotion et donner le change aux parents qui  l’accompagnaient.

                                       N'ayant pas la certitude d'avoir été limpide je vous donnerai un ultime indice. L'écrivain apparait à la fin du premier film (1984) sous les traits de l'acteur fétiche des réalisateurs (cinq ou six films). Dernière chose, plus subjective, les cinéastes, encensés jadis, sont tombés dans un oubli scandaleux, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai de la versatilité de la critique.

25 janvier 2014

Un livre, un film (énigme 84)

film

                                           Bon, reprenons notre sérieux après un jeudi en poésie quelque peu coquin. Proposer des énigmes n'est pas toujours évident. Entre le trop facile et le trop difficile que faire? Et puis la toile et les moteurs rendent le moindre renseignement parfois trop explicite. Je ne sais ce que vous penserez de celle de  ce jour mais je vais la jouer sévère. Livre et film portent le même titre.C'est tout. Jusque là c'est un peu court et ça entraînerait quelques milliers de réponses. Affinons. Pas trop d'indices cependant car bien avant le dixième indice vous auriez résolu le problème, je vous connais.

                                           Le livre date du milieu des années trente et le film aussi. Tout ça se passe outre-Atlantique et comme je ne veux pas vous en dire trop j'insisterai sur l'alcool qui coule à flots et dans le livre, et dans le film. Il avait pas mal coulé aussi dans la vie de l'auteur du livre et de son épouse qui ont visiblement inspiré le couple héros de cette histoire, l'auteur ayant exercé le même métier que son personnage. Cet écrivain est célèbre, très bien vu sur ce blog, et a écrit des titres bien plus connus que celui qui nous préoccupe aujourd'hui, un oiseau fameux par exemple.

                - Si on se tapait un verre pour se débarrasser le gosier ?
                - Tu ne peux pas rester un jour sans boire ?
                - Nous ne sommes pas venus à New York pour boire de la flotte.

                                           Le film signé d'un cinéaste un peu oublié mais qui dans les années trente fit tourner Tracy, Gable, Stewart, eut un succès considérable au point d'entraîner plusieurs suites avec le même duo et le même animal de compagnie.Il faut reconnaître qu'il est un peu moins célèbre en France. Je pense cependant que la réponse n'est pas introuvable, quoique...

                                           Si cette énigme ne vous a pas été fatale Claudia et Wens vous accueilleront volontiers le samedi 02 février.

9 janvier 2014

La poésie du jeudi, François-René de Chateaubriand

Les adieux

Le temps m’appelle : il faut finir ces vers.

A ce penser défaillit mon courage.

Je vous salue, ô vallons que je perds !

Ecoutez-moi : c’est mon dernier hommage.

Loin, loin d’ici, sur la terre égaré,

Je vais traîner une importune vie ;

Mais quelque part que j’habite ignoré,

Ne craignez point qu’un ami vous oublie.

Oui, j’aimerai ce rivage enchanteur,

Ces monts déserts qui remplissaient mon coeur

Et de silence et de mélancolie ;

Surtout ces bois chers à ma rêverie,

Où je voyais, de buisson en buisson,

Voler sans bruit un couple solitaire,

Dont j’entendais, sous l’orme héréditaire,

Seul, attendri, la dernière chanson.

Simples oiseaux, retiendrez-vous la mienne ?

Parmi ces bois, ah ! qu’il vous en souvienne.

En te quittant je chante tes attraits,

Bord adoré ! De ton maître fidèle

Si les talents égalaient les regrets,

Ces derniers vers n’auraient point de modèle.

Mais aux pinceaux de la nature épris,

La gloire échappe et n’en est point le prix.

Ma muse est simple, et rougissante et nue ;

Je dois mourir ainsi que l’humble fleur

Qui passe à l’ombre, et seulement connue

De ces ruisseaux qui faisaient son bonheur.

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 François-René de Chateaubriand, Tableaux de la nature

                                

                                          Personnellement la période des fêtes est très loin de m'euphoriser et m'a plutôt donné envie de relire quelques lignes de ce pionnier d'un certain romantisme, qui avait encore un pied dans le Siècle des Lumières.

7 octobre 2013

Rudoiement belge

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                                           Présenté à l'époque comme un très grand écrivain souvent évoqué pour le Nobel,je n'avais jamais abordé Hugo Claus,nanti d'une oeuvre foisonnante et peu suspect de sympathies flandriennes. Drôle de bonhomme que Hugo Claus qui subit très jeune l'influence d'Antonin Artaud,du rude,qui laissera des traces chez ce touche à tout, poète, romancier, auteur de théâtre et même cinéaste. Roman tardif de Claus, Belladonna, dont je ne sais s'il est vraiment représentatif de l'univers de Claus,je pencherais pour l'affirmative, ne  m'a pas donné envie d'aller un peu plus loin.Même Le chagrin des Belges, semble-t-il son livre majeur,n'aura pas ma visite.

                                         J'étais pourtant un peu attiré par le thème de la comédie culturelle auquel je peux être sensible,ayant sur ces mêmes acteurs de la vie dite culturelle une opinion pour le moins mitigée. Snobisme et arrogance y étant souvent de mise avec une certaine démagogie parfois habilement déguisée, j'ai là dessus pas mal de recul. Claus, provocateur de longue date, anticlérical jusqu'au grotesque, et vitupérant le pouvoir flamand tout néeerlandophone qu'il écrive, est un féroce, parfois drôle mais pas assez souvent. Pas assez souvent pour m'intéresser vraiment. A trop meurtrir on me fatigue.

                                         Le monde où clabaudent les personnages de Belladonna ne souffre pas d'exceptions. Les politiciens flamands y sont corrompus ,les scénaristes ventrus et malhonnêtes, les femmes très "femelles", abjection à tous les étages avec un vieil acteur incontinent, cabots au sens propre et figuré pourvoyeurs d'étrons. "Salut à toi,Dame Bêtise,toi dont le règne est méconnu.Salut à toi,Dame Bêtise,mais dis-le moi,comment fais-tu?" chantait un autre Belge guère plus flamandophile et né quatre jours avant Claus. Hugo Claus fut en 2008 la première célébrité  belge à choisir le départ volontaire assisté. L'autre grand Belge natif d'avril 29, lui,qui chantait à la Mort "J'arrive,bien sûr j'arrive,n'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver" était parti depuis 30 ans déjà.

19 octobre 2013

Une dose d'Oz

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                                           Qu'elles sont belles et simples ces huit nouvelles d'Amos Oz qui rejoint ce jour ma galerie de chouchous. D'une simplicité biblique,c'est le cas de le dire,au coeur de l'Israel des kibboutz des années cinquante, sous la gouvernance de David Ben Gourion.Ecoutez leurs titres: Un petit garçon, Papa, Entre amis, Deux femmes. Beaucoup est ainsi déjà dit, huit histoires de tous les jours, de l'ordinaire dans une vie extra-ordinaire en cet Israel encore presque naissant. Comme vous l'avez vu en lisant les titres il s'agit la plupart du temps de problèmes de famille à l'intérieur de la plus grande famille,le kibboutz,cette entité si spécifique, cette communauté aux règles strictes et qui conjugue la solidarité jusqu'à en faire une extravagance. Ainsi se posent des questions qui ne sont faciles nulle part mais moins encore au sein de cette drôle d'assemblée proche encore de l'esprit pionnier du sionisme.

                                         Comme c'est le cas dans le recueil Scènes de vie villageoise il y a en fait une  trentaine de personnages qui se connaissent tous très bien forcément et qui sillonnent les pages et entrecroisent leurs soucis à peu près au vu de tout le monde.Faut-il laisser un petit de cinq ans dormir dans la maison commune des enfants malgré sa faiblesse ou l'autoriser à rejoindre ses parents? Un jeune homme de vingt ans aura-t-il l'autorisation de partir étudier en Italie si ce n'est pas tout à fait utile à la vie du kibboutz? Et David,instituteur gardien du dogme et de la plus ferme obédience,qui s'accommode fort bien de vivre avec la fille de son vieux compagnon,dix-sept ans à peine, qu'en penser?

                                             Témoignage passionnant et limpide de cette vie en autarcie, où règne le travail mais où crépitent de minuscules velléités d'autonomie,chez les femmes surtout,  le recueil Entre amis fait en 160 pages le tour de cette micro-société laborieuse et tout à sa foi. Ici et maintenant le vie est rude mais l'union fait la force avec cependant quelques maillons faibles. Après tout là comme ailleurs et de tout temps les hommes ne sont que des hommes.Et encore,pas souvent. Dire que sur la surface de deux régions françaises vivent Oz, Grossman, Appelfeld , Yehoshua. Rêveur je suis... A la fin octobre Amos Oz déjà lauréat de très importantes distinctions en Allemagne, en Espagne, recevra à Prague le Prix Littéraire Franz Kafka. Ci-dessous un court extrait et cinq minutes formidables avec Amos Oz.

                                «Au début de la fondation du kibboutz, nous formions une  grande famille. Bien sûr, tout n’était pas rose, mais nous étions  soudés. Le soir, on entonnait des mélodies entraînantes et des chansons  nostalgiques jusque tard dans la nuit. On dormait dans des tentes et  l’on entendait ceux qui parlaient pendant leur sommeil.»

http://videos.arte.tv/fr/videos/litterature-rencontre-avec-amos-oz--7331252.html

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15 novembre 2013

Le bel art de Sylvie

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                                         J'ai participé avec enthousiasme  à la rentrée littéraire orchestrée par le partenaire et mon choix s'est porté sur le livre de Sylvie Germain, auteure que je trouve passionnante bien que peu client moi-même de la littérature française actuelle. Pour mon quatrième livre de cette dame je trouve qu'elle s'est surpassée.Que voilà un régal de sensibilité et de précision, qui m'a emballé plus encore que les excellents Jours de colère et Tobie des marais. Ces Petites scènes capitales le sont vraiment, capitales, capitales au point de s'inscrire en nous, sillage mordant et attachant, car on a le droit de reconnaître en Lili un peu de nous. Cette Lili, s'appelle-t-elle Lili, née après guerre, une enfance  sans mère dans une famille qu'on ne disait pas encore recomposée, cette Lili s'impose à nous dès ses jeunes années. Le roman porte bien son nom car c'est  par bonds successifs que l'on avance dans la vie, parfois amère de cette enfant qui se retrouve d'un coup  avec un frère et trois soeurs eux-mêmes de trois pères différents. Pas la stabilité mais ça se passe pas trop mal cependant, Lili vaille que vaille grandit parmi cette famille un peu curieuse, son père aimant mais pas toujours très proche, sa belle-mère fort occupée et dont bientôt vacillera la raison.

                                        Vaciller, il y a de quoi.A une relative incompréhension généralisée sucède une série de drames qui, sans atteindre directement Lili, vont secouer sa trajectoire. L'une des soeurs jumelles périt accidentellement, elles avaient le même âge que Lili. Lili va apprendre que son vrai prénom est Barbara et c'est loin d'être anecdotique. Courent ainsi les chapitres du livre de Sylvie et de la vie de Lili, l'adolescence puis la jeunesse grevées d'émotins, de petits plaisirs et de plus grande déceptions. Mai 68, bien sûr, et pour moi son fatal cortège, la supercherie du millénaire, et les pages les moins intéressantes à mon sens. Son presque frère tenté par le sacerdoce, la plus grande des filles mère d'une enfant handicapée gravement et au futur certain, son père vieillissant, personne n'a vraiment tout dit mais le fallait-il? Les amours de Lili ne seront guère plus solides, son goût des arts hésitant, seule la maturité lui apportera une ébauche de quiétude.

                                        Petites scènes capitales, ce sont des petits morceaux essentiels d'une belle littérature, qui s'éparpillent allégrément, petits papiers au fil du vent, partis d'un modeste appartement où chacun n'avait pas sa chambre, pour atteindre aux magiques instants de beautés à pleurer, voilées de sécheresses et de regrets, pays où les plus beaux projets sont ceux qu'on ne réalise pas. Chance? Ce sont les plus nombreux.

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Ma note: 16/20

                                         Je remercie Prime Minister pour cette sympathique organisation, la deuxième pour moi. Comme je le précise souvent maintenant, toute photo susceptible de nuire à quiconque sera immédiatement retirée.

Allez Valentyne

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7 septembre 2013

Le marin dans le placard

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                            Nous retrouvons la curieuse famille irlando-germanique de Sang Impur Une enfance à Berlin,non,à Dublin et c'est un vrai bonheur tant Hugo Hamilton est un auteur irlandais que sa double culture rend très original. Car le contexte irlandais commence à nous être pas mal connu à force de lectures sur la verte Erin. Avec Le marin de Dublin (et une fois de plus le titre français n'est pas bon du tout,puisque l'original fait référence à la photo d'un grand-père marin dans la penderie, The sailor in the wardrobe), on se rappelle ou on découvre si on n'a pas lu Sang impur,ce qui n'est pas grave,que le père interdit la langue anglaise à la maison,que la mère est venue d'Allemagne après la guerre,et que les jeunes Hamilton sont parfois appelés nazis par leurs condisciples scolaires.

                             Point de salut hors du gaélique pour le père, et de rudes souvenirs pour la mère,tout cela forme un couple,des parents, vaille que vaille,et qui élèvent leurs enfants entre tendresse et coups de trique,sur une côte est-irlandaise où le jeune Hugo,très tôt,traîne et bosse entre casiers à homards et calfatage goudronneux. Pas de drame véritable dans Le marin de Dublin, mais une très belle ambiance tanguant du cocasse au brutal, qui,en douceur, met le doigt sur la neutrissime neutralité du pays pendant la guerre,qui au pire finit par transformer la haine de l'Angleterre en sympathie pour le Reich.

                          Il serait injuste de ramener ce beau roman à cet antagonisme. Cest aussi une histoire d'adolescence, Hamilton est né en 53.Un gamin de quinze ans qui n'a pas le droit d'écouter les Beatles,son père préférant Elisabeth Schwartzkopf. Et les gifles volent assez bas. Très belles émotions aussi du côté du port quand les jeunes apprennent à se faire une poignée de livres irlandaises dans l'odeur de mazout et d'écailles,ce qui est incommode olfactivement parlant pour attirer les filles de la ville ou les premières touristes étrangères. Et puis on revient sur les souvenirs de la mère en son pays natal avec la visite d'un cousin qui ne supporte plus sa germanité à cause de l'attitude supposée de son propre père durant la guerre. Du coup ce cousin Stefan a la curieuse idée de débarquer à Dublin ... pour y disparaître ensuite, quelque part vers l'Ouest,vers Aran,comme pour s'y purifier.

                          Attention,je parle en connaissance de cause,l'Irlande ça fait du bien aux bronches, ça fait de la belle musique ,ça régénérerait bien un brin mais pour se purifier vraiment faut autre chose. Lisez Hugo Hamilton, aimez-le, son accent irlandais diffère un peu d'autres écrivains, tout aussi passionnants. Un Irlandais qui parfois, sait prendre un peu de recul pour resituer Erin quelque part au coeur de l'Europe. Quel pays pour avoir tant d'écrivains au mètre carré.

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