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BLOGART(LA COMTESSE)
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31 janvier 2009

Philosophie et fusils sur la montagne

     Ce livre intéressant,court et original,m'a cependant laissé un peu sur la réserve.Ce bouquin échappe complètement à l'univers balisé du thriller pour lorgner sur une sorte de réflexion en forme de monologue sur la condition de l'assassin comme se définit lui-même William Gasper.Cet homme est ambigu,la façon dont il parle de ses armes fait froid dans le dos.Et il cite Kierkegaard et Schopenhauer et je me demande si ce n'est pas encore plus inquiétant.Et si c'était un ultime avatar du syndrome de John Rambo,en plus intellectuel bien sûr.Ce qui ne rassure pas.Mais ce livre ne ressemble à rien de ce que je connais et vaut le détour.Vous pouvez emboîter le pas de L'homme qui marchait sur la Lune mais méfiez-vous de lui.Cet homme est dangereux.

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12 janvier 2009

Mare nostrum,dolorosa

    Laurent Gaudé ,prix Goncourt pour Le soleil des Scorta,signe avec Eldorado une jolie fable sur l'immigration.Roman très bien écrit,des phrases presque inoubliables.Je le prends un peu comme une parabole,avec beaucoup de justesse et un tout petit peu d'artifice lors du "voyage à l'envers".Le personnage d'accroche est un officier de la marine italienne chargé de recueillir mais aussi de traquer,et vice-versa,les boat people du continent africain.Tout le paradoxe est là pour cette étrange métier,sauver et condamner en quelque sorte.On découvre aussi une mère qui veut venger son enfant mort lors d'une  traversée de l'enfer pour un eldorado si improbable.

    Deux frères quittent leur Soudan,l'espoir au coeur,mais l'avenir est rude à ces damnés de l'existence.Très belles pages sur les esprits qui n'ont de cesse d'accompagner,bons ou mauvais,les voyageurs.   Curieusement le récit reste dispersé et nous surprend,ce qui est une bonne chose,car les protagonistes ne se rencontrent guère,chacun muré dans sa quête plutôt solitaire finalement malgré la multitude. Honnêtementje craignais le sempiternel pensum bien-pensant et outrageusement moralisateur.Il n'en est rien et le lecteur ressort libre,libre de vagabonder et ce n'est pas un mince compliment.Une petite réserve que j'ai déjà évoquée au début sur le "voyage à l'envers".La partagerez-vous si vous lisez Eldorado?

7 décembre 2008

Géographie:Baton Rouge,Louisiane

Image:Baton Rouge Flag.JPG

   Back to Louisiana.Vous en connaissez beaucoup,vous,des sous-préfectures nommées Red Stick?Là-bas dans ce grand pays que l'on sillonne musicalement la capitale de la Louisiane a gardé de la présence française ce joil nom,Baton Rouge.L'emplacement aurait été nommé ainsi vers 1700 par les explorateurs français constatant la présence de piquets rouges à têtes d'ours ou d'aigles,dressés par les Amérindiens. Baton Rouge abrite un grand port sur le Mississipi et une immense raffinerie.Moins touché par Katrina que La Nouvelle Orleans c'est la deuxième ville  de Louisiane.Pour illustrer la ville voici le countreux Garth Brooks,peu connu en France mais célébrissime en Amérique,qui appelle Baton Rouge.

    http://www.youtube.com/watch?v=OC-zxYx6L_w     Callin' Baton Rouge

23 avril 2010

Le second,non,le deuxième,et puis je m'y perds

                Il s'appelait Edwin Buzz Aldrin et arriva sur la Lune en deuxième position.Comment voulez-vous vous remettre d'une telle expérience?Le passionnant premier roman du jeune auteur norvégien Johan Harstad nous présente Mattias,né la nuit de juillet 69 où un petit pas pour l'homme etc...Mattias garde de cette date une fascination pour le "rouage" Aldrin en cette mission Apollo 11.Plutôt nanti en une société nordique sans trop de problèmes majeurs Mattias n'aura qu'un but,curieux,une sorte de quête d'un anonymat qu'il pensera trouver aux Iles Féroé,ce confetti en voie de boréal où les arbres s'apparentent plus aux lichens qu'aux séquoias.Mais il n'y trouvera qu'une intranquillité et quelques amis en équilibre instable.Harstad revient régulièrement au destin d'Aldrin,agité lui aussi.Ce parallèle entre le deuxième homme et cet autre homme,Mattias,souffrant d'être le premier pour ses parents par exemple,et même le seul,est extraordinaire de précision et d'intériorisation d'un héros septentrional.On sait depuis les auteurs de polars de là-haut que nuit polaire,soleil de minuit et saunas baltiques n'assurent pas forcément la félicité.

       Ce roman,récent,est à ma connaissance peu présent dans les critiques.Je l'ai emprunté par hasard  à la Bibliothèque Municipale.Cela m'arrive parfois,au vu de la couverture,du titre,ou de quelques lignes au dos.J'aimerais beaucoup avoir l'avis d'autres lecteurs car il m'a semblé vraiment original tant par sa géographie (peu de romans se passent aux Féroé) que par ses influences revendiquées du côté d'un certain rock un peu désespérant,du côté aussi d'un absurde quelque peu tartaro-buzzatien.Archives psychiatriques au milieu de nulle part.Inquiétant non?Un personnage arrive seul sur un canot,venant de l'Ouest.Plutôt troublant. Normalement on fait naufrage dans une île du Pacifique Sud.Visiblement ce passionnant roman m'a tourneboulé.Perdrez-vous un peu la boussole,vous aussi?Et si oui mais où serez-vous donc passés?

27 décembre 2009

Géographie:Albuquerque,Nouveau-Mexique

              Albuquerque,500 000 habitants perchés à 1500 mètres sur les bords du mythique Rio Grande.Au centre de l'état du Nouveau-Mexique c'est un noeud et la plus grande cité de l'état,devant la capitale Santa Fé.Située à l'extrême nord du désert de Chihuahua la ville tire son nom d'un vice-roi de la Nouvelle-Espagne. Nombreuses traces de l'Espagne coloniale et des Amérindiens.Selon certains classements, contestés,Albuquerque serait la trente-troisième ville des U.S.A.Neil Young chante ainsi Albuquerque dont le nom reste de toute façon quasi imprononçable aux anglophones.

http://www.youtube.com/watch?v=mCiufxjOQHk

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24 novembre 2009

Rock big bands

      

   Quand se zébrait de cuivres fulgurants l'agonie des sixties...

album_blood_sweat_tears

http://www.youtube.com/watch?v=cKnHn-A5TNQ] Smiling phases Blood Sweat and Tears

http://www.youtube.com/watch?v=soLIZ4W0rZw 25 or 6 to 4 Chicago Transit Authority

http://www.youtube.com/watch?v=huPzVVl9QSQ  Clown The Flock

http://www.youtube.com/watch?v=_EBMo8xHGNs Vehicle The Ides of March

   Quand il n'y a rien à dire,rien à lire.Quand il n'y a qu'à écouter...

11 juillet 2009

Géographie:Denver,Colorado

Denver,capitale du Colorado,est une des principales plaques tournantes au centre des Etats-Unis.La ville est ainsi dotée du dixième aéroport mondial.Au pied des Montagnes Rocheuses la ville compte environ 600 000 habitants,beaucoup plus avec la conurbation voisine de Boulder.Dougals Fairbanks y vit le jour en 1883 et Bob Seger dans ce disque nous enjoint de quitter la ville au plus tôt.Un certain Bruce S. et un certain Bob D. ont également chanté Get out of Denver mais rendons justice à ce vieux Bob qui,en France,en a bien besoin.

http://www.youtube.com/watch?v=9WWHdBuOC6Q  Get out of Denver

3 décembre 2008

Dernier voyage

    Victor Sjöström,pionnier du cinéma suédois influença Bergman qui lui donna le rôle principal des Fraises sauvages.Il adapte en 1921 cette légende due à la grande Selma Lagerlof,Le cocher,qui deviendra La charrette fantôme.Julien Duvivier dirigera en 39 Fresnay et Jouvet dans une autre version.Le dernier mourant de l'année est chargé de convoyer les âmes des défunts de l'année suivante.Cette parabole sur le destin et sur le mal se veut évidemment édifiante.David Holm,alcoolique notoire,sera celui-là.J'ai lu que Selma Lagerlof avait souffert en son enfance de l'intempérance de son père.Faut-il voir là la genèse de La charrette fantôme?Il est probable que des mythologies comme celle-là existent un peu partout,notamment en Europe du Nord.

  La jeune militante de l'Armée du salut qui aura tenté de remettre l'égaré dans le droit chemin nous semble évidemment d'un autre siècle.Aucune importance tant le bel expressionnisme scandinave fait toujours son effet.Ombres et brouillard comme dirait un ami à nous qui loge à Manhattan,surimpressions,et narration hardie avec va-et-vient donnent à La charrette fantôme un statut très honorable parmi les grandes oeuvres muettes.Il faut savoir gré à Arte de ne pas oublier les classiques silencieux,avant-garde souvent du cinéma en leur temps.Il me semble que Sjöström est le lien entre Griffith pour le côté pionnier car c'en était un et Murnau pour la mise en scène.Encore faudrait-il voir ses films.

14 février 2009

La perfection,probablement

      La nouvelle Les Morts dans le recueil de James Joyce fait quelques dizaines de pages.John Huston(1906-1987),aux origines irlandaises bien trempées,n'a plus que quelques mois à vivre.En fauteuil roulant et sous oxygène le vieux baroudeur ne peut se déplacer en sa chère Erin.Ses enfants sont près de lui,son fils Tony au scénario et sa fille Anjelica  dans le beau rôle de Greta.Mais il n'y a que de beaux rôles dans Gens de Dublin.Le film dure 1h20 et comme j'aimerais que le cinéma retrouve l'art de la concision.Huston sera présent tout au long du tournage et il se peut que The dead soit pour moi le plus beau film au monde.Pour moi qui aime à me pencher depuis des lustres sur les étranges noces du cinéma et de la littérature le repas de fin d'années des soeurs Morgan,dans le Dublin du début du Siècle,est le plus magnifique festin du Septième Art.

      La neige tombe sur la capitale irlandaise de ce qui n'est pas encore la République.Pas encore de république mais toute l'Irlande est là,de Joyce et de Huston.Les invités arrivent,comme tous les ans.On va chanter,très important en Irlande.On va danser,on va boire,très important en Irlande.On va même un tout petit peu croiser les fleurets mouchetés de la politique et d'un embryon de féminisme.Pour la politique:très important en Irlande.Pour le féminisme:hélas pas très important en Irlande,tout au moins pendant longtemps.

      

   L'une des deux vieilles tantes a encore un beau filet de voix.Mais pour combien de temps?La nièce joue du piano divinement mais semble seule.Freddy est ivre,comme d'habitude,très important en Irlande.On le comprend,le pauvre,avec sa mère...Un vieux monsieur déclame et c'est étrange et très beau,comme suspendu dans le temps.On y cite Keats et les premiers indépendantistes.On s'aime bien tout en se querellant un peu.On y parle de chevaux et d'opéra,passions irlandaises.Gabriel fait son  discours annuel,tendre et convenu,hommage à l'hospitalité des hôtesses.

   Puis il se fait tard il faut s'en aller.Certains,éméchés,en sont aux anecdotes grivoises en reprenant le fiacre.Ce fut une belle soirée,comme l'an dernier.La voix du chanteur Bartell d'Arcy dans une ballade poignante cloue d'émotion Greta et Gabriel.Et s'ouvre le livre des souvenirs,le livre des morts.Rentrés à leur hôtel les époux se regardent.Il y a juste un peu d'incompréhension.L'évocation de la mort du jeune Michael,jadis amoureux de Greta,crucifie la femme encore jeune alors que son mari évoque à voix haute tous les disparus.

    Son âme défaillait doucement au bruit de la neige qui tombait faiblement sur l'univers,et faiblement tombait le couchant de leur fin dernière sur tous les vivants et les morts.

    Gens de Dublin perce le coeur du spectateur,porté par les mots de Joyce,la fidélité de Huston, l'extraordinaire justesse chorale de tous les acteurs(irlandais),la musique imprégnant le film sans l'étouffer?Greta,debout dans l'escalier,entendant la chanson en une contre-plongée infiniment douloureuse est pour moi le summum de l'émotion.En aucun cas sinistre ni morbide The dead est le testament d'un très grand cinéaste qui a tout connu et a su transcender au seuil de  sa propre fin la nouvelle du plus grand écrivain de l'Irlande pour en faire une pièce d'orfèvre inoubliable,emmêlant le fil de la vie et de la mort en une île universelle.

9 mars 2007

Familles je vous hais

   Mensonges,névroses,alcools,violences sont au coeur du théâtre de Tennessee Williams.On ne choisit pas sa famille et Thomas Lanier Williams a connu une vie familiale pour le moins heurtée.Père détesté et soeur aimée mais malade et lobotomisée.Chez Williams psy à tous les étages et plus encore dans ses pièces.Pièces que l'on est peut-être en droit de trouver fatiguantes et outrées.Pourtant un peu de détestation ne peut nuire.

   Richard Brooks a mis en scène deux fois T.W.:Doux oiseau de jeunesse et La chatte sur un toit brûlant tous deux avec Paul Newman jeune et très "underplaying".J'ai vu le deuxième qui est un film de braise,poisseux comme ce vieux Sud(Old Dixie) entre canicule et orage sur plantation.Les noirs n'y sont encore que des silhouettes et le cercle de famille nous y étouffe entre une belle-soeur prolifique et vénale,une mère éplorée devant son tyran de mari,ce "Père chéri" unanimement haï et une Liz Taylor pas très loin de Qui a peur de Virginia Woolf? Oscar du meilleur second rôle pour le whisky,très à l'aise dans son rôle de starter.

   Burl Ives,enveloppe d'Orson Welles et verbe à la Barrymore,est un parfait patriarche dans cette histoire d'une nuit dans le Sud,visqueuse et lubrique.Quelque chose en nous de Tennessee fait qu'on s'y sent finalement assez bien,comme en famille.

11 juillet 2006

Est-il possible de ne pas aimer?

       Est-il permis de ne pas aimer Ken Loach?Allez!Vous me permettrez bien une entorse aux dithyrambes sous lesquels croule ce monsieur. Attention j'aime plusieurs de ses films dont Family life, Kes, qui sont des films déchirants d'humanité.Plus récemment j'aime le punch de Ladybird, Raining stones ou My name is Joe.

     Mais j'en ai un peu assez maintenant de la peinture du Royaume Uni vu par Loach. Sa critique post-thatchérienneSweet Sixteen a fini par me lasser. Sweet sixteen est sûrement un film honnête et qui traduit une certaine vérité. Je n'ai jamais dit que tout était rose outre-Manche. Simplement je n'ai plus très envie de voir ça. Si cela fait de moi un odieux suppôt du grand capital, tant pis. Je crois que le regard de Ken Loach approche dangereusement de la ligne pâle de la démagogie où j'essaie de ne pas me laisser enfermer. Is n't it a fucking human right to say No? (Pour employer la langue vernaculaire du film) . C'est vrai que récemment j'ai préféré lire Balzac, écouter les Zombies ou découvrir Les bas-fonds newyorkais de Samuel Fuller.

1 août 2006

Nikos

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                      Rassurez-vous ce Nikos n'est pas un bellâtre de la télé mais le grand écrivain grec Nikos Kazantzakis.J'ai vu un film de Jules Dassin de 1957 que la susdite télé n'a que très rarement programmé,Celui qui doit mourir,d'après Le Christ recrucifié,formidable roman de Kazantzakis.C'est une histoire de terre et de violence dans la Grèce rurale qui met aux prises deux communautés sur le thème de l'exil et du pardon.Lors d'une reconstitution de la Passion du Christ l'on va s'apercevoir que s'il revenait il serait probablement crucifié à nouveau.J'avoue que le film de Dassin m'a déçu,trop appliqué,théâtral et grandiloquent.Déjà à l'époque le public avait été désorienté et le bouquin est bien plus fort.Néanmoins on peut y retrouver Hanin,Vaneck,Ronet très jeunes avec la muse de Jules Dassin,Mélina Mercouri.

              Martin Scorsese avait en partie réussi  l'adaptation de La dernière tentation du Christ qui avait soulevé bien des polémiques il y a une dizaine d'années mais c'est en voyant Zorba le Grec de Michael Cacoyannis(65),d'après le roman Alexis Zorba que l'on approchera le mieux l'univers de Nikos Kazantzakis,peut-ëtre qu'un Grec était le mieux placé pour saisir l'âme grecque.

12 octobre 2006

David Lean ou les ambiguités


Il en est des films comme des hommes,clairs comme l'eau de la roche,sombres et souterrains,ou illisibles et fascinants.David Lean,parfois stupidement dépeint comme un cinéaste d'inspiration coloniale nous a donné il y a bien longtemps(57) une oeuvre qu'il faut toujours redécouvrir.Le pont de la rivière Kwaï est un des très rares films de guerre dont on ne peut à coup sûr dire s'il relève de la propagande ou s'il est un modèle d'antimilitarisme.Je  crois que cela dépend du spectateur et de ses états d'âme.L'immense succès populaire du film et de sa célèbre marche ne l'empêche nullement de prétendre au titre de film d'auteur(pour autant que ce terme galvaudé signifie quelque chose).


"Folie" est le dernier mot prononcé dans le film et c'est bien de folie qu'il s'agit dans l'escalade d'egos des officiers anglais et japonais Nicholson et Saïto.La démesure et la logique d'aveuglement des deux colonels annonce celle d'un autre colonel,Kurtz,(Apocalypse now),de Coppola mais adapté de Joseph Conrad,autre chantre de cette mégalomanie(Lord Jim,la folie Almayer).


Quoiqu'il en soit ce mélange explosif de va-t-en guerre et de pacifisme nous interpelle de manière fort intelligente et spectaculaire sur les contradictions de l'homme en guerre.Je ne trancherai pas ce soir mais me contenterai de rappeler que Lawrence d'Arabie est lui aussi un personnage riche d'une belle ambiguïté que David Lean n'éclaircira jamais totalement et c'est tant mieux.

15 avril 2013

Visages de cinéma

images  Le film allemand A l'envers

e59ace496d5928d736b8fd5f05b61f78861b48b2 Le film danois You and me forever

blame Le film allemand Shifting the blame

4_ELE_electrick-children  Notre coup de coeur Electrick children

 mud-de-jeff-nichols-10686849xdklx  Le "gros" film américain Mud.Gros mais bon.

32-le_sac_de_farine_3_actrices  Le film belge Le sac de farine

enfance-clandestine-infancia-clandestina-2012-2-g  Le film argentin Enfance clandestine

              Neuf films en compétition,neuf jurés,pour remettre le Grand Prix de la Ville.Le principe est simple comme à Cannes,mais moins couteux en chambres d'hôtel.Ces films ont été proposés chacun deux fois ce qui octroie une semi-liberté aux jurés.Ce n'est pas parce qu'on fait partie du jury qu'on doit se déplacer en petit troupeau cinq jours d'affilée,même si ça peut parfois ressembler à ça.On pourrait écrire un polar la-dessus et cela a sûrement déjà été fait.Le souvenir le plus marquant pour moi de cette expérience est le fait que l'on apprend un peu à se connaître et qu'au bout de quelques jours il y en a bien un ou deux qu'a envie de tuer.Les membres de cette microsociété s'irritent mutuellement,ne serait-ce qu'à table car les repas prennent une assez grande place.L'exercice physique est ce qui manque le plus au pauvre juré de festival.

                    Ce festival s'appelle Ciné-Jeune.Il y a donc plusieurs jurys dont un composé d'enfants de cinq-sept ans.Ce n'est pas le moins cocasse de voir une présidente de jury de six ans annoncer le vainqueur catégorie court métrage,un charmant film d'animation de huit minutes,Macropolis,dont je vous joins la bande-annonce.http://youtu.be/ceB_Vjd-i8A

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                    Le jury adulte a donc choisi parmi ces neuf films.Autant le dire,la cocasserie n'est pas le point fort de cette sélection et voici pourquoi.La règle de ce festival stipule bien que les oeuvres doivent mettre en scène essentiellement des enfants,ados,ou jeunes.Et les enfances sans problèmes,si tant est qu'elles existent,ne hantent guère les scénaristes.C'est ainsi que les films traitant de la jeunesse sont la plupart du temps situés dans un contexte social lourd,parfois plombant.Cette 31ème édition n'a pas dérogé.On a donc droit à la délinquance,la maladie,l'autisme,la dictature,les troubles de l'identité sexuelle très tendance,la violence.Souvent ces films sont très bons,évitant soigneusement la dérive démago (ma hantise).On est en droit aussi d'avoir envie de sourire.C'est un peu difficile.Nous y sommes cependant à peu près parvenus,mes chers collègues et moi.Une relative unanimité a couronné un film américain,indépendant ou presque,que vous aurez l'occasion de voir en juin prochain,je crois.Ayez l'oeil car Electrick children ne sortira pas dans 400 salles.

                Premier film de l'Américaine Rebecca Thomas,Electrick children nous donne à savourer un improbable télescopage entre la communauté des Mormons dans l'Utah et Vegas,la musique rock et un air de liberté plus à l'Ouest.Rachel,15 ans et demi,se retrouve curieusement enceinte et en attribue la paternité à... un morceau de rock,Hanging on the telephone.Il y a un poil de road movie.La pub,un peu courte quand même,évoque un croisement entre le Witness de Peter Weir et l'univers de Gus Van Sant.Bof.J'y ai surtout vu pas mal de liberté de ton,un choc de couleurs,le rock utilisé comme un vecteur,si j'ose dire,d'envol de l'oiseau Rachel.Et des images certes un peu clinquantes parfois mais bien en accord avec l'aventure à l'Ouest de la jeune Rachel.Une scène magnifique, émouvante aussi,où un rocker quinquagénaire reprend seul à la guitare son tube historique.Vous pensez qu'un tel moment ne pouvait que m'emballer.

          Nous avons voulu distinguer d'une mention le très beau film argentin de Benjamin Vila Enfance clandestine qui aborde d'une manière originale et à hauteur d'un enfant de douze ans les années plombées de Buenos Aires.Fortes tendances autobiographiques. Cependant le véritable jury de Ciné-Jeune n'était pas le nôtre mais celui des lycéens qui a octroyé le prix le plus prestigieux,et le mieux doté,au film finlandais de Petri Kotwica,Rat King.Et là,c'est peu dire qu'il y a eu un divorce total entre les deux instances car chez nous,les "vieux",personne n'avait aimé ce film.Du conflit des générations...Sur la photo Petri Kotwica est le grand monsieur solide bâti comme ses compatriotes Arto Paasilinna et Aki Kaurismaki,charmant et tenace.

RAT KING 

poster

Photo/Le Courrier Picard

             En conclusion je rassurerai chacun,les neuf membres du jury sont sortis indemnes de cette épreuve.Et personne n'est mort d'ennui malgré des moments un peu soporofiques auquel le juré,contrairement au spectateur lambda,ne peut échapper.

31 janvier 2015

Les plumes...by Asphodèle: Aventures d'un las si (lacis)

 Vingt-six mots dans le bissac asphodélien cette semaine pour éprouver notre imagination: temps-lire-ténacité-sidération-tour (nom masculin)-regrets-déchirer-malgré-silence-bancal-résilience-pourquoi-aquarelle-fardeau-parenthèse-vide-rire-envol-vie-conscience-coeur-douleur-scintiller-symphonie-scène-sinueux.

Les plumes

                                Quitter la scène est parfois tentant,mais songeant au long silence qui régnerait au bout d'une semaine et demi, j'en ai toujours soigneusement procastiné l'idée même.

                                Car l'après n'est tout de même guère sûr et si la vie n'a été qu'une parenthèse rarement enchantée, si les pourquoi furent nombreux sans solution, si le paquebot de la ténacité m'a laissé parfois sur le quai, si j'ai su charger des épaules proches d'un fardeau que j'aurais dû au moins diviser le temps d'une escale, si j'ai souvent passé mon tour au bal où l'on danse tous si mal, si de l'envol des oiseaux de mon enfance, deux petites soeurs, je n'ai jamais su combler le vide, à peine amoindrir la douleur, si des regrets scintillent de moins en moins au rideau cramoisi et déchiré de mes carnets de moleskine, aquarelles de mots meurtrissures et de vindictes pitoyables qui me mettraient presque le coeur à rire, d'un rire obscène que vous n'aimerez pas, symphonie macabre, quand la conscience est grimace et la résilience impasse, si d'une démarche bancale ainsi exposée et malgré ses sinueux S.O.S. serpentant susurrant un pardon, si donc ces lignes étaient ici ou là, lues et un peu aimées, sidération serait ainsi mon lot. Si.

24 octobre 2011

Veine slovène

 pahor 

        Je découvre Boris Pahor.Pourquoi?J'aime bien la maison Phébus et ses écrivains étrangers.Et je ne connaissais aucun Slovène,écrivain ou autre.Va pour Pahor et Printemps difficile.La quatrième de couverture parle des camps qu'a connus Pahor.Alors pourquoi pas?Il n'y a pas que Claude Lanzman ou Primo Levi.Radko Suban,rescapé de l'horreur, est soigné à Paris à la Libération.Comment réconcilier le corps et l'esprit pour cet originaire de Trieste qui a vu sa ville en proie au fascisme,sa langue interdite et sa culture bafouée. Probablement en tombant amoureux tout simplement.

   Seulement voilà:je n'ai guère répondu présent à cette rencontre rédemption dans les couloirs du sanatorium et les chemins buissonniers de l'immédiate après-guerre.Il s'est passé avec Printemps difficile ce qui arrive parfois.Un récit très bien écrit,manifestement de la bonne littérature,assez pour ne pas abdiquer le livre après quelques dizaines de pages.Mais un ouvrage qui m'a laissé, presque indifférent.La belle histoire d'amour entre Radko convalescent et Arlette infirmière n'a pas trouvé le chemin de mon coeur.

   Me resteront quelques déambulations poétiques dans le Paris 1945,Radko l'intellectuel féru de Baudelaire,et la douceur relative,très relative du retour de l'horreur,quand les chaises défraîchies du Jardin du Luxembourg peinent à faire croire que le mal est passé.

4 janvier 2012

J'accuse

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Livre_20ouvert

                       Ecoutez-moi,vous tous,qui aimez les livres.Sachez à qui va votre amour,il est tant d'ouvrir les yeux.J'accuse,oui,solennellement et très officiellement,j'accuse les livres,Mesdames et Messieurs de la Cour des Lettres (il y a bien une Cour des Comptes).Il n'y a pas de bons livres.Ils sont tous très méchants et surtout terriblement imbus de leur personne de livre.J'en ai fréquenté beaucoup,mais ils sont si nombreux que je dépéris devant ce que dans les blogs on nomme une PAL,comme le supplice du même nom.Chronophages les livres m'ont tout pris.S'il ne s'agissait que de moi,mais, plus grave encore il s'agit là d'une bande de cannibales sans foi ni loi,qui n'écoutent que leur sauvage appétit.Et n'allez pas les défendre.Songez à votre propre salut.Quelques exemples concrets...

                     Un livre,pour atterrir dans nos mains,c'est un choix,enfin presque.Bien sûr on nous force un peu la main parfois.Mais bon an mal an admettons notre libre choix ou presque.Je laisse un peu de côté les impératifs économiques,pas mal de bibliothèques remplissent bien leur rôle.Là n'est pas la question.Non!Mesdames et Messieurs,les livres ne sont pas les tendres ou mutins compagnons,les fragiles confidents,les rudes frères d'armes de nos jours et de nos nuits.Il y a eu un célèbre livre meurtrier dans Le nom de la rose mais il ne tuait que de modestes moines plus ou moins hérétiques.On ne va pas mégoter là-dessus.Mais ça y est,j'ai compris,il faut faire rendre gorge à ces bandes d'assassins.

la-luna

                         Et je vais citer des noms,avec une accusation étayée et des preuves notoires.Les choses n'étant jamais simples je vais déjà disculper un innocent. Non,Mesdames et Messieurs,Ulysse n'a tué aucun autre livre en ce qui me concerne.Il n'a pas été obligé car il ne m'a fallu que quelques dizaines de minutes avant de me débarrasser tout seul du plus grand roman du siècle,après 45 pages environ.Béni soit Ulysse de James Joyce qui m'a permis de retrouver très vite d'autres lectures.Le dénommé James Joyce s'est cependant vengé indirectement avec son complice cinéaste John Huston,m'obligeant à voir quatorze fois le chef-d'oeuvre Gens de Dublin,et à pleurer autant de fois devant tant de beauté.Une quinzième fois n'est nullement à exclure tant ce film me hante. Comptez un peu combien de films je ne verrai pas pendant ces heures passées dans cette maison dublinoise. Honte à vous,Joyce et Huston,de m'accaparer à ce point.

                      Je me souviens que la vaste somme d'Alfred Doblin, Berlin, Alexanderplatz a été jadis assassinée sous mes yeux.J'allais commencer ce probable chef-d'oeuvre quand au dernier moment j'ai choisi de lire presque au hasard un bouquin de Karel Schoeman,l'hélas immense Sud-Africain.Mal m'en prit,je dévorai les quatre romans parus en France, Retour au pays bien-aimé, La saison des adieux, En étrange pays et Cette vie.C'est la dure loi de la Lecturelande,un livre doit obligatoirement en écarter un autre pour vivre sa vie de livre dans l'existence du lecteur.Quelquefois tels les Atrides les livres assassinent leur propres frères.Ainsi,se mettant à douze tomes,Les trois mousquetaires,Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne ont jadis pour moi fait mordre la poussière à la pauvre Dame de Montsoreau,fille aussi du même Dumas.Quarante ans ont passé,je n'ai toujours pas lu cette Dame.

                  On pourrait multiplier les exemples.Grand adepte de Bibliothèques Municipales je prends parfois le volume d'à côté.Il y a peu,cherchant un livre de Rick Bass,un de mes favoris,je tombai sur le nommé John Barth et son Opéra Flottant.J'ai laissé un billet là-dessus sur mon sentiment sur ce livre,tout aussi flottant.Ce jour là,un écrivain inconnu m'a fait délaisser un auteur que j'adore.Faut-il le regretter?En ce cas précis...oui.Car il y a des livres plus meurtriers que d'autres.Ayant lu régulièrement Arto Paasilinna pendant quelques années je crois que ses Meunier hurlant,Bestial serviteur du Pasteur Hüskonen,ou Lièvre de Vatanen ont au début des années 2000 empêché de vivre, chez moi tout au moins (vous aurez remarqué que je parle de moi),je ne sais plus quel bouquin,peut-être même Millenium,un comble non?

                          Cessons de persifler.Un livre c'est une décision ,elle peut s'avérer malheureuse. Un livre prend toujours la place d'un autre. Toujours.Et le livre mis au ban y restera peut-être toute la vie.Peut-être pas.Les ouvrages ainsi délaissés,on les lira dans un mois,dans un an,dans cette vie ou dans une autre.J'ai personnellement trouvé un seul moyen de limiter ces assassinats en série. Je dépasse rarement les dix livres du même auteur.Bien sûr je ne tiens pas toujours parole,j'ai horreur de tenir parole,c'est pas marrant.C'est surtout valable,cette règle, pour les polars en série qui finissent par être plus de série que polars.Mais il me restera cependant mes chers assassins, multirécidivistes,Buzzati,Marai,Perutz et consorts.Diables de livres,faut-il que je vous aime pour avoir écrit pareilles insanités.

8 juin 2008

Des dagues d'argent... ou folk en état de grâce

   Cette note sera très courte et se contentera de remercier Thierry de Jazzbluesandco ,blog musical du plus haut intérêt  dans son éclectisme.Grâce à lui je viens de découvrir un disque merveilleux: Fortune and folly de Birch Book.En dire plus serait indélicat mais je ne peux que vous engager à visiter cette caverne d'Ali Baba de notre musique.Une petite réserve,l'ami Thierry ne fournit pas les subsides nécessaires à ces emplettes.Mais sur  Birch Book : Fortune & folly (2006) déjà de larges extraits passionnants.Je me contenterai de quelques paroles,ma foi fort belles et du classique Scarborough Fair,popularisé par Simon et Garfunkel,qui ne figure pas sur l'album Fortune and folly.Enfin comment ne pas évoquer Donovan,notamment son tardif album Sutras?

   "Des dagues d'argent,des coeurs enchaînés,des amants perdus,îles sous la pluie

    Le zéphyr à travers les saules dissipe mes peines sous le vent"

  (Extrait de Zephyr through willows)

http://www.youtube.com/watch?v=vU93mo5lCLs  Scarborough Fair

18 août 2008

Je vous salue Mafia

    Quelques lignes suffiront pour dire le petit plaisir de lecture éprouvé avec Le Cygne de Sebastiano Vassalli.J'y pensais trouver une réflexion à travers le roman sur les mythes fondateurs de la mafia sicilienne.Il y a un peu de cela mais l'ensemble reste assez terne et se contente de couleur locale manquant singulièrement d'ampleur. Passionné de l'Italie je croyais puiser dans ce roman historique qui se passe fin du XIXe Siècle autre chose que le très classique dilemne Nord-Sud et l'affairisme et la corruption.Le grand livre, romanesque, sur la naissance de la pieuvre reste à écrire.Le souffle,ici,est un brin anémié.Comme cette chronique...

16 juillet 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(5)

   J'peux vraiment pas les voir en peinture sans que les animaux issus du bestaire de Franz Marc(1880-1916)... ne me transmettent les tourments des peintres amis animateurs du mouvement expressionniste Le Cavalier Bleu,der Blaue Reiter,né à Munich en 1911.Franz Marc et August Macke mais aussi le suisse Klee et le russe Kandinsky firent partie de l'aventure.Le parcours de Marc le conduisit du figuratif vers l'abstraction avec une nette influence de l'inquiétant futurisme italien,bien présent dans Le mandrill, notamment le triangulaire et le spiralé.Les combats de Lorraine en 1916 ne lui laissèrent guère de temps,comme son alter ego Macke que je lui préfère personnellement et dont je reparlerai..Il est souhaitable pour bien apercevoir le mandrill de ne pas l'observer de trop près.

24 mai 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(4)

  Breughel L'Ancien,j'peux vraiment pas le voir en peinture sans que sa Flandre,ses paysans et ses malandrins ne me donnent froid dans le dos.Ici ses Chasseurs dans la neige rapportent-ils au village de quoi nourrir chacun?Sont-ils bredouilles?Et volent de noirs corbeaux aux branches pleines d'hiver.XVI° Siècle flamand,âge d'or,labeur et peine,parfois aussi banquets et libations.La vie...Ce tableau,visible à Vienne, ferait partie d'une série de douze évoquant les mois de l'année.Sous réserve encore il n'en subsisterait que cinq.

29 mai 2008

Les survivants de la Côte Pacifique

    Ce gros bouquin se lit très bien.On imagine l'auteur très attiré par Missoula,Jim Harrison et des gars de cet acabit.Alors voilà.Les Indiens Makahs vivent au nord des Etats-Unis près de la frontière canadienne. Obèses,alcoolos,plus ou moins camés, braconniers, voire obsédés sexuels,mais marrants,enfin certains.Une poignée de ces irréductibles décide de reprendre la chasse à la baleine,abandonnée depuis des lustres.Ceci ne va pas être simple car par exemple ils ne savent même plus nager.Frédéric Roux signe un livre fort plaisant sans nous asséner véritablement le couplet sur le droit de la nation indienne à vivre selon sa culture.Ils en sont d'ailleurs bien incapables,ravalés au mieux au statut d'assistés, insérés surtout au bar ou en taule,plus analphabètes que méchants.Enfin pas tous.

   Sur fond de musique rock et de bière nos branquignols se préparent donc à affronter Moby Dick. Entraînement minable dans la forêt, tronçonneuses massacrant l'environnement en découpant des Elvis Presley sur les arbres,vols de pacotille.Et surtout désaccord parfait entre les vieux du conseil tribal et la relève,particulièrement abrutie.Greffez là dessus des écologistes obtus,au bandana hypermédiatique,une vague historiette d'amour entre une blanche et un indien,une mère hippie encore toute enwoodstockée. Vous obtiendrez ce que je considère comme une farce truculente avec à la rigueur,si vous cherchez bien,un peu de réflexion sur la déculturation et sur le vieil adage "Un peuple qui ne s'adapte pas est un peuple condamné,un peuple qui s'adapte est aussi un peuple condamné." Profond comme la Côte Pacifique,non?

   Les dialogues souvent rudes sont drôles et la peinture de ces ultimes rejetons de la grande nation nous fait bien rire et c'est je crois la qualité première de cette chasse à la baleine qui tient plus du grand barnum télévisuel que du mythe melvillien.

15 mai 2008

The Hallucinogenic Toreador - Tout DALI dans un tableau

    L'ami Yves,alias Byblog(6 cordes) ,m'a soumis une requête bien sympa:utiliser l'espace de la Comtesse pour nous présenter un tableau qui lui tient particulièrement à coeur,et que je ne connaissais pas.C'est bien volontiers que je vous laisse avec lui.Manifestement il connaît bien cette toile.Découvrons-la ensemble si vous voulez.Il n'a pas souhaité rédiger cette note sur son propre blog qu'il consacre à la musique,et de quelle manière,aérée,précise et graphiquement très réussie et dont je suis un visiteur assidu.

Je remercie Claude de m'avoir ouvert les portes de son blog. Le blogging réserve parfois de bonnes surprises, des collaborations auxquelles on ne s'attendaient pas, et pour lesquelles on prend beaucoup de plaisirs. Merci Claude pour cet échange!

Salvador Dali est plus qu'un peintre, c'est un génie (tourmenté). Si quelqu'un, qui ne connait pas Dali, me demandait en un seul tableau de le présenter, sans hésiter ne serait-ce qu'une seconde, je lui parlerais de ce tableau, The Hallucinogenic toreador.

The_Hallucinogenic_ToreadorCe tableau date de 1968. C'est une peinture surréaliste, à l'huile, comme seul Dali sait les faire.

Dali lui, a donné un autre nom à ce tableau. Il l'a appelé "Tout Dali en une peinture". Comme quoi, le choix était facile puisque dicté par le maitre lui même.

La toile est grande, elle mesure Un peu plus de 4 mètres par presque 3 mètres. La reproduction chez moi est presque moitié moins grande, et il faut au moins ça pour apprécier l'œuvre dans laquelle on se noie. Vous pouvez la voir (la vraie) au musée de St Petersburg, en Floride.

Mais revenons à ce qui fait tout le charme de ce tableau et décortiquons le génie du maitre.

De prime abord, quand on regarde le tableau, on ne voit que les représentations de la Venus de Milo, mais si on regarde bien, on y voit un Toréador avec une cravate verte, les mouches , à gauche de la cravate verte représente la cape, tandis que les mouches du haut représentent le béret. Si vous regardez bien, vous verrez aisément le menton, la bouche et le nez. Personnellement, je vois un deuxième toréador avec la cravate rouge, mais Dali ne parle que d'un seul toréador, celui à la cravate verte.

Dali était un grand passionné des mouches. Un insecte paranoïaque d'après lui! Une forte symbolique dans ce tableau. De même qu'on retrouve sur la partie basse en contraste Noir et blanc un chien, un dalmatien, censé représenter la théorie de Gestalt, une théorie allemande sur la forme. Le cerveau serait holistique...

En haut à gauche, on retrouve le portrait de Gala, sa femme. Elle n'aimait pas la Corrida.
Dans la partie basse à gauche, en opposition à Gala, sous les cercles de couleurs, on peut voir la tête d'un taureau.

Chose curieuse, sous la tête du taureau, une femme est peinte en bikini dans la piscine.
Dali expliquera qu'il l'a peinte parce que nous, les "spectateurs" avons besoin de quelque chose de familier à regarder. Malgré le temps (ce tableau à mon âge), je suis toujours sceptique et je me demande toujours pourquoi cette femme est là. Et qui est-elle réellement...Mystère!

Ensuite, Dali a expliqué aussi que ce tableau pouvait être divisé en 12 carrés égaux (4 lignes et 3 colonnes), chacun des carrés étant une peinture à part entière...

s_dali

Ce tableau est magnifique et je ne me lasse pas de le regarder, presque tous les jours. J'y vois tout le génie du maitre, ses tourmentes, ses réflexions et sa vision de la corrida. Mais j'y vois aussi la curiosité insatiable du maitre. Il avait une ouverture d'esprit et une soif d'apprendre à la hauteur de son extravagance.

Ce bonimenteur iconoclaste maitrisait l'art des facéties...Mais n'était pas aussi fou qu'il voulait bien le paraître...

12 mai 2008

Nick's movie

    Les indomptables ou comment Nicholas Ray voit s'éloigner le mythe westernien ...Western contemporain, peut-on d'ailleurs qualifier The lusty men de western, l'action se déroulant dans les années cinquante,le film fait partie à mon avis de toute une série de film qui de La horde sauvage à Impitoyable,et chacun de manière très différente ont contribué à magnifier et à solder l'Histoire. Version abatardie de la grande migration le circuit des rodéos est la toile sur laquelle Nicholas Ray fonde son récit.De cette façon on pourrait croire que survit l'Ouest légendaire mais ces feux de l'aréne ne durent jamais. vraiment longtemps pour ces hommes désargentés qui espèrent la fortune en caracolant à s'en rompre les os.La thématique de l'ascension sociale n'est pas éloignée de celle e la boxe dont on vient de parler;

   Les héros en sont cassés comme bien des personnages de Nicholas Ray.Fatigué et les yeux las comme il semble l'avoir toujours été le grand Bob,ancienne vedette du circuit,tente de se ranger du grand cirque souvent dérisoire,lui-même cheval de retour.Nul mieux que Mitchum pour arpenter les sables,mentor d'Arthur Kennedy,un peu son rival aux yeux de Susan Hayward.Par procuration le jeune cowboy connaîtra les blessures et l'Ouest,une fois de plus sera enterré,au milieu de tous ces hommes cherchant simplement une étoile un peu moins terne.Dans le fond le cinéma américain  raconte toujours la même histoire,une histoire d'hommes,de femmes,de dirty job et et de mauvais whisky.Avec Nicholas Ray c'est même très bien raconté.Très proche finalement des gars de la route,des hobos,de Bertha Boxcar et des pantins courageux d'On achève bien les chevaux.Infiniment noble,je n'en démordrai pas.

11 mai 2008

Nous avons vu un bon film ce soir

      Nous avons gagné ce soir(1949) est sans contestation le meilleur témoignage cinéma  sur le monde de la boxe.On en parle mais avant,ce petit rappel d'une note ancienne où j'en disais déjà beaucoup de bien.

Septième et Noble Art

  Le sport favori du cinéma est sans conteste la boxe. Très peu de films en effet ont pu utiliser le football,le cyclisme ou le tennis et en faire d'authentiques oeuvres fortes,émouvantes ou dérangeantes. La boxe par contre semble avoir été inventée pour le cinéma tant par sa chorégraphie très particulière que par son insertion dans le genre très codé du film noir et de l'affairisme. Sans prétendre à l'exhaustivité voici quelques impressions sur les riches heures de la boxe à l'écran, sans chronologie ni classement quelconque. Simplement des films qui font mouche,des directs au coeur. Le BagarreurLe Bagarreur (The streetfighter) de Walter Hill(75) est l'un des très rares bon films de Charles Bronson,excellent tableau d'une Amérique en crise où le combat de rue, orchestré, est l'une des voies de salut pour les chômeurs de l'époque.    

Nous avons gagné ce soir

Nous avons gagné ce soir(The set up)de Robert Wise (49)raconte le combat de trop d'un boxeur vieillissant quià la magouille privilégie l'honnêteté jusqu'à y laisser son gagne-pain.Ce film, modèle de concision, devrait inspirer bien des cinéastes modernes qui ne prennent jamais le temps de faire court. Robert Ryan,qui fut lui-même boxeur y est saisissant. Que j'aime ce cinéma de la sobriété!   

      

     Gentleman Jim(42) de Raoul Walsh avec Errol Flynn raconte l'irrésistible ascension de Jim Corbett, tout en truculence et avec le sourire.Une success story à l'américaine où Flynn,acteur physique plus fin qu'on ne le dit,s'en donne à coeur joie. Fat City Fat City(72) d'après Leonard Gardner,mis en scène par John Huston est une très belle histoire de rédemption d'un boxeur alcoolique(Stacy Keach) qui retrouve le goût de vivre en aidant un jeune champion(Jeff Bridges).Le thème de la passation des pouvoirs est récurrent dans nombre de films sur la boxe.

Citons encore pour le cinéma américain Plus dure sera la chute(The harder they fall) de Mark Robson(56) pour Bogart dans son dernier rôle avec là encore la rédemption d'un journaliste qui prend soin d'un boxeur analphabète. Et Sang et or(Body and soul) de Robert Rossen en 47 avec le génial John Garfield. En règle générale le cinéma américain a bien traité la boxe, mythe très Nouveau Monde s'accordant bien avec cet art somme toute récent qu'est le cinéma.

     On ne peut ignorer évidemment Raging Bull(1980),numéro de haut vol des sieurs Scorsese et De Niro qui  transpire son italo-américain par tous les pores et qui mérite un chapitre à lui seul.La saga de Rocky Balboa  vaut également un coup d'oeil au moins dans sa première mouture,élégante et naïve,honnête et démocrate.      

   Le tout dernier en date,Million dollar baby(2005) est l'un des meilleurs films de Clint Eastwood,d'après une nouvelle de F.X.Toole,extraite de La brûlure des cordes. Il brasse tous les thèmes chers à la boxe: ascension, abnégation,"paternité" du vieil entraîneur, chute et drame du combat qu'il ne faudrait pas livrer. Le fait qu'il s'agit d'une boxeuse n'en est qu'émotionnellement plus fort. Eastwood s'y connaît en fêlures assassines.

   Retour sur The set-up ou Nous avons gagné ce soir,ou pourquoi ce film est le plus passionnant parmi bien d'autres sur la boxe.Le film de Robert Wise est fascinant de maîtrise,précis comme un reportage sportif,mais ancré dans une réalité quotidienne bien loin du glamour des combats de haut niveau de Vegas ou du Madison Square Garden.The set-up se déroule pratiquement en temps réel,chose rarissime.Si bien des films ont eu pour cadre la boxe celui-ci est la boxe dans sa dureté et sa bassesse,avec ses courages,ses peurs et ses combines.Très peu alourdi par une intrigue parallèle,seule la femme de Stolker Thompson apparaissant, étrangère mais peu à peu dégoûtée par ce monde,le film va ses 80 minutes sans compromis, dans une petite ville américaine de 1949,un samedi soir ordinaire sur fond de jazz et de néons.C'est très beau,noir et profondément prolétaire,qualité qui exclut l'artifice.Un modèle.

   Robert Ryan,grand acteur buriné,est saississant de vérité,dans son honnêteté qui lui interdit la magouille.On est happé par l'ambiance du bien modeste vestiaire,sur la porte duquel les noms sont inscrits à la craie(on est loin des aristos ferrarisés du football).Voilà les boxeurs,Stolker,35 ans,fin de carrière très besogneuse,un autre qui commence à perdre ses esprits,un tout jeune paniqué,un noir qui espère l'ascension sociale.Le combat entre Thompson et Nelson est filmé dans son intégralité,quatre rounds sévères,cadré au plus près.Au fait,un détail,je n'aime pas la boxe.Et puis il y a le plus impressionnant dans Nous avons gagné ce soir:la salle et les spectateurs.Quelques mots sur ces derniers,hallucinante galerie.

    Un aveugle,qu'on devine ancien boxeur,se fait raconter par le menu et invective l'un puis l'autre des combattants(photo).Une femme d'âge mûr en fait autant,harpie,l'insulte à la bouche "Kill him!",comme on en voit dans nos stades parfois.Un grand nerveux et sa femme,lui mimant les coups et elle essayant de le calmer, finalement le plus sympa.Un obèse se goinfrant de pop corn et proche de l'orgasme,roulant des yeux.Le magouilleur en chef,sûr de lui,puis inquiet,puis furieux.Les deux amis deThompson et "courage,fuyons".Tout un petit monde,un peu interlope mais au petit pied,que pous allons quitter vers 22h30,lumières éteintes, règlements de compte et clignotant "Dreamland" au fronton.

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