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7 avril 2013

Je les ai donc lus.Tome 1: Guillaume

            J'en avais assez d'entendre leurs pubs annuelles,mais aussi de l'attitude méprisante de certains.J'ai donc pris mon courage à deux mains et décidé de les lire tous les deux.Mais si,vous savez bien,tous les deux.Hola,pas tout,comme vous y allez! Non,un de chaque.Non,je ne les ai pas achetés.Je ne soutiens pas l'édition française à ce point là.On m'a prêté un Guillaume. Lequel,ça n'avait pas d'importance.Après une bonne âme me prêtera bien un Marc.Je suis tombé sur Sauve-moi.Etait-ce meilleur ou pire que d'autres?

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               400 pages qui se lisent très vite mais dont je ne dirais pas qu'elles se dévorent.Dévorer un roman supposerait un appétit aiguisé par l'intrigue ou l'ambiance,un goût prononcé pour le style,un plaisir du suspense ou de l'évolution des personnages.C'est tout de même très loin d'être le cas de Sauve-moi.Plutôt une impression de plat insipide,qui à aucun moment ne m'a intéressé,une sorte de fast food de papier,du fast reading en bon français.On ne s'y ennuie même pas vraiment.Il m'a semblé être resté à la couverture dans un point livres d'une grande gare.J'attends mon train et je n'ai rien à lire,enfin rien d'autre et ce foutu train est en retard,alors je continue à flotter,pas à naviguer ni à ramer,ce qui aurait eu le mérite de stimuler des neurones qui n'auront rien gagné à ce jeu.Rien de rien.Sur le livre que dire? Que ça se passe à New York,c'est plus porteur que Roubaix.Qu'un beau médecin américain tombe amoureux d'une jeune Française à deux jours de son retour en France.Qu'il y a un soupçon de fantastique inconsistant.Que ça ne m'a à aucun moment attiré et que je n'ai pas de temps à perdre.

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          Cependant, voir dans ce même train qui a fini par arriver,ou dans un square quelqu'un lire Guillaume Musso,ça ne me déplait pas réellement.Ce sera toujours mieux que...,mieux que quoi d'ailleurs.Je sais pas,mais mieux...

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20 septembre 2012

Des mots,une histoire: Les choses de la vie

         Les mots recueillis par Olivia pour la mouture 74 de Des mots,une histoire sont:avantage-artichaut-réflexion-bizarre-loupe-collaboration-éruption-totalité-surplomb-obstacle-quarantaine-sérail-ziggourat(facultatif)-persévérance-écrin-embauche-irrégularités-laboratoire.Je n'ai pas retenu ziggourat.

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                9h47.Sur cette route automnale bénie des dieux,quelque part entre Nuits Saint-Georges et Beaune,l'ouverture de L'enlèvement au sérail inonde l'habitacle.La tête inclinée vers la gauche voilà longtemps qu'elle ne me regarde plus,somnolant et déjà ailleurs,sa quarantaine rugissante ayant de plus en plus de mal avec mes six décennies.C'était prévu,écrit et inévitable.C'est toujours comme ça.De toute façon ça n'a jamais été un mariage,et pas longtemps une liaison. Appelons cela une collaboration, rarement horizontale maintenant.Mais une association c'est diantrement humain,ça naît,ça vie,ça meurt.Et surtout ça vieillit et elle et moi on est à ce stade où plus grand-chose ne nous réunit,d'évidence.Oh j'y ai pourtant mis un peu de persévérance et elle n'a pas vraiment multiplié les petites irrégularités de parcours.Mais voilà, quand l'un des amants claudique,le coeur boîteux,c'est le couple qui prend l'eau.

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            Mais pourquoi ce jour et pourquoi sous les ors bourguignons et le doux surplomb des coteaux qu'elle avait tant aimés sous le soleil de septembre?Je me souviens,là,précisément, de ses réflexions puériles sur la robe du vin qu'elle observait comme à la loupe  à l'Auberge du Clos.Elle prétendait que les Côtes de Nuits étaient l'écrin de notre belle histoire.Je faisais semblant d'avoir hérité de mon père une belle aisance oenologique et la félicitais pour sa sensibilité,éperdu à l'idée qu'un obstacle,même d'amour-propre, ne l'éloigne de moi.Bizarre,cette impression que dès ce moment,la romance portait en elle la gangrène inéluctable de l'odieux temps qui passe,ce Dorian Gray qui accompagne l'existence,en sa totalité,encore souriant,déjà sinistre.

                De chaque côté de la route s'affairent les engins viticoles dans le mordoré un peu luisant de cette journée ambrée.J'ai sur elle un avantage,je me souviendrai moins longtemps.J'oublierai jusqu'à ce jour d'embauche,combien d'années déjà,où la jeune trentenaire inconnue,pas vraiment canon,disaient mes collègues du laboratoire,avait, si vite et si calme,embrasé l'homme mûr. Parlons-en,de l'homme mûr,mûr à tomber ou du moins à vaciller,à flancher sous l'imminente éruption qui devait en résulter.Comme je pense à ce premier entretien,sa tête roule un peu plus,ses yeux bougent,imperceptibles.Je la regarde.Là-bas un poids lourd semble sorti d'un film,déchaîné.J'ai à peine aperçu la raison sociale "Artichauts du Léon".C'est fini.

23 septembre 2012

Agrafé (tag peut entre autres se traduire par agrafe)

                 Peu familiarisé avec le tag (ce doit être la seconde fois) je réponds volontiers à celui que me propose Asphodèle car il reste très centré sur la littérature.Le plus difficile dans ce genre d'exercice est de se limiter à une seule réponse.Je vais essayer de m'y conformer.Ca n'est pas si simple sauf pour la première question qui n'a souffert pour moi aucune hésitation.

Livre que j'ai particulièrement aimé

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         Je ne suis pas  sûr que le verbe aimer soit le bon.C'est un peu au delà.C'est un livre qui m'a bouleversé,transformé,révélé,un peu démoli aussi.J'aime les phrases et celle que j'ai coutume de citer pour ce livre c'est celle-ci.Le désert des Tartares m'aurait permis éventuellement de ne plus jamais rien lire d'autre,tant le Lieutenant Drogo...c'est moi.

Livre qui ne m'a pas plu

         Pas plu du tout,il y en a très peu car j'arrête avant la fin en général mais nous y reviendrons.Assez récemment j'ai lu et détesté Rouge dans la brume de Mordillat auquel je ne ferai pas le cadeau d'une illustration.

Livre qui est dans ma PAL

         Je n'ai pas vraiment de PAL.Ma PAL c'est la blogosphère des lecteurs qui me proposent tous les jours des dizaines de livres.L'un des prochains pourrait cependant être celui-ci.

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Livre qui figure parmi mes souhaits (je n'aime guère wish-list)

         Pourquoi pas celui-ci? Mais attention,l'original, Oiseaux d'Amérique de J.J.Audubon,que peut-être les blogueurs associés pourraient m'offrir pour la modique somme d'environ huit millions d'euros.

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Livre auquel je tiens

         Sans hésiter n'importe lequel des "Livre de poche" de mon père.Par exemple celui-ci,que pourtant je n'ai jamais lu.Juste un peu effiloché,mais je sens sa présence.Il avait quitté l'école à douze ans mais il lisait Steinbeck et Remarque.

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Livre que je voudrais vendre ou troquer

         Une fois j'ai vendu un petit lot de Balzac.Je n'ai pas coutume de faire ça.J'en ai donné à des bibliothèques.Puis j'ai compris que ça ne les intéressait pas tellement.

Livre que je n'ai pas réussi à terminer

         Alors là il y a une superstar et je me suis déjà exprimé là-dessus.Dois-je l'avouer?Je suis très sceptique quand quelqu'un me dit l'avoir lu.Mais ça n'arrive pas tous les jours.Depuis ce livre il y en a quelques-uns qui sont restés en rade.Mais pour ce phare j'ai abandonné page 45.Lisez Grand combat (et les commentaires).

Livre dont je n'ai pas encore parlé

        Un livre immense sur lequel je n'ose pas vraiment communiquer.Seuls quelques privilégiés l'on eu entre les mains.Ce livre a entre autres qualités innombrables celle de prendre très peu de place.

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Livre en lecture commune

     Je n'ai encore jamais pratiqué.Il y a tant de challenges,tant de choses intéressantes,tant de choses à faire.Et,accessoirement,il y a la vie ... 

14 juillet 2012

Les plumes de l'été: Le courant d'une onde pure

                            Asphodèle nous propose cette semaine dix-neuf mots:rococo-récolte-rivage-rigolo-râler-se rebeller-roucouler-rature-rumeur-ruban-regrets-russe-rodéo-rose-rage-rubicond-rasoir-ragondin-rouleau.

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                 Vraiment de quoi râler,la Superbe,ce fringant petit affluent de l'Oise supérieure,voyait ses rivages s'effondrer chaque printemps un peu plus.Toutes ces mines consciencieusement sapées par les ragondins,tant prolifiques que voraces. J'en apercevais souvent,jetant encore quelquefois mes lignes vers le troisième méandre,pas très loin du lieu-dit le Rouleau,ainsi nommé parce qu'à cet endroit précis,et quand la saison est plutôt à la crue on a l'impression qu'on pourrait presque y faire du surf.

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               Est-ce parce qu'il allait me falloir quitter vite le familier ruban de mon enfance isarienne que les tourterelles roucoulaient à qui mieux mieux,que la rumeur semblait gronder aux frondaisons des aulnes et des coudriers de ma chère rivière?Est-ce parce  que jéprouvais l'étrange sentiment de biffer mes vertes années,d'une rature dans le livre finissant de ma jeunesse?Est-ce parce que les regrets,ces envahissants compagnons de voyage,avaient fait leurs bagages pour partir avec moi?Je ne sais rien de tout cela mais,sur le fil du rasoir depuis quelques mois,à l'évidence la maison familiale devenait intenable.

     Pourtant je n'étais pas fasciné,pas du tout,par l'idée de me rebeller.Dans ma relative solitude j'avais déjà compris l'ahurissante sororité de la révolte et de la convention.Ca,je l'avais saisi très jeune et devais en être imprégné,la rage post-adolescente me semblait en fait une version somme toute banale,à peine moins eau de rose d'une velléité d'autonomie,un néo-conformisme presque affligeant. Quoiqu'il en soit la route allait m'éloigner,l'heure n'était plus à la calme récolte de ces petits fruits rubiconds,aux arbustes accrochés comme des guirlandes rococo d'une chapelle baroque et buissonnière.Le rodéo des lapins  au crépuscule,si rigolo encore l'an dernier,appartenait maintenant à un temps révolu.M'attendait le roman russe d'apprentissage,Mes universités.

6 septembre 2012

Des mots,une histoire: A ce stade...

.            Olivia a recueilli pour cette rentrée de Des mots,une histoire vingt-et-un mots.Les voici:distance-parenthèse-éperdue-instinct-emmurer-aporie-gigolo-archet-charbon-force-exagération-rentrée-inspiration-euphorie-sensible-attitude-majolique-étranger-péripétie-raisins-impertinent.

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                  Il relevait d'une blessure certes légère mais cette parenthèse immobile avait de quoi inquiéter l'athlète.Le 1500m,tous les passionnés de course à pied vous le diront,est une distance qui ne fait plus guère partie du demi-fond à l'heure actuelle.La surenchère en a fait une épreuve de force s'apparentant à un long sprint éperdu,de presque quatre tours de piste.C'était donc sa rentrée,selon la formule consacrée.Les éliminatoires ne semblaient pas l'avoir obligé à aller vraiment au charbon.Cette demi-finale pouvait pourtant s'avérer traîtresse, ses rivaux  bénéficiant de solides temps de référence,particulièrement les deux coureurs qataris, encore érythréens douze jours avant le début des épreuves.Ces montagnards poids plume,combattants d'instinct  et semblant toujours peu sensibles aux accélérations européennes,il ne savait guère quelle attitude adopter avec eux.

                   Le troisième tour touchait à sa fin.Toujours au contact,seul un Néozélandais jouait l'impertinent trouble-fête au milieu du trio de tête.La course jusque là s'était déroulée sans péripéties particulières.Sans exagération pouvait-il prétendre à un podium à condition  qu'il ne se laisse pas emmurer par un rideau de trois concurrents l'obligeant à faire l'extérieur. Il craignait de voir s'envoler les jolis dossards du Golfe,scintillants comme majolique au soleil.Il lui fallait asolument retrouver la corde,tel un archet à l'âme du violon.Plus que 200 mètres et la ligne droite.Bizarrement,rien n'étant acquis, une espèce d'euphorie le gagnait et nulle aporie n'obscurcissait l'horizon quand il prit l'avantage.Ainsi la victoire ne serait plus cette belle étrangère qui se dérobait à ses assauts.C'est cet instant que son antérieur droit choisit pour rompre son faisceau moyen et c'est ainsi que Gigolo perdit le Royal Hound Derby.En mal d'inspiration pour la finale,plus figue que raisin je quittai le cynodrome,maugréant.

                             

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4 juillet 2010

Géographie:Rapid City,South Dakota

http://www.deezer.com/listen-1478722   Rapid City

       Je ne vous ferai pas l'injure de vous nommer le cinéaste grâce à qui ce monument est devenu universellement célèbre.La ville de Rapid City,au pied des Black Hills,Dakota du Sud,est la porte d'entrée pour le Mont Rushmore où vous attendent George Washington,Thomas Jefferson,Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln.Je ne vous ferai pas non plus l'injure de vous présenter Richard Ruane car je le connais bien mal.Il y a tant de folk singers talentueux et je ne me lasse pas de les découvrir.Son groupe s'appelle ou s'appelait Bread and bones.

RUANE

                   Enfin pédagogie oblige le Dakota du Sud est un des territoires les moins peuplés des U.S.A.Sa capitale,Pierre,est une immense mégapole de... 13 000 habitants.Musique!

8 novembre 2009

J'peux vraiment pas les voir en peinture(10)

  C'est bien vrai.J'peux vraiment pas le voir en peinture cet Homme au chaperon bleu que je viens d'admirer en la fabuleuse exposition Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André.Pas mal de monde  Boulevard Haussmann pour ce bel ensemble de tableaux flamands,hollandais surtout,venus de Roumanie.Et cette toile de petite taille dont la magie six fois séculaire me séduit profondément.Jan Van Eyck a peint ce noble des Flandres vers 1430.J'y trouve une élégance austère,un ton d'un bleu au grain troublant,le jeu des doigts comme perplexe.Je ne sais pas bien parler des peintures que j'aime et cela n'a guère d'importance.Vous qui passez,parfois au hasard,peut-être serez-vous touchés par cette grâce.

3 juin 2008

Bo,Bo!

   Adieu a Bo Diddley dont les riffs ont lancé les Rolling Stones et enchanté mes quinze ans.L'homme à la guitare rectangulaire et au chapeau noir,s'il a souvent repris les mêmes schémas,ne manquait pas d'énergie.Je vous propose son histoire,évoquée par les Eric Burdon et les Animals et,par lui-même,présenté par une autre légende,son plus grand succès intitulé tout simplement Bo Diddley.De Ron Wood à Lou Reed,de Tom Petty à Johnny Cash tout le monde a un jour joué avec Bo.

http://www.youtube.com/watch?v=xhuEV17YZes Story of Bo Diddley

http://www.youtube.com/watch?v=_IWTqNboP8c  Bo Diddley

9 mai 2008

J'peux vraiment pas les voir en peinture(2)

          J'peux vraiment pas les voir en peinture...sans que les couleurs du magicien Chagall ne me tourneboulent et le coeur et l'esprit.

    Marc Chagall(1887-1985),je l'ai découvert tard mais j'y reviens sans cesse pour me baigner dans ses bleus et ses cieux,marcher sur un violon ou taquiner une chèvre et faire comme l'a écrit son fils David McNeil dans ce si joli livre Quelques pas dans les pas d'un ange.Un très beau poème d'Aragon chanté par Ferrat s'appelle simplement Chagall.Quant à ce Violoniste bleu il pourrait bien être échappé d'une comédie musicale à la yiddish.

1 mai 2008

Une zombie féline amoureuse d'un léopard

         Coming soon...une passionnante et définitive et modeste réflexion sur la trilogie de Jacques Tourneur qui rester le seul grand metteur en scène américain à être mort à Bergerac.Vaudou ne dure que 68 minutes et comme j'aimerais que nombre de bavards cinématographiques s'inspirent de cette brièveté.Un peu plus d'une heure pour aller à l'essentiel.Acteurs peu connus,budgets moyens mais un producteur éclairé,attiré par l'occultisme,Val Lewton,qui permettra la réalisation de cette trilogie pour le compte de la RKO.Alliance de poésie et de précision,Vaudou laisse sourdre le culte antillais progressivement sur fond de percussions nocturnes et entêtantes.Un magnifique symbole,la figure de proue figurant les mânes des ancêtres esclaves,marque notamment le film, fantômatique à souhait et traversé par les rictus des officiants,et le cri des crapauds et des chouettes.Vaudou est une vraie perle et laisse au spectateur sa part de libre arbitre et de re-création.Jamais le cinéma fantastique n'est aussi beau que lorsqu'il se contente d'effleurer la main de ce spectateur,à l'opposé des marchands de voyeurisme.

  Une ville frontalière ou presque,au Nouveau-Mexique,impératif pour le climat étouffant et la moiteur des nuits du Sud.Un cabaret peu glorieux et un félin en laisse.Nous sommes pourtant loin du scintillant Mr.Bébé de Howard Hawks.Le léopard de JacquesTourneur n'est qu'une modeste attraction de foire mais sa disparition va entraîner quelques meurtres de femmes,jeunes et aux abois.Film sans effets spéciaux L'homme léopard est une vraie pépite sertie dans sa concision et ses décors classiques mais éloquents.Un musée poussiéreux et son conservateur trouble,une rue d'où jaillissent dans la nuit des appels de mères inquiètes,un cimetière qui sent son Mexique si proche avec son culte des morts si omniprésent.Voilà quelques éléments que le noir et blanc du metteur en scène enchaîne parfaitement,faisant de cette histoire digne des dime novels,romans à deux sous,une pièce maîtresse de ce cinéma où rode la mort,de noir vêtue,comme en une gravure ancienne enluminée par un maître artisan.Souvent considéré comme le maillon faible de la trilogie ce n'est absolument pas mon point de vue et c'est fort bien expliqué dans les bonus de ce beau coffret.

       La féline reste le plus connu et finalement le moins surprenant peut-être parce que vu plusieurs fois. Surement aussi parce que les codes du genre sont hyperclassiques dans cette histoire d'attraction répulsion qu'éprouve Irena pour la panthère,ceci en liaison avec une histoire légendaire venant des confins de la Serbie.A noter que les Balkans ici évoqués font immanquablement penser aux Carpathes d'un certain comte bien connu des amateurs.Le noir couleur panthère va tout de même très bien à jacques Tourneur dans ce manège qui conduit immanquablement l'héroïne devant la cage du fauve,l'actrice française Simone Simon lui donnant un petit cachet vieille Europe très appréciable.L'ensemble de ces trois films forme effectivement une véritable cohérence,tournée en quelques mois,avec certains acteurs récurrents,et gagne à être vue dans son intégralité.J'ajoute que le coffret Montparnasse est beau et que l'intervention de Patrick Brion sur le rôle du producteur Val Lewton est limpide.

11 janvier 2009

Géographie:Memphis,Tennessee

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       Enorme choix de chansons pour l'une des capitales de la musique, Memphis, Tennessee,patrie des mythiques Sun Studios.La ville fut nommée ainsi par référence à la Memphis de Haute Egypte,bâtie sur un site fluvial assez comparable.Sur le Mississipi Memphis,Beale Street,Elvis et le blues nous attendent.Pas toujours d'un goût exquis mais les ombres de Robert Johnson et Muddy Waters hantent ce carrefour Nord-Sud tellement chanté.Y moururent Martin Luther King,un autre King prénommé Elvis Aaron mais comme vous le savez son fantôme erre toujours le soir sur le De Soto Bridge.Jeff Buckley s'y noya dans l'Ol' Man River.Y naquirent Aretha Franklin,Morgan Freeman et Dee Dee Bridgewater(avec un nom pareil).

   Autre légende qui passa par là,Chuck Berry et Memphis Tennessee

http://www.youtube.com/watch?v=7-J_AF7JRgo

Sing along with Chuck Berry and John Lennon

Memphis Tennessee

Long distance information, give me Memphis Tennessee
Help me find the party trying to get in touch with me
She could not leave her number, but I know who placed the call
'Cause my uncle took the message and he wrote it on the wall

Help me, information, get in touch with my Marie
She's the only one who'd phone me here from Memphis Tennessee
Her home is on the south side, high up on a ridge
Just a half a mile from the Mississippi Bridge

Help me, information, more than that I cannot add
Only that I miss her and all the fun we had
But we were pulled apart because her mom did not agree
And tore apart our happy home in Memphis Tennessee

Last time I saw Marie she's waving me good-bye
With hurry home drops on her cheek that trickled from her eye
Marie is only six years old, information please
Try to put me through to her in Memphis Tennessee

11 décembre 2008

Rude Colombie

   

  Evelio Rosero est né en 58 à Bogota.Auteur de nombreux romans il a reçu le Prix national de littérature et pour Les armées le Prix Tusquets mais je ne sais pas ce que c'est.Je ne suis pas un très gros client de la littérature sud-américaine,son baroque ayant parfois tendance à me fatiguer.Notamment les fleuves écrits de certains,un peu de la logorrhée pour moi.Mais j'ai assez aimé Les armées court roman de 156 pages.Pas bouleversant d'originalité et traitant comme presque tout écrit de là-bas de guérilleros et de disparitions Les armées touche pourtant du doigt cette folie qui guette le continent entier à travers le vieil instit Ismäel,qui perd sa femme,ne retrouve plus sa maison dans son village et finit par voir sa raison tanguer entre assassins et policiers et réciproquement.
    Inférieur cependant au beau livre,plus riche et plus fouillé de Daniel Alarcon Lost city radio..Mais il y a quelques fulgurances autour de certains personnages comme le vendeur d'empenadas ou le vieux guérisseur.Me confirme toute fois que cette littérature n'est pas la plus proche de moi.Ou vice-versa.

22 juillet 2008

Les routes du Sud

           Ce sud est celui du Liban et ce film s'appelle Sous les bombes.Un chauffeur de taxi chrétien accepte de conduire une jeune femme musulmane qui recherche son fils de six ans dans le Liban de 2006 qui vient de subir 33 jours de bombes israéliennes en réponse au Hezbollah.Ce films est accompagné en salle d'une fiche assez bien faite qui nous explique un peu le Liban.C'est une bonne idée.De plus c'est le type de film à thèse souvent présenté dans un cadre associatif,ce qui fut le cas au Cinéquai.Cette démarche a l'avantage et l'inconvénient de "scolariser" si j'ose dire les séances et ainsi d'attirer (ou d'obliger) les lycéens à voir un film plus ou moins contraints mais ceci est un autre problème.De plus des membres d'associations libanaises de l'Aisne étaient présents et quand on connaît un tout petit peu le puzzle que constitue le pays du cèdre on ne peut qu'applaudir et apprendre.

     Le film a été tourné dans des conditions difficiles et la monteuse de Sous les bombes,présente elle aussi,nous l'a bien expliqué.Tourné avec seulement trois acteurs professionnels le film bénéficie d'un aspect quasi documentaire mais la fiction induite demeure très émouvante tout au long de ce road-movie presque néo-réaliste où les deux protagonistes vont peu à peu se connaître.Ni la passagère ni le chauffeur ne sont des extrêmistes et ceci permettra probablement un rapprochement(version optimiste).Philippe Aractingi a réussi à nous faire sentir au plus près le désarroi du Liban,pays au départ pourtant particulièrement pluriel.Les ruines d'après-guerre ne sont pas un décor pour une histoire mais partie prenante d'une tragédie qui n'en finit pas.Je suis sorti de la projection assez troublé mais un peu moins ignorant de ce Proche-Orient si douloureusement à la une depuis si longtemps et pour lequel chacun de nous a le devoir de dépasser les a priori.

23 juin 2008

Une chanson:White bird

      

               Le bel oiseau blanc de C'est une belle journée,qu'est-il devenu?Et que sont mes amis devenus depuis notre Californie. Savent-ils encore un peu s'envoler comme le violon de David LaFlamme,leader d'Its a beautiful day et musicien classique?Ou bien dorment-ils déjà puisqu'ici les fleurs sont fanées depuis belle lurette?Voici un tout petit hommage à ces années.Mais je radote...

http://fr.youtube.com/watch?v=1Cin0QzuEss White bird

30 novembre 2007

Une chanson:Kites

 

            Le groupe Gentle Giant eut une certaine aura dans les seventies.Dans la classe des King Crimson ou Emerson,Lake and Palmer appelons ça fusion progressive jazz sympho rock(?).Peu importe.En fait,en confidence je connais très mal Gentle Giant qui à mon avis s'est comme beaucoup pris pour une émanation hybride de Coltrane et Stravinski.Et,ce faisant le Gentil Géant a oublié Simon Dupree and the Big Sound, délicieux et éphémère groupe rock mid-sixties,pourtant composé des mêmes frères Shulman.Moi,il y a longtemps que j'ai oublié les pesanteurs de Gentle Giant.Moi,il y a longtemps que je fredonne régulièrement les cerf-volants(Kites),petit succès de 66 qui tient une jolie place dans mon coeur.Si vous voulez écouter ma petite ballade des cerf-volants... http://www.youtube.com/watch?v=hbS2KmEecTo

10 novembre 2007

Suggestion pour le Neverland de Lamousmé

  ou    sûrement disponible à Neverland la librairie de l'imaginaire

    La blogosphère réserve parfois de belles histoires et celle de Neverland en est une.Je ne connaissais pas vraiment Neverland avant que mon amie Holly de son talent et de son enthousiasme,ne m'emmène au pays enchanté de Peter Pan et de son père littéraire James Matthew Barrie.J'avais comme beaucoup une fausse idée de ces classiques qu'on nous avait infligés en de mièvres versions infantiles plus que de jeunesse.Et voilà que Neverland devient une librairie sous l'égide de Lamousmé .Bonne nouvelle à l'heure où les mots se meurent tous les jours un peu sous le flot d'images et de "messages" illettrés.J'ai donc écrit ce petit billet pour que le vol de Kirrick le rouge-gorge,héros de cette Guerre des Oiseaux,allégorique et poétique,l'emporte à Neverland,Librairie de l'Imaginaire,Deuxième Etoile à droite,puis tout droit jusq'au matin.L'épopée de Kirrick et de ses amis est due à la plume de Clive Woodall,chez Albin Michel.Mais le titre anglais est plus fort,infiniment,ne trouvez-vous pas?

8 mars 2008

Terrence Malick,l'aube

        Voici déjà l'avis de Bagheera Badlands, de terrence Mallick ainsi que celui de Jade .Je ne rajouterai finalement pas grand'chose tant je me reconnais dans leurs mots.Les deux jeunes comédiens, Martin Sheen plus âgé  quand même que Sissy Spacek,sont confondants de naturel.Comme le dit Jade on ne peut pas ne pas penser à James Dean,rien que dans la façon de se mouvoir.Comme quoi le cinéma n'a pas besoin d'être plèthorique,la rareté fait parfois le prix des choses(quatre films en 35 ans).La balade sauvage ce n'est ni De sang froid,ni Les tueurs de la lune de miel,ni Bonnie and Clyde.Mais Jade l'a si bien dit...

24 février 2007

Juke-box printemps 66

http://www.youtube.com/watch?v=1ghFMlYyh3A

    The Move  Night of fear

  http://www.youtube.com/watch?v=89VFYVGjUNY

   Greatest Hits The Monkees  Last train to Clarksville      

  http://www.youtube.com/watch?v=DA9WAq2qlPM

The Yardbirds  For your love

Oui je sais nostalgie nostalgie.Tant pis ça me fait plaisir.Et à quelques-uns d'entre vous j'espère.A ceux qui trouveraient ça mineur je rappellerais que des Yardbirds devaient sortir Clapton,Beck et Page.Les Move pour Night of fear avaient enrôlé Tchaikowski.Quant aux Monkees c'était bien sûr un produit de marketing.Mais comme j'aimerais que tous les produits soient de cette qualité.

25 novembre 2006

Les esquimaux de l'entr'acte

Le saviez-vous?Le succès en 1922 du film de Robert Flaherty Nanouk l'Esquimau fut tel que les chocolats glacés de nos vieux cinés furent appelés esquimaux à la suite du triomphe planétaire de ce film hors normes.Flaherty explorateur fut certainement le premier à comprendre qu'une caméra pouvait non seulement montrer le quotidien d'un peuple mais aussi capter son âme.Immergé dans la vie du village arctique Flaherty fit un film non pas sur Nanouk le grand chasseur,mais avec Nanouk le père de famille et ses proches.Perfectionniste Flaherty n'a jamais hésité à monter ses films,voire à les "scénariser" quelque peu,pensant qu'il est parfois juste de mentir pour atteindre la vérité.A acun moment la méthode de Flaherty ne relève de la manipulation.Ayant vécu de longs mois l'existence d'une difficulté insensée qu'est la vie des Esquimaux c'est avec confiance et amitié que les autochtones ont ainsi partagé le travail avec le réalisateur.

  Malgré les conditions climatiques que l'on peine à imaginer Robert Flaherty ira jusqu'à développer et tirer le film sur place pour que les acteurs,protagonistes tous authentiques,puissent le soir visionner les rushs comme des professionnels.Nanouk l'Esquimau,c'est une expérience inédite(nous sommes en 1922).Loin de saisir au vol les saison d'une tribu lointaine et qu'on oubliera en sortant de  la salle,Flaherty filme au plus près leur rudesse et plus encore leurs tendresses.Les yeux de Nanouk et son sourire ont eu un tel retentissement qu'on a pu croire,un court instant,qu'allait changer grâce à eux le regard réciproque du monde entier sur l'autre monde,tiers.

  Ma passion pour l'histoire du cinéma vient de me faire découvrir ce film,célèbre,que je n'avais jamais vu.La belle édition DVD regroupe ses autres films L'homme d'Aran,Louisiana Story et l'inconnu The land.Nous en reparlerons (Editions Montparnasse).

13 janvier 2007

Du haut de gamme en haut de l'Europe

Ketil Bjornstad est lui-même pianiste et compositeur.Il nous donne là un roman au thème initiatique allant bien au delà de la musique.Dans la Norvège de la fin des sixties un groupe de garçons et filles surdoués de la musique décide de créer une sorte de confrérie.Mais qui sont réellement Anja,Aksel,Rebecca et les autres?Dans le petit monde assez mystérieux des mélomanes avec ses professeurs fielleux,ses parents haineux et ses concours assassins quelle est la part de leur jeunesse qui ne leur soit pas au moins partiellement volée.

   C'est que la musique n'adoucit pas forcément les moeurs.Sur fond d'anorexie et de trahisons s'orchestrent les allées et venues de ces héros prêts à défaillir voire à mourir pour un Ravel trop rapide ou une valse martelée un poil trop lentement.L'apprentissage de l'âge adulte s'avère bien compliqué,au moins autant que ces études et ces répétitions interminables meurtrissant les paumes et les coeurs.

   La lumière du Nord éclaire ces pages souvent très bouleversantes emplies de fantômes,parents disparus, oiseaux de mauvais augure,étangs meurtriers.C'est bien un univers de violence qui se cache derrière les rideaux cramoisis des auditoriums."Chaque seconde passée sur scène est un moment supplémentaire durant lequel la catastrophe ne cesse de te frôler".Dans La Société des Jeunes Pianistes la mélodie est grave et subtile sur le désir,la vie et la mort.

2 décembre 2006

Canin l'incisif

Vue sur l'Hudson

Ethan Canin est un auteur précieux et précis né en 60 d'une mère russe et d'un père lituanien,ce qui donne un grand écrivain américain parfait succès du melting pot.Il est vrai que c'est plus facile quand le père est non seulement lituanien mais violoniste,et la mère non seulement russe mais peintre.De ce milieu artiste Ethan Canin sortira très diplômé et médecin.Ayant suivi des cours de création littéraire comme beaucoup en Amérique(ce qui finalement n'est pas si mal,même mal vu en France) Ethan Canin a publié en france plusieurs livres dont Le voleur du palais(recueil de nouvelles) et Vue sur l'Hudson(titre original radicalement différent:For kings and planets,mais les aléas de l'édition resteront pour moi un mystère).

Vue sur l'Hudson,dont le titre fait songer à E.M.Forster(Avec vue sur l'Arno),raconte l'amitié d'Orno et de Marshall,étudiants américains.Orno est issu d'une famille modeste du Missouri,Marshall fils gâté d'une famille snob et intellectuelle,lui même prodigieusement doué.Pointilliste voire pointilleuse l'écriture de Canin nous plonge dans les arcanes de la vie universitaire américaine avec ses codes et ses rigidités.C'est extraordinairement bien troussé comme chez Henry James par exemple.Le charisme et l'influence de Marshall n'auront pas raison du gôut au bonheur d'Orno.Malgré cynisme et artifice la relation des deux hommes restera une merveille de subtilité.

Le voleur du palais

Le voleur du palais se compose de quatre nouvelles où entre autres un vieux professeur et un comptable manquant d'ambition se démêlent pous redonner un sens à leur vie en déréliction parmi les mensonges et les faux semblants d'une société américaine en proie au doute.Des personnages finalement très proches de nous,croqués par Canin(jeu de mots remarquable) à la perfection montrant une fois encore la palette si riche de la littérature nord-américaine.

1 décembre 2006

Lire Etats-Unis certes mais vivre Paris

Laissez-moi vous convier à un dernier verre à la Coupole ou si vous préférez à la Closerie des Lilas.Suivez moi.Ces lieux sont assez familiers à certains(n'est-ce pas Holly?).Le très joli bouquin de Jean-Paul Caracalla nous entraîne dans cette double décennie 1920-1940 où Montparnasse était américaine.Venus en Europe pour la plupart lors de la Grande Guerre beaucoup sont restés ou revenus pour marquer de leurs sillages Vavin,Le Luxembourg et ce quartier qui supplanta alors Montmartre dans le coeur des artistes.

On rencontre ainsi Hemingway et Fitzgerald qui rivalisent en littérature mais aussi au bar de la Rotonde.On y rencontre Henry Miller qui n'a encore rien publié et qui deviendra avant d'être le génial auteur que l'on connaît un spécialiste des apéros "à la française".On y croise James Joyce qui a eu tant de mal à publier Ulysse.Mais les figures centrales des Exilés de Montparnasse (Gallimard) sont des femmes.

Les exilés de Montparnasse

Gertrude Stein,écrivain et collectionneuse,arrivée très tôt à Paris fera la liaison entre tous ces artistes que ce soient Picasso et Matisse,Roché(auteur de Jules et Jim) et Valéry Larbaud.Cocteau n'est jamais loin, etc...Et surtout les libraires Sylvia Beach et Adrienne Monnier avec Shakespeare et Compagnie et La Maison des amis des livres sauront accueillir et faire connaître dans ce Paris entre deux guerres ces auteurs riches ou sans le sou mais qui d'Ezra Pound à Edith Wharton devaient marquer le siècle de leur empreinte d'Américano-parisiens,cocktails explosifs qui surent mélanger leur oeuvre et leur vie.Le livre de Caracalla est très agréable.Mais si vous avez peu de temps je conseille de lire les auteurs eux-mêmes,cela va de soi.Ensuite vous pourrez toujours faire un tour sur leurs traces.

23 août 2006

L'hilarant Finlandais


Attention cet homme est dangereux.Ne lisez aucun de ses livres car il va vous emmener dans ce pays aux noms imprononçables.C'est simple,c'est l'alter ego littéraire d'Aki Kaurismaki.Même trogne aux bajoues,même sens de l'humour et de la dérision,même goût pour les cassés et les hurluberlus.Ancien bûcheron et ouvrier agricole il a publié une vingtaine de livres dont la moitié a été traduite en français.


A retenir particulièrement le Lièvre de Vatanen,la Cavale du géomètre,la Forêt des renards pendus,le Meunier hurlant,des fables délicieuses mettant en scène pêle-mêle un ancien officier,une nonagénaire,des naturistes,des gangsters nordiques sur fond de restes de guerre froide et de non-sense à la mode scandinave.


L'avant-dernier paru,Petits suicides entre amis,raconte la rencontre d'un entrepreneur en faillite et d'un colonel veuf dépressif qui,incapables d'en finir seuls,décident de fonder une association d'aide au suicide.Ils affrètent un autocar de candidats et entreprennent une folle tournée à travers la Finlande pour trouver l'endroit idéal  pour en finir.Voyage loufoque et poètique en pays d'Absurdie garanti.Allez,prenez ce bus en folie.J'oubliais:il s'appelle Arto Paasilinna.

18 octobre 2006

Ray(pas celui que vous croyez)

Il y avait un jeune dandy,un homme bien sous tous rapports,qui passait une après-midi ensoleillée dans une rue sans issue ou à la Gare de Waterloo.Ray Davies,leader des Kinks, n'avait pas son pareil pour ciseler des merveilles de pop-songs(Dandy,A well-respected man,Sunny afternoon,Dead end street,Waterloo Sunset). 

Bien des années après mais, c'est un de mes péchés mignons d'aller rechercher de vieux amis, Ray Davies nous enchante avec un album tout neuf nommé Other people's lives. Une douzaine de vignettes délicieusement anachroniques donc d'avant-garde parsèment ce disque. Je citerai une satire contre les tabloïds britanniques(Other people's lives),une rencontre avec les voisins(Next door neighbour),la nostalgie(Run away from time).   

Sur le plan musical les disques de Ray Davies et déjà ceux des Kinks se singularisaient par un petit côté désuet avec clavecin,fanfares,flûtes à une époque où celles de Kusturica n'avaient pas encore droit de cité. Le premier morceau s'appelle Things are gonna change.Bien sûr Other People'S Livesles choses changent,mais à la manière de Visconti et du Guépard. Télérama,qui n'écrit pas que des banalités,parle de Ray Davies comme d'une vieille maison victorienne où il y aurait encore de nombreuses pièces à visiter.C'est joliment tourné et je souscris entièrement.Et je signe...

5 février 2022

Tout s'est bien passé

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                       DVDtrafic m'a gentiment envoyé Tout s'est bien passé de François Ozon, qui fit partie de la sélection Cannes 2021. Je ne suis pas l'un des plus grands fans du cinéma d'Ozon à qui je reconnais volontiers une vraie sensibilité et une finesse d'analyse. Le livre d'Emmanuèle Bernheim raconte la fin de son père André Bernheim, le grand esthète collectionneur d'art, qui, victime d'un sévère AVC, demanda à ses filles de l'aider à mourir via la Suisse, qui autorise l'ultime accompagnement. Stéphane Brizé avait abordé le sujet en 2012 dans Quelques heures de printemps, Vincent Lindon emmenant sa mère Hélène Vincent vers le même terminus. 

                     André Dussollier, vieilli d'une douzaine d'années, et quelques prothèses faciales, endosse le rôle de l'octogénaire en fin de vie. Un homme qui ne devait guère être facile. Sophie Marceau et Géraldine Pailhas sont ses deux filles. Pas sûr qu'il les ait aimées enfin, à sa façon. Les familles chez Ozon sont rarement en paix. L'épouse, sculptrice, Charlotte Rampling d'une grande dureté, se tient à distance. Mais la distance entre le mari et la femme est une vieille histoire, beaucoup de rancoeur, bien peu d'amour. Au seuil de la mort il semble découvrir qu'elles existent. Tout s'est bien passé parvient à nous émouvoir, du travail soigné, souvent vraisemblable. Mais à mon sens le propos est un peu desservi par l'intellectualisation des personnages, pour tout dire le côté germanopratin du climat. Non que le questionnement sur la façon d'en finir soit illégitime en ce milieu. Mais cela m'a un peu perturbé.

                     Il faut dire aussi qu'Emmanuèle Bernheim, elle-même morte en 2017, était très proche de Françosi Ozon, et sa coscénariste à plusieurs reprises. Le film est ainsi d'une grande fidélité. Sinon Ozon a réussi à ce que son film reste du côté de la vie, ce qu'il souhaitait, je crois, plus que tout. Et l'humour qui affleure parfois sur quelques scènes m'a semblé bien venu. Le tout d'un grand classicisme, ce qui n'est pas péjoratif. Un peu moins réussi que le précédent opus du metteur en scène Grace à Dieu, tout de même plus aigu. 

(Diaphana Edition Vidéo). "En Blu-Ray, DVD et VOD depuis le 1er février, et en EST depuis le 28 janvier"
 
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