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14 mars 2015

Cinq jours cet hiver-là

Snow

                                Un peu un Festen aux sports d'hiver que cet excellent film suédois nommé Turist et dont le titre "français" est Snow therapy, sur un ton plus léger cependant. On sait depuis Bergman que le dynamitage familial en intérieur, fût-ce dans les grands espaces alpins, sied à merveille aux Scandinaves. Le couple suédois moderne, deux beaux enfants, aisé, ayant les moyens d'une résidence de luxe dans une station savoyarde. Tout va bien,donc ça ne peut que se gripper quelque part. Une avalanche qui fera plus de peur que de mal aura pourtant des conséquences sur la suite des vacances et plus encore.

                               Un doute s'insinue, c'est souvent ça le début d'un doute, il s'insinue comme un reptile, il sème le doute, le doute. Le père a-t-il eu comme premier réflexe sa propre sécurité lors de la panique due au séisme? Ou finalement la mère a-t-elle mal interprété un premier geste? Pourtant tout allait bien pour cette exemplaire famille d'un pays prospère. Tout bien pesé, tout n'allait peut-être pas si bien que ça. Ca me fait penser à chez moi, tiens, sauf que nulle avalanche n'est nécessaire à la survenue d'une crise. Ca tombe bien, la Picardie est rare en avalanches. En crises elle est dans la bonne moyenne. Et chez vous?

                              Par petites inquiétudes, par bouderies en montage alterné, par le fameux et horripillant mutisme des enfants (qui n'a connu ça?), par larmes d'une véracité parfois variable, le maître de cette charge parfois hilarante conduit son film habilement, beaucoup mieux que certains chauffeurs de car de montagne. Spécialité nordique, la déconnection de la cellule familiale pointe ainsi des fragilités depuis longtemps mondialisées.

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4 février 2015

Il est Charlie

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                                       Il est Charlie, aborigène mal dans sa peau, pas bien dans la banlieue de Darwin, capitale du Territoire du Nord australien, sa communauté se délabre et il ne reconnait même plus son bush. Le scénario est de Charlie lui-même, enfin, son interprète David Gulpilil, qui sait ce dont il parle. Tracasseries policières, alcoolisme et rares discussions avec ses congénères plus très jeunes non plus. Il est "mal-bouffant", Charlie, et son estomac fait grise mine. Il n'y a plus grand chose qui tourne rond en son outback océanien.

                                       Il est Charlie mais conserve une conscience quoiqu'un peu floue. Il en a marre,Charlie, qu'on lui pique sa lance et ses racines. Il est fatigué, Charlie, il a trop fumé, Charlie, c'est l'hosto qui le guette. Il est Charlie, membre d'une communauté qui, si elle évolue disparait, et qui, si elle n'évolue pas , disparait.

                                       Il est Charlie, mais il faut qu'il sache, Charlie, que ce n'est pas uniquement la faute des autres, et que la notion même de tribu, il a parfois contribué à la galvauder. Gnole et ganja, pas le meilleur pour la clairvoyance. Oui,Ce blog essaie de lutter à sa très modeste mesure contre les simplismes (ça s'appelle un aparté). L'acteur David Gulpilil est une icône,un leader en son pays, ancien danseur, ancien pisteur, déjà dans La dernière vague de Peter Weir en 1977 et dans Crocodile Dundee, deux pôles pour le moins différents du cinéma australien.

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                                      Il est Charlie, avec étonnament au moins un très beau souvenir. Avoir dansé là-bas tout au Sud devant l'Union Jack et le chef de l'état australien pour l'inauguration de Sydney. Vous connaissez tous le chef de l'état australien. Curieusement il a aimé faire ça. Comme quoi rien n'est si simple et la fierté multiple. Il est Charlie, un très bon film, du  Hollando-australien Rolf de Heer à peu près ignoré de tous. Il est Charlie, un film que j'ai vu la première fois seul dans la salle, un peu Charlie moi aussi. La seconde fois lors d'un ciné-débat les gens sont venus, pas la foule, mais cela a permis des échanges intéressants. Je les en remercie.

15 avril 2015

Droit dans le mur

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                                 La lecture commune avec Valentyne La jument verte de Val est une douce habitude. Et cette fois c'est un grand bouquin, du moins est-ce mon avis, Le mur invisible de l'Autrichienne Marlen Haushofer, livre que je croyais tout récent alors que l'auteure a vécu de 1920 à 1970. La forêt autrichienne est le cadre de plusieurs de ses romans. Son père était garde forestier. Une femme d'âge un peu indéfini se retrouve en situation de survie mais en l'occurrence la classique île déserte est un chalet de moyenne montagne séparé brutalement du monde par un mur (die Wand, titre original), un mur invisible dressé en une nuit alors qu'elle était seule dans la maison. Variation sur le mythe de Robinson mais aussi récit post-catastrophe, Le mur invisible est écrit dans un langage solide et terrien, les préoccupations de l'héroïne étant terriblement basiques. Ceci n'empêche pas l'émotion ni même l'émotion qui nous étreint.

                                      La nature, bien que géographiquement assez close, tient évidemment le rôle principal dans cette histoire qui ,dirai-je, tourne en rond mais dans le bon sens. De son chalet à l'alpage l'héroïne va tenter de vivre au mieux cette curieuse réclusion. Point trop de questions sur le probable cataclysme qui l'a plantée là, nantie heureusement de quelques outils dont il faut déjà mesurer l'apprentissage, pas une mince affaire. On est ainsi au plus près de la nouvelle éducation de la prisonnière qui doit ainsi "faire avec" et souvent "faire sans". L'importance du règne animal est ici déterminante et c'est d'un chien et d'une vache tous deux rescapés que viendra le répit. Sans anthropomorphisme aucun ni la moindre mièvrerie Marlen Haushofer nous tient ainsi au plus serré de cette relation si essentielle entre l'héroïne, on ne sait jamais son nom, et ses animaux, à la fois sa survie, sa joie modeste et son tourment.

                                     Récit de type "survival" en bon franglais, mais surtout une belle réflexion sur la place de l'humain, sa force parfois et sa fragilité souvent, Le mur invisible n'est jamais un réglement de comptes avec le siècle des génocides mais plus simplement une belle méditation et que ce soit une femme, seule et pas plus forte ni plus intelligente qu'une autre, qui endosse le rôle unique de cette relecture en quelque sorte du célèbre roman de Daniel de Foe, nous rend ce livre d'autant plus précieux. L'adaptation au cinéma, que je n'ai pas vue, jouit d'une bonne réputation. Alors laissez-vous séduire par ces saisons autrichiennes un peu carcérales, guettées par la folie mais pas désespérées.

4 décembre 2014

Je tiens à ce que vous sachiez que je n'ai pas grand-chose à dire

                               Trois lignes sur quelques heures d'ennui. Jim Harrison, objet d'un culte ici en France que j'ai souvent trouvé exagéré, m'a deux fois pesé lors des deux novellas de Nageur de rivière. Ni le sexagénaire sur le retour près de sa soeur et de sa mère, ni ce jeune homme si bon nageur mais qui m'a semblé brasser du vent ne m'ont intéressé. Je laisse ce vieux Jim à ses lauriers.

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                              Ismet Prcic, Bosniaque émigré en Amérique, est loin de m'avoir fait rêver avec California dream. Le Point en écrivait ceci, tenez-vous bien, "Fougueux comme un film de Kusturica, inventif comme le Philip Roth de la grande époque et déchirant comme une complainte de Tom Waits". Grand emballement aussi outre-Atlantique. Quant à moi je l'ai lu cet été et je ne m'en souviens plus.

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                                 J'ai tenté L'expérience Oregon, autre état de l'Ouest, mais décidément ce voyage là non plus ne m'a pas régalé. Keith Scribner envoie un couple tout là-haut au Nord-Ouest, pour un séjour au sein d'un milieu antimondialiste et écologique. Tout cela sur un ton prêchi-prêcha, sans finesse et sans intérêt. Comme toujours ces mots n'expriment que mon opinion.

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28 août 2014

Aval, amont, embâcles et noues

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                                         La Marne est souvent associée à l'Est et aux guerres, un peu au Front Populaire et au canotier dans sa version banlieue parisienne. Homme de l'Ouest mais que les destinations un peu extrêmes (L'arche des Kerguelen, La chambre noire de Longwood, sur Sainte Hélène) passionnent tout autant, Jean-Paul Kaufmann, qui a connu l'enfermement que l'on sait, a eu l'idée de remonter cette rivière intégralement; ce qui n'est pas si facile car la géographie de maintenant fait parfois diversion, carrefours, zones industrielles, ouvrages d'art. La Marne est en fait plus longue que la Seine qui est en quelque sorte sa supérieure hiérarchique directe, et qui la toise facilement, cette prétentieuse. Il en va des cours d'eau comme des hommes et des femmes, jalousies, querelles de voisinage, kleptomanie car l'une vole parfois le lit de l'autre. Le périple de Kauffmann est très intéressant, délivrant au fil de l'eau un amont curieux, fait de bric et de broc, une France sans prétention, je ne dirais pas une France profonde car l'épithète est souvent péjorative.

                                       Parti du banlieusard et tristounet confluent de Charenton Jean-Paul Kauffmann apprivoise le cours de la Marne  tout au long des étapes qui nous emmèneront au Plateau de Langres. Bien sûr la Grande Guerre est passée par là, bien sûr les coteaux champenois effervescents nous tiennent compagnie, Kauffmann est d'ailleurs un oenologue reconnu, mais c'est au détour de la cathédrale de Meaux*, d'une maison d'éclusier à la Simenon ou à l'évocation d'André Breton séjournant six mois à l'hôpital psychiatrique de Saint Dizier que j'ai vraiment apprécié cette longue promenade qui prend toute son ampleur dans une certaine austérité haut-marnaise, où l'ombre d'une grande croix de Lorraine s'observe là-haut sur la rive gauche, rappelant la grandeur du cher et vieux pays.

                                         Ce coin de France dessert la Manche, la Mer du Nord et la Méditerranée. En effet, y naissent la Seine, la Meuse et des affluents de la Saône, toute la France en quelque sorte. Plus émouvant qu'il n'y paraît ce voyage est aussi d'une belle eau (forcément) littéraire où notre vocabulaire s'enrichit considérablement avec les marnois et les brelles, respectIvement des radeaux et des bateaux plats, quinze jours pour livrer à Paris le bois du sud champenois, ou avec la distinction entre berges et rives (vous la connaissez, vous?).

                                         * "Non loin du tombeau de Bossuet, je me suis assis dans la nef près d’un pilier, débarrassé de mon sac posé sur la chaise voisine. L’église lumineuse sentait la pierre blanche, ce coquillé du calcaire et une odeur poudrée de vieux livre, aucunement moisie, quelque chose de blet ressemblant au parfum de vieilles pommes rangées sur un carrelage. Quel moment délicieux ! Les bruits de l’extérieur me parvenaient étouffés : touches de klaxon, percussions régulières d’une masse sur le bois, staccato d’un marteau-piqueur. Ce léger brouhaha contrastait avec l’intérieur où le moindre pas, le grincement d’une chaise, le battement de la porte capitonnée retentissait, amplifié par la réverbération. (…)

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                                         "L’odeur du marbre dans cette église. Même le marbre a une odeur. Il a beau être impénétrable, il exhale une curieuse sensation de givre, acide, dur, piquant. Il me faut débusquer ces effluves chaque fois que je découvre une ville, un village, un site. L’empreinte. La trace d’un parfum ou d’un monument."

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10 juillet 2014

La poésie du jeudi, Francis Picabia

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Picabia

Labyrinthe

             La volonté attend sans cesse

Un désir sans trouver.

Le cran d'arrêt passionne

l'absence de gaudriole.

Une cicatrice vers la nuit

profane la réflexion.

Il n'y a que détachement incrédule.

On me fait souffrir

parce que je sais l'indifférence

Banalités embarquées

sans cesse sur elles-mêmes :

Les horizons attirent les yeux

de nos sentiments.

Francis Picabia (1879-1953)

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                                                       Touche à tout aristocratique Francis Picabia fut surtout peintre. Dada, Surréalisme, et autres sympathiques sornettes eurent sa visite. Poète aussi, à sa manière, qui ressemble à celle de Picabia peintre. Pour preuve ce Labyrinthe aussi clair que Parade amoureuse, le tableau ci-dessus. En fait Picabia ne voulait surtout pas rater le dernier train à la mode. Maintenant on dirait hype, ou branché. Ainsi fut-il fou de l'automobile et du cinéma, tous deux frémissants. On est en droit d'apprécier. En droit aussi de penser qu'il se fout de nous. Allez savoir! A dire vrai, moi, de Picabia, j'aime surtout son duo avec Erik Satie dans le surréalistissime Entr'acte de René Clair.

 

 

 

                                           


 

 

 

 

 

25 juin 2014

La poésie du jeudi, Marie Krysinska

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1                                             Voulez- vous danser, blogueuses?

                                                                                      Voulez-vous giguer, charmeuses?

                                                                                      Marie la Polonaise

                                                                                      Vous met à l'aise

La gigue

 

Les Talons

Vont

D'un train d'enfer,

Sur le sable blond,

Les Talons

Vont

D'un train d'enfer

Implacablement

Et rythmiquement,

Avec une méthode d'enfer,

Les Talons

Vont.

Cependant le corps,

Sans nul désarroi,

Se tient tout droit,

Comme appréhendé au collet

Par les

Recors

 

sans-titre

 

La danseuse exhibe ses bas noirs

Sur des jambes dures

Comme du bois.

Mais le visage reste coi

Et l'oeil vert,

Comme les bois,

Ne trahit nul émoi.

Puis d'un coup sec

Comme du bois,

Le danseur, la danseuse

Retombent droits

D'un parfait accord,

Les bras le long

Du corps.

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Et dans une attitude aussi sereine

Que si l'on portait

La santé

De la Reine.

Mais de nouveau

Les Talons

Vont

D'un train d'enfer

Sur le plancher clair.

Marie Krysinska (1857-1908)

                                     Née à Varsovie Marie Krysinska fut une apôtre du vers libre. Et l'une des très rares femmes à adhérer à des cercles littéraires florissants dans le Paris de la fin du XIXème Siècle, les Zutistes, les Hydropathes et aussi  pensionnaire un temps du célèbre Chat Noir de Montmartre. Danseur tout en raideur que je suis, euphémisme, cette fantaisie aux talons qui claquent m'a pas mal réjoui.

3 juin 2014

Peu de précipitation

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                                         Ce polar pourrait entrer dans le sous-genre psycho puisqu''il se situe entièrement dans un hôpital psychiatrique, lequel établissement a une histoire et ruisselle de souvenirs d'une époque pas si lointaine où la médecine des troubles du comportement était rien moins que diablement carcérale. Diablement est le mot juste car le centre porte le nom pas forcément jovial de Théophobe Le Diaoul, jadis Théophile Le Bellec, un ancien patient illuminé ou assombri, c'est selon, et que la Grande Guerre avait conduit dans ces murs tragiquement continuateurs de l'aliénation des tranchées. Cette idée sous-tend toute la suite de l'enquête menée par Eric Lanester, flic et psychologue, et son équipe dans cet univers où l'on a coutume de dire que la différence entre les soignants et les soignés ne saute pas toujours aux yeux.

                                        En cette année centenaire la Grande Guerre est donc indirectement responsable une fois encore de morts violentes, celles d'un patient défenestré par son infirmier, puis le suicide de ce dernier. Le meurtre en ces lieux peut s'avérer essentiellement d'ordre chimique, antidépresseurs, psychotropes, gélules et pilules multicolores pouvant faire fonction de fameux objets contondants. Françoise Guérin, elle-même psychologue, décrit bien les arcanes et plus encore les archives si cruciales dans cet hôpital où l'on comprend trop vite l'importance de l'hérédité, des rivalités et des dynasties. Peu de professionnels collaborent vraiment aux interrogations de Lanester et de ses collègues, soigneusement stéréotypés, une râleuse, une extravertie portée sur la chose, un bleu maladroit. Pas trop d'aide du médecin-chef, pointilleux sur ses prérogatives. Par contre, Elisabeth Bassonville, elle, responsable de tout le passé historique du Centre Théophobe Le Diaoul, se prête si bien aux questions que ça en devient louche.

                                       On s'achemine ainsi vers une vérité subodorée depuis bien longtemps. Dommage que l'on soit depuis pas mal de pages resté assis à la cafeteria, à rêvasser à ce qu'aurait pu être une incursion réussie dans ce milieu hostile à toute curiosité. Les enfants de la dernière pluie, tout au plus une petite ondée de l'autre côté du rideau, celui qui sépare tant bien que mal la norme de la différence, sachant que l'individu dit normal n'a pas bonne presse dans la critique littéraire jamais exempte de démagogie, mais tout ceci reste insuffisant.

19 avril 2014

Notre-Dame du crime

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                                                            Premier roman d'Alexis Ragougneau ce roman policier ne nous éloigne guère géographiquement du fameux Quai des Orfèvres. Tout près de là ce bon polar vaut surtout par son personnage principal, trônant en majesté au coeur de Paris depuis huit siècles,Notre-Dame. Imposante, impressionnante et intemporelle,un certain Victor Hugo nous l'avait déjà peuplée de héros inoubliables, gens de peuple, gens d'armes, gens d'église. Il y avait même déjà une "créature" du diable. L'été apporte dans l'île de la Cité son lot de touristes et la grande gothique ressemble à une babel cosmopolite, laquelle voisine avec toute une faune pas forcément très chrétienne.Voilà que se commet un meurtre à l'église comme dans Maigret à Saint Fiacre. Mais la victime n'est pas ici une comtesse dame patronnesse mais une fille de 21 ans, minijupe et décolleté, de blanc très court vêtue en ce 15 août dédié à Marie, et qu'on rtrouve sur la dalle curieusement souillée. A toute recherche il faut un limier, le Père Kern sera notre homme, prêtre malingre, contrefait, douloureux,il mène son enquête qui ne colle pas trop avec celle de la police. Classique, il ne faut pas espérer que La Madone de Notre-Dame donne  dans le suspense haletant ni dans le whodunit à la Agatha Christie. Loin de là mais ce n'est pas très grave. L'intérêt est ailleurs.
                   
                                                            L'important dans ce livre c'est l'atmosphère et la découverte de la ruche Notre-Dame. Plus qu'un commerce, presque une industrie. Prêtres de tout niveau, hiérarchie sourcilleuse, petit personnel de sacristains, de surveillants mais aussi policiers omniprésents, et milliers de touristes font de la belle un monde à part en plein milieu de la grande ville. C'est parmi ce réglage minuté, particulièrement ce jour, dans un maelstrom de dizaines de langues, mais aussi à la technologie de surveillance pointue que le coupable sera identifié. La jeune Claire Kaufmann, procureur troublée , un commissaire manifestement un peu trop buté, les gargouilles en ont des vertiges. On s'attache au Père Kern, lourd passé et tentations refoulées, un enquêteur inattendu. Dans le Paris historique avec l'aide d'un clochard alcoolo et celle de Dieu bien qu'il ait ici fort à faire avec l'ombre du diacre hugolien Frollo, soumis au mal, on fait avec La Madone de Notre-Dame une belle escapade entre spirituel et ô combien charnel, bref tout ce qui fait de l'homme un diable potentiel.

                                                         Dasola a bien aimé aussi L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

27 avril 2014

Un livre, un film (énigme 93), la solution

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                                            Au nom de La loi  je déclare vainqueurs Dasola, Pierrot Bâton (qui si je ne m'abuse a fait un lapsus Claude/Pierre Brasseur), Keisha. Les illustrations tiennent lieu d'explications. Joe Dassin apparaît à plusieurs reprises dans le film. Parmi les adaptations de Roger Vailland au cinéma, outre La truite de Joseph Losey, citons Les mauvais coups  et Drôle de jeu.

la loi

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                                          Claudia et Wens, qui lozent actuellement en Lozère seront de retour pour le jeu du 17 mai. Mais le 10 mai je vous proposerai une autre énigme. A bientôt et merci.

10 avril 2014

Le livre mystère d'Asphodèle

                                              Asphodèle, sur une idée de Jérôme, m'a proposé un livre mystère, reçu couvert et anonyme, mais pas sans charmes, chère Aspho, à charge pour moi de le lire sans aucune indication d'auteur, de date d'édition, sans illustration,sec. Curieuse sensation sur laquelle je vous livre d'abord mes impressions, puis une critique du roman, puis enfin je dévoilerai le pot aux roses pour vous... et pour moi. Evidemment il est déconseillé de faire ça avec un Maigret ou un Sherlock Holmes, le suspens serait vite expédié. Donc pas de place pour les récurrents dans le livre mystère.

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                                               A première vue je ne rentre pas très vite dans l'histoire, me consacrant à tenter de percer le nom de l'auteur. C'est déjà fausser un peu ma lecture. Bon, déjà un élément, le livre est court, format de poche, alors une histoire de détective, de grand détective? Mais non, pas d'enquête à proprement parler. Cependant comme on est en pleine Renaissance et que le héros s'appelle Michel-Ange, génie créateur de son état, je pense à Sophie Chauveau par exemple dont j'ai déjà lu une très moyenne Obsession Vinci. C'est pas tout ça,les amis, mais vu qu'il ne compte que 170 pages dont certaines de douze ou quinze lignes, il faudrait que je me concentre un peu sur la lecture proprement dite. Etrange sentiment que celui de découvrir le grand peintre de Florence face au sultan de Constantinople, en tant qu'architecte ce qui n'est pas une surprise.Le livre se lit maintenant avec beaucoup de plaisir, presque distraitement. L'auteur n'a pas lésiné sur les descriptions des épices et des marchandises, ce qui m'a fait un effet catalogue un peu gênant.Cipolin, sérancolin, brocantin, cinatique , des matières à couleurs. Ou cavet et scotie, des moulures. Ca c'est un peu ce que j'appelle l'effet dico, martelant des vocables à peu près inconnus du profane. Instructif, certes, un peu procédé à la longue. Et puis quand même cette présentation clairsemée, on dirait presque que le responsable a été payé à la page. Ne boudons pas notre plaisir, on respire l'air de la Corne d'Or et l'on imagine le pont selon Buonarotti, fier et florentin. Belle histoire,  romanesque à souhait, de ce romanesque un peu hautain qui caractérise la Renaissance dont la vertu cardinale n'est pas la modestie.

                                               Le roman ? ne m'a pas vraiment convaincu et j'en suis fort triste pour ma chère Asphodèle dont je crois savoir qu'elle a aimé ce livre. Pourtant la Renaissance me passionne mais X, l'auteur m'a semblé saupoudrer son récit de scènes attendues sur l'exotisme un peu appuyé des tavernes de Constantinople, de ses odalisques et de ses éphèbes. Et puis encore une fois j'aime m'installer dans un livre, les chapitres m'apportant une latence, une douce indolence favorisant mon imagination. C'est tout le contraire dans ? qui s'apparente un peu, le mot est fort, je sais, à une sorte de zapping écrit, plaisant et aérien. Nous en venons, maintenant que j'ai fait de la peine à mon amie Asphodèle, mais je crois qu'elle n'aurait pas aimé un enthousiasme factice de ma part, à l'auteur que j'ignore encore à cette heure.  Certaine phrase très précise renvoie au titre d'un livre récent de Mathias Enard. Mais je n'ai jamais lu cet auteur et ça n'a peut-être strictement rien  voir. Il y est question de rois, de batailles et d'éléphants? Demain soir j'aurai enlevé la couverture de papier et je vous dirai ce que j'ai lu.

P.S. Asphodèle, merci encore.Et pardon...

Dernière minute,il s'agit bien du roman de Mathias Enard dont voici un exemplaire. Merci encore Aspho pour cette belle pirouette littéraire.

9782330015060

 

27 mars 2014

Haro sur Dawa

Mmasse critique

                                                    Nouvelle aventure critique avec Babelio qui me fait confiance une fois encore. Dawa est un pavé qui aurait gagné à se "galetiser" d'au moins un tiers car tout de même 500 pages c'est lourd, surtout pour un roman pour le moins redondant et immodeste.Dawa est le nom d'une opération terroriste visant à cinq attentats dans les cinq grandes gares parisiennes. Tous les étages de la société française de 2014 sont explorés,mais comme ça m'a ennuyé. De la cité des 3 000 avec son habituel gisement de délinquants dont certains recrutés pour l'opération, jusqu'aux arcanes du pouvoir, très concrètement circonscrits car l'action se déroule en ce moment même d'élections 2014, en passant par la sempiternelle guerre des polices. Souvent dans ce genre de bouquins on n'aime pas tout. Là je n'aime presque rien.

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                                    A commencer par le présupposé que l'argot des banlieues n'avait pas de secrets pour moi. Nanti d'un zeste d'incompréhension, j'ai très vite fait la gueule à ma lecture mais suis allé jusqu'au bout, sans que jamais aucun personnage ne m'interpelle vraiment. Trop de figures traversent cette histoire, pessimiste quant à ce pays qui ne se comprend plus lui-même. Dans ces cas là on privilégie l'efficacité, genre cinéma carré, pourquoi pas. Mais voilà, des digressions, des considérations générales sur le microcosme politique, des personnages féminins stéréotypés, Julien Suaudeau a fait bien long pour m'emmener tout près. Sans intérêt pour moi. J'ai bien dit pour moi.

 

2 mars 2014

Culpabilité, responsabilité, pardon, pas léger léger tout ça

schlink

                                          Ce roman de Bernhard Schlink (Le liseur), publié en 2008, revient sous forme de soirée entre amis, et l'on sait ce que cela peut parfois donner, sur les années de terrorisme et la Fraction Armée Rouge. Jörg a passé plus de vingt ans en prison, il a tué, et la grâce présidentielle le libère. Sa soeur Christiane lui a ménagé un week-end à la campagne avec des amis, tous plus ou moins anciens de la même mouvance. Elle a sûrement cru bien faire, Christiane, mais la quinzaine d'invités n'ont pas tous le même enthousiasme à l'idée de trois jours de huis clos avec leur passé. On sait que cette époque de plomb a beaucoup intéressé les écrivains allemands, particulièrement versés dans les problèmes de culpabilité qu'elle soit individuelle ou collective. Je craignais une excessive "romantisation" de l'art du terrorisme, une de mes hantises littéraires, que j'ai parfois rencontrée. Ce n'est pas le cas bien que Schlink se garde de trop de tranchant. Alors les questions seront posées certes, mais le bal des retrouvailles n'ira pas jusqu'au bout et vérité restera en deça.

                                        Je ne suis guère à l'aise avec ce sujet, la vie d'un homme m'étant précieuse et j'ai passé ce week-end avec méfiance et circonspection, les circonvolutions littéraires m'apparaissant parfois sympathies meurtrières. Cependant Schlink sait installer une ambiance, fût-elle quelque peu délétère. Et rester à la surface des choses n'était pas forcément une mauvaise idée. Après réflexion et quelques jalousies au réveil teigneux, après quelques vieilles lâchetés à peu près assumées, d'autant plus que rôde la maladie, chacun rentre chez soi.Mieux ainsi? Le retour du même auteur m'avait autrement transporté. L'odyssée du Retour Mais ceci ne reflète qu'une opinion, la mienne.

24 février 2014

Equateur de marbre

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                                           C'est toujours avec plaisir que je chronique un livre offert et je remercie Babelio de sa confiance. La mission était agréable, découvrir un polar équatorien, chose peu commune. En route pour Quito car l'Equateur c'est soit la grande cité portuaire du Pacifique, Guayaquil, soit la montagneuse et déjà andine capitale administrative. Plusieurs figures principales dans Mourir, la belle affaire, ce serait un thriller choral? Pas vraiment et est-ce tout à fait un roman policier? Trions. De victimes, de cadavres, certes on ne manque pas et Alfredo Noriega qui porte un nom tristement célèbre un peu plus au Nord, n'est pas avare de ces amas sanguinolents, de ces visages dévastés, de ces deux tiers d'homme, qui atterrissent souvent sur la table d'opération d'Arturo Fernandez, médecin légiste. Mais à lire le titre on comprend la violence du propos, et celle du continent, avec cet horrible sentiment de l'inévitable. J'ai lu récemment que le crime, qui se porte bien partout, merci, avait une nouvelle capitale, non plus Johannesburg ou Lagos, mais Tegucigalpa du modeste Honduras qui semblerait plus gangrenée si possible que Ciudad Juarez la sinistre ville frontalière. Comme en football il n'y a plus en corruption, meurtres et narco, de petites équipes. Manifestement Quito ne donne pas sa part aux condors.

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                                            Arturo fait son boulot. Quelques flics à peu près honnêtes aussi. Tout ça pas longtemps car explosent les pare-brise et les vrais accidents automobiles sont assez rares. La mort est rarement vraiment accidentelle à Quito, sauf par erreur de personne. Beaucoup de saintes églises dans la capitale équatorienne mais bien peu de charité chrétienne. L'inspecteur Herriberto Gonzaga veut tenir la promesse faite à Maria del Carmen, retrouver un chauffard assassin, denrée assez fournie ici bas, enfin ici haut, 2850 mètres d'altitude. A cette hauteur les autochtones ont souvent un peu plus de sang que les étrangers, ils en perdent donc un peu plus aussi sur l'asphalte des banlieues ou dans la poussière des bidonvilles. Beaucoup d'assassins dans Mourir, la belle affaire, et bien peu de coupables, la vie en Amérique du Sud n'a jamais valu que quelques narcodollars. Omniprésente au long de cette balade quitenienne de sang et de larmes, la camarde nous prend par la main et Arturo nous guide dans la jungle équatoriale urbaine. C'est le plus réussi de ce bon roman, on sent vivre Quito, ses ruelles sordides, ses cris dans la nuit automobile, ses dérisoires pauses entre deux morts de vieillards ou d'adolescents, ce brouillard d'emphysème venant du tout proche volcan.

                                           On le sait depuis lontemps,les meilleurs polars sont des bannières citadines. C'est le cas pour la Quito d'Alfredo Noriega, avec ses enfants perdus, son crachin andin, ses vieilles rescapées et son inaltérable fatalisme contre lequel on lutte malgré tout.Après tout, Mourir, la belle affaire...

20 février 2014

La poésie du jeudi, Stéphane Mallarmé

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                                  Très méconnu, en tout cas de moi, Stéphane Mallarmé est pourtant copieusement cité sans même qu'on le sache. J'avais oublié mais l'ai-je jamais su, que cette phrase, la première de Brise marine était de lui. Perclus depuis un siècle sous l'accusation d'hermétisme, et si Mallarmé pouvait aussi hanter les sacs à main d'étudiantes? En toute simplicité. Sans mâts ni loi.

Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres

D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !

Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux

Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe

Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe

Sur le vide papier que la blancheur défend

Et ni la jeune femme allaitant son enfant.

Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,

Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,

Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,

Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages

Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …

Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

18 mars 2014

Géographie: Poplar Bluff, Missouri

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                                     Poplar Bluff, 16 000 habitants, deux minutes d'arrêt, ce qui me suffit largement tant je n'ai rien à dire. Mais comme statutairement je suis tenu à instruire avant de distraire je dirai  que le conquistador Hernando de Soto fut le premier dans ce coin et que la ville tire son nom d'une falaise (bluff)  plantée de tulipiers (tulip poplars) surplombant la Black River. Etonnant, non? Si au moins j'avais quelques informations sur le groupe Red Jacket Mine. Même pas. Euh,si, ils viennent de Seattle, mais, sont assez loin du grunge nirvanesque. Décidément ça se gâte sur notre American Music Road. Tout fout le camp.

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http://www.deezer.com/track/66472621    Poplar Bluff    Red Jacket Mine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13 janvier 2014

Géographie: Leavenworth, Kansas

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                                       Leavenworth, Kansas, est connue essentiellement pour...ses prisons. Il faut dire que la bande originale de ce voyage en Amérique n'a pas peur des rues chaudes, des bouges et des geôles qui constellent depuis quelques années le panorama musical que j'ai le plaisir de vous proposer depuis pas mal de temps. Leavenworth, tout près de Kansas City tire son nom de Fort Leavenworth, important bastion fondé en 1827 par le Colonel Henry Leavenworth. Vous savez, ici les actes de naissance des villes proviennent la plupart du temps d'un fort militaire,d'une mission espagnole surtout dans l'Ouest,d' un campement de trappeurs scandinaves,etc...

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                                    Chris Whitley,qui céda au Big C. à 45 ans en 2005, je ne l'avais pas écouté depuis des années. Combien comme ça? Et puis je me suis souvenu du bel album Living with the law et d'un titre, un coup de fil de quelque part. Le tour était joué.Même pas besoin de ressortir le CD de ma pléthorique discothèque pour vous proposer cette mise sur écoute. " I'm down in Leavenworth Prison now and I do not count no days"

 http://youtu.be/pd_eCW8TuPU   Phone call from Leavenworth   Chris Whitley

                                    Et pour finir un petit rappel traditionnel de cet itinéraire que je ne me résous pas à conclure.

                      Abilene,Albuquerque,Asbury Park,Atlanta,Atlantic City, Austin, Bakersfield, Baltimore, Baton Rouge, Berkeley, Biloxi, Birmingham, Boise, Boston, Brooklyn,Cedar Rapids, Cedartown, Chattanooga, Cheyenne, Chicago, Cincinnati, Clarksdale, Cleveland, Dallas, Denver, Detroit, Dodge City, Flagstaff, Folsom, Fort Worth, Fresno, Galveston, Hopkinsville, Hot Springs, Houston, Jackson, Jacksonville, Joliet, Kansas City, Knoxville, Lafayette, Lake Charles, Lansing, Laredo, Las Vegas, Leavenworth, Lodi, Long Beach,Los Angeles, Manhattan, Memphis, Mendocino, Miami, Milwaukee, Minneapolis, Mobile, Montgomery, Muscle Shoals, Muskogee, Nantucket, Nashville, Natchez, New Orleans, Oakland, Omaha, Oxford, Palo Alto, Philadelphie, Phoenix, Pine Bluff, Pittsburgh, Portland, Postville, Rapid City,Reno,Rockville, Saginaw, St Louis, St Paul, San Antonio, San Bernardino,San Diego, San Jose, Santa Fe, Savannah, South Bend, Springfield, Statesboro, Tacoma, Tallahassee, Texarkana, Tucson,Tulsa, Tupelo, Tuscaloosa,  Washington, Wichita, Youngstown...

                        ...furent nos escales précédentes.

                                 

16 juin 2019

Littérature jeunesse

Masse critique

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                                 Babelio m'a permis une nouvelle incursion dans la littérature jeunesse. Et vous me voyez perplexe. Les loups de Mondrepuis est une aventure médiévale de 150 pages, très classique avec châtelain et sa belle, Templiers désignés coupables et grands renforts de loups de nos forêts picardes. Quelques notes de bas de page pour définir une échauguette ou un haubert. Honnêtement je n'y ai guère ressenti le souffle d'un Walter Scott ou d'un Dumas. Bien sûr je ne mettais pas la barre si haut. Thibaut et Alise, aidés de deux moines et de deux orphelines meneuses de loups vont régler allégrément la question sans trop se soucier de vraisemblance.

                                Bien sûr le livre Jean-Paul Raymond s'adresse plutôt aux préados, 12 ans. Et, ça m'écorche de le reconnaître, je connais bien peu de ces bestioles (les préados) qui lâcheront  leur PS ou leur tablette pour ce livre, en l'occurrence assez plat, même curieusement doté d'une couverture vaguement manga. On dit parfois le contraire. On dit qu'ils lisent. Moi j'en ai deux qui portent mon nom qui est aussi celui de leur père. Croyez-moi, quand je pense à mon père qui portait le même nom, quittant l'école à 12 ans, et qui me donna malgré tout ce goût  des livres, Jules, Alexandre, mais aussi Hemingway, Steinbeck, Marcel Aymé ou Dickens, j'aime mieux garder le silence. Ce sont bien sûr les réflexions d'un grincheux.

                                Tout n'était pas mieux avant. Je suis  seulement en train de vous dire que mes petits-enfants ne liront pas le dixième de ce qu'a lu leur arrière-grand père, apprenti à douze ans, comme tout le monde ou presque en ces années trente. C'est une affaire purement privée. Pour en revenir aux Loups de Mondrepuis, objet de cette chronique pour Babelio, je pense l'abandonner sur un banc. Sur un versant plus optimiste je sais qu'il y a aussi des livres jeunesse d'une toute autre ampleur. Sont-ils lus davantage?

 

22 octobre 2017

Dans la cité des anges

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                                Lecture commune avec ma chère Val, toujours prête à collaborer (La grâce des brigands – Véronique Ovaldé). Ce fut son choix cette fois et elle a bien fait de me présenter une auteure dont j'ai souvent vu les livres de ci de là, mais jamais rien lu. Il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands. Je vous dévoile ainsi l'ultime sentence de ce roman. Il a beaucoup de charme. Véronique Ovaldé nous emmène en Californie dans les pas de Maria Cristina, devenue écrivaine après sa rupture avec mère et soeur. D'origine finlandaise elle a quitté l'improbable bled de Lapérouse, Canada à l'âge de 17 ans. Dans la tentaculaire Los Angeles elle fait vite la connaissance de Claramunt, écrivain qui n'écrit plus guère, nobelisable, enfin dit-il. Devenue sa secrétaire en attendant mieux elle cherche à lui faire lire ses propres textes.

                              Maria Cristina est une héroïne originale à mon sens. Car devenue assez célèbre elle n'est jamais dupe des faux semblants particulièrement prospères en Californie. Il n'y a pas dans La grâce des brigands une réelle unité fictionnellle qui permettrait un chemin assez balisé et on ne sait pas très bien où on va. C'est pas plus mal comme ça et c'est parfois surprenant, surprenant comme le pseudo d'un chauffeur au nom imprononçable, Oz Mithzaverzbki. Alors on l'appelle...Judy Garland. C'est un roman qui parvient à nous étonner, un regard français sur les mirages de la gloire. Comme un miroir aux alouettes, sans la naïveté qu'ont parfois les héroïnes de ces histoires. Parfois un peu désarçonné, j'ai cependant suivi avec plaisir cette Maria Cristina, pas vraiment sortie de la cuisse de Jupiter, mais qui va son chemin vaillamment jusqu'à une conclusion qui ménage la surprise, ce qui n'est pas  si fréquent dans l'art du roman.

                            Je conseille vivement ce California dreamin' qui parvient à éviter pas mal de clichés sur cette Babylone contemporaine, un prisme français, louvoyant comme dans une baie pacifique, nous permet vraiment de belles envolées.

16 mars 2015

Clair et net

 Masse critique

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                                Etre retenu dans le Club des Lecteurs Relay 2015 est une chance qui m'a permis de recevoir quatre livres. A charge de les lire (oui) et d'en poster une critique. Voici le premier. Jerôme Garcin a eu bien raison de nous faire redécouvrir Jacques Lusseyran, écrivain, résistant, aveugle (1924-1971) car c'est un beau récit d'amitié et d'admiration qu'il nous livre à travers le destin de cet homme, le visionnaire, le clairvoyant, le voyant. Frappé de cécité à huit ans Jacques Lusseyran fut très vite attiré par la musique et plus encore par la littérature et l'écriture. Sa prodigieuse mémoire lui permit des études brillantes qui le conduisirent, lui, le rescapé infirme de Buchenwald, à enseigner après-guerre la littérature aux Etats-Unis, pays où il se reconnaissait et où on le reconnaissait mieux que dans la France encore frileuse de 1950.

                                    Le voyant se situe, bien que récit, dans une grande veine romanesque humaniste, mais ce dernier mot est si galvaudé, que j'hésite. A travers le prisme Jérôme Garcin, cet homme semble irradier une lumière contagieuse, renforcée à de multiples occasions par ce qu'on ne peut pas qualifier ici de handicap, tant les sens et les empathies de Lusseyran ont crû et embelli suite à la perte de la vue. Certains chroniqueurs, pas tout à fait à tort, y ont décelé, eux, du trop, du trop beau pour être vrai, du trop de facilités pour un seul homme, voire du trop peu de séquelles pour un retour des camps.

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                                 Mais Jérôme Garcin est encore plus bouleversant quand il revient sur les failles de Jacques Lusseyran car on finit par les connaître, ses mariages manqués, ses rapports inexistants avec ses enfants sauf sa fille ainée Claire, ses exigeances. Et ses relations avec un certain maître parfois contestable. De l'influence anthroposophe et de l'ésotérisme chrétien venus en partie de son père Pierre Lusseyran je n'ai pas compétence et me tairai donc. Enfin en une douzaine de lignes l'auteur fait le parallèle entre la mort dans un accident de la route de Lusseyran en 71, avec sa troisième et jeune épouse, et celui de son propre père le grand éditeur Philippe Garcin, mort de façon similaire en 73. Tous deux étaient khagneux de Louis-le-Grand, amoureux fous de la langue française et de la littérature en général, brillants et pleins d'avenir.

                                                  

5 février 2015

La poésie du jeudi, Victor Segalen

Poésie du jeudi

                             Victor Segalen, né et mort dans le Finistère (1878-1919), a pourtant bien bourlingué. Médecin de la Marine, poète, romancier, Polynésie et surtout Chine ont eu une très grande influence sur son oeuvre. J'aime beaucoup ce poème qui évoque une sirène peut-être, une aquafemme oserai-je, insaisissable...

Mon amante a les vertus de l'eau

Mon amante a les vertus de l'eau:

un sourire clair, des gestes coulants,

une voix pure et chantant goutte à goutte.

 

Et quand parfois, malgré moi -

du feu passe dans mon regard,

elle sait comment on l'attise en frémissant:

eau jetée sur les charbons rouges.

Mon eau vive, la voici répandue, toute, sur la terre!

Elle glisse, elle me fuit; -

et j'ai soif, et je cours après elle.

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De mes mains je fais une coupe.

De mes deux mains je l'étanche avec ivresse,

je l'étreins, je la porte à mes lèvres:

Et j'avale une poignée de boue.

Victor Segalen (Stèles)

4 février 2014

J'ai huit ans, et là c'est vrai

220px-Asphodelus_ramosus7 Oui j'ai huit ans  aujourd'hui et, blog de mon état, je voulais saluer tous ceux qui m'ont rendu visite

BISON souvent ou rarement ou même une seule fois, commentant ou non.

lorelei Qu'ils sachent que ce fut un plaisir de les recevoir.

rica-saone-lyon-rhone-saone Huit ans aussi pour huit blogueurs, souvent blogueuses,

la_jument_clip_image002 que je tiens à remercier tout particulièrement et chaleureusement de leur présence.

1311507-Maison_de_Montaigne_à_Bordeaux Grace à eux la vie est un peu plus intéressante chaque jour

da sola  et je fais fréquemment escale chez eux.

Animated-gif-three-flashing-question-marks-picture-moving Ils ne sont classés en aucune manière mais ils se reconnaitront.

                                   Huit ans,sept images, la huitième étant la vôtre. Le 4 février 2006, avec un poème sur le Sud américain, déjà, je m'installais en ces murs.Mais voilà, huit ans c'est plus de 1200 billets, chroniques ou fictions, c'est beaucoup. Il se peut que moi, blog , je ralentisse un peu prochainement. Pourtant rien n'est moins sûr, j'aime tellement l'écriture. De toute façon je souhaite à tous ceux qui sont passés de se sentir "groovy" longtemps encore. Du fond du coeur merci  encore et encore.

 

 

 

 

 

17 août 2010

Géographie: Washington, DC

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           Aujourd'hui rien de moins que la capitale fédérale.Dans la croisade anti-Bush parfois un brin démago John Mellencamp fut l'un des plus en pointe.Voici,repris d'une vieille ritournelle traditionnelle,To Washington,son brûlot contre le Texan si détesté.Presque sexagénaire aujourd'hui John ex Cougar Mellencamp est pourtant très prolifique et largement aussi intéressant que bien d'autres. Mais les Français continuent d'ignorer cet homme à tout faire de la musique américaine.Assez proche de Springsteen dans la peinture de la vie américaine,des petites villes,des déboires familiaux et financiers John Mellencamp mérite d'être écouté, notamment Scarecrow,son plus bel album d'après les documents que j'ai pu consulter.Car je dois confesser que moi-même je connais assez mal ce folkrocksongwriterdirectorpainter.  Oui John Mellencamp est tout ça.Ce n'est certes pas Thierry qui me contredira    

JOHN MELLENCAMP : On the rural route 7609 (2010, coffret 4 CD)

http://www.youtube.com/watch?v=XR5HuJU0Ndw To Washington

16 février 2010

Stridences et glaciations

      J'explore à pas feutrés et tardivement les films de JLG.Me voici à la case Alphaville dont je ne sais rien sinon la présence du beau visage marqué d'Eddie Constantine.Première curiosité:sa présence dans ce film,lui qui symbolise parfaitement un cinoche du samedi soir particulièrement vomi par les cinéstes de la Nouvelle Vague.Pourtant ça marche au moins en apparence,la dégaine et l'imper de Lemmy Caution intriguent et inquiètent dans ce climat futuriste et kafkaïen bien établi par Godard,labyrinthe de néons Nord-Sud et à ma connaissance l'une  des premières apparaitions cybernétiques au cinéma.Je vous présente Alpha 60,à la voix d'outre-tombe un poil déstabilisante en 1965.

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  La ville ne sera que nocturne et plutôt hôtelière mais certes pas hospitalière.Constantine se présente vaguement journaliste au Figaro-Pravda (sic) mais on le soupçonne d'être agent secret ou tueur à gages recherchant un Professeur von Braun(resic).Il rencontre sa fille,c'est le Godard période Karina,et l'amour aura-t-il une chance de regénérer cette opacité filmique bourrée de citations pêle-mêle.Un personnage s'appelle Dickson.Affiche de Bardot,Eluard en poche.Apparition de Jean-Pierre Léaud.Nosferatu.Ici les émotions sont interdites et les exécutions capitales se passent à la piscine,images étrangement inquiétantes que de voir les naïades continuer leurs évolutions autour des cadavres.Il ya bien des Pays extérieurs,difficilement accessibles.C'est un peu aussi le cas d'Alphaville,sous-titré Une étrange aventure de Lemmy Caution,ce qui ne m'avait pas frappé.J'ai l'impression d'avoir vu un film intéressant sans avoir toutes ls clés.Il est vrai que le patronyme Caution en soi invite à la prudence.Je serais heureux d'avoir l'avis de mes pairs en cinéblogosphère.

12 avril 2009

Autre possible conclusion

   Leonard Cohen m'a paru tout à fait digne de clore au moins provisoirement ces trois années de Panthéon des livres,des films et des disques.Je le remercie d'avoir fait partie de ma vie,de l'avoir améliorée.Avec des centaines d'autres dont les chefs de file pourront être appréciés ici même.

  Peut-être aussi est-ce Elle qui est entrée,à pas silencieux,et qui maintenant s'approche du fauteuil de Drogo.Faisant un effort,Giovanni redresse un peu le buste,arrange d'une main le col de son uniforme,jette encore un regard par la fenêtre,un très bref coup d'oeil,pour voir une dernière fois les étoiles.Puis,dans l'obscurité,bien que personne ne le voie,il sourit.

http://www.youtube.com/watch?v=jipboWI9uiE

http://www.youtube.com/watch?v=MWg3b15ITS8

Thank you for coming Leo and Suzanne. http://www.youtube.com/watch?v=7eJL4KA94t0

Et merci à celles et ceux qui ont bien voulu me lire.

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