29 novembre 2016

Novembre au cinéma

for    Assez pesante variation de la Suissesse Paule Muret sur l'incommunicabilité existentielle entre une groupie amoureuse et une star du rock somme toute banalissime entre mépris et overdose. Par contre musicalement une découverte pour moi, Carl Barat, ex Libertines. Peut-être plus à écouter qu'à voir. Enfin c'est mon avis. A noter Ardant dans son propre rôle, trois minutes, grotesques à mon sens, sensibles pour d'autres. C'est le propre des débats. 

AFFICHEPRINCESS  Grand succès national en Finlande, ce qui surprend quand on a vu le film, l'histoire d'Anna Lappalainen, nous plonge dans les années cinquante et l'univers de l'hôpital psychiatrique avec son arsenal thérapeutique d'époque. Schizophrène et se voulant princesse de la famille royale d'Angleterre, Anna, Princess, jouera ainsi un rôle important et finalement bénéfique pour nombre de résidents de l'établissement. Le débat a permis de pointer quelques anachronismes gênants mais a le mérite de revenir sur la brutalité assumée des traitements, en aucun cas spécifique à l'Europe du Nord. Princess est l'oeuvre d'un documentariste, Arto Halonen et c'est sa première fiction, pas tout à fait fiction d'ailleurs.

cOURGETTE   Le film est très soigné, animation artisanale d'orfèvre pour une histoire édifiante d'orphelins image par image. Après viennent les appellations officielles, plaidoyer pour la différence, humanisme, citoyenneté. Nanti de son quota minorités pour les sept pensionnaires, Ma vie de Courgette est un bien joli film et le monde ne changera pas.

myst   Il y a floraison sur grand écran de documents depuis quelques années. Et c'est à mon avis très bien comme ça car un film de montage ou un essai cinématographique sont souvent plus intéressants que les fictions de toutes sortes parfois sempiternelles. En ce qui concerne la peinture après les assez radicaux Breughel, le moulin et la croix et Shirley:visions of reality (sur Edward Hopper), respectivement de Lech Majewski et Gustav Deutsch, nous arrive Le mystère Jérôme Bosch tout entier consacré au Jardin des délices, Prado de Madrid. Evidemment le tryptique se prête à toutes les interprétations. Le metteur en scène José-Luis Lopez Linares ne s'en prive pas, donnnant la parole à quelques célébrités, Onfray, Rushdie, William Christie, et à quelques spécialistes qui éclairent pour nous ce chef d'oeuvre inclassable. L'important étant surtout ce que vous, vous pensez du tableau et de l'émotion qu'il vous procure, ou non. Une immersion plutôt réussie.

lfdb_affichedef_jpeg_dbdesk  Remarquable film dossier que La fille de Brest sur le scandale du Mediator. Ce film se suit comme les meilleurs thrillers politiques à l'américaine. Jamais alourdi par un quelconque temps mort ou une dérive sentimentale attendue, d'une rare efficacité, les faits essentiellement les faits, jamais parasités, ce film est de plus porté par la formidable actrice danoise Sidse Babett Knudsen, toute en précision et en colère. Exemplaire, évitant la si fréquente pesanteur des films à thèse.

                                  Dans mes billets sur le cinéma actuel je ne parle pratiquement que de films assez peu distribués. La plupart des autres films sont abondamment chroniqués sur la toile.

 

 

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09 décembre 2011

Sortir du cadre

 Les_Rouges_contre_les_Verts_dans_le_Tableau_de_Jean_Francois_Laguionie_medium 

             Quelle toile,quelle étoile filante,quel plaisir de l'image!Ce qui est quand même le rôle du cinéma.On connait un peu la filmo de Jean-François Laguionie,peu prolixe et dont les films sont toujours très soignés,La traversée de l'Atlantique à la rame, Gwen ou le Livre de Sable,Le château des singes.Superbe variation sur l'art et l'homme,d'un graphisme tout en nuances qui évoque un peu Paul Grimault que Laguionie a un peu fréquenté,ce film au bien joli scénario épris de liberté vogue son chemin au long de 70 minutes de rêve,de délicatesse,de drôlerie,de voyage.

           Des militaires tout droit sortis d'un conte d'Andersen si on veut cherchent à empêcher de fuir un hasardeux trio qui a quitté le tableau.Il y a un Toupin, personnage complètement achevé par le créateur,une Pafini à laquelle manque un soupçon de couleur et un Reuf,à peine une ébauche,gris et sec,un inférieur,quoi.Le Roméo parfait est bien sûr amoureux d'une Juliette de la caste du dessous.Ainsi les trois personnages s'en vont à la recherche de leur créateur,le peintre qui n'a pas terminé son travail.On se retrouve à Venise.On rencontre un Arlequin et une bien belle Garance,nue.On croise peut-être Matisse ou Derain.C'est un peu comme vous voulez,ici,on peut presque apporter son pinceau.

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           Le gentil conte de Jean-François Laguionie s'avère forcément doucement moral,on s'en doute.Vive l'imaginaire en liberté,vive le métissage social,cela sans (trop) de démagogie.Peu importe en fait tant la palette de couleurs de l'auteur comme celle du peintre nous invite à l'émerveillement.Et s'il faut y aller de son petit couplet anti 3D eh bien allons-y.Mais Le tableau n'incite pas à une quelconque vindicte,plutôt à la tendresse et à la fantaisie,dans un espace douillettement chamboulé où les créatures s'échappent pour demander des comptes à leur créateur quelque peu nonchalant.

http://youtu.be/S6V70-ABITI Bande-annonce

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27 juillet 2008

...et les mouches à l'oeil des chevaux

   Avant tout l'avis de Dasola Valse avec Bachir - Ari Folman et de Nightswimming Valse avec Bachir .Le graphisme très personnel de ce film d'animation est admirable.La ville de Beyrouth semble dans sa nuit se fondre avec les silhouettes  de trois soldats se baignant dans la nuit.C'est proprement hallucinant,donnant à Valse avec Bachir une aura à nul autre égale et des frissons qui accompagnent les scènes,surtout les scènes de calme.Quant à la guerre,à la mémoire,à la violence je vous renvoie au très bon commentaire de Nightswimming,commentaire dont je me sens totalement solidaire.C'est la moindre des choses à mon avis de ne pas faire preuve de redondance et de couper court à mon bavardage sur ce film,très beau,dont un ami a si bien parlé.Encore un mot,un seul pour justifier mon titre:le plan des chevaux agonisants est l'un des plus saisissants documents animés de ma vie de spectateur.A rapprocher,en beauté pure du cheval mort sur le pont d'Octobre d'Eisenstein.J'espère que vous ne trouverez pas ce billet "trot" cavalier.

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