BLOGART(LA COMTESSE)

22 décembre 2014

Mort d'un plombier

                                         Je l'ai déjà écrit, je déteste que partent les gens de Woodstock. Salut à ce vieux Joe, le rauque et rude rugueux prolo de Sheffield, l'homme qui a mené sa carrière uniquement à base de reprises. Mais alors quelles reprises!  Et ce jeu de scène un peu parkinsonien. Partout ailleurs on vous proposera With a little help of my friends ou You can leave your hat on. Ici ce sera High time we went.

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Le miroir aux alouettes

                                                    C'est une chanson sans prétention. Je l'aime bien. Le chanteur Harpo était scandinave, je crois, sorti en vague disco. Attention j'vous dis pas que c'est Neil Young ou James Taylor. Il y a si longtemps que je ne vous avais pas jeté la pierre de cette rubrique, D'une pierre deux coups, ciné et musique. C'est l'éternelle histoire du mirage cinéma. Et puis, dans mes cordes, modestes qu'elles soient vocales ou guitaresques, je me suis amusé à en faire une petite version très différente, intimiste, confidentielle, entre vous et moi. Ma façon de souhaiter à tous ceux qui passent par ici à l'occasion une bien jolie fin d'année suivi d'une très belle année.

                                                           Alors à ç'moment là je m'dis: pas très festif tout ça, un peu rabat-joie, un peu gâche-agapes. Et d'enchaîner sur un tempo un peu plus soutenu et sur un pied qui souhaite qu'avec lui swinguent vos deux mains et dansent vos lendemains. Joyeuses fêtes à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 décembre 2014

Le cinéma, mon vélo et moi/5/ Presque le bonheur

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                                                                                   Presque le bonheur, en tout cas pas longtemps. Prévert et Carné donnent à Gabin un court répit dans le très sombre et très beau Le jour se lève. Fin des années trente, le désespoir se porte bien. Marqué par la fatalité, le cinéma du réalisme poétique. Un film sur deux du fameux tandem comporte un suicide.

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17 décembre 2014

Barocco

Sorentino

                                      J'ai lu sur ce roman des critiques très favorables et je les trouve exagérées. Mais c'est un roman foisonnant qui recèle des moments vraiment excellents. Tony Pagoda, crooner napolitain plus de toute première fraîcheur, traîne son ennui chronique malgré le succès. Le succès, bon, c'est pas Sinatra non plus. Son couple en est à l'heure zéro, multicocaïné Tony ne rebondit plus guère, sex addict doucement en voie de garage, le latin lover sur le retour file un mauvais coton. Lire tout ça n'est pas le plus intéressant du livre. Mais Ils ont tous raison se sauve par une rage, une rage vacharde d'humour, une férocité qui apparaissait déjà chez le Sorrentino cinéaste de La grande bellezza, cette oeuvre protéiforme et comme enfantée par Fellini et Moretti.

                                      Tony Pagoda finit par jeter l'éponge et se retrouve au Brésil où il vivra dix-huit ans, en ce pays de démesure. Manaus, Amazonie, capitale mondiale du cafard mais alors du cafard XXL, du cafard de prestige, du cafard de très haute volée. Quand il raconte ses démêlés avec l'insecte géant, on le sent admiratif, le Tony. Et puis c'est un sacré conteur, le gars, une rencontre avec Sinatra qui tourne court entre deux plus qu'éméchés, une extraordinaire scène à l'opéra de la jungle, digne du Fitzcarraldo de Werner Herzog, une bagarre homérique dans un bouge d'une favela, le comble du snobisme pour un monstre sacré de l'art lyrique dont il fait la connaissance. Tout ça sur fond d'overdose tant sexe que drogue à tel point que j'ai un peu une overdose d'overdoses. Lassant.

                                      Sur le plan littéraire quelques trouvailles "Un jour, on n'est plus que le lumignon de soi-même". Quelle clairvoyance. Tony s'égare parfois dans les confidences qu'il nous fait, sur sa famille et ses amis musiciens. Hilarantes les relations entre un cousin avocat plus qu'obèse et bourré d'angoisses et son beau-frère magistrat proche du nabot et bourré, lui, de complexes. Paolo Sorrentino et sa créature Tony Pagoda ont de la famille à l'italienne une conception très particulière.  Alors, vieux cinéphiles que nous sommes, on pense aux Monstres, à Affreux, sales et méchants, à ces films délicieux et arbitraires, géniaux et dérisoires, si proches malgré les Alpes qui n'ont jamais empêché chez moi une italianité qui revendique le droit, aussi, au mauvais goût, et un soupçon de misanthropie, moins cependant que dans l'extrait suivant:

                                     "Tout ce que je ne supporte pas a un nom.(...) Je ne supporte pas les joueurs de billard, les indécis, les non-fumeurs, les imbéciles heureux qui te répondent "pas de souci", les snobinards qui pratiquent l'imparfait du subjonctif, ceux qui trouvent tout "craquant", "trop chou" ou "juste énorme", ceux qui répètent "c'est clair" pour mieux t'embrouiller (...), les fils à papa, les fils de famille, les enfants de la balle, les enfants des autres (...), les tragiques, les nonchalants, les insécures (...), les gagnants, les avares, les geignards et tous ceux qui lient facilement connaissance (...).Je ne supporte rien ni personne. Ni moi. Surtout pas moi. Je ne supporte qu'une chose.La nuance."

                                       Quant à Tony Pagoda, finira-t-il par se laisser convaincre d'un retour au pays natal,ça le mènerait vers une Italie où les monstres et les histrions sont bien plus dangereux que ceux des films de Dino Risi? E pericoloso..., et ça, le Napolitain Paolo Sorrentino le sait mieux que quiconque.

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11 décembre 2014

La poésie du jeudi, Anatole France

Poésie du jeudi 

                                       Extrait du recueil Poèmes dorés,un sonnet de facture très classique. Triste sort de ce gallinacé. Dans ce même ouvrage plutôt bucolique, Les cerfs, Les sapins,Le chêne abandonné.

La perdrix

Hélas ! celle qui, jeune en la belle saison,

Causa dans les blés verts une ardente querelle

Et suivit le vainqueur ensanglanté pour elle,

La compagne au bon cœur qui bâtit la maison

 

Et nourrit les petits aux jours de la moisson,

Vois : les chiens ont forcé sa retraite infidèle.

C'est en vain qu'elle fuit dans l'air à tire-d'aile,

Le plomb fait dans sa chair passer le grand frisson.

LES

Son sang pur de couveuse à la chaleur divine

Sur son corps déchiré mouille sa plume fine.

Elle tournoie et tombe entre les joncs épais.

 

Dans les joncs, à l'abri de l'épagneul qui flaire,

Triste, s'enveloppant de silence et de paix,

Ayant fini d'aimer, elle meurt sans colère.

Anatole France (1844-1924, Poèmes dorés)

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09 décembre 2014

B.D.Blues

Love in vain

                                           Je l'ai déjà dit, je lis peu de B.D. Mais celle-là pas question de la rater, vous pensez bien. J'ai mis longtemps avant de l'obtenir d'une petite librairie indé, j'ai patienté tant pour la libraire que pour moi, étant donné que j'ai presque renoncé à ces commandes d'un clic que je n'ai que trop utilisées. Mais quel bel album, tant le fond que la forme me ravissent. Mezzo et Dupont nous livrent un objet d'art d'une incroyable beauté plastique qui mérite de plaire bien au-delà des amateurs de blues et de l'histoire de Tin Pan Alley dont vous savez l'importance qu'elle a pour moi.

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                                               Robert Johnson (1911-1938) fut l'un des premiers météores de la musique américaine qui me préoccupe depuis toujours. Love in vain est le titre d'une de ses plus célèbres chansons (merci aux Stones et à Clapton).  Plongée en noir et blanc dans le Mississippi des années trente, les cadres très cinématographiques  nous jettent sur les routes souvent brutales de ce Sud aux accents à peine sortis de l'esclavage et de la sécession. Venez avec moi dans ces bastringues, ces juke joints, ces honky tonk témoins de la genèse de ces blues historiques qui en général n'ont rapporté que des horions et quelques cuites à leurs auteurs. Méfiez-vous, vous avez certainement entendu parler de certains carrefours, de ces Crossroads où le diable recrute des musiciens. Tous ces bluesmen, c'est sûr, ont peu à voir avec les anges du ciel même s'ils prennent souvent God à témoin. Robert Johnson à très peu enregistré. A défaut de Lucifer un mari jaloux lui aura probablement administré un bouillon de 11 heures à base de poisson-chat faisandé sorti d'un grigri bag des bayous, vous savez, ces délices cajuns à vous expédier ad patres.

                                               Gommeux, nanti de son costume rayé, Robert Johnson pique aux plus vieux que lui un riff ici, un arpège là, avant d'être lui-même pillé puis oublié jusqu'à ce que des gamins de la vieille Angleterre ne déterrent moralement son cadavre pour le porter aux nues. Jeu, alcool, cocaïne, coups et blessures, voies de fait sur les femmes, ces gars là étaient des voyous, mais capables de vous faire tutoyer les étoiles. Love in vain, l'album, est un incunable à peine sorti des presses. Quoi, vous n'êtes guère porté sur les douze mesures I-IV-V? Cet album est quand même pour vous, comme un doc historique, une passionnante virée dans l'Amérique encore rurale, souvent teigneuse et prompte à tresser une corde dès qu'il y a un bel arbre assez résistant.

 

                                                Une chose encore, quelques chansons ont leurs paroles et leur traduction transcrites à la fin du livre, chacune illustrée par une planche grand format. Dont Love in vain que je vous propose aussi. Somptueux.

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07 décembre 2014

Taylor et les haricots magiques

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                                          Le plaisir est trimestriel avec Valentyne, celui de commenter une lecture commune. Nous avions choisi le premier livre de Brabara Kingsolver, L'arbre aux haricots, paru aux U.S.A. en 1988. L’arbre aux haricots – Barbara Kingsolver Trois états américains constituent notre périple avec Taylor Greer qui ne tient pas à finir ses jours dans ce coin paumé du Kentucky et qui décide de mettre cap à l'ouest si sa vieille guimbarde veut bien y mettre un peu du sien. Taylor n'est d'ailleurs pas son prénom mais quitte à changer de vie...

                                         Sur un parking d'un motel d'Oklahoma, et là on mesure la poésie des lieux, une femme dépose dans la voiture de Taylor une toute petite fille indienne et disparaît.Taylor ne condamne pas cette femme, acculée probablement à l'irrémédiable, car la petite est en piteux état, et il faudra du temps pour que cette enfant qu'elle a prénommée Turtle s'éveille. Et c'est en Arizona qu'elle rencontre Lou Ann, jeune maman elle aussi et dont le mari Angel vient de partir. Deux solitudes vont ainsi s'épauler et c'est le sens premier de ce chemin commun, deux volontés, deux mères, deux femmes pour un roman peu pourvu sur le plan masculin. A croire que Barbara Kingsolver l'a voulu ainsi.

                                         Mais j'exagère, à travers le symbole de L'arbre aux haricots de ce coin du Sud brûlant, l'auteur donne comme une belle leçon plutôt optimiste, un brin forcée quant à moi, mais bien sympathique. Lou Ann et Taylor savent se battre contre les conventions et les préjugés et avec l'aide d'un couple de réfugiés guatémaltèques, Estevan et Esperanza  et de la brave Mattie, garagiste de son état et qui rechape les pneus plus vite que son ombre. Nécessité dans ces bleds où les voitures sont souvent loin de satisfaire au contrôle technique. A ainsi empoigner la vie le sort des deux familles s'améliore et même l'administration semble coopérer quant à l'adoption de Turtle. Et à cette petite on découvre un don pour la botanique et le vocabulaire.En bref j'ai trouvé à cet Arbre aux haricots un vrai charme, une récréation un tout petit peu appliquée, mais à l'ombre duquel on passe un heureux moment de lecture.

P.S. Merci à Asphodèle pour la PAL en selle, nouvelle bannière.  

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05 décembre 2014

Automne meurtrier dans l'archipel

Constellation d'Adrien Bosc

                                   En partenariat avec Price Minister que je remercie, une belle lecture que cette sorte de musique de chambre, discrète et concrète, sur le destin foudroyé de 48 personnes parmi lesquelles et seulement parmi lesquelles Marcel Cerdan et la pianiste célèbre Ginette Neveu. Adrien Bosc, récompensé par différents prix, je ne suis pas ça de trop près, alterne la dramatique trajectoire du tout récent Lockheed Constellation F-BAZN d'Orly aux Açores, en cette fin octobre 1949, et des éléments disparates qui ont amené les 37 passagers à prendre ce vol. C'était un temps où l'on ne volait pas encore si souvent, à moins d'être un pro ou une star, aussi l'auteur met-il presque au même niveau les modestes bergers basques et le sportif adulé, l'homme d'affaires fortuné et la jeune fille dépressive. Il n'est de vrai que la vie, la vie de chacun.

                                   Dans Constellation l'auteur a su très bien saisir cette époque et collecter les hasards de la vie, la vie au petit bonheur la chance, celle d'une petite bobineuse de Mulhouse brusquement héritière industrielle à Detroit. Celle aussi d'un important collaborateur de Walt Disney qui fut en quelque sorte l'inventeur du merchandising. La Roche Tarpéienne est décidément bien proche du Capitole. Adrien Bosc a tenu à se rendre sur le Mont Redondo, qui plus est  à la date anniversaire précise de la catastrophe. Cela donne un récit qu'on pourrait qualifier de choral si l'adjectif n'était parfois galvaudé.

                                   Et puis il y a les faits, techniques, précis dans toute leur sécheresse, climatologique, mathématique. Sans s'apesantir et en quelques 200 pages voilà un auteur qui a su m'investir dans cette histoire tragique, par ailleurs banale et que résument bien ces quelques lignes dès la deuxième ou troisième page: "Sur le carreau, les deux jeunes époux, Edith et Philip Newton, de retour de leur lune de miel, faisaient les frais de la priorité de la célébrité..." Décidément la vie ne vaut rien même si rien ne vaut la vie. Parfois tenant du dérisoire comme de l'essentiel, de l'anecdotique comme du fondamental, Constellation est un très bon roman où rien n'est grandiose mais où tout est vital.

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04 décembre 2014

Je tiens à ce que vous sachiez que je n'ai pas grand-chose à dire

                               Trois lignes sur quelques heures d'ennui. Jim Harrison, objet d'un culte ici en France que j'ai souvent trouvé exagéré, m'a deux fois pesé lors des deux novellas de Nageur de rivière. Ni le sexagénaire sur le retour près de sa soeur et de sa mère, ni ce jeune homme si bon nageur mais qui m'a semblé brasser du vent ne m'ont intéressé. Je laisse ce vieux Jim à ses lauriers.

nageur

                              Ismet Prcic, Bosniaque émigré en Amérique, est loin de m'avoir fait rêver avec California dream. Le Point en écrivait ceci, tenez-vous bien, "Fougueux comme un film de Kusturica, inventif comme le Philip Roth de la grande époque et déchirant comme une complainte de Tom Waits". Grand emballement aussi outre-Atlantique. Quant à moi je l'ai lu cet été et je ne m'en souviens plus.

California-dream-Ismet-Prcic1

                                 J'ai tenté L'expérience Oregon, autre état de l'Ouest, mais décidément ce voyage là non plus ne m'a pas régalé. Keith Scribner envoie un couple tout là-haut au Nord-Ouest, pour un séjour au sein d'un milieu antimondialiste et écologique. Tout cela sur un ton prêchi-prêcha, sans finesse et sans intérêt. Comme toujours ces mots n'expriment que mon opinion.

experience-oregon-keith-scribner

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29 novembre 2014

Six cordes, vingt-quatre images/4/Rio Bravo

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                                                                                    Ricky Nelson à la guitare, Walter Brennan à l'harmonica, Dean Martin à la bouteille et John Wayne à la John Wayne. Le westernissime western de Howard Hawks, les coups de feu y sont plus fréquents que les arpèges, et de meilleure qualité. Un peu au loin les trompettes jouent Deguello en attendant l'attaque du bureau du sheriff. Que serait une vie de cinéphile sans Rio Bravo? Que serait l'histoire sans la rédemption du Dude (Dean Martin)? Que serait l'Ouest sans Mon fusil, mon cheval et moi?

Rio Bravo, Howard Hawks, 1959, John Wayne, Dean Martin,Ricky Nelson, Walter Brennan, Angie Dickinson

 

 

 

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27 novembre 2014

La poésie du jeudi, Gérard de Nerval

 Poésie du jeudi

                                        Je reviens à mon Gérard, mon pays d'Oise et de forêts, d'étangs et de biches. Il avait le vin gai, mon Gérard. Mon Gérard qu'as-tu fait là? Gérard, Gérard! Gérard, souviens-toi, nos frondaisons valoises, Sylvie, et la flèche de Senlis, là-bas, chez nous, avant que nous soyons veufs et inconsolés.

Gaieté

Petit piqueton de Mareuil,

Plus clairet qu’un vin d’Argenteuil,

Que ta saveur est souveraine !

Les Romains ne t’ont pas compris

Lorsqu’habitant l’ancien Paris

Ils te préféraient le Surène.

Ta liqueur rose, ô joli vin !

Semble faite du sang divin

De quelque nymphe bocagère ;

Tu perles au bord désiré

D’un verre à côtes, coloré

Par les teintes de la fougère.

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Tu me guéris pendant l’été

De la soif qu’un vin plus vanté

M’avait laissé depuis la veille ;

Ton goût suret, mais doux aussi,

Happant mon palais épaissi,

Me rafraîchit quand je m’éveille.

Eh quoi ! si gai dès le matin,

Je foule d’un pied incertain

Le sentier où verdit ton pampre !…

-Et je n’ai pas de Richelet

Pour finir ce docte couplet…

Et trouver une rime en ampre.

Gérard de Nerval

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24 novembre 2014

Ta guérison, ma déraison

VALLEJO    

                                          François Vallejo, dont j'ai jadis apprécié Ouest, a réussi avec Fleur et sang un excellent roman à double lecture, dont les héros sont deux médecins, l'un médecin apothicaire dans la France de Louis XIV, l'autre chirurgien cardio à notre époque. Un côté plutôt fleur, un côté plutôt sang. Vu ainsi ça ne nous éclaire pas beaucoup. Les deux  histoires sont indépendantes et cependant tout à fait en résonance. Dans une paroisse de Touraine, le jeune Urbain Delatour, élève de son père à son corps défendant, observe les relations complexes que son père, chirurgien et apothicaire, entretient avec le maître des lieux, seigneur de Montchevreuil. Suite à la disparition de ce dernier c'est sa fille unique qui règne, que maître Delatour est mystérieusement le seul à pouvoir raisonner. Le jeune Urbain, lui, est sous le coup d'une certaine attraction-répulsion envers elle, pourtant dotée d'un physique hors norme.

                                          Trois siècles plus tard, Etienne Delatour, interne à Tours, tombe amoureux d'une jeune fille affligée d'une légère claudication mais terriblement séduisante. Là aussi importance de la différence, y compris physique, traitée très joliment par l'auteur. Quel sera le poids exact d'Irène de Saint-Aubin dans la vie d'Etienne, devenu brillant cardiologue, parfois contesté? A travers ce portrait d'un homme très complexe et indéfinissable ce n'est que bien des années plus tard que la véritable nature de leur relation se précisera mais il faut convenir que très habilement François Vallejo laisse l'ambiguité régner. Beau roman sur la manipulation dans les deux cas, tant on hésitera à prendre parti. C'est un de  ces romans qui laisse le lecteur diriger sa barque, il y a bien des écueils, et l'on ne saisira jamais l'essence intégrale des deux médecins d'Ancien Régime, le père notamment échappant à trop de sanctification, pas plus que l'on ne se prononcera sur la sincérité/duplicité d'Etienne.

                                           Vallejo est un écrivain très fin, qui refuse les facilités, mais qui honore la littérature française, ce qui empêche probablement de plus grands tirages. J'encourage à découvrir, tant Ouest que Fleur et sang, et bien d'autres romans encore. Le titre de cet article est emprunté au livre,phrase plusieurs fois prononcée par Etienne Delatour s'adressant au patient. Très troublant.

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22 novembre 2014

Les plumes...by Asphodèle: Le faussaire et le plagiaire

                          La nuit portant conseil Asphodèle nous propose ce qui suit; 26 mots dont deux peuvent être retranchés, suivant la règle du jeu: vol-chat-transfigurer-chauve-blanc-solitude-silence-matin-se ressourcer-ivresse-ténébreux-épuisement-insomnie-étoilé-fête-rêver-sommeil-voyage-chanson-fesse-recommencement-voluptueux-sarabande-passeur-prologue-papillon. Merci Aspho.

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                                           Vol de nuit s'était crashé de la bibliothèque et les pages en étaient explosées. Où était la boîte noire afin d'essayer de le reconstituer? Ce n'était pas tout, les Contes du Chat Perché ne l'étaient plus du tout, perché, noyé dans la gamelle de mon chien Croc-Blanc. Rayon polars, guère mieux, les deux Ray (La grand sommeil, La solitude est un cercueil de verre) s'étaient fait la belle. Foutredieu,plus de trace du fameux Voyage du Dr. Destouches, l'avais-je seulement consulté sérieusement? Et que dire de la poésie? Ni La bonne chanson, ni Les fêtes galantes du buveur d'absinthe ne donnaient signe de vie. Autodafé de ma pléiade à moi. Nuit de cristal de mes auteurs.

                                           Au moins les classiques m'étaient restés fidèles, me pris-je à rêver. Hélas, déshonoré, Balzac , Une ténébreuse affaire, porté disparu. Et d'autres, moins étoilés certes, un Papillon s'était lui aussi trissé, était-ce donc le bagne sur mes étagères? O, livres, Un turbulent silence m'étreint en ce matin, auquel embôite le pas bien vite la terreur d'un recommencement de type auditif . Mes galettes? Mes galettes?

                                           Enfer et damnation!  Pas plus de Nuit sur le Mont Chauve que de Nuit transfigurée, plus le moindre prélude d'un wagnerien prologue, la Sarabande luciférienne continuait, m'entraînant, voluptueuse à force d'être odieuse, vers des abymes-abysses d'insomnies et d'épuisement. La maudissais-je, cette nuit asphodélienne venant de chez quelqu'un chez qui j'avais tant aimé me ressourcer, en son accueil si souvent pourvoyeur de tendres ivresses, et passeur de bien belles émotions.

 

                                                                               Quelques mots, bien qu'un texte n'en ait normalement nul besoin. Le titre m'est venu très vite, conscient de la manière cavalière et contestable dont j'ai traité le sujet cette semaine. Abus de name-dropping (quelle hérésie d'écrire ça), emprunts innombrables frisant la forfaiture. Je tiens à remercier mes collaborateurs sans qui je ne serais pas ici ce soir. Par ordre d'entrée en scène, Antoine de Saint-Exupéry, Marcel Aymé,Jack London, Raymond Chandler, Ray Bradbury, Louis-Ferdinand Céline, Paul Verlaine, Honoré de Balzac, Henri Charrière, André Brink, Modeste Moussorgsky, Arnold Schönberg, Georg-Friedrich Haendel. Enfin j'ai considéré la fesse comme insignifiance et je vous demande de n'en rien déduire. Et surtout, surtout, je remercie encore une fois Asphodèle qui permet à mes délires de s'exprimer dans le beau cadre de nos si chères Plumes

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20 novembre 2014

La jeune femme à Hopper

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                                     Expérimental, radical, avant-gardiste, susceptible d'un ennui mortel chez les rares spectateurs. C'est un point de vue,ce n'est pas le mien. Une seule fois avant ce film peinture et cinéma avaient véritablement fusionné. C'était le film polonais Breughel, le moulin et la croix. Edward Hopper d'ailleurs, c'était déjà des cadrages, du cinéma, une mise en scène. On sait que Hitchcock par exemple avait subi l'influence du peintre hyperréaliste. Plus près de nous Jim Jarmusch aussi. Motels glaciaux, décoration minime et à donner des envies de noyade, Hopper n'est pas précisément hilarant.

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                                        Reconstituant avec soin 13 tableaux de Hopper l'Autrichien Gustav Deutsch plonge le spectateur dans l’atmosphère des Etats-Unis du début des années 1930 jusqu'aux années 60, guidé par la voix pensive de Shirley et par les informations diffusées sur les radios de l’époque. Puis les tableaux s'enchaînent, évolution de l'oeuvre de Hopper en même temps que chronologie américaine. C'est un peu étrange mais personnellement, très attiré par l'Amérique de cette époque, j'ai senti sourdre une certaine émotion, une braise sous la glace.

                                        Shirley, actrice d'avant-garde, ouvreuse de cinéma, secrétaire, jouée par la danseuse Stephanie Cumming, apparaît bien comme une chorégraphie dans ce film très étonnant. Les lieux sont ordinaires, anodins, dérisoires, un bureau, une chambre, un salon, ou encore une salle de cinéma auxquels la lumière fait prendre une dimension énigmatique. La reconstitution est si méticuleuse qu'elle en devient bluffante d'expressivité, costumes, meubles, murs. Un film d'architecte, presque un film de mathématicien, une géométrie haletante malgré le risque de l"exercice de style" un peu vain. A voir, au moins pour voir "autre chose".

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18 novembre 2014

L'insoutenable liberté des autres

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                                         Ce n'est que mon deuxième roman slovène. La Slovénie n'avait jusqu'à présent guère été fondamentale dans mon patrimoine littéraire. Petit pays coincé entre Autriche et Italie, le premier cependant à quItter l'ogre yougoslave,le plus prospère aussi, c'est relatif, la Slovénie est plus alpine que balkanique. Cette nuit je l'ai vue a obtenu le prix du Meilleur Livre Etranger délivré par je ne sais plus qui et il me semble qu'un bouche à oreille sympathique circule dans le Landerneau littéraire. A juste titre m'empressé-je de vous dire.

                                      Veronika Zarnik est une femme libre et troublante,  indéfinissable, de celles que l’on n’oublie pas.  Mariée à Leo, un homme d'affaires bourgeois lui aussi mais peu conventionnel, tous deux d'une totale indépendance d'esprit, ils vivent à leur manière, affranchis de la plupart des contraintes de la vieille Europe, jusqu'à ce que la guerre fasse d'eux, fasse d'eux quoi exactement d'ailleurs? En hiver 1944 le couple disparaît du manoir où il vivait. "Cette nuit je l'ai vue comme si elle était vivante" est l'incipit de ce très beau roman, c'est Stevo,officier pro-allemand qui parle le premier, qui fut l'un des amants de Veronika. Et tout se passe comme si le spectre de cette femme incernable hantait différentes voix qui s'élèvent alors pour l'évoquer. ls sont cinq à ce jeu-là, tous l'ont connue d'une manière ou d'une autre. Outre Stevo, Horst le médecin allemand, sa propre mère, Jerenek, un résistant et une servante dévouée se remémorent Veronika, probablement punie,de quoi? De collaboration, c'est parfois si facile, en ces temps de titisme, de liberté surtout. C'est qu'elle nous insupporte, parfois cette liberté en cheveux que rien n'émeut. Rien n'est plus dur que la liberté des autres.

                                      J'ai choisi de lire Cette nuit je l'ai vue avec 50%de hasard, 50% d'envie d'un autre pays. Après j'ai su pour le prix et vu les encarts photos du livre dans la presse. Il est bien agréable de découvrir la littérature de ces pays si longtemps ignorés. Je joins une excellente critique, que je partage tout à fait, celle de L'Humanité, non sans m'étonner comme toujours quand on trouve la traduction inspirée ou médiocre, sauf à lire parfaitement la langue vernaculaire. Bien peu,vraiment bien peu slovenophone, je ne me hasarderai pas à émettre une opinion.

                                       « Continûment servi par une traduction inspirée, le texte aux infinies nuances de Drago Jančar s’élève à ces hauteurs d’où rayonnent les chefs d’œuvre, qui éclairent les convulsions de l’Histoire. » Jean-Claude Lebrun. L’Humanité.

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16 novembre 2014

Liffey

O'Connell Bridge

Ce fleuve là n'est pas en couleurs

Vous qui rêvez de Nil et d'Amazone

Vous qui ne jurez que par l'Ol' Man River

Vous qui bouquinez sur les quais de Seine

O'Connell Bridge moins long que large

L'enjambe en quinze pas

Remontez votre col en novembre

Longtemps la rivière a eu faim

Ses enfants l'ont maudite et loin là-bas

Ouest atlantique,ne l'oublient pas

La passerelle est bondée, le clochard assis

Patient et souriant n'a pas encore trop froid

Il n'est pas si tard, mais le ciel hibernien

Se désole et décline

La Liffey

Belle et sombre mine, la rivière

Se méfie d'un quelconque traître,

Si longtemps éventrée

De mouchards et de filles trop bavardes

Mais je l'aime en sa grise heure

Et je connais ces silhouettes

Si loin de l'émeraude

Elles n'écrivent pas toutes, mais comme elles savent dire

Leur douleur et leurs haines

Entre leurs doigts poisseux.

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Certains midis elle s'embleuit

J'y arpente les planches

Les grues à l'est, vers Laoghaire

Y jouent avec les nuages

Sous le regard d'Albion la méfiance

Des siècles de mépris

Ha'penny Bridge

Des phalanges frappent le bodhran

Virevolte le banjo

Désinvolte et mutin

Claquent les pieds de Moira

Quand bien même les enseignes ont changé

Là sur le pont danse-s-y

Les planches

Improbable rencontre, et pourtant

Ulysse pourrait y aimer Molly

Des feuilles rousses sous leurs chaussures

Plaignent le coeur de ville

Statufiés, les héros d'hier

S'offrent à chaque regard

Poètes et musiciens

Rodent encore, à la harpe parfois

Ou bondissants flûtistes

La Liffey vire au noir

Liffey de chaque instant

Modeste jusques en ton lit

Mais aux tendres fantômes

Aux noirs contours, aux joues creuses

Vois, j'ai tenu serment

Comme j'ai parlé de toi.

Bleu Liffey, vers le large

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13 novembre 2014

La poésie du jeudi, Patrick Kavanagh

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Adresse à un vieux portail de bois

Abîmé par le temps et les intempéries, à peine bon

A faire du bois de chauffe ; il ne reste plus une écaille

De peinture pour masquer ces rides, et ces grincements

Font un cri rauque qui déchire le silence – gonds rouillés :

Du barbelé agrippé à un bras pourri

Remplace le vieux verrou, avec un charme mesquin.

Le peuplier sur lequel tu t’appuies est mort,

Et tout le charme de sa jeunesse est oublié.

Ce fossé devra bientôt trouver un autre gardien,

Sinon les vaches iront errer dans les champs.

Elles riront de toi, vieux portail de bois, tes membres,

Elles les disloqueront, les pousseront dans la bouillasse.

Alors je ne pourrai plus m’appuyer sur ton sommet

Et penser, rêver de galets sur la grève,

Ou regarder les colonnes féériques de la fumée de tourbe

Monter des cheminées chaulées en spirales célestes.

Ici j’ai toujours honoré le tendre rendez-vous, et de tout cœur

Quand nous étions tous deux amants, et que tu étais neuf.

Et de nombreuses vois j’ai vu l’œil rieur

De l’écolier à cheval sur ton dos robuste.

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Mais la longue main argentée du Temps a touché notre front,

Je suis celui dont se moquent les femmes – toi, les vaches.

Comment pourrais-je aimer les portails de fer qui gardent

Les champs des riches fermiers. Ce sont de durs

De froids objets, un battement autour des piliers de béton,

Le bout du doigt pointé comme les vieilles lances

Mais toi et moi sommes de la même race, Portail en ruines,

Car tous les deux nous avons souffert le même destin.

Patrick Kavanagh

                                                        J'aime beaucoup ce texte. N'avons-nous pas tous comme ça un mur, un coin de rue, un vieil arbre, un pont, là, dans notre mémoire et notre coeur? A Dublin Patrick Kavanagh (1904-1967) a comme tout le monde sa statue, près du canal. Né dans le nord de l'Irlande, mais pas en Irlande du Nord, il est très honoré notamment à Trinity College où il étudia bien qu'ayant quitté l'école à treize ans.Les Dubliners ont mis en musique Raglan Road, l'un de ses textes les plus connus.

 

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10 novembre 2014

Molly et moi

Molly Malone

                                                                                   Marchande de poissons le jour, mais ça ne suffisait pas pour les nombreux frères et soeurs de Molly Malone. La nuit elle exerçait un tout autre métier. Héroïne de Dublin, honorée et méprisée, résistera-t-elle à ce qui suit? Remettez-vous puis écoutez les Dubliners, ambassadeurs quasi officiels de la ville depuis 50 ans. Enfin pour finir, une autre ambassadrice tout aussi officielle.

 

 

guinness

 

 

 

 

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07 novembre 2014

Délation

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                                                                                      Voilà, je l'ai débusqué. Un lieu de perdition parmi d'autres. Sur les bords de la Liffey j'ai retrouvé et officiellement validé le port d'attache d'un blogueur de ma connaissance, que je ne citerai pas mais identifiable malgré tout. A noter qu'on ne m'y a pas servi la bière ni le whiskey "free" malgré tout. Allez, "slainte" et rendez-vous à l'adresse indiquée.

20141103_21

 

 

 

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02 novembre 2014

Péril d'ennui en la demeure

Mmasse critique

                                          Le collectionneur des lagunes ne m'a pas intéressé beaucoup au début. Et puis plus du tout. Cela bien sûr n'engage que moi. J'ai eu toutes les peines du monde à aller au terme de ce que je considère comme un sinistre pensum prétentieux. L'histoire m'avait pourtant séduit, cette variation sur un séjour de Tchaïkovski à Venise peu avant sa mort en 1893. Vieillissant, jaloux, logé chez un mécène qui aiguise la curiosité, nanti de l'improbable nom de Barparoz. Le palazzo est vénitien lui aussi, mais l'ennui est universel et continu au long de ces 260 pages qui se voudraient vénéneuses et qui ne sont qu'ampoulées et, pour moi, incompréhensibles.

                                       Jean-Maurice de Montremy, très érudit et qui tient  à ce que  ça se sache, multiplie les intrigues de palais et de masques composées. Omniprésence du carnaval avec ses mannequins emperruqués, alors que se mêlent aux affres de Piotr Ilyitch les récits du narrateur contemporain Bauer qui lors d'un séjour chez son frère, propriétaire du dit palazzo,, découvre une malle au nom de Barparoz, jamais expédiée. Tchaïkovski, lui, tente d'en finir avec sa Sixième, la Pathétique, sous le coup d'une impossible et ultime passion pour son propre neveu.

lagun

                                       Tout au long de cette fête costumée qui se voudrait étrange, traitant et maltraitant trahisons et complots, espionnage et scandales, c'est le pauvre lecteur qui tente d'en finir et qui maintes fois songe au suicide moral, très tenté par la seule idée séduisante, celle de mettre fin à son calvaire. Un tour du côté des contes de fées et de leur perversité, une incursion très laborieuse dans les manuscrits du maestro, une accumulation de noms impossibles pour les innombrables comparses de cette traversée, nobles baltes, domestiques indigènes, servantes maîtresses. J'ai rarement dénigré un roman à ce point mais c'est à l'aune de l'ennui incommensurable qui fut le mien, me donnant bien des regrets de m'être embarqué dans cette gondole invraisemblable. Homme de parole j'ai fini ce livre pour le chroniquer dans cette Masse Critique pour Babelio que je remercie, innocents qu'ils sont de ce Collectionneur des lagunes , mais noyé depuis très longtemps dans les marâtres eaux de la Sérénissime, je gagnerais à être plus circonspect sur certains choix.

 

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