BLOGART(LA COMTESSE)

15 janvier 2020

Argentina Negra

Dark

                     Je ne connaissais que de nom l'écrivain cinéaste argentin. Un compagnon de blog de longue date m'a offert un roman qui lui tenait à coeur. Ca je l'ai compris très vite en feuilletant Dark. L'Amérique du Sud, dont il est très fervent, la nuit, l'écriture, la mémoire qui revient et qui étouffe un peu, un certain goût pour les bars et la musique qu'on y entend. La musique, vous voyez le genre, selon la latitude, blues, fado, reggae, flamenco, tango dans ce cas. De la tripe.

                    Buenos Aires, années 50. Un adolescent, 16 ans peut-être, s'essaie à un début de rupture familiale. Un inconnu, la cinquantaine, l'aborde, un peu obscur, un peu mystérieux. Il lui sert de cicerone en l'emmenant dans une capitale méconnue, lieux insolites, monde interlope. Lui offre des vêtements que sa famille réprouverait. L'achète-t-il?

                    Ce bref roman, 140 pages, est fascinant et intense. Roman d'initiation bien sûr, mais par petites touches. On saisit bien le trouble de Victor le jeune homme face à Andrés. Quelques rencontres, gymnases, plages, une prostituée notamment, est-ce le début de la perdition? Puis Andres se fait plus rare, faut-il s'en inquiéter? De plus, en ces années d'Amérique Latine, les pouvoirs politiques ne font pas dans la tendresse. Edgardo Cozarinsky qui quitta l'Argentine de 74 à 85, en sait quelque chose. Victor, un demi-siècle plus tard, devenu écrivain, se souvient. Lisant Dark on comprend que l'histoire ne se départira jamais d'une réelle ambiguité. Ca nous a plu, à mon ami blogueur et à moi.

                   Oui..., les garçons de ton âge n'aiment pas le tango, ils n'en comprennent pas les paroles et sa musique les laisse indifférents. Mais peu importe. Le tango t'attend. Un moment viendra dans la vie où en l'écoutant tu t'apercevras que le tango raconte tout ce que tu ressens. Tout ce que tu as vécu.

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11 janvier 2020

Dans les montagnes du Tibet

panthère  

                             Sur que ni l'auteur ni le livre n'ont besoin de moi.  Il n'avait pas besoin non plus du Prix Renaudot, non qu'il ne le mérite pas. Mais objectivement voilà un auteur invité, presque omniprésent, fêté, suivi, adulé. Je ne l'avais jamais lu, ne goûtant guère ses interventions télé et le prenant aussi pour un cabotin, ce qu'il est d'ailleurs. On me l'a offert. Et Sylvain Tesson a écrit là un livre formidable. La panthère des neiges dont il est juste de considérer le photographe Vincent Munier presque comme coauteur est une vraie et belle création littéraire. Le mythique félin n'y fait pourtant que quelques rares apparitions mais l'attente du plaisir, et Tessson y fait souvent allusion, est l'essentiel. La quête, rien que la quête...ou presque.

                           Mais La panthère des neiges, cette Moby Dick version himalayenne, est surtout un hymne, pas un manifeste écolo, hymne à la nature, à la vie, à l'homme aussi. Je  n'irai pas jusqu'à dire à la foi en l'homme. Tesson reste à  mon avis sceptique, sauf sur son art. Mais encore une fois, ma surprise m'a surpris. Ce bougre de baroudeur a une fameuse plume tant pour décrire les orbes d'un rapace que le chant des loups en partance pour les crimes nocturnes. Des ânes sauvages, des charognards et les yacks, si chevelus et si emblêmatiques. Et, puisque le vie grouille en dépit du bon sens et des 35 degrès en négatif, quelques hommes aussi, et des enfants de dix ans menant les lourds herbivores. Le monde est fascinant et Tesson, parfois bavard et souvent fonceur, apprend le silence et la patience.

                          Elle, l'once impératrice de ces blanches altitudes, de ces rocailles glacées, chevalière à la longue absence, qui se confond, minérale, entre pierre et nuage, nous toise de sa morgue splendide, de son mépris souverain. Combien de temps encore? Un vrai grand livre que traversent quelques préceptes orientalistes qui ne sont pas mes passages favoris.

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                            J'ai aimé également l'adaptation en BD par Virgile Dureuil du beau récit de neige et de vodka, de longues marches et de bois coupé, de pêche et d'hommes rudes, Dans les forêts de Sibérie. Introspection, profonde peut-être sur les rives du lac Baïkal, profond sûrement. 

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05 janvier 2020

Une autre comtesse

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                  Jean-Marie Rouart est un écrivain classique. C'est pour moi une belle qualité. Souvent complice de Jean d'Ormesson et doté de pas mal d'esprit, chose pas si fréquente, il a fréquenté des comtesses. Moi, moi, les comtesses, bien que le pseudo ancestral y fasse référence, je n'en ai pas connu sauf Maria Vargas la Comtesse aux pieds nus, et ses obsèques sous la pluie de la côte napolitaine. La comtesse de l'académicien est une Russe, dite blanche, de la communauté exilée qui a fui la révolution bolchevique de 1917.

                 L'auteur s'est inspiré du scandale dit des ballets roses, belle expression pour une bien sordide affaire, à la toute fin de la Quatrième République, quand valsaient les cabinets ministériels. Dans une très belle langue française on retrouve politiciens retors, pas forcément si vénaux ni véreux, pas non plus des parangons de vertu, un photographe aux relations troubles, du goût pour les jeunes filles, à une époque où la majorité attend 21 ans. Des magistrats aussi, plus ou moins aux ordres. Mais c'est parfois facile au citoyen lambda de juger ceux qui jugent. Savez-vous que parfois le notaire est innocent et l'ouvrier agricole coupable? Mais cest mal vu, que le notable soit innocent et vice-versa.

                Il y a dans La vérité sur la comtesse Berdaiev de vraies passions amoureuses tout aussi nobles dans le haut du pavé. Après tout on peut se consumer d'amour sur son lit de soie en sirotant un millésime. Mais ces sentiments se heurtent aux luttes des pouvoirs qui se contrefichent de la gauche comme de la droite. Et voguent ainsi les destins, la Roche Tarpéienne et le Capitole copinant pour le meilleur et pour le pire. Rouart nous attache particulièrement à ces Russes défaits par la faucille et le marteau, pas tous chauffeurs de taxi sur la Côte d'Azur, mais qui surent souvent garder certaines saveurs et traditions de l'empire des tsars. 

                Un président de la Chambre des Députés se voit photographié tel que l'honnêteté et la décence m'interdisent de le préciser davantage. Les scandales sexuels n'ont pas attendu Harvey Weinstein ni Me too. L'occasion pour le très fin Jean-Marie Rouart de dresser de beaux portraits de dignitaires en difficulté, de demi-mondaines en appartements sponsorisés, bien que le terme demi-mondaine fasse plus référence à la Troisième qu'à la Quatrième (je parle de la République), et que le terme sponsors puise être avantageusement remplacé par, disons protecteurs. Heureux temps passé, celui des arrangements, des chapeaux qu'on porte et qu'on fait porter, de Jeanne Moreau offusquant dans le lit des Amants de Louis Malle. Comme un vague souvenir pour moi, j'avais huit ans et croyais que les ballets rowses concernaient les petits rats de l'Opéra.

              

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01 janvier 2020

In the name of rock / Isabelle

                            Un Irlandais folkeux, autant dire un frère. Inconnu complet y compris de moi. Mais pseudo dû à Suzanne Vega et à James Joyce. Alors j'adoube et vous souhaite avec lui un January Blues prometteur. Et il vous parle d'Isabelle, mieux que je ne saurais le faire, et de la Grande Guerre, si présente en ma Picardie. J'aurais aimé vous présenter Isabelle la rêveuse moi-même mais pour les arpèges il vaut mieux que j'abrège avant que ça se désagrège.

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28 décembre 2019

Sophie, telle

Trois fois

                    Je n'avais pas du tout aimé Quand le diable sortit de la salle de bain. D'ailleurs je m'en suis débarrassé très vite. Voir Les malheurs de Sophie .Je n'aurais jamais acheté Trois fois la fin du monde. Nous en serions restés là si une amie ne me l'avait laissé dans les mains, me disant que ça se lisait vite,. Alors pourquoi pas? Résultat: pas si mal, curieusement organisé en trois parties très dissymétriques, mais pas si mal. Enfin n'exagérons rien.

                   La première fin du monde, à mon avis, on peut la sauter, une cinquantaine de pages sur l'univers carcéral. J'en ai marre de la prison à la télé, au cinéma, dans les livres. Joseph Kamal y a atterri après un braquage qui a mal tourné. Divry s'y complait dans le sordide et la surenchère. C'est facile et somme toute assez moche. Tant pis pour Joseph. Mais il en est sauvé par une deuxième fin du monde, qui ne court que sur quelques pages et qui raconte la catastrophe, très sobrement.

                   La troisième apocalypse est de loin plus attachante. Suffira-t-elle à rallier vos  suffrages? Dans un style un peu irritant, abusant du verlan dont elle semble penser que c'est le summum de la créativité littéraire, s'amusant à passer du je au vous, caprice, l'auteure parvient cependant à nous intéresser, même à nous émouvoir, avec Joseph-Robinson, qui trouvera deux Vendredi, un mouton et un chat. C'est à l'histoire de sa survie qu'on assiste. Et ça n'est pas désagréable. On finit par souhaiter le meilleur à Joseph bien que Divry continue de délivrer un message pas mal démagogique déjà très présent dans le livre cité plus haut. A savoir, mais vous aviez compris, que l'homme parmi les hommes c'est l'enfer, et que l'homme seul c'est...l'enfer. Bien. Par contre en parlant des arbres et des fruits, de la nature et de la vie qui grouille malgré tout, elle se révèle un peu plus intéressante. Pour le reste elle nous l'assène un peu.

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24 décembre 2019

L'Ecrivraquier/22/Pas loin

Canal 3

 Ces eaux et ces ombres

Désolé, ça me convient

L'Ecrivraquier

Ca me convient...bien

 

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In the name of rock/Jane

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                        Bien des Jane dans l'histoire folkrockblues. Y en a bien une qui fera mentir le dicton où y a Jane y a pas de plaisir. Y a la Jane des très grands, Dylan, Velvet, Stones, et celle des un peu moins grands mais qui font tellement plaisir à réécouter. Par exemple les excités hurleurs glam-rock de Slade. Ah Slade qui sonnait le glas de mes vingt ans de leur accent cockney et de l'orthographe particulière de leurs titres. Mais pas de leurs textes hautement intellectuels. Tout comme ce billet.

 

 PS. L'ami Princécrannoir m'a rappelé la merveille de Nick Drake, Hazey Jane I, car il y a sur le même album Hazey Jane II. J'ai rajouté la pochette. Ecoutez Nick Drake...

 

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21 décembre 2019

Lenindegrade

ville 

                    David Benioff (24 heures avant la nuit, mais aussi l'un des nombreux scénaristes de Game of Thrones) signe là un roman de guerre avec épisodes de violence mais aussi de truculence dans le cadre du siège de Leningrad en 1941. Lev, ado juif de 17 ans et Kolya à peine plus âgé fuient les bombes allemandes comme ils peuvent. Le hasard les amène en quête, improbable en ces jours de disette, d'une douzaine d'oeufs pour le mariage de la fille d'un colonel.

                    Les aventures de nos deux amis mêlent presque joyeusement une sorte de cavale en pleine guerre glacée dans une Leningrad crevant de faim et des éléments burlesques sur cette même famine par exemple. Souvent drôle bien que rire du cannibalisme ne soit pas du meilleur goût. Chacun tente de survivre de son mieux et que ne ferait-on pas pour une douzaine d'oeufs quand on est classé voleur pour Lev, déserteur pour Kolya?

                   David Benioff s'est inspiré de la vie en Russie de ses grands-parents avant leur émigration aux Etats-Unis. De cette vadrouille dans Piter, surnom familier de Saint Petersbourg, on touche du doigt l'horreur d'un siège, cette pustule supplémentaire sur la gangrène guerrière, où il convient de se méfier de ses amis, les ennemis ayant au moins l'élégance d'être déjà en face. 

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15 décembre 2019

Faisceaux lumineux

Masse critique 

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                          Babelio et Vendémiaire ont fait un très beau cadeau de Noël au passionné du cinéma italien que je suis de longue date. Et c'est con molto piacere que je vais écrire pour Masse Critique tout le bien que j'en pense. J'ai pas mal de documentation sur le Néoréalisme, la comédie italienne, les grands films politiques italiens, les cinq grands maîtres historiques Vittorio, Roberto, Luchino, Michelangelo et Federico, etc. Mais cet ouvrage sera vraiment une référence sur cette période pour le moins discutable du cinéma et de l'histoire italiens. 

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                          L'ouvrage est très documenté et se consulte comme...un dictionnaire, cet objet inconnu de mes petits-enfants qui peinent à en tourner les pages, peu familiers de l'ordre alphabétique depuis l'avènement du yakatapé. Sérieusement le Dictionnaire du Cinéma Italien de la marche sur Rome à la République de Salo 1922-1945 d'Alessandro Corsi est une vraie mine qui étonne parfois. Comme toujours les choses sont un peu plus complexes que ce que l'on croit savoir. Et comme dans toutes les périodes troubles, c'est à dire tout le temps, les hommes ont souvent fait preuve d'opportunisme. L'immense Rossellini, mon maître absolu, en est un exemple, lui qui tourna sous l'égide de Vittorio Mussolini quelques films très loin d'être des brûlots antifascistes. Puis ce fut Rome, ville ouverte et les cinéphiles connaissent la suite.

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                         Il résulte de cette lecture, parcourue bien sûr, que finalement peu de films de propagande ont été véritablement produits. Le public étant surtout friand de spécialités italiennes, le film d'opéra, les films de héros musclés, Maciste notamment, véritable objet de culte, les comédies bourgeoises appelées téléphones blancs. Rappelons aussi la création en 1932 de la Mostra de Venise, dont toutes les récompenses sont sponsorisées par Mussolini, son gouvernement ou le Parti Fasciste, et surtout celle de Cinecitta en 1937. Grazie mile à Babelio et Vendémiaire. Aucune chance que ce livre là finisse sur un banc public. 

                           

                         

 

 

 

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06 décembre 2019

L'autre cinéma

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                              Bel accueil lors de nos séances cinéphiles pour ce film coréen complètement en marge et très loin de l'univers souvent urbain et violent du cinéma de là-bas. Petite forêt est un film de Yim Soon-rye, réalisatrice dont c'est le premier film sorti en France. Une sorte de retour à la nature pour Hye-won, vingt ans, déçue de la grande ville qui revient au village où vit sa mère veuve qui n'est plus là pour l'accueillir, partie vivre d'autres expériences. Passée la surprise Hye-won retrouve un garçon et une fille, ses amis d'enfance. Le gentil triangle amoureux n'est qu'anecdotique dans cette histoire simple et plutôt bucolique sans mièvrerie. C'est possible

                              On pense bien sûr aux Délices de Tokyo mais très vite on est attiré par ces gestes du quotidien de la campagne dans laquelle le cinéma ne nous immerge pas  si souvent. Les scènes de cuisine sont un régal pour les yeux et les fruits et légumes colorés et appétissants sont des acteurs à part entière. Mais le message écolo est tout en finesse, rien n'est asséné dans Petite forêt. C'est aussi un film où les femmes, Hye-won, sa mère, son amie, ont un rôle très fort. Tout cela sans jamais se départir d'un sourire dont on n'a guère l'habitude. Un joli dépaysement.

affiche folle nuit

                            Le public, moins nombreux que pour le film précédent, a aimé ce film qui ne prendra qu'une heure et dix-sept minutes de votre temps. Une concision bienvenue pour moi qui souffre souvent du délayage en 120 minutes de la moindre comédie déjà balourde sur 1h20. Tout premier film de la réalisatrice russe Anja Kreis Folle nuit russe nous emmène à Ivanovo, au nord-est de Moscou, à l'aube de l'an 2000. Eltsine va passer le flambeau à Poutine. Mais Ivanovo est une ville sinistrée du textile et conjugue toutes les tares de la charnière du siècle. Rien ne manque, mafia, crise économique, trafics, alcoolisme, et Tchétchénie, ceux qui y sont restés et ceux qui reviennent, mal.

                            Plusieurs histoires se mêlent et se rejoignent et nous passons douze heures de cette Folle nuit russe avec sept ou huit personnages. Un soldat retour du front. La compagne de son frère mort qui se jette à son cou. Deux femmes témoins de Jehovah éconduites. Un clochard invité pas très finaud. Ces gens se croisent en rêvant de l'Ouest,pas tous, et en buvant de la mauvaise vodka. Un fusil fait la liaison, dangereuse. L'URSS n'est plus mais, malgré un humour noir et désespéré, la Russie d'Ivanovo n'incite guère à la sérénité.

Affiche Bacurau

                           Le grand baroque brésilien est de retour avec Bacurau, prix du Jury à Cannes, dans lequel Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles donnent libre cours à leur cinéphilie pour le cinéma dit de genre. Tour à tour film politique, western italianisant, science-fiction digne d'Ed Wood, explosion gore, charge anti-yankee quasi inhérente au cahier des charges du cinéma d'Amérique Latine. N'y manque même pas une allusion à Guevara. Somme toute assez réjouissant, pas sérieux, n'oubliant ni le côté BD ni le jeu vidéo si en cour actuellement, Bacurau tient finalement de la pochade,ce qui n'est pas plus mal, et a été dans l'ensemble plutôt bien reçu.

                           Nettement moins fort qu'Aquarius le précédent film de Mendonça mais je crois savoir qu'au moins deux personnes ont trouvé le film formidable, les deux réalisateurs eux-mêmes qui se sont visiblement bien amusés. Et puis c'est très moral, imparable, 800 emplois ont été créés pour le film. Dont acte. Bon, si par hasard un vieux DVD du film Antonio das Mortes (1969) passait par là n'hésitez pas.

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30 novembre 2019

Rester, restare, bleiben

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                                 Marco Balzano est un auteur italien de quarante ans et nous propose un beau roman classique sur un épisode très méconnu en France, l'annexion après la Grande Guerre d'une partie de l'Autriche par l'Italie. Le Haut-Adige est une région de montagne. C'est en fait le Tyrol du Sud. Trina est le personnage principal, une femme solide et en avance sur son temps, mère,,enseignante et résistante. Pas banal, cette région a subi les deux dictateurs. Le combat de Trina se cristallisera aussi sur la construction d'un immense barrage dans une Italie d'après-guerre qui rappelle mon cher Néoréalisme qui cependant oublia quelque peu l'extrême nord italien et alpin, plus à l'aise dans le Mezzogiorno ou les grands centres urbains.

                                 Sur ces pentes souvent enneigées impossible de ne pas citer les deux géants montagnards, Dino Buzzati et Mario Rigoni Stern. Mais là je ne vous surprends pas. Bien sûr Je reste ici est un roman tout récent qui prend en compte les préoccupations écologiques, comme Paolo Cognetti déjà évoqué ici. Mais la trame reste romanesque et la lecture en est très agréable. Un moment écartelés entre deux pays, deux langues, deux dictatures,  les villageois tenteront de faire le juste choix. Mais les "reconstructeurs" du miracle économique italien ne sont pas épargnés et paysans et ouvriers ne sont pas forcément des parangons de vertu.

                                La photo de couverture est réelle. C'est tout ce qui surnage de la noyade du village de Curon en 1950 pour faire place au barrage dans la région du Trentin-Haut-Adige.

 

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25 novembre 2019

In the name of rock/Celia

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                              Phil Ochs, cest bien loin tout ça. Sa prometteuse carrière de folk-singer se brisa assez vite et seul Greenwich Village et quelques vieux fans inconsolables perpétuent le feu sacré d'une de ces légendes folk maudites, il y en a beaucoup. Pour l'ambiance voir le très beau Inside Llewyn Davis des frères Coen. Ce vieux Phil ne s'est pas fait que des amis avec ses engagements trés "engagés". Son succès personnel fut donc très restreint. Je l'ai un peu découvert sur quelques Rock et Folk plus que cinquantenaires et nous n'étions pas nombreux. 

                                Phil Ochs, engagé, je l'ai dit, presque enragé, eut beaucoup d'ennuis à cause de ses textes, notamment avec le FBI (pas très protest-song le FBI, en plein Vietnam) . Des problèmes psychiques croissants, les médocs et l'alcool, rien d'original vous voyez, le conduisirent à une marginalisation voire une clochardisation. En 76, chez sa soeur il décida de prendre une chaise et une corde. Non sans avoir fait un peu de prison en Amérique du Sud et failli laisser sa peau en Tanzanie. C'était la vie joyeuse de Phil Ochs qui, pour son album le moins méconnu, Rehearsals for a retirement en 1969 avait choisi la pochette ci dessous, déjà explicite. Et voici Celia.

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                                Et une autre Celia, qui parle aux phoques sur une île d'Ecosse, de mon si cher Donovan, Celia of the seals.

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17 novembre 2019

Morts à Venise

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Masse critique

                            L'opération Masse Critique de Babelio m'a entraîné cette fois à Venise sur les traces du commissaire Brunetti que je ne connaissais que par quelques épisodes télé d'une série, curieusement allemande, assez plats. Un peu d'air de la lagune m'a fait du bien, même vicié par une hélas banale histoire de drogue, comme partout ailleurs. Brunetti est sympa et puis tant qu'à hanter des lieux glauques à souhait autant le faire à quelques pas du Lido ou de la Douane de Mer. De plus le grand amoureux de l'Italie que je suis n'est jamais allé en visite à la sérénissime. Ceci dit nous sommes avec Donna Leon et La tentation du pardon dans des entiers, enfin des voies d'eau bien convenus. Nous n'aurons donc guère de surprises. Mais ne faisons pas la fine bouche à propos des enquêtes sur la lagune (une trentaine maintenant) de Signora Donna Leon, qui a depuis longtemps quitté son New Jersey pour vivre à Venise.

                           Les faits divers sont souvent l'occasion d'approcher la vie locale. Finalement pas tant que ça dans cet opus dans lequel Donna Leon parvient à occulter les touristes pour se consacrer aux turpitudes classiques du polar. Stupéfiants et escroqueries au menu dans le cadre prestigieux de la perle adriatique. Rien de vraiment neuf mais comment faire du neuf dans le domaine archibalisé de l'enquête policière? On peut certes changer le décor et l'époque et les auteurs de polars ne s'en sont pas privés. D'où un nombre hallucinant de romans policiers ethno-historiques la plupart du temps plaisants et oubliés très vite. Ceux de Donna Leon ne doivent pas échapper à la règle et Brunetti et sa famille sont des gens si bien élevés qu'on tout à fait le droit d'apprécier cette lecture. Je n'irai pas jusqu'à en dévorer l'intégrale. 

                            Une anecdote qui demanderait à être vérifiée. J'ai lu que Donna Leon refusait, bien que vénitienne depuis trente ans, la traduction de ses romans en italien, afin de conserver un relatif anonymat. D'ailleurs il semblerait qu'elle réside en Suisse la plupart du temps. La Dame a fui l'étrange cité aux 30 millions de touristes et aux 58 000 habitants. Capisco.

 

 

 

                            

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11 novembre 2019

A la une

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                       Ne le répétez pas mais j'ai passé avec mon amie Val (La jument verte) une nuit assez agitée, un peu compliquée mais très sympa. Un peu handicapé car en fait je n'ai jamais lu ni Alice au pays des merveilles ni De l'autre côté du miroir. Et Fredric Brown s'y entend pour mélanger les éléments fantastiques et policiers. L'action se déroule en une seule nuit. Doc Staeger dirige un journal très local, le Carmel City Clarion, plus ou moins du côté de Chicago. Doc, qui ne possède qu'un employé, assume tout dans sa feuille de chou, et cherche d'ailleurs à vendre. Il assume même l'absence totale d'informations un tout petit peu importantes dans Le Clairon. Depuis toujours. Mais ce soir...

                       Mais ce soir c'est différent, allez savoir pourquoi. Après le bouclage de l'édition Doc traverse la rue pour s'en jeter un chez Smiley. Ca lui arrive. Il aime le whisky, jouer aux échecs et parler de Lewis Carroll. C'est un peu comme une secte, ça, les fans de Lewis Carroll. A partir de là tout peut arriver. Tout arrive. Les quelques douze heures qui suivent vont être fertiles en péripéties hautement improbables mais plutôt drôles et malgré tout bien ancrées dans une Amérique fifties et rurale. Bon, c'est une histoire d'hommes, je vous préviens, avec verres, flingues, bagnoles.

                      Laisser sa raison au vestiaire et partir pour la nuit de Carmel City. La nuit du Jabberwock, mais vous connaissez tous le, ben si, le Jabberwock. Demandez à Alice. A moins que le Jabberwock...C'est toujours un peu fou-flou avec lui. Mais certaines balles sont bien réelles, les calibres sérieux, et quelques morts ne se reléveront pas. Fredric Brown est un auteur tricompartimental. Polar, science-fiction, humour. Et parfois c'est pêle-mêle. Très réussi en ce qui concerne La nuit du Jabberwock. J'ai apprécié la bourgade dans sa nuit ordinaire, une nuit des années cinquante, qu'on qualifierait maintenant d'un peu macho. Les femmes sont en effet totalement absentes. Même pas de blonde à la mèche fatale, ou d'entraîneuse de bar. Faut dire que des bars, il n'y en a qu'un, aux rares clients, qui laisse le temps de philosopher ou de faire échec et mat, encore faut-il qu'on soit au moins deux.

                    Tout cela, entre Alice et le roman noir, se lit avec délices. Pas tout compris à la résolution de l'énigme, mais approché très furtivement l'univers de Lewis Carroll, qui se limitait pour moi jusqu'à présent au génial I'm the walrus des Beatles. Mais qu'en pense Val, à qui j'ai rendu sa liberté au lever du jour? Mais à tout hasard, si quelqu'un sonne à la porte, méfiez-vous. Il n'est jamais complètement exclu que ce soit lui.

                        Nous trinquâmes, flacon contre bouteille, et il avala le tout selon sa stupéfiante méthode. J'étais en train de reboucher la bouteille de whisky quand Yehuda Smith mourut.

 

 

 

 

 

 

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07 novembre 2019

In the name of rock/ Melissa

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                                     C'est du rock sudiste. C'est carré. Ca n'a pas toujours eu bonne presse. On s'en fiche pas mal. Moi, j'aime Melissa. Gregg Allman joue ici une version assez tardive accompagné de Jackson Browne. C'est extrait de l'album All my friends qui fêtait The Allman Brothers. Son frère Duane était parti depuis si longtemps déjà. Et le bassiste Berry Oakley aussi, également en moto. Ils avaient 25 ans. Gregg les a maintenant rejoints. Oui, je sais, il arrive un moment, y a plus personne. Je joue un peu Melissa mais même mon âge ne m'autorise pas à vous l'imposer. Crossroads... 

                          

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05 novembre 2019

Le milieu de l'Europe (deuxième mouvement)

La Scala  Le temple

La Scala en scène  Scène de la vie milanaise

La Scala, Giselle  Alla Scala questa sera

Leonardo, Piazza della Scala  Leonardo da Vinci, Piazza della Scala

Una stagione alla Scla  Que pense-t-il de la saison?

P9250035  L'ultime Pieta de Michel-Ange, inachevée (Château Sforza)

P9230001  Parc Indro Montanelli

Université Catholique  Le cloître de l'Université Catholique

                                  A Milan le côté hyperbranché cotoie le quasi éternel. Et Michel-Ange, de cette  Pieta interrompue, semble faire la promesse d'un art neuf qui signifierait déjà le crépuscule de la Renaissance. Mais Milan ce n'est pas que la fashion week même si les boutiques de luxe font partie de la grande cité lombarde.

Santa Babila  Santa Babila, Corso Vittorio-Emanuele

San Carlo  Oratoire San Carlo

Sant'Ambrogio 1  Sant'Ambrogio

                   ... à suivre.

 

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02 novembre 2019

Il y a bien d'autres îles

Masse critique  

gardiennes

                                Plutôt côté thriller ésotérique cette fois chez les amis de Babelio que je remercie ainsi que les Presses de la Cité. On est dans la confection, convenable mais sans intérêt vraiment littéraire à mon sens. Un moment pas désagréable, un livre lu avec une certaine curiosité, puis un désintérêt croissant et enfin quelque chose qui ressemblerait à l'ennui. On est dans ce que j'appelle les enfants ratés de Da Vinci Code. Seul point original, à la rigueur, l'idée d"une île hollandaise battue par les vents où seraient rassemblés tous les livres du monde de tout temps.

                                Tout cela dans un monastère où officient des moniales rendues muettes. Sur fond d'eugénisme et d'expérimentations dignes de L'île du Dr. Moreau (relisez plutôt H.G.Wells) l'héroïne, spécialiste des livres anciens, se trouve embarquée dans une invraisemblable aventure, lestée d'un mari embarrassant et de secrets sur son père écrivain qui n'ont pas intéressé le lecteur égaré que je suis devenu au fil des pages. Heldenskon, l'île fictive restera pour moi dans l'oubli, gouffre où ont déjà sombré bon nombre de mes lectures. Les gardiennes du silence, de Sophie Endelys, lui, rejoindra la petite cohorte des ouvrages catalogués "bancs publics" dont j'ai déjà parlé. Rassurez-vous, amis des livres, sans maltraitance automnale car soigneusement entourés d'une enveloppe protectrice.

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01 novembre 2019

Index des auteurs

 D'

Abbey

à

sans-titre

Abbey Edward, Le gang de la clef à molette

Adam Olivier, Les lisières

Alarcon Daniel, Lost City Radio

Allen Woody, L'erreur est humaine

Ammaniti Niccolo, Branchies

Anderson Edward, Il ne pleuvra pas toujours

Anderson Edward, Tous des voleurs

Appelfeld Aharon, L'amour,soudain

Appelfeld Aharon, Le temps des prodiges

Appelfeld Aharon, Les eaux tumultueuses

Arpino Giovanni, Le pas de l'adieu

Artin Pacha Yacoub, Contes du Nil Blanc et du Nil Bleu

Assouline Pierre, Le dernier des Camondo

Assouline Pierre, Une question d'orgueil

Audouard Antoine, Changer la vie

Audubon John James, Journal du Missouri

Bannel Cédric, L'homme de Kaboul

Bakker Gerbrand, Le détour

De Balzac Honoré, Une ténébreuse affaire

Balzano Marco, Je reste ici

Banville John, Le livre des aveux

Barbaro Paolo, Iles perdues

Barbery Muriel, L'élégance du hérisson

Barnes Julian, Le fracas du temps

Barry Rodolphe, Honorer la fureur

Barry Sebastian, Du côté de Canaan

Barry Sebastian, Le testament caché

Barry Sebastian, Un long long chemin

Bartelt Franz, Le bar des habitudes

Barth John, L'opéra flottant

Bass Rick, Dans les Monts Loyauté

Bass Rick, La décimation

Bass Rick, Le ciel, les étoiles, le monde sauvage

Bass Rick, Winter

Behrens Peter, Les O'Brien

Ben Jelloun Tahar, L'enfant de sable

Benioff David, La ville des voleurs

Benjamin Melanie, Les Cygnes de la Cinquième Avenue

Bergen David, Un passé envahi d'ombres

Bierce Ambrose, Morts violentes

Bjornstad Ketil, La société des jeunes pianistes

Bolger Dermot, Ensemble séparés

Bolger Dermot, Une seconde vie

Bosc Adrien, Constellation

Bosco Henri, Le mas Théotime

Boyden Joseph, Le chemin des âmes

Brancati Vitaliano, Les aventures de Tobaïco

Brancati Vitaliano, Rêve de valse

Brink André, Un instant dans le vent

De Broc Nathalie, Et toujours ces ombres sur le fleuve...

Brouste Judith, Le cercle des tempêtes

Brown Fredric, La nuit du Jabberwock

Bryson Bill, L'été où tout arriva

Burke James Lee, Le boogie des rêves perdus

Burnside John, Les empreintes du diable

Burnside John, Scintillation

Burnside John, Un mensonge sur mon père

Burnside John, Une vie nulle part

Butler Robert Olen, L'appel du fleuve

Butlin Ron, Le son de ma voix

Buzzati Dino, Le K

Buzzati Dino, Montagnes de verre

Buzzati Dino, Nouvelles inquiètes

Camilleri Andrea, Le tour de la bouée

Canin Ethan, Le voleur du palais

Canin Ethan, Vue sur l'Hudson

Caracalla Jean-Paul, Les exilés de Montparnasse

Carletti Luigi, Prison avec piscine

Carpenter Don, Deux comédiens

Carpenter Don, La promo 49

Carpenter Don, Sale temps pour les braves

Carpenter Don, Un dernier verre au bar sans nom

Caruso Alfio, Willy Melodia

Cauvin Patrick, Dictionnaire amoureux des héros

Chalandon Sorj, Le quatrième mur

Chambaz Bernard, Vladimir Vladimirovitch

Chandler Raymond, Le jade du mandarin

Chandler Raymond, Un tueur sous la pluie

Charles KJ, Le carnet secret de Simon Feximal

Charyn Jerome, El Bronx

Chevalier Tracy, L'innocence

Claudel Philippe, Le rapport de Brodeck

Claus Hugo, Belladonna

Clavel Bernard, La révolte à deux sous

Coe Jonathan, La pluie,avant qu'elle ne tombe

Coetzee John Maxwell, L'été de la vie

Coetzee John Maxwell, Michael K.,sa vie, son temps

Cognetti Paolo, Les huit montagnes

Cole Teju, Open City

Collectif, Voyages d'écrivains

Colombani Florence, Kazan.Une Amérique du Chaos

Colombani Florence, Proust-Visconti.Histoire d'une affinité élective

Conan Doyle Arthur, Etude en rouge

Connelly Michael, Volte-face

Consolo Vincenzo, Le palmier de Palerme

Conte Giuseppe, L'homme qui voulait tuer Shelley

Conte Giuseppe, Le troisième officier

Cook Kenneth, A coups redoublés

Cook Kenneth, Cinq matins de trop

Cook Kenneth, La vengeance du wombat

Cooper Dominic, Le coeur de l'hiver

Cooper Dominic, Vers l'aube

Cooper Tom, Les maraudeurs

Cornwell Patricia, Havre des morts

De Cortanze Gérard, Laisse tomber les filles

Cowie Douglas, Owen Noone & Marauder

Cozarinsky Edgardo, Dark

Crace Jim, De visu

Crews Harry, Des mules et des hommes

Crumley James, Cairn

David Michel, Un bonheur si fragile

Deaver Jeffery, Le rectificateur

Decoin Didier, Une Anglaise à bicyclette

Dee Jonathan, Mille excuses

Delesalle Nicolas, Un parfum d'herbe coupée

Désérable François-Henri, Tu montreras ma tête au peuple

Deville Patrick, Peste et choléra

Dicker Joël, La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Diehl Chris, Blackmail Blues

Divry Sophie, Quand le diable sortit de la salle de bain

Divry Sophie, Trois fois la fin du monde

Doerr Anthony, Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Dos Passos John, Aventures d'un jeune homme

Von Düffel John, De l'eau

Dugain Marc, Ils vont tuer Robert Kennedy

Dugain Marc, La malédiction d'Edgar

Dugain Marc, Une exécution ordinaire

Dumas Alexandre, Le meneur de loups

Durrell Lawrence, Le Carrousel sicilien

Duval-Stalla Alexandre, Claude Monet-Georges Clemenceau:une histoire deux caractères

Easton Ellis Bret, Lunar Park

Eder Cyril, Les Comtesses de la Gestapo

Endelys Sophie, Les gardiennes du silence

Edwardson Ake, Voile de pierre

Enard Mathias, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Enzensberger Hans Magnus, Joséphine et moi

Evette Jean-Baptiste, Les spadassins

Farina Annick, Florence en v.o.

Farris Smith Michael, Nulle part sur la terre

Fellowes Julian, Passé imparfait

Fellowes Julian, Snobs

Findley Timothy, Le Grand Elysium Hotel

Finnegan William, Jours barbares

Flaubert Gustave, Bouvard et Pécuchet

Flynn Nick, Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie

Follett Ken, Le mystère du gang masqué

Forest Philippe, Le siècle des nuages

Franklin Tom, La culasse de l'enfer

Franklin Tom, Le retour de Silas Jones

Froidmont Claude, Chez Mauriac à Malagar

Gaige Amity, Schroder

Garcin Jérôme, Le voyant

Garde François, Ce qu'il advint du sauvage blanc

Garde François, Pour trois couronnes

Gary Romain, La promesse de l'aube

Gatalica Aleksandar, A la guerre comme à la guerre

Gattis Ryan, Six jours

Gaudé Laurent, Danser les ombres

Gaudé Laurent, Eldorado

Gaudé Laurent, Les oliviers du Négus

Gaudé Laurent, Pour seul cortège

Geary Valerie, Celles de la rivière

Geiger Arno, Le vieux roi en son exil

Geiger Arno, Tout va bien

Gennari Alessandro, Les lois du sang

Germain Sylvie, Petites scènes capitales

Gibeau Yves, ...Et la fête continue

Gide André, Si le grain ne meurt

Giesbert Franz-Olivier, Un très grand amour

Glass Emma, Pêche

Giocanti Stéphane, Une histoire politique de la littérature

Giraldi William, Aucun homme ni dieu

Giraudeau Bernard, Les dames de nage

Grand Emmanuel, Terminus Belz

Greene Graham, Orient-Express

Greenland Seth, Un patron modèle

Grondahl Jens Christian, Les Portes de Fer

Grondahl Jens Christian, Quelle n'était pas ma joie

Grondahl Jens Christian, Virginia

Gustafsson Lars, L'après-midi d'un carreleur

Haasse Hella S., La source cachée

Haasse Hella S., Les seigneurs du thé

Hamilton Hugo, Le marin de Dublin

Hamilton Hugo, Sang impur

Hamsun Knut, La faim

Harding Paul, Enon

Harstad Johan,  Buzz Aldrin, mais où donc es-tu passé?

't Hart Marteen, La colère du monde entier

Hasz Robert, La forteresse

Hasz Robert, Le moine et le soldat

Hatzfeld Jean, Robert Mitchum ne revient pas

Haushofer Marlen, Le mur invisible

Heinichen Veit, Les requins de Trieste

Hemingway Ernest, La vérité,à la lumière de l'aube

Heron Zakia et Celia, Le premier qui voit la mer

Hertmans Stefan, Le  coeur converti

Hesse Herman, Le loup des steppes

Hogan Desmond, Les feuilles d'ombre

Hovland Ragnar, Douce nuit

Indridason Arnaldur, La femme en vert

Indridason Arnaldur, La muraille de lave

Inoué Yasushi, La chasse dans les collines

Irish William, Irish Murder

Ishiguro Kazuo, Le géant enfoui

Ishiguro Kazuo, Quand nous étions orphelins

Jancar Drago, Cette nuit je l'ai vue

Jancar Drago, Et l'amour aussi a besoin de repos

Jenni Alexis, L'art français de la guerre

Jenni Alexis, La conquête des îles de la Terre Ferme

Johnson Craig, Enfants de poussière

Johnson Denis, Rêves de train

Jonasson Jonas, L'assassin qui rêvait d'une place au paradis

Jordan Hillary, Mississippi

Josse Gaelle, Un été à quatre mains

Jouve Pierre-Jean, Paulina 1880

Kanon Joseph, Alibi

Kanon Joseph, L'ami allemand

Karjel Robert, Du sang sur le sable

Kasischke Laura, La vie devant ses yeux

Kauffmann Jean-Paul, Remonter la Marne

Kavanagh Patrick, L'idiot en herbe

Keegan Claire, A travers les champs bleus

Kemal Yachar, Alors les oiseaux sont partis

Kemal Yachar, Regarde donc l'Euphrate charrier le sang

Kerr Philip, L'été de cristal

Kerr Philip, La pâle figure

Kerr Philip, Un requiem allemand

Kessel Joseph, La steppe rouge

Kessel Joseph, Les temps barbares

Kettenbach Hans Werner, La vengeance de David

Kingsolver Barbara, L'arbre aux haricots

Kneale Matthew, Les passagers anglais

Knowles John, Une paix séparée

Koechlin Stéphane, Bessie Smith,des routes du sud à la vallée heureuse

Koeppen Wolfgang, La mort à Rome

Kramer Pascale, Autopsie d'un père

Krüger Michael, La comédie de Turin

Krüger Michael, La maison fantôme

Kumpfmüller Michael, La splendeur de la vie

Kundera Milan, L'ignorance

De La Varende Jean, Les manants du roi

Lamb Wally, La puissance des vaincus

Lange Richard, Angel Baby

Lansdale Joe R., Les marécages

Le Roy Claude, Dans les armées de Napoléon

Lehane Dennis, Ce monde disparu

Lehane Dennis, Un pays à l'aube

Lenz Siegfried, Le dernier bateau

Leon Donna, La tentation du pardon

Leung Brian, Les hommes perdus

Levine James A., Bingo's run

Lewis Norman, Comme à la guerre

Lewis Norman, L'île aux chimères

Lewisohn Ludwig, Crimes passionnels

Lindgren Torgny, Le chemin du serpent

Lindquist Hakan, Mon frère et son frère

Lynch Jim, Les grandes marées

Lynch Paul, La neige noire

Machart Bruce, Le sillage de l'oubli

Macken Walter, Et Dieu fit le dimanche...

Macken Walter, Le Seigneur de la Montagne

Malaparte Curzio, Le soleil est aveugle

Malte Marcus, Le garçon

Malte Marcus, Les harmoniques

Mani Stefan, Noir océan

Mankell Henning, Avant le gel

Mankell Henning, L'homme inquiet

Mankell Henning, Le guerrier solitaire

Marai Sandor, Divorce à Buda

Marai Sandor, La conversation de Bolzano

Marai Sandor, La nuit du bûcher

Marai Sandor, Le miracle de San Gennaro

Marai Sandor, Les braises

Marai Sandor, Les confessions d'un bourgeois

Marai Sandor, Libération

Marai Sandor, Mémoires de Hongrie

Marai Sandor, Métamorphose d'un mariage

Maraini Dacia, La vie silencieuse de Marianna Ucria

Martin George R.R., Armageddon Rag

Martinez Tomas Eloy, Le chanteur de tango

Mazzantini Margaret, Ecoute-moi

McCann Colum, Transatlantic

McCann Colum, Treize façons de voir

McCord Howard, L'homme qui marchait sur la lune

McCullers Carson, Reflets dans un oeil d'or

McGahern John, Journée d'adieu

McGrath Patrick, Port-Mungo

McGregor John, Il n'y a pas de faux départ

Mengestu Dinaw, Les belles choses que porte le ciel

Meunier Louis, Les Cavaliers afghans

Millhauser Sreven, Nuit enchantée

Mills Magnus, Retenir les bêtes

Mills Magnus, Trois pour voir le roi

Monteilhet Hubert, Les bouffons

De Montremy Jean-Maurice, Le collectionneur des lagunes

Morandini Claudio, Le chien,la neige,un pied

Moricz Szigmond, L'épouse rebelle

Mullisch Harry, La découverte du ciel

Murakami Haruki, Après le tremblement de terre

Murakami Haruki, Au sud de la frontière,à l'ouest du soleil

Murakami Haruki, Les amants du Spoutnik

Musso Guillaume, Sauve-moi

Nadler Stuart, Un été à Bluepoint

Nesbo Jo, L'étoile du diable

Nicholls David, Nous

Noriega Alfredo, Mourir, la belle affaire

Nysenholc Adolphe, Charlie Chaplin-Le rêve

O'Brien Dan, Brendan Prairie

O'Brien Dan, Wild Idea

O'Brien Flann, Le troisième policier

O'Brien Tim, Au Lac des Bois

O'Connor Flannery, Wise blood

O'Connor Joseph, Inishowen

O'Connor Joseph, Les âmes égarées

O'Connor Joseph, Les bons chrétiens

O'Connor Joseph, Maintenant ou jamais

O'Connor Joseph, Muse

O'Connor Joseph, Redemption Falls

O'Doherty Brian, L'étrange cas de Mademoiselle P.

O'Faolain Nuala, J'y suis presque

O'Faolain Nuala, On s'est déjà vu quelque part?

O'Faolain Sean, Passions entravées

O'Farrell Maggie, Assez de bleu dans le ciel

O'Flaherty Liam, L'assassin

Ogawa Yoko, Cristallisation secrète

Ogawa Yoko, La formule préférée du professeur

Ogawa Yoko, La marche de Mina

Ogawa Yoko, Les abeilles

Ogawa Yoko, Les lectures des otages

O'Hagan Andrew, Sois près de moi

O'Hara John, Une lueur de paradis

Olafsson Olafur Johann, Absolution

Olyslaegers Jeroen, Trouble

O'Nan Stewart, Derniers feux sur Sunset

O'Nan Stewart, Des anges dans la neige

Ongaro Alberto, Rumba

D'Ormesson Jean, Au Plaisir de Dieu

D'Ormesson Jean, C'est une chose étrange à la fin que le monde

D'Ormesson Jean, Et moi je vis toujours

D'Ormesson Jean, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

D'Ormesson Jean, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit

Orsenna Erik, L'Entreprise des Indes

Ovaldé Véronique, La grâce des brigands

Oz Amos, Entre amis

Oz Amos, Judas

Oz Amos, L'histoire commence

Oz Amos, Scènes de vie villageoise

Oz Amos, Une panthère dans la cave

Oz Amos, Vie et mort en quatre rimes

Paasilinna Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

Paasilinna Arto, petits suicides entre amis

Pahor Boris, Printemps difficile

Pakravan Amineh, Le libraire d'Amsterdam

Parker Dorothy, La vie à deux

Payne David, Le monde perdu de Joey Madden

Pelecanos George, Drama City

Penn Warren Robert, Un endroit où aller

Percy Benjamin, Le canyon

Perez Reverte Arturo, Le soleil de Breda

Perlman Elliot, Trois dollars

Perlman Elliot, La mémoire est une chienne indocile

Perutz Leo, La neige de Saint Pierre

Perutz Leo, Où roules-tu, petite pomme?

Petterson Per, Je refuse

Petterson Per, Maudit soit le fleuve du temps

Petterson Per, Pas facile de voler des chevaux

Piperno Alessandro, Avec les pires intentions

Plath Sylvia, La cloche de détresse

Pollock Donald Ray, Le diable,tout le temps

Porter Henry, Brandebourg

Potok Chaïm, L'élu

Powers Richard, Le temps où nous chantions

Price Richard, Ville noire,ville blanche

Punke Michael, Le revenant

Ragougneau Alexis, La Madone de Notre-Dame

Rash Ron, Par le vent pleuré

Rash Ron, Une terre d'ombre

Ray Jean, Malpertuis

Raymond Jean-Paul, Les loups de Mondrepuis

Remarque Erich Maria, Arc de Triomphe

Von Rezzori Gregor, Les morts,à leur place

Von Rezzori Gregor, Mémoires d'un antisémite

Von Rezzori Gregor, Sur mes traces

Rosero Evelio, Les armées

Roth Joseph, Cabinet des figures de cire

Roth Joseph, Images viennoises

Roth Joseph, Le marchand de corail

Roth Joseph, Tarabas

Rothmann Ralf, Lait et charbon

Rouart Jean-Marie, La vérité sur la comtesse Berdaiev

Rouart Jean-Marie, Ne pars pas avant moi

Roux François, Tout ce dont on rêvait

Roux Frédéric, L'hiver indien

Rufin Jean-Christophe, Le grand Coeur

Ruiz Zafon Carlos, Marina

Ryan Donal, Le coeur qui tourne

Ryan Donal, Tout ce que nous allons savoir

Ryan Donal, Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe

De Saint Pern Dominique, Baronne Blixen

Salinger Jerome David, Nouvelles

Sallis James, Cripple Creek

Sampedro José Luis, Le sourire étrusque

Sansom C.J., Dissolution

Savage Thomas, Le pouvoir du chien

Savage Thomas, Rue du Pacifique

Von Schirach Ferdinand, Crimes

Schlink Bernhard, Le retour

Schlink Bernhard, Le week-end

Schlink Bernhard, Olga

Schneider Peter, La ville des séparations

Schnitzler Arthur, Gloire tardive

Schnitzler Arthur, La pénombre des âmes

Schnitzler Arthur, Une petite comédie

Schnitzler Arthur, Vienne au crépuscule

Schoeman Karel, Cette vie

Schoeman Karel, Des voix parmi les ombres

Schoeman Karel, En étrange pays

Schoeman Karel, La saison des adieux

Schoeman Karel, L'heure de l'ange

Schoeman Karel, Retour au pays bien-aimé

Schulberg Budd, Le désenchanté

Schopp Claude, La grande sonate

Scott Paul, Quelques jours avant la nuit

Scott Walter, Le talisman

Seethaler Robert, Le tabac Tresniek

Seigle Jean-Luc, En vieillisant les hommes pleurent

Self Will, Dr.Mukti

Sepulveda Luis, Le neveu d'Amérique

Shakespeare William, Coriolan

Shepard Sam, A mi-chemin

Shepard Sam, Balades au paradis

Shoham Liad, Oranges amères

Simenon Georges, Lettre à mon juge

Simmons Dan, Terreur

Slocombe Romain, Monsieur le Commandant

Sorrentino Paolo, Ils ont tous raison

Springsteen Bruce, Born to run

Staalesen Gunnar, Fleurs amères

Staalesen Gunnar, Le loup dans la bergerie

Stefansson Jon Kalman, Enre ciel et terre

Stefansson Jon Kalman, La tristesse des anges

Stefansson Jon Kalman, Le coeur de l'homme

Stegner Wallace, Vue cavalière

Stifter Adalbert, Les deux soeurs

Suaudeau Julien, Dawa

Suter Martin, Le diable de Milan

Sylvain Dominique, Ombres et soleil

Szekely Janos, L'enfant du Danube

Tadié Benoît, Le polar américain,la modernité et le mal

Teodorescu Irina, Ni poète ni animal

Tesson Sylvain, La panthère des neiges

Teulé Jean, Charly 9

Thiéry Danielle, Dérapages

Thomas Matthew, Nous ne sommes pas nous-mêmes

Timm Uwe, L'homme au grand-bi

Toibin Colm, Brooklyn

Toibin Colm, La couleur des ombres

Toibin Colm, L'épaisseur des âmes

Toibin Colm, Le maître

Traven B., La charrette

Traven B., Le pont dans la jungle

Traven B., Le visiteur du soir

Trevor William, Les enfants de Dynmouth

Trevor William, Les splendeurs de l'Alexandra

Trevor William, Ma maison en Ombrie

Trevor William, Mourir l'été

Vallejo François, Fleur et sang

Vallejo François, Ouest

Vanderhaeghe Guy, Comme des loups

Vanderhaeghe Guy, La dernière traversée

Vann David, Sukkwan Island

Vassali Sebastiano, Le cygne

Verger Frédéric, Les rêveuses

Vermes Timur, Il est de retour

Veronesi Sandro, La force du passé

Vigevani Alberto, Un été au bord du lac

Vuillard Eric, L'ordre du jour

Wagamese Richard, Jeu blanc

Wagamese Richard, Les étoiles s'éteignent à l'aube

Walser Robert, Vie de poète

Walter Jess, De si jolies ruines

Wargnier Corinne, C'est ainsi que la vie sest arrêtée

Weidermann Volker, Ostende 1936

Weil Jiri, Mendelssohn est sur le toit

Westlake Donald, Mémoire morte

Whitehead Colson, Ballades pour John Henry

Whitehead Colson, Underground Railroad

Widmer Urs, Le livre de mon père

Willocks Tim, La Religion

Winckler Martin, Le choeur des femmes

De Winter Léon, La faim de Hofmann

Wolff Tobias, Chasseurs dans la neige

Womersley Chris, Les affligés

Woodall Clive, Le royaume de Kirrick

Yalom Irvin, Et Nietzsche a pleuré

Yalom Irvin, Mensonge sur le divan

Yehoshua Avraham B., L'année des cinq saisons

Yehoshua Avraham B., Le responsable des ressources humaines

Yehoshua Avraham B., Rétrospective

Yehoshua Avraham B., Shiva

Zweig Stefan, Wondrak

 

 

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25 octobre 2019

Rome objet de ressentiment

Masse critique

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                          Je connaissais La mort à Venise. Et l'expression Voir Naples et mourir. L'opération Masse Critique m'avait proposé cette fois parmi d'autres livres ce roman méconnu datant de 1954, signé de Wolgang Koeppen. Un travail soigné des éditions du Typhon à Marseille. La mort à Rome n'est pas un ouvrage a priori facile et s'il semble avoir acquis un statut d'oeuvre importante en Allemagne il n'a jamais été un succès populaire. Pas très enthousiasmant ce roman, dernier épisode de la Trilogie de l'échec. Il me semble, mais je suis loin d'être péremptoire, que ce livre et les deux précédents Pigeons sur l'herbe et La serre (le premier, une journée banale dans Munich d'après-guerre, le second misère et corruption dans la petite capitale fédérale Bonn) relèvent d'une littérature certes assez forte et qui n'est pas sans fulgurances, mais d'une littérature de l'expiation qui m'a laissé de marbre. Il est vrai que nous sommes moins de dix ans après la découverte des horreurs.

                          Les protagonistes, apparentés entre eux, se retrouvent à Rome, la Rome alliée, la Rome traîtresse aussi pour ces nostalgiques, voire plus pour certains, du Troisième Reich. La mort à Rome est féroce et annonce Heinrich Böll et Gunther Grass qui eux, dix ans plus tard, connaîtront le succès. Deux beaux-frères, le bourgmestre et l'ancien général, qui eurent de lourdes responsabilités, leurs épouses, leurs enfants, cousins très différents sont les personnages assez complexes et fort antipathiques qui peuplent cette histoire. On comprend le propos de Wolfgang Koeppen, et sa rage à constater que finalement rien n'a  raiment changé et que la plupart de ces hommes seraient partants pour un remake. C'est un peu trop catégorique pour moi.

                          L'autre personnage est la ville, la louve romaine ensanglantée, avec ses touristes revenus nombreux, humiliation suprême, beaucoup d'Allemands. Et là Koeppen fait preuve de beaucoup de talent. Plus qu'avec la Germanie, c'est avec les pierres, avec l'Histoire, avec la religion catholique que les mots sont les plus forts. N'y aurait-il que les deux pages et demie sur le pape en prière, qu'il faudrait citer intégralement  (c'est magistral, je ne suis pourtant pas un croyant) La mort à Rome mérite finalement l'intérêt. Ce voyage à Rome, version morbide, voire méphitique est un ouvrage intéressant, à consommer avec modération, Thanatos étant tout de même encombrant.

                          -Tu ne cherches pas Dieu dans sa maison, tu le cherches dans les impasses, dit Adolf. ( diacre, à son cousin Siegfried).

                          -S'il existe, il vit aussi dans les impasses (réponse de Siegfried, compositeur).

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23 octobre 2019

Les tenaces

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                                   L'auteur semble creuser un sillon duel car outre cette biographie croisée du politique et du peintre il a écrit un De Gaulle-Malraux et un Chateaubriand-Bonaparte. Et les deux vieillards de cette photo assez connue, on a beau dire, valent la peine. C'est le moins que l'on puisse dire. On sait la longue amitié et le profond respect mutuels de ces deux hommes d'exception. Comme ils semblent vénérables et couverts d'honneurs sur cette image. Ils l'ont été, mais pas de tout temps. Quasiment du même âge ces deux volcans devenus icôniques ont affronté de tout temps bien des oppositions, souvent féroces, et bien des obscurantismes.

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                                  Monet s'est fort peu engagé en politique. Clemenceau davantage dans la défense du génie de son ami. Et vers la fin de leur vie la série Les nymphéas fera l'objet de toute une aventure et il faudra sept ans pour que les deux hommes parviennent à offrir comme un bouquet de fleurs à la France meurtrie de l'après-guerre cet ensemble impressionnant de l'Orangerie. Mais Alexandre Duval-Stalla, s'il commence son récit par cet épisode, presque un épilogue de la vie bien remplie de ces deux géants, revient ensuite sur le médecin Clemenceau et le caricaturiste Monet, leurs débuts d'adultes. Et c'est déjà la guerre, celle de 1870. Puis sur le tribun tombeur de ministères et l"aliéné" honni des salons tellement officiels. Puis sur le dreyfusard et le jardinier de Giverny qui, chacun à leur manière et souvent envers et contre tous, allaient rayonner et irradier le pays.

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                                  J'ai beaucoup aimé ce voyage parallèle. Qu'il ne faut pas prendre pour une franchouillarde bénédiction du génie français, mais pour une ode au cran, à la ténacité, au courage. Il se trouve que ces deux là étaient français. J'ai aussi voulu illustrer par deux portraits des monstres sacrés en jeunes hommes. Oui, Georges Clemenceau et Claude Monet ont été jeunes. Merci à mon ami JP qui m'a fait découvrir ce livre.

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                                      "Non, pas de noir pour Monet." Clemenceau arrache le drap noir qui recouvre le cercueil de Caude Monet. Il le remplace par un drap de fleurs qui se trouve à portée de main, "une cretonne ancienne aux couleurs des pervenches, des myosotis et des hortensias."

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