BLOGART(LA COMTESSE)

09 mai 2018

Pause probable

                           Les amis, quelques troubles de santé me conduisent à raréfier, voire interrompre mes interventions sur la toile. J'espère que ce ne sera pas trop long. Je vous embrasse.

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03 mai 2018

Le mal sévit à Maribor

Masse critique

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                           Merci à Babelio qui me permet de lire à nouveau Drago Jancar, auteur slovène très apprécié avec Cette nuit je l'ai vue. Il nous revient avec ce titre (en fait extrait d'un poème de Lord Byron) Et l'amour aussi a besoin de repos*. Dernières années de la guerre à Maribor, germanisée en Marburg (la ville natale de Drago Jancar, en Slovénie). La situation est compliquée tant pour l'occupant allemand dont les forces s'amenuisent et que n'effraie pas le recours à la torture que pour les partisans slovènes avec leur lot de résistants de la dernière heure et de trahisons. Dans cet ouest balkanique, encore alpin, la situation n'a jamais été si simple. Et trois personnages, Sonja, son fiancé Valentin, maquisard, et Ludek devenu Ludwig, SS de son état, vont en faire l'expérience, somme toute banale.

                          Dans la ville annexée par le Troisième Reich la vie ne tient parfois qu'à un fil et Drago Jancar excelle à décrire la bureaucratie totalitaire et le quotidien des résistants. On le sait ces conflits amènent les cousins d'hier, les frères de ce matin, à devenir les ennemis du matin prochain. Ce fut particulièrement le cas dans l'ancienne Yougoslavie, mosaïque de minorités, que seule la poigne de Tito maintint quelques décennies au prix d'une dictature...dictatoriale. Trois personnages complexes, guère de manichéisme dans le récit, tous les mécanismes de la guerre parfaitement rendus au jour le jour. La cruauté et la folie qui guettent au bord de la rivière, dans une grange, dans la moindre auberge. Et la défiance qui mène à tout, et aux erreurs les plus funestes.

                          La langue de Drago Jancar fait merveille. Les hommes strient la forêt comme les femmes et leurs râteaux pour les myrtilles. La photo de Sonja avait flotté sur la Save. Elle flotterait sur le Danube. Elle finirait dans La Mer Noire. Toutes nos rivières se jettent dans la Mer Noire. Ludwig, Sonja et Valentin, miettes de l'Histoire, seront envoyés aux quatre vents dans la démence meurtrière du monde. En version slovène mais il existe des dizaines d'autres versions. Ceux qui me lisent un  peu savent mon goût pour la Mitteleuropa, ses déclinaisons et ses  séquelles. Les geôles se ressemblent partout et les exécutions sommaires sont universelles. Les souvenirs et les regrets aussi. Et les chagrins.

*Car l'épée use le fourreau

Et l'âme épuise le coeur

Et le coeur doit faire halte pour souffler

Et l'amour aussi a besoin de repos.

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30 avril 2018

Cendre et fumée

            En deux mots, Cinder and smoke, c'est une sublime chanson du folkeux Samuel Beam (connu sous le pseudo Iron and Wine). C'est aussi, Cendre et fumée, deux mots qui m'accompagnent ces temps-ci. Comme un drôle de goût. Par ailleurs je considère que la moindre des élégances est de proposer la version du créateur.

 

 

 

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24 avril 2018

Carte postale

Masse critique

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                             En cette fin de semaine hypertouristique il y a récréation chez Babelio avec ce délicieux album, en fait catalogue d'une expo de Quimper sur l'histoire du tourisme en Bretagne à travers l'affiche touristique depuis le temps des diligences jusqu'aux années 50. Plaisir des yeux assuré, un zeste de nostalgie du bon vieux temps où quatre jours  à peine vous amenaient de Paris à Nantes. La première partie du livre est consacrée à ce moyen de transport qui permettait de croiser le Breton dans toute sa splendeur "L'individu ne parle pas français, fume du tabac en carotte, boit du cidre et laisse pousser ses cheveux".

                             C'est bien sûr avec le chemin de fer (Chemins  de fer d'Orléans, Chemins de fer de l'Ouest) que les premiers touristes dépassent la Normandie, première destination historique du vacancier. Mais un tel ouvrage ne  se raconte pas, tant le plaisir esthétique se passe de mots.

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                          Peu avant 1900 les affiches deviennent plus précises et les paysages les plus caractéristiques prennent une place de choix dans l'illustration voyageuse. Plages, calvaires, châteaux, rochers, églises, il y en a pour tous les goûts de Saint-Malo à Camaret et de Perros-Guirec à La Baule. De fringantes baigneuses très...couvertes. A l'époque les bains de mer sont surtout thérapie. Des voiliers et des coiffes. La dernière affiche, 1950, est joliment minimale.

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                       Merci à Babelio dont la confiance  ne se dément pas pour cet intermède breton tout en couleurs et en brises marines.

 

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21 avril 2018

Le vaisseau des morts

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                            Somme-livre, livre-somme que ce chef d'oeuvre qui nous vient de Serbie. Lourd de 650 pages, A la guerre comme à la guerre est un prodige d'intelligence conté d'une manière chorale qui embrasse le conflit européen puis planétaire depuis le geste du médecin légiste Mehmed Graho constatant la mort de l'archiduc François Ferdinand le lendemain du 28 juin 1914. Sarajevo. Pas moins de soixante-dix-huit personnages, certains fictifs inspirés par des récits d'archives, d'autres réels comme le roi de Serbie, le tsar Nicolas II, Fritz Haber, l'inventeur du gaz moutarde, Hans Dieter Uis, chanteur d'opéra ou encore Mata-Hari,  Cocteau et  Apollinaire. Aleksandar Gatalica qui se fait tour à tour historien et maître de chœur enchaîne morceaux de vie et faits historiques. Nous assistons à la fin de la Belle Epoque et à la naissance d'un monde scientifique et planificateur. Roman choral d'un genre inédit qui mêle chroniques, anecdotes, témoignages, ce livre restitue les quatre ans de la Grande Guerre par une multitude de points de vue et de vécus. On craint le fourre-tout un peu indigeste, l'éparpillement de surface. On a affaire à un récit rigoureux dans sa pluralité. Que j'ai trouvé prodigieux et passionnant comme un film d'aventures réussi.

                             Le destin de chacun nous apparait dans toute sa violence, souvent grotesque, parfois grandiose. Un officier serbe, un ténor allemand, un épicier turc, un typographe français, tous comptent autant, pour beaucoup dans cette fresque, et très peu sur le plan de l'Histoire. Silhouettes balayées par les tourments-tournants, chamarrées de grand-croix de ceci ou de cela, ou vêtues d'un tablier de bistrotier. Un égale un dans cette extraordinaire mêlée. A la guerre comme à la guerre fera date dans mes lectures, un peu plus à même de saisir Ce conflit dont on a déjà tant discouru.

                             Comme un metteur en scène d'opéra Aleksandar Gatalica place ses banderilles et ses pépites très astucieusement, comme dans un art feuilletonnesque, grand compliment. Paris, Istamboul, Belgrade, Petrograd. Quelques cailloux fantastiques agrémentent si j'ose dire ces quatre années et demi de feu et d'acier. Un miroir soi-disant protecteur, des poches qui se décousent et d'où la vie s'échappe., des montres à gousset qui s'arrêtent, condamnant les quatre lieutenants qui les portaient. Et d'autres surprises constellent cet objet littéraire de toute beauté, qui doit à Dumas et à Borges, et qui nous entraîne dans une euro-sarabande, nous laissant un peu exténués mais comblés. Mon personnage préféré? La grippe espagnole qui finit par mettre tout le monde d'accord... Mais mention spéciale à Raspoutine que Gatalica fait assassiner à quatre reprises. En réalité je crois qu'il n'a été tué que trois fois. Ces écrivains hors du commun, faut toujours qu'il en rajoutent.

  

 

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15 avril 2018

L'autre cinéma

                      Vu récemment quelques films différents. Je ne polémiquerai pas et je n'ai rien contre un cinéma populaire qu'il m'arrive de fréquenter. Mais j'en ai un peu marre des comédies franchouillardes, des films d'adoaccrorésosocio, des franchises américaines d'une durée de 2h45, des épouvantes hebdomadaires, des animations pour certaines assez consternantes.

                     Faisons ensemble si vous voulez La juste route, film hongrois de Ferenc Török. En août 1945, au cœur de la Hongrie, un village s’apprête à célébrer un mariage de notable tandis que deux juifs orthodoxes arrivent, chargés de lourdes caisses. Un bruit circule qu’ils sont les héritiers de déportés et que d’autres, plus nombreux peuvent revenir réclamer leurs biens. Leur arrivée questionne la responsabilité de certains et bouleverse le destin des jeunes mariés.

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                     Un très beau noir et blanc pose un regard sur la mauvaise conscience d'un pays qui n'en finit guère avec ses fantômes. Bien que salubre et efficace La juste route n'asssène pas son discours mais ses images fortes et ses personnages complexes en disent long sur les violences secrètes et les culpabilités rampantes. 1945 est le titre original. Et 1945 ne fut nulle part une année facile. Le film a suscité beaucoup d'enthousiasme, à mon sens mérité. La juste route se déroule presque en temps réel, quelques heures d'une journée au départ festive, qui se muent en moments d'inquiétude, de méfiance, lors que bien des villageois craignent pour leur tranquillité ou leurs biens. Ce portrait de village hongrois nous ramène à un antisémitisme ordinaire, pas forcément spectaculaire mais bien réel. Rappelons-nous que les spoliations n'ont pas concerné que les tableaux de maîtres et les oeuvres d'art des grandes familles juives.

                    Je ne peux que vous conseiller le chemin de La juste route, ce qui ne sera pas facile vu la distribution parcimonieuse du film. Mais vous n'oublierez pas l'ambiance rumeur et sous-entendus, peur qui change de  camp, jeep russe arrogante, marche tout au long du film du père et du fils, quasi muets et droit devant suivant la carriole et les caisses contenant... Rarement l'époque charnière très courte ou la Hongrie aurait pu croire à un virage positif a été abordée au cinéma. Elle aura eu droit en fait à un simple changement de tyrannie, mais ceci est une autre histoire. Pour moi l'un des meilleurs films de cette saison.

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                    Pour son premier film l'Anglais Mark Gill a pas mal séduit avec England is mine (Steven Patrick Morrissey), sorte de biopic partiel, ça se fait beaucoup, sur Morrissey, icône des eighties, leader des Smiths, groupe célèbre malgré une courte carrière et un seul concert en France. Mais l'on n'entendra jamais The Smiths ni Morrissey solo car ce n'est pas le propos du metteur en scène. Ce qui intéresse Gill ce sont les jeunes années de Steven Patrick, à 18 ou 20 ans, sujet de sa Majesté mal dans  sa peau et peu enclin au moule thatchérien, peu enclin au boulot, diront certains, et sous les influences de Mark Bolan, David Bowie ou Oscar Wilde.

                   J'ai lu que si l'on n'entend pas The Smiths c'est aussi que cette biographie pas vraiment autorisée n'a pas recueilli ou pas pu financer l'acquisition des  droits. A la limite peu importe, j'ai aimé ce tableau d'une Angleterre qui s'ennuie à nouveau (la fois d'avant ça avait donné la Brit Pop, ça vaut parfois la peine de s'ennuyer). Et puis j'ai tant de sympathie pour les obscurs gratouilleux et les besogneux songwriters qui s'escriment dans leur chambre d'étudiant ou de chômeur, la plupart risquant d'y rester, qu'il est facile de s'y retrouver au moins en partie.

                  Les jeunes acteurs d'England is mine sont convaincants et la bande musicale du film est assez étonnante. Elle reflète les goûts du jeune Steven Patrick Morrissey, curieusement fan des groupes vocaux féminins du début des années 60, Martha and the Vandellas, Marvelettes, Shangri-Las, une musique assez stéréotypée considérée comme ringarde depuis au moins dix ans au moment de l'action, milieu des seventies. Ajoutez Marianne Faithfull, Françoise Hardy. D'accord. Mais il y a surtout The Sparks, et Mott the Hoople, alors rien que pour ça....

 

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                Par ailleurs les assos SOS Homophobie et Prendre Corps nous ont présenté le très bon documentaire vietnamien Finding Phong, histoire authentique de Phong, fille prise au piège dans un corps de garçon. On assiste sans voyeurisme aucun à sa métamorphose jusqu'à la chirurgie dite de réattribution sexuelle. Et curieusement il émane de ce film pas mal de bonne humeur et aussi moins d'ignorance en sortant grâce à un débat très bien mené et très instructif.

               Milos Forman et Vittorio Taviani n'étaient guère distribués non plus lors de leurs débuts. Les choses ne changent pas vite.

 

               

 

 

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11 avril 2018

Spécial Bison

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                            Entendons-nous bien, tout le monde a le droit d'écouter ce chef d'oeuvre. Mais, avec Twin Rocks, Oregon c'est surtout à mon vieil ami boucané Le Bison que j'ai pensé en massacrant ce pauvre Shawn Mullins, qui, heureusement a droit à la parole. J'ai traduit la partie parlée et un peu raccourci la chanson. It's yours now! Et une pensée pour notre amie Asphodèle qui a accueilli cette version de toute sa bienveillance.

  

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09 avril 2018

L'Ecrivraquier/19/Désinvolture

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                                  Elle aurait dû m'accompagner au moins par épisodes mais je ne lui ai jamais donné sa chance. Aux antipodes d'elle j'ai vécu, les épaules appauvries du faix de culpabilités inventées à partir des aléas qui nous jalonnent, mitrailles de nos enfances et nos adolescences. Elle a de mauvaises critiques, on la confond souvent avec la nonchalance. Je dis malentendu. Je crois qu'il faut y travailler lorsqu'on n'a pas la chance qu'elle nous soit presque innée. Pour elle, Dame Désinvolture, et moi, ce ne furent que rendez-vous manqués, y compris les plus précoces. Le manège ne tournera pas une seconde fois. Bien sûr je ne lui accorde pas un crédit total et je sais bien  qu'elle a fini par en désarçonner plus d'un. Pourtant maintenant, le maintenant de la vie, c'est l'automne, une saison propice à la réflexion, à l'autocritique, aux yeux humides. Il n'est que temps pour la belle Désinvolture, aux cheveux fous, amazone indomptable et rétive, papillon fugace, vif-argent, de me rejoindre. Essayons Dame, essayons de convoler enfin.

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07 avril 2018

In the name of rock/Angelyne

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                                           Que j'aime ce prénom! Je trouve que le Y modifie le climat angélique et le rend un peu plus interrogatif. Voilà qui certes ne veut pas dire grand-chose. J'avais seulement envie de faire écouter une jolie chanson par un de mes si chers ensembles folkie, The Jayhawks. Ne cherchez pas l'originalité. Cette dernière m'a déserté. Et puis plus passent les jours et passent les semaines, plus prénoms me reviennent. Extrait de l'album de 2003 (donc récent pour moi) Rainy day music, voici ma tendre amie Angelyne. Depuis, Gary Louris et ses complices la promènent sur les scènes indie-folk du monde entier en différentes versions, acoustique, solo, duo, trio. Si ça vous tente...

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01 avril 2018

Le marque-alpage

Paolo-Cognetti-a-reçu-le-prestigieux-Prix-Strega-léquivalent-de-notre-Goncourt-pour-son-premier-roman-«-Les-huit-montagnes-»

                       Il me semble que Val (8 montagnes – Paolo Cognetti) ne peut pas être d'un avis différent. Tant ce livre, Médicis étranger, du quadragénaire italien Paolo Cognetti est une merveille de finesse, d'émotion et de nature. J'avais déjà beaucoup aimé Le garçon sauvage. Retour dans les Alpes avec Pietro, d'abord enfant sur les traces de son père, fou de montagne (Dino et Mario, Buzzati et Rigoni Stern, sont passés par là, deux de mes plus belles références, mais là je radote), puis à l'âge adulte retrouvant son ami Bruno qui, lui, est resté sur le versant. C'est peu dire que les altitudes, les arbres, la faune, illuminent ce récit qui va au delà de l'initiatique. Cosmique et tellurique l'osmose de ces deux faux jumeaux avec la terre est d'une grande prégnance. Et, si l'histoire est racontée  du point de vue du citadin Pietro, le rebond dans l'univers du montagnard né Bruno est d'une grande force poétique.

                     D'innombrables phrases sont à citer des Huit montagnes, bestaire ou herbier, et les multiples taches d'une vie d'éleveur de montagne.  Là, dans la province presque autonome du Val d'Aoste assez francophone, forêts et glaciers, torrents et bouquetins n'ont bientôt pas plus de secrets pour Pietro le Milanais que pour Bruno le rural. La vie les séparera et Pietro verra bien d'autres montagnes, deux fois plus hautes. Pourtant l'amitié se rit des obstacles et franchit les cols, fussent-ils himalayens. Les deux hommes, à distance de temps et d'espace , ne se quitteront jamais vraiment.

                    Récit à mille lieues de tout bien que la très affairée Milan soit à portée de fusil, Les huit montagnes est une invitation au voyage, de haute volée bien que les altitudes visitées soient relativement modestes. Mais peu de choses vous seront aussi dépaysantes que les travaux de maçonnerie des deux amis et l'élaboration des fromages. Et puis dans ce livre on parle peu de la nature, on la vit. De Bruno à Pietro: "C'est bien un mot de la ville, ça, la nature. Vous en avez une idée si abstraite que même son nom l'est. Nous, ici, on parle de bois, de pré, de torrent, de roche. Autant de choses qu'on peut montrer du doigt. Qu'on peut utiliser. Les choses qu'on ne peut pas utiliser, nous, on ne s'embête pas à leur trouver un nom, parce qu'elles ne servent à rien." La précision peut être imagée, elle n'en reste pas moins efficace. D'autres ont aimé tout autant que nous (tiens, j'ai déjà inclu Val alors que j'ignore sa réaction aux si belles Huit montagnes).

Dominique d' A sauts et gambades   

 Krol

 

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30 mars 2018

Mots luxes

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                             Un très beau roman, qu'on dira souvent roman d'adolescence, d'initiation, mixte de L'île au trésor et de L'attrape-coeurs. Mais surtout fascinante incursion dans l'univers d'un préado de 13 ans, Miles O'Malley, qui vit à Olympia, extrême Ouest américain, modeste capitale du Washington, sur les bords du Pacifique, ou plus exactement du Puget Sound, bras de mer qui s'infiltre vers le continent. Cette zone est réputée pour sa faune de mollusques et de crustacés. Et Jim Lynch parvient à nous intéresser à l'ahurissante existence de ces curieuses bestioles. Sûr que l'on en apprend de belles sur les hôtes de ce rivage à nul autre pareil. Et c'est déjà une vraie joie de faire connaissance avec le panope, plus gros mollusque du monde, plusieurs kilos et une trompe de près d'un mètre (évidemment annexé comme aphrodisiaque en Asie). Connaissez-vous les dollars de sable (cousins des oursins) et les serpules ( vers ou fleurs, on ne sait pas trop)? Tout cela est d'une verve poétique inattendue. Et le savoir n'est jamais asséné mais distillé comme un doux ressac sur une plage nord-californienne

                            Mais ces côtes pacifiques ne le sont pas toujours et Miles, avec ses découvertes de monstres marins inhabituels, mais c'est le propre de cette microrégion que de receler des curiosités, va se trouver malgré lui au centre d'une polémique, tel un gourou annonciateur d'apocalypse. déferlent sur les plages des touristes, des scientifiques plus ou moins sérieux, l'inévitable secte catastrophiste, et bien sûr des journalistes. Miles, qui peine à grandir, et son copain  Phelps, évidemment une grande asperge, continuent d'arpenter les rivages et de filer à vélo pour recueillir des échantillons grouillants de la vie marine et sous-marine locale. Quoi que travaillé sur le plan hormonal notamment par les seins de sa voisine Angie, d'une vingtaine d'années, accessoirement fille de juge et bassiste vaguement hard rock, Miles en est encore à s'étonner de la présence de certains types de méduses. "Les cinq vélelles connurent un succès instantané. Les puissants vents d'ouest rejetaient fréquemment des milliers de vélelles sur les côtes sablonneuses de l'état du Washington. Sauf que ces petites méduses-qui ressemblent à des spinnakers de voiliers miniatures-avaient visiblement traversé le Paicgique et vogué jusqu'à l'entrée de Skookumchuck Bay, ce qui en faisait des championnes de la navigation."

                            Je l'ai dit plus haut. Je l'ai dit plus haut. Il y a du Jim Hawkins et du Holden Caulfield dans ce gamin de Miles O'Malley. Mais les prestigieux parrainages de Stevenson et Salinger ne doivent pas impressionner ni faire craindre trop de redites. Jim Lynch a su créer un très beau monde original avec des relents d'originel, comme une aube d'humanité, ode à la vie marine et à la vie tout court. A travers Miles et croisant le fer face aux incertitudes de la pollution et aux préjugés tenaces on se prend à espérer de beaux jours sur ces rives pacifiques nord. Et de belles heures à lire Les grandes marées (Gallmeister), premier roman de Jim Lynch, que quelques-uns ont peut-être déjà lu sous le titre A marée basse (Editions des Deux Terres, 2008).

                           

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26 mars 2018

Grognard

Masse critique

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                                Le témoignage vivant d'un soldat qui a vécu toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire. C'est ainsi que se présente cette réédition du livre du Major Claude Le Roy. Je lis assez peu d'histoire, mais à l'occasion de l'offre Babelio (merci, je suis assez  souvent du lot des chroniqueurs) j'ai tenté les  souvenirs d'un officier du Premier Empire, qui fut à peu près de toutes les évènements, les plus glorieux comme les déroutes, Austerlitz comme la Bérézina. C'est en fait un journal, au plus serré des opérations militaires, et au plus trivial aussi, ravitaillement, soins, pillages aussi. La solidarité n'est pas toujours de mise. L'eau-de-vie, si. Je ne suis pas assez passionné par cette époque, bien que je reconnaisse l'extraordinaire énergie de l'Empereur, précurseur peu économe du sang de ses troupes.

                             J'ai donc trouvé le temps un peu long mais certains vétérans impériaux on dû aussi le trouver bien long, ce temps des campagnes d'Espagne, d'Autriche, de Russie, de Saxe, de France. Ce livre, tel un rapport, intéressera les assez nombreux historiens amateurs. Il possède les vertus du concret, presque du reportage avant l'heure. Bien sûr il n'y faut pas chercher la moindre remise en cause ni du régime ni de la guerre. N'oublions pas qu'il a été écrit par le Major Le Roy, après la chute de l'Empire, et essentiellement destiné à la descendance de l'officier Le Roy. Il ne fut d'ailleurs publié qu'en 1914. Nous en sommes pas tout à fait dans le domaine de la littérature, ce qui n'a rien de péjoratif. On a tout à fait le droit d'ajouter Dans les armées de Napoléon à une bibliothèque déjà bien fournie en documents, ce qui, je crois, sera le cas des acquéreurs de cet ouvrage. 

 

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17 mars 2018

La vie procuration

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                              150 pages, non pas d'une confession, mais d'une sorte de conversation intime entre deux femmes, ou plutôt d'un monologue puisqu'Ellinor, 70 ans, s'adresse à Anna, sa meilleure amie, morte lors d'une avalanche avec Henning, le mari d'Ellinor, quatre décennies plus tôt. La veuve s'est remariée avec le veuf, Georg, qui vient de mourir. On pourrait s'attendre à un réglement de comptes. Après tout, on le sait dès le début, Anna et Henning étaient amants. Mais le propos de Jens Christian Grondahl est tout autre.

                              Ellinor, ci-devant femme du mari d'Anna, mère de substitution de Morten et Stefan les jumeaux, a en quelque sorte vécu à la place d'une autre. Bien sûr ce fut le mieux possible, et pour la plus belle des causes. Il se trouve que j'ai vécu, enfant, quelque chose d'assez proche et c'est l'une des raisons qui m'ont intéressé à ce roman. Je connais un peu J.C. Grondahl, ayant lu et apprécié Virginia et Les Portes de Fer.

                              Ellinor, tutoyant longuement Anna, revient sur sa relation à sa propre mère, tondue à la libération. Ellinor est une fille de boche. Alors elle raconte les tentations de la rancoeur, les regrets, un zeste de jalousie. Et ce lointain passé resurgit, mais calmement, posément. Et Ellinor de refaire le deuil, de son mari, de ses maris, peut-être de sa presque soeur, de sa non-maternité. Les mots sont magnifiques et Grondahl est vraiment un auteur passionnant, et à l'écoute de ses créatures. Et le feeling passe bien entre le lecteur et cette femme assez âgée, simple mais non sans noblesse qui décide au soir de sa vie et à l'aube d'une nouvelle solutude de regagner le quartier de sa jeunesse modeste.

                             "Les mots s'adressent toujours à quelqu'un. Sinon ils restent dans le dictionnaire à attendre qu'il cesse de pleuvoir. On a le droit de  s'en saisir à condition de les retransmettre tout de suite. On ne peut pas les garder pour soi, sinon, là, ils  sont insignifiants." Quelques avis...que je partage.

Cathulu

Maufil

 

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15 mars 2018

Tendre jeudi

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Aujourd'hui cest jeudi

Je me souviens des jeux dits d'elle

De nos joutes à muses

Lesquelles étaient parfois

Rétives ou mutiques

Mais nous manquions rarement

Ce bimensuel rond-point

Et exprimions à qui mieux mieux

Parfois à qui pire pire

Notre amour de ces mots

Notre amitié d'Aspho(dèle)

Combien nous nous manque-t-elle?

Alors en votre nom

En votre nom à vous, fidèles

Je voudrais l'embrasser

En ce jeudi sans elle

En ce jeudi sans ailes.

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14 mars 2018

In the name of rock/Deborah

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C'était un temps déraisonnable,

Préhistorique en diable

Glam rock était in et j'étais un peu out

Dix-neuf printemps et sans quartier, un mai latin

Une école, près du Luxembourg, fermée de grand matin

Fallait-il que je m'en foute.

Rien d'important

Je m'en moque tout autant

C'était un temps immémorial

T.Rex devint leur nom, éclatant

Et Marc Bolan brilla, impérial

Cela dura, dura...neuf ans

Lovin'you my Deborah

Wah!

   

 

                  

 

 

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11 mars 2018

Quand le cinéma donne le la (1)

                              Comme l'an dernier (les couples historiques metteur en scène-actrice) j'ai animé cet hiver un séminaire de sept séances sur Musique et/au cinéma. Je me propose de vous en relater les très grandes lignes en trois épisodes.  Ce premier opus évoquera l'opéra filmé, les grandes scènes d'opéra dans les films, et quelques bio de grands compositeurs. Cela sera très succinct, un ordre d'idées, simplement.

                              Bien sûr les deux superstars de l'opéra au cinéma, Don Giovanni de Losey et La flûte enchantée de Bergman ont  fait partie des oeuvres évoquées. Le premier étant resté dans les mémoires, il connut même un certain succès commercial en France. Daniel Toscan du Plantier n'y fut pas étranger. Le second, moins célébré, nous montre un opéra ludique et parfois presque enfantin, délicieux. Plus rare, j'ai tenu à insister sur la splendide adaptation baroque des Contes d'Hoffmann d'après Offenbach, de Powell et Pressburger, et plus avant encore, le premier (presque) opéra porté au cinéma, pas cher, L'Opéra de quat'sous d'après Brecht et Weil, mis en scène encore assez expressionniste de Pabst.

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                          Un mot sur les "extrêmistes", je n'en ai guère dit plus; Straub et Huillet en 74 pour le Moïse et Aaron de Schoenberg (dodeca, dodeca) et le Parsifal dans le crâne de Wagner (si,si) de Syberberg en 82, d'une modeste durée  de 5h, devant lesquels je me suis prudemment défilé.

                          En deuxième semaine j'ai tenu à revenir au cinéma plus classique en rappelant quelques scènes d'opéra inoubliables dans des films non musicaux. Certains sont célèbres, Cavaleria Rusticana à l'opéra de Palerme dans Le Parrain 3, où les règlements de compte sanglants dans les loges et à la sortie font échos à ces violences familiales si présentes dans l'opéra italien. La très belle ouverture du Senso de Visconti, où Le Trouvère de Verdi à la Fenice de Venise est le théâtre des prémices de la révolte contre l'occupant autrichien. Citons encore Al Capone (De Niro) pleurant d'émotion devant Paillasse tandis que Sean Connery, l'un des Incorruptibles, se traîne sur le sol dans un rouge sang qui n'a plus rien de théâtral. On n'évite pas, vous l'avez remarqué, l'association mafia et bel canto, qui au moins a donné quelques beaux moments de cinéma.

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                         Je crois avoir surpris davantage avec le superbe et hyperbergmanien théâtre de marionnettes jouant La flûte enchantée, présenté à ses hôtes par l'aristo de L'heure du loup. Référence  absolue à l'égard de l'austère enfance de l'ombrageux maître suédois. Et enfin la fabuleuse aventure de Fitzcarraldo, qui commence à l'opéra de Manaus, avec Ernani de Verdi, Amazonie en plein boum caoutchouc, et qui se termine avec cette ahurissante représentation sur un rafiot innommable, près d'Iquitos, Pérou, bien en amont de Manaus, des Puritains de Bellini. Werner Herzog et Klaus Kinski étaient passé par là, ce qui explique bien des folies.

                       Troisième round, quelques biopics de compositeurs, parfois de drôles de trucs. Vous connaissiez, vous, le seul film réalisé par le déjà nommé Kaus Kinski, un parait-il, parce que quasi invisible, exercice d'auto célébration hypernarcissique, halluciné et hallucinant. Le film s'appelle en toute modestie Kinski-Paganini.  C'est le titre. Grandguignolesque. Je passe sur Tino Rossi Franz Schubert dans La belle meunière. Et même sur Mahler et Lisztomania du déraisonnable Ken Russell, qui fut un court temps la coqueluche de certains critiques. Et dont il reste au moins Music Lovers, à mon avis forte et belle histoire de la folie Tchaïkovski, brutale, sauvage et inspirée. Je vous recommande la scène du train où Glenda Jackson...

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                        Plus sage mais ne manquant pas de grandeur Harry Baur et Abel Gance font preuve de pas mal de souffle dans Un grand amour de Beethoven et le romantisme à la française passe (pas assez) dans La Symphonie Fantastique, où Jean-Louis Barrault compose un Berlioz un peu mécanique. Quant au grand Amadeus de Forman j'ai pensé qu'il n'avait pas besoin de moi, décevant quelques auditeurs qui auraient volontiers revu quelques images de ce film qui reste très étonnant.

 

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03 mars 2018

L'Ecrivraquier/18/A lyre, Le luth des glaces

L'Ecrivraquier

Le luth des glaces

A Gérard et son luth constellé

A Alfred au baiser de la muse 

Je veux apporter mon écot

Mon écho encordé

Je l'ai délié

Je l'ai dédié

A mes soeurs adjectives

A quelques frères aussi

De ceux qui dansent les mots

Qu'ils valsent avec ma lyre

Au printemps les poètes

Sur le carreau effacent

De nivose les traces

Qu'ils chantent avec moi

Jazzy, bluesy, breezy

 

 

 

 

 

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01 mars 2018

Index des auteurs

 D'

Abbey

à

sans-titre

Abbey Edward, Le gang de la clef à molette

Adam Olivier, Les lisières

Alarcon Daniel, Lost City Radio

Allen Woody, L'erreur est humaine

Ammaniti Niccolo, Branchies

Anderson Edward, Il ne pleuvra pas toujours

Anderson Edward, Tous des voleurs

Appelfeld Aharon, L'amour,soudain

Appelfeld Aharon, Le temps des prodiges

Appelfeld Aharon, Les eaux tumultueuses

Arpino Giovanni, Le pas de l'adieu

Artin Pacha Yacoub, Contes du Nil Blanc et du Nil Bleu

Assouline Pierre, Le dernier des Camondo

Assouline Pierre, Une question d'orgueil

Audouard Antoine, Changer la vie

Audubon John James, Journal du Missouri

Bannel Cédric, L'homme de Kaboul

Bakker Gerbrand, Le détour

De Balzac Honoré, Une ténébreuse affaire

Banville John, Le livre des aveux

Barbaro Paolo, Iles perdues

Barbery Muriel, L'élégance du hérisson

Barry Sebastian, Du côté de Canaan

Barry Sebastian, Un long long chemin

Bartelt Franz, Le bar des habitudes

Barth John, L'opéra flottant

Bass Rick, La décimation

Bass Rick, Le ciel, les étoiles, le monde sauvage

Behrens Peter, Les O'Brien

Ben Jelloun Tahar, L'enfant de sable

Benjamin Melanie, Les Cygnes de la Cinquième Avenue

Bergen David, Un passé envahi d'ombres

Bierce Ambrose, Morts violentes

Bjornstad Ketil, La société des jeunes pianistes

Bolger Dermot, Ensemble séparés

Bolger Dermot, Une seconde vie

Bosc Adrien, Constellation

Bosco Henri, Le mas Théotime

Boyden Joseph, Le chemin des âmes

Brancati Vitaliano, Les aventures de Tobaïco

Brancati Vitaliano, Rêve de valse

Brink André, Un instant dans le vent

De Broc Nathalie, Et toujours ces ombres sur le fleuve...

Brouste Judith, Le cercle des tempêtes

Burke James Lee, Le boogie des rêves perdus

Burnside John, Les empreintes du diable

Burnside John, Scintillation

Burnside John, Un mensonge sur mon père

Burnside John, Une vie nulle part

Butlin Ron, Le son de ma voix

Buzzati Dino, Le K

Buzzati Dino, Montagnes de verre

Buzzati Dino, Nouvelles inquiètes

Camilleri Andrea, Le tour de la bouée

Canin Ethan, Le voleur du palais

Canin Ethan, Vue sur l'Hudson

Caracalla Jean-Paul, Les exilés de Montparnasse

Carletti Luigi, Prison avec piscine

Carpenter Don, Deux comédiens

Carpenter Don, La promo 49

Carpenter Don, Sale temps pour les braves

Carpenter Don, Un dernier verre au bar sans nom

Caruso Alfio, Willy Melodia

Cauvin Patrick, Dictionnaire amoureux des héros

Chalandon Sorj, Le quatrième mur

Chambaz Bernard, Vladimir Vladimirovitch

Chandler Raymond, Le jade du mandarin

Chandler Raymond, Un tueur sous la pluie

Charles KJ, Le carnet secret de Simon Feximal

Charyn Jerome, El Bronx

Chevalier Tracy, L'innocence

Claudel Philippe, Le rapport de Brodeck

Claus Hugo, Belladonna

Clavel Bernard, La révolte à deux sous

Coe Jonathan, La pluie,avant qu'elle ne tombe

Coetzee John Maxwell, L'été de la vie

Coetzee John Maxwell, Michael K.,sa vie, son temps

Cognetti Paolo, Les huit montagnes

Cole Teju, Open City

Collectif, Voyages d'écrivains

Colombani Florence, Kazan.Une Amérique du Chaos

Colombani Florence, Proust-Visconti.Histoire d'une affinité élective

Conan Doyle Arthur, Etude en rouge

Connelly Michael, Volte-face

Consolo Vincenzo, Le palmier de Palerme

Conte Giuseppe, L'homme qui voulait tuer Shelley

Conte Giuseppe, Le troisième officier

Cook Kenneth, A coups redoublés

Cook Kenneth, Cinq matins de trop

Cook Kenneth, La vengeance du wombat

Cooper Dominic, Le coeur de l'hiver

Cooper Dominic, Vers l'aube

Cooper Tom, Les maraudeurs

Cornwell Patricia, Havre des morts

De Cortanze Gérard, Laisse tomber les filles

Cowie Douglas, Owen Noone & Marauder

Crace Jim, De visu

Crews Harry, Des mules et des hommes

Crumley James, Cairn

David Michel, Un bonheur si fragile

Deaver Jeffery, Le rectificateur

Decoin Didier, Une Anglaise à bicyclette

Dee Jonathan, Mille excuses

Delesalle Nicolas, Un parfum d'herbe coupée

Désérable François-Henri, Tu montreras ma tête au peuple

Deville Patrick, Peste et choléra

Dicker Joël, La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Diehl Chris, Blackmail Blues

Divry Sophie, Quand le diable sortit de la salle de bain

Doerr Anthony, Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Dos Passos John, Aventures d'un jeune homme

Von Düffel John, De l'eau

Dugain Marc, Ils vont tuer Robert Kennedy

Dugain Marc, La malédiction d'Edgar

Dugain Marc, Une exécution ordinaire

Dumas Alexandre, Le meneur de loups

Easton Ellis Bret, Lunar Park

Eder Cyril, Les Comtesses de la Gestapo

Edwardson Ake, Voile de pierre

Enard Mathias, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Enzensberger Hans Magnus, Joséphine et moi

Evette Jean-Baptiste, Les spadassins

Fellowes Julian, Passé imparfait

Findley Timothy, Le Grand Elysium Hotel

Finnegan William, Jours barbares

Flynn Nick, Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie

Follett Ken, Le mystère du gang masqué

Forest Philippe, Le siècle des nuages

Franklin Tom, La culasse de l'enfer

Franklin Tom, Le retour de Silas Jones

Froidmont Claude, Chez Mauriac à Malagar

Gaige Amity, Schroder

Garcin Jérôme, Le voyant

Garde François, Ce qu'il advint du sauvage blanc

Garde François, Pour trois couronnes

Gary Romain, La promesse de l'aube

Gatalica Aleksandar, A la guerre comme à la guerre

Gattis Ryan, Six jours

Gaudé Laurent, Danser les ombres

Gaudé Laurent, Eldorado

Gaudé Laurent, Les oliviers du Négus

Gaudé Laurent, Pour seul cortège

Geary Valerie, Celles de la rivière

Geiger Arno, Le vieux roi en son exil

Geiger Arno, Tout va bien

Gennari Alessandro, Les lois du sang

Germain Sylvie, Petites scènes capitales

Gibeau Yves, ...Et la fête continue

Gide André, Si le grain ne meurt

Giesbert Franz-Olivier, Un très grand amour

Giocanti Stéphane, Une histoire politique de la littérature

Giraldi William, Aucun homme ni dieu

Giraudeau Bernard, Les dames de nage

Grand Emmanuel, Terminus Belz

Greene Graham, Orient-Express

Greenland Seth, Un patron modèle

Grondahl Jens Christian, Les Portes de Fer

Grondahl Jens Christian, Quelle n'était pas ma joie

Grondahl Jens Christian, Virginia

Gustafsson Lars, L'après-midi d'un carreleur

Haasse Hella S., La source cachée

Haasse Hella S., Les seigneurs du thé

Hamilton Hugo, Le marin de Dublin

Hamilton Hugo, Sang impur

Hamsun Knut, La faim

Harding Paul, Enon

Harstad Johan,  Buzz Aldrin, mais où donc es-tu passé?

't Hart Marteen, La colère du monde entier

Hasz Robert, La forteresse

Hasz Robert, Le moine et le soldat

Hatzfeld Jean, Robert Mitchum ne revient pas

Haushofer Marlen, Le mur invisible

Heinichen Veit, Les requins de Trieste

Hemingway Ernest, La vérité,à la lumière de l'aube

Heron Zakia et Celia, Le premier qui voit la mer

Hesse Herman, Le loup des steppes

Hogan Desmond, Les feuilles d'ombre

Hovland Ragnar, Douce nuit

Indridason Arnaldur, La femme en vert

Indridason Arnaldur, La muraille de lave

Inoué Yasushi, La chasse dans les collines

Irish William, Irish Murder

Ishiguro Kazuo, Le géant enfoui

Ishiguro Kazuo, Quand nous étions orphelins

Jancar Drago, Cette nuit je l'ai vue

Jancar Drago, Et l'amour aussi a besoin de repos

Jenni Alexis, L'art français de la guerre

Johnson Craig, Enfants de poussière

Johnson Denis, Rêves de train

Jonasson Jonas, L'assassin qui rêvait d'une place au paradis

Jordan Hillary, Mississippi

Josse Gaelle, Un été à quatre mains

Jouve Pierre-Jean, Paulina 1880

Kanon Joseph, Alibi

Kanon Joseph, L'ami allemand

Karjel Robert, Du sang sur le sable

Kasischke Laura, La vie devant ses yeux

Kauffmann Jean-Paul, Remonter la Marne

Kavanagh Patrick, L'idiot en herbe

Keegan Claire, A travers les champs bleus

Kemal Yachar, Alors les oiseaux sont partis

Kemal Yachar, Regarde donc l'Euphrate charrier le sang

Kerr Philip, L'été de cristal

Kerr Philip, La pâle figure

Kerr Philip, Un requiem allemand

Kessel Joseph, La steppe rouge

Kessel Joseph, Les temps barbares

Kettenbach Hans Werner, La vengeance de David

Kingsolver Barbara, L'arbre aux haricots

Kneale Matthew, Les passagers anglais

Knowles John, Une paix séparée

Koechlin Stéphane, Bessie Smith,des routes du sud à la vallée heureuse

Kramer Pascale, Autopsie d'un père

Krüger Michael, La comédie de Turin

Krüger Michael, La maison fantôme

Kumpfmüller Michael, La splendeur de la vie

Kundera Milan, L'ignorance

De La Varende Jean, Les manants du roi

Lamb Wally, La puissance des vaincus

Lange Richard, Angel Baby

Lansdale Joe R., Les marécages

Le Roy Claude, Dans les armées de Napoléon

Lehane Dennis, Ce monde disparu

Lehane Dennis, Un pays à l'aube

Lenz Siegfried, Le dernier bateau

Leung Brian, Les hommes perdus

Levine James A., Bingo's run

Lewis Norman, Comme à la guerre

Lewis Norman, L'île aux chimères

Lewisohn Ludwig, Crimes passionnels

Lindgren Torgny, Le chemin du serpent

Lindquist Hakan, Mon frère et son frère

Lynch Jim, Les grandes marées

Lynch Paul, La neige noire

Machart Bruce, Le sillage de l'oubli

Macken Walter, Et Dieu fit le dimanche...

Macken Walter, Le Seigneur de la Montagne

Malaparte Curzio, Le soleil est aveugle

Malte Marcus, Le garçon

Malte Marcus, Les harmoniques

Mani Stefan, Noir océan

Mankell Henning, Avant le gel

Mankell Henning, L'homme inquiet

Mankell Henning, Le guerrier solitaire

Marai Sandor, Divorce à Buda

Marai Sandor, La conversation de Bolzano

Marai Sandor, La nuit du bûcher

Marai Sandor, Le miracle de San Gennaro

Marai Sandor, Les braises

Marai Sandor, Les confessions d'un bourgeois

Marai Sandor, Libération

Marai Sandor, Mémoires de Hongrie

Marai Sandor, Métamorphose d'un mariage

Maraini Dacia, La vie silencieuse de Marianna Ucria

Martin George R.R., Armageddon Rag

Mazzantini Margaret, Ecoute-moi

McCann Colum, Transatlantic

McCann Colum, Treize façons de voir

McCord Howard, L'homme qui marchait sur la lune

McCullers Carson, Reflets dans un oeil d'or

McGahern John, Journée d'adieu

McGrath Patrick, Port-Mungo

McGregor John, Il n'y a pas de faux départ

Mengestu Dinaw, Les belles choses que porte le ciel

Meunier Louis, Les Cavaliers afghans

Millhauser Sreven, Nuit enchantée

Mills Magnus, Retenir les bêtes

Mills Magnus, Trois pour voir le roi

Monteilhet Hubert, Les bouffons

De Montremy Jean-Maurice, Le collectionneur des lagunes

Morandini Claudio, Le chien,la neige,un pied

Moricz Szigmond, L'épouse rebelle

Mullisch Harry, La découverte du ciel

Murakami Haruki, Après le tremblement de terre

Murakami Haruki, Au sud de la frontière,à l'ouest du soleil

Murakami Haruki, Les amants du Spoutnik

Musso Guillaume, Sauve-moi

Nadler Stuart, Un été à Bluepoint

Nesbo Jo, L'étoile du diable

Nicholls David, Nous

Noriega Alfredo, Mourir, la belle affaire

O'Brien Dan, Brendan Prairie

O'Brien Dan, Wild Idea

O'Brien Flann, Le troisième policier

O'Brien Tim, Au Lac des Bois

O'Connor Flannery, Wise blood

O'Connor Joseph, Inishowen

O'Connor Joseph, Les âmes égarées

O'Connor Joseph, Les bons chrétiens

O'Connor Joseph, Maintenant ou jamais

O'Connor Joseph, Muse

O'Connor Joseph, Redemption Falls

O'Doherty Brian, L'étrange cas de Mademoiselle P.

O'Faolain Nuala, J'y suis presque

O'Faolain Nuala, On s'est déjà vu quelque part?

O'Faolain Sean, Passions entravées

O'Flaherty Liam, L'assassin

Ogawa Yoko, Cristallisation secrète

Ogawa Yoko, La formule préférée du professeur

Ogawa Yoko, Les abeilles

Ogawa Yoko, Les lectures des otages

O'Hagan Andrew, Sois près de moi

O'Hara John, Une lueur de paradis

Olafsson Olafur Johann, Absolution

O'Nan Stewart, Derniers feux sur Sunset

O'Nan Stewart, Des anges dans la neige

Ongaro Alberto, Rumba

D'Ormesson Jean, Au Plaisir de Dieu

D'Ormesson Jean, C'est une chose étrange à la fin que le monde

D'Ormesson Jean, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

D'Ormesson Jean, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit

Orsenna Erik, L'Entreprise des Indes

Ovaldé Véronique, La grâce des brigands

Oz Amos, Entre amis

Oz Amos, Judas

Oz Amos, L'histoire commence

Oz Amos, Scènes de vie villageoise

Oz Amos, Une panthère dans la cave

Oz Amos, Vie et mort en quatre rimes

Paasilinna Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

Paasilinna Arto, petits suicides entre amis

Pahor Boris, Printemps difficile

Pakravan Amineh, Le libraire d'Amsterdam

Parker Dorothy, La vie à deux

Payne David, Le monde perdu de Joey Madden

Pelecanos George, Drama City

Penn Warren Robert, Un endroit où aller

Percy Benjamin, Le canyon

Perez Reverte Arturo, Le soleil de Breda

Perlman Elliot, Trois dollars

Perlman Elliot, La mémoire est une chienne indocile

Perutz Leo, La neige de Saint Pierre

Perutz Leo, Où roules-tu, petite pomme?

Petterson Per, Je refuse

Petterson Per, Maudit soit le fleuve du temps

Petterson Per, Pas facile de voler des chevaux

Piperno Alessandro, Avec les pires intentions

Plath Sylvia, La cloche de détresse

Pollock Donald Ray, Le diable,tout le temps

Porter Henry, Brandebourg

Potok Chaïm, L'élu

Powers Richard, Le temps où nous chantions

Price Richard, Ville noire,ville blanche

Punke Michael, Le revenant

Ragougneau Alexis, La Madone de Notre-Dame

Rash Ron, Par le vent pleuré

Rash Ron, Une terre d'ombre

Ray Jean, Malpertuis

Remarque Erich Maria, Arc de Triomphe

Von Rezzori Gregor, Les morts,à leur place

Von Rezzori Gregor, Mémoires d'un antisémite

Von Rezzori Gregor, Sur mes traces

Rosero Evelio, Les armées

Roth Joseph, Cabinet des figures de cire

Roth Joseph, Images viennoises

Roth Joseph, Le marchand de corail

Roth Joseph, Tarabas

Rothmann Ralf, Lait et charbon

Rouart Jean-Marie, Ne pars pas avant moi

Roux François, Tout ce dont on rêvait

Roux Frédéric, L'hiver indien

Rufin Jean-Christophe, Le grand Coeur

Ruiz Zafon Carlos, Marina

Ryan Donal, Le coeur qui tourne

Ryan Donal, Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe

De Saint Pern Dominique, Baronne Blixen

Salinger Jerome David, Nouvelles

Sallis James, Cripple Creek

Sansom C.J., Dissolution

Savage Thomas, Le pouvoir du chien

Savage Thomas, Rue du Pacifique

Von Schirach Ferdinand, Crimes

Schlink Bernhard, Le retour

Schlink Bernhard, Le week-end

Schneider Peter, La ville des séparations

Schnitzler Arthur, Gloire tardive

Schnitzler Arthur, La pénombre des âmes

Schnitzler Arthur, Une petite comédie

Schnitzler Arthur, Vienne au crépuscule

Schoeman Karel, Cette vie

Schoeman Karel, Des voix parmi les ombres

Schoeman Karel, En étrange pays

Schoeman Karel, La saison des adieux

Schoeman Karel, Retour au pays bien-aimé

Schulberg Budd, Le désenchanté

Schopp Claude, La grande sonate

Scott Paul, Quelques jours avant la nuit

Scott Walter, Le talisman

Seethaler Robert, Le tabac Tresniek

Seigle Jean-Luc, En vieillisant les hommes pleurent

Self Will, Dr.Mukti

Sepulveda Luis, Le neveu d'Amérique

Shakespeare William, Coriolan

Shepard Sam, A mi-chemin

Shepard Sam, Balades au paradis

Shoham Liad, Oranges amères

Simenon Georges, Lettre à mon juge

Simmons Dan, Terreur

Slocombe Romain, Monsieur le Commandant

Sorrentino Paolo, Ils ont tous raison

Springsteen Bruce, Born to run

Staalesen Gunnar, Fleurs amères

Staalesen Gunnar, Le loup dans la bergerie

Stefansson Jon Kalman, Enre ciel et terre

Stefansson Jon Kalman, La tristesse des anges

Stefansson Jon Kalman, Le coeur de l'homme

Stegner Wallace, Vue cavalière

Stifter Adalbert, Les deux soeurs

Suaudeau Julien, Dawa

Suter Martin, Le diable de Milan

Sylvain Dominique, Ombres et soleil

Tadié Benoît, Le polar américain,la modernité et le mal

Teulé Jean, Charly 9

Thiéry Danielle, Dérapages

Thomas Matthew, Nous ne sommes pas nous-mêmes

Toibin Colm, Brooklyn

Toibin Colm, La couleur des ombres

Toibin Colm, L'épaisseur des âmes

Toibin Colm, Le maître

Traven B., La charrette

Traven B., Le pont dans la jungle

Traven B., Le visiteur du soir

Trevor William, Les enfants de Dynmouth

Trevor William, Les splendeurs de l'Alexandra

Trevor William, Ma maison en Ombrie

Trevor William, Mourir l'été

Vallejo François, Fleur et sang

Vallejo François, Ouest

Vanderhaeghe Guy, Comme des loups

Vanderhaeghe Guy, La dernière traversée

Vann David, Sukkwan Island

Vassali Sebastiano, Le cygne

Verger Frédéric, Les rêveuses

Vermes Timur, Il est de retour

Veronesi Sandro, La force du passé

Vigevani Alberto, Un été au bord du lac

Vuillard Eric, L'ordre du jour

Wagamese Richard, Les étoiles s'éteignent à l'aube

Walser Robert, Vie de poète

Walter Jess, De si jolies ruines

Wargnier Corinne, C'est ainsi que la vie sest arrêtée

Weidermann Volker, Ostende 1936

Weil Jiri, Mendelssohn est sur le toit

Westlake Donald, Mémoire morte

Whitehead Colson, Ballades pour John Henry

Whitehead Colson, Underground Railroad

Widmer Urs, Le livre de mon père

Willocks Tim, La Religion

De Winter Léon, La faim de Hofmann

Wolff Tobias, Chasseurs dans la neige

Womersley Chris, Les affligés

Woodall Clive, Le royaume de Kirrick

Yalom Irvin, Et Nietzsche a pleuré

Yalom Irvin, Mensonge sur le divan

Yehoshua Avraham B., L'année des cinq saisons

Yehoshua Avraham B., Le responsable des ressources humaines

Yehoshua Avraham B., Rétrospective

Yehoshua Avraham B., Shiva

Zweig Stefan, Wondrak

 

 

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28 février 2018

Fange rouge sang

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                               Sept nouvelles sont regroupées sous le titre La steppe rouge. C'est le tout premier livre de Jeff Kessel, un jeune homme de 24 ans qui deviendra le vieux lion à la crinière bien connue, voyageur, grand reporter, écrivain, académicien et grand pourvoyeur de scénarios très divers, Belle de jour, Les Cavaliers, La passante du Sans-Souci, L'armée  des ombres. C'est du brutal. La Russie, juste après la révolution bolchevique. On ne fait pas dans la  dentelle et Kessel n'est pas un délicat miniaturiste. Plutôt un arpenteur du monde entier, aux semelles souples et aux rudes vérités des horreurs planétaires, à cette époque à la case, russe pour cette fois, case tortures et dénonciations, démence et trahisons.

                              Les sept textes sont tous terribles de noirceur. C'est peu dire que le genre humain n'en sort pas grandi. Fedka le discret professeur devient tortionnaire en quelques jours, changeant de camp sans vergogne à l'occasion. Une cousine dénonce un enfant miraculeusement épargné une première fois. Les deux fous est le texte le plus fort à mon avis. Un médecin aliéniste cache un ami dans le pavillon des fous. Il lui faudra se méfier de son compagnon de cellule, à qui l'on a dit la même chose. "Et, dans la détente commune de leur émotion, sans dire un mot, les deux "furieux" s'étreignirent avec  des larmes  et des balbutiements."

                             L'innocence n'a plus cours, ni à Odessa, ni à Petrograd. Tout le monde est suspect, de la prostituée de treize ans au vieillard édenté, et le frère d'hier prêtera demain la main au bourreau pour un manteau et et un paquet de tabac. Joseph Kessel, qui aura tout connu, nous donne avec ce livre de jeunesse l'essentiel, en un style certes assez journalistique, d'une Europe ensanglantée et désespérante, qui hélas ne faisait que commencer son siècle hallucinant. Ce n'est pas dans les salons ni même les rédactions enfumées qu'il a puisé son inspiration. Mais cest une littérature qui vous empoigne, un peu à la hussarde.

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25 février 2018

In the name of rock/Kathleen

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                                   J'ai tant chanté les prénoms, ceux qui voltigent et ceux qui désespèrent. J'ai tant écouté les solitaires munis d'une bandoulière et de six cordes. Parfois les cordes sont des bonds, lapins dans la rosée. Parfois les cordes sont des rires de femmes étendant une pimpante lessive sur la fraîche prairie. Parfois les cordes sont des larmes perdues, éperdues. Mais Kathleen n'est pas une femme. Et Townes Van Zandt le savait, comme beaucoup d'autres. Ainsi vécut Townes, miraculeusement, une cinquantaine d'années avant que sa Kathleen ne l'emporte. A dire vrai c'était déjà deux fois plus que tant d'autres.

                                  Comme je vous en veux, à vous tous, qui partites si vite. Et moi je vis toujours, et vous n'êtes jamais très loin. Savez-vous comme vous m'avez aidé? Savez-vous comme vous m'avez gardé la tête hors de l'eau? Alors je vous dois bien cette ballade à Kathleen. Mais de grâce, vous qui passez ici, ne la rencontrez pas.

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