BLOGART(LA COMTESSE)

17 avril 2014

Le retraité napolitain

 

Lucky%20Luciano

                                                                Retour à mon cher cinéma italien, cela faisait longtemps. En 74 Francesco Rosi est un cinéaste reconnu, estimé, sérieux. Il ne sera jamais vraiment élevé au rang de créateur, plus ou moins cantonné au constat politique, spécialiste de l'histoire houleuse de l'Italie. Ainsi vont les choses en cinéma., qui brille parfois d'un certain suivisme. Grand Prix à Cannes 71, il n'existait pas encore de Palme d'Or, avec L'affaire Mattei, il retrouve Gian Maria Volonte, omniprésent en ces années 70, pour Lucky Luciano. Extraordinaire personnage que Salvatore Lucania, né en Sicile, devenu l'un des plus célèbres chefs de gang aux Etats-Unis, condamné à 35 ans  de prison, libéré en 1946, après seulement neuf ans, pour "service rendus à l'armée américaine". On croit rêver. Vieillissant, se chauffant au soleil de la Baie de Naples, le Lucky Luciano que nous présente Rosi s'apparente plus à un fonctionnaire retraité qu'à un maître es cartels criminels. Le cinéma de Rosi ne donne pas dans le spectaculaire et nous ne sommes pas là dans l'opéra baroque à la Coppola.

Il viaggio

                                                                 Les connexions entre le pouvoir et la pieuvre, souvent évoquées au cinéma, de même que les sanglants réglements de comptes. Mais dans Lucky Luciano  la rigueur, voire l'austérité du propos, sont comme des lames qui zèbrent le récit absolument pas romancé et basé sur des faits strictement authentiques. Les mécanismes et les logiques de Cosa Nostra ne cherchent pas à retranscrire un cérémonial funèbre, simplement à exposer, à la manière dossier Rosi, qui peut irriter, la vérité de cette Italie à l'ambiguité immense. Retours vers le passé, chassé-croisé Italie-Amérique, dualité passionnante et fascinante, servie par la composition hallucinante, mais sobre de Gain Maria Volonte, définitivement l'arrogant Lucky Luciano.

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14 avril 2014

In the name of rock/Guinnevere

                                                                       Guinnevere, y-a-t-il plus belle ballade que Guinnevere? Quintessence d'un folk-rock par des musiciens en état de grâce avant les perditions. Le temps où je rêvais d'une Guinnevere à moi, ma reine Guenièvre. Le temps des arabesques de David, Steven et Graham. Le temps où Guinnevere avait les yeux verts, comme toi, Milady, comme toi. Dessinant des pentacles, comme toi, Milady,comme toi. Cheveux or, comme toi, Milady, comme toi.  Les paons errent sans but sous les orangers. Pourquoi ne me voit-elle pas? Je répète,quoi de plus beau que Guinnevere?

                                                                                 

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13 avril 2014

Un livre, un film (énigme 91), la solution

film       Aifelle, Manu, Dasola, Claudia, Asphodèle, Celestine ne se sont pas posé la question bien longtemps. Le film semble les avoir impressionnés, ce qui est mon cas également. Bravo à tous trois.La réponse:Jane,ma soeur Jane . Merci et rendez-vous samedi prochain du côté de  chez Claudia et Wens.

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12 avril 2014

Un livre, un film (énigme 91)

film

                                     FrançoisTruffaut adapta aussi cet écrivain dont je vous demande aujourd'hui le titre le plus connu. Ce titre en question et d'ailleurs lui-même en forme de question. Si le livre a été publié en 1960, le film, lui, date de 1962. Il est très célèbre en particulier pour son duo. Duo dont on dit, mais est-ce vrai, qu'il était aussi explosif sur le tournage que dans la fiction. En tout cas le film est devenu un  classique de ce qu'on appelle l'épouvante domestique et cinéma, théâtre et littérature ont donné naissance à bien d'autres oeuvres lorgnant vers la même ambaince paroxystique, tout sauf fraternelle.

                                     La nourriture avait l'air délicieuse. Il y avait deux côtelettes grillées à la perfection, de la purée, des carottes et des petits pois, un peu de salade et une part de tarte aux cerises. Blanche s'empressa de saisir sa fourchette et de prendre de la purée.Elle avait à peine introduit la nourriture dans sa bouche qu'elle poussa un cri et se pencha brusquement en avant. Elle lâcha la fourchette qui tomba à terre et saisit vivement sa serviette. Puis elle s'immobilisa, le regard rivé sur son assiette.Elle remarqua ce détail qui lui avait échappé: toute la nourriture avait été soigneusement saupoudrée de sable - un sable très fin et très blanc.
  

                                    J'attends de vous le titre du livre et du film, c'est rigoureusement le même, l'écrivain et le metteur en scène. En option très facultative le duo, voire l'autre roman de cet écrivain adapté au cinéma par Truffaut. Rendez-vous samedi 19 chez Claudia et Wens. Bien sûr réponses précises uniquement par courriel. Merci.

                                   

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10 avril 2014

Le livre mystère d'Asphodèle

                                              Asphodèle, sur une idée de Jérôme, m'a proposé un livre mystère, reçu couvert et anonyme, mais pas sans charmes, chère Aspho, à charge pour moi de le lire sans aucune indication d'auteur, de date d'édition, sans illustration,sec. Curieuse sensation sur laquelle je vous livre d'abord mes impressions, puis une critique du roman, puis enfin je dévoilerai le pot aux roses pour vous... et pour moi. Evidemment il est déconseillé de faire ça avec un Maigret ou un Sherlock Holmes, le suspens serait vite expédié. Donc pas de place pour les récurrents dans le livre mystère.

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                                               A première vue je ne rentre pas très vite dans l'histoire, me consacrant à tenter de percer le nom de l'auteur. C'est déjà fausser un peu ma lecture. Bon, déjà un élément, le livre est court, format de poche, alors une histoire de détective, de grand détective? Mais non, pas d'enquête à proprement parler. Cependant comme on est en pleine Renaissance et que le héros s'appelle Michel-Ange, génie créateur de son état, je pense à Sophie Chauveau par exemple dont j'ai déjà lu une très moyenne Obsession Vinci. C'est pas tout ça,les amis, mais vu qu'il ne compte que 170 pages dont certaines de douze ou quinze lignes, il faudrait que je me concentre un peu sur la lecture proprement dite. Etrange sentiment que celui de découvrir le grand peintre de Florence face au sultan de Constantinople, en tant qu'architecte ce qui n'est pas une surprise.Le livre se lit maintenant avec beaucoup de plaisir, presque distraitement. L'auteur n'a pas lésiné sur les descriptions des épices et des marchandises, ce qui m'a fait un effet catalogue un peu gênant.Cipolin, sérancolin, brocantin, cinatique , des matières à couleurs. Ou cavet et scotie, des moulures. Ca c'est un peu ce que j'appelle l'effet dico, martelant des vocables à peu près inconnus du profane. Instructif, certes, un peu procédé à la longue. Et puis quand même cette présentation clairsemée, on dirait presque que le responsable a été payé à la page. Ne boudons pas notre plaisir, on respire l'air de la Corne d'Or et l'on imagine le pont selon Buonarotti, fier et florentin. Belle histoire,  romanesque à souhait, de ce romanesque un peu hautain qui caractérise la Renaissance dont la vertu cardinale n'est pas la modestie.

                                               Le roman ? ne m'a pas vraiment convaincu et j'en suis fort triste pour ma chère Asphodèle dont je crois savoir qu'elle a aimé ce livre. Pourtant la Renaissance me passionne mais X, l'auteur m'a semblé saupoudrer son récit de scènes attendues sur l'exotisme un peu appuyé des tavernes de Constantinople, de ses odalisques et de ses éphèbes. Et puis encore une fois j'aime m'installer dans un livre, les chapitres m'apportant une latence, une douce indolence favorisant mon imagination. C'est tout le contraire dans ? qui s'apparente un peu, le mot est fort, je sais, à une sorte de zapping écrit, plaisant et aérien. Nous en venons, maintenant que j'ai fait de la peine à mon amie Asphodèle, mais je crois qu'elle n'aurait pas aimé un enthousiasme factice de ma part, à l'auteur que j'ignore encore à cette heure.  Certaine phrase très précise renvoie au titre d'un livre récent de Mathias Enard. Mais je n'ai jamais lu cet auteur et ça n'a peut-être strictement rien  voir. Il y est question de rois, de batailles et d'éléphants? Demain soir j'aurai enlevé la couverture de papier et je vous dirai ce que j'ai lu.

P.S. Asphodèle, merci encore.Et pardon...

Dernière minute,il s'agit bien du roman de Mathias Enard dont voici un exemplaire. Merci encore Aspho pour cette belle pirouette littéraire.

9782330015060

 

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06 avril 2014

Le réveil du dimanche matin après le pub...

                          ....plutôt en douceur fraîcheur avec Van Morrison, avec Liam Neeson, de solides gaillards de là-bas, un grand chanteur, un grand diseur,au choix, c'est comme vous voulez, c'est à Coney Island, Irlande du Nord. A propos d'Irlande Val, sa jument verte et moi nous sommes aventurés Du côté de Canaan, roman de Sebastian Barry. Si ça vous dit de nous rejoindre en lecture commune. C'est vers le 15 mai. Un bon dimanche à toutes et à tous.

 

 

 

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05 avril 2014

Au nom du père

Mmasse critique

                                           Bonne pioche cette fois chez Babelio avec Schroder, ce douloureux roman introspectif composé comme une longue épitre d'un père à son ex-épouse, accusé par celle-ci d'avoir enlevé leur fille Meadow, six ans. Amity Gaige, inconnue, nous emmène dans le sillage de cette cavale, dans l'ouest des Etas-Unis, à partir d'Albany, New York. Quand on se penche sur l'accueil de ce roman, l'ombre de Lolita... A mon sens rien de commun entre Humbert Humbert et Erik Schroder. Schroder, Schroder, c'est rien qu'un père pas terrible, pas méchant pour deux dollars, maladroit comme tout père, et qui tient ça, sûrement, de son père à lui. Schroder c'est son vrai nom, mais venu enfant d'Allemagne de l'Est il essaie de se faire appeler Kennedy, pas original quand on habite dans la même région que la famille princière américaine, mais pas dans la même banque. Ayant connu une réussite sociale brève et qui s'est vite gâtée, et surtout inférieure à celle de sa femme, Erik a élevé sa fille pendant plus d'un an mais inéluctablement le couple est parti à vau l'eau. Plutôt velléitaire Erik décide de garder Meadow un peu plus longtemps qu'imparti par le juge et s'octroie une virée dans le massif des Adirondacks, vers le Lac Champlain et le Vermont,ce si bel état du Nord-Est à la douceur automnale proverbiale.Père et fille se retrouvent pour quelques jours, le voyage se passe bien mais l'idylle va virer au drame.

   

tous les livres sur Babelio.com

                                             Erik raconte cette fuite avec tendresse, avec amour. Erik est un homme plutôt bien mais nous croyons savoir que l'amour ne suffit pas et Meadow, six ans, trop mûre probablement ne sortira pas indemne de cette vénielle escapade.Mais on ne raconte pas Schroder, livre parfois bouleversant, très fin et qui revient habilement sur des épisodes de la jeunesse et de l'enfance d'Erik Schroder Kennedy, transfuge de la R.D.A, accompagnant son père et laissant sa mère là bas à l'Est. Amity Gaige parle très bien de Berlin et de son ruban de pierre balafrant la liberté. Comme elle excelle à ces petites touches mettant en scène Erik et sa fille Meadow, au bord de l'eau, mangeant un hamburger, rencontrant somme toute peu de gens, comme rivés l'un à l'autre, une dernière fois peut-être. Un narrateur sensible qui comprend son errance et essaie de s'en expliquer. Un gars qui a fait une connerie, et qui a compris que la vie ne lui fera plus guère de cadeau. Schroder, un livre qui ne ressemble pas aux grands et nombreux romans américains, une musique qui sonne un glas européen, un nouveau monde pas facile pour personne, surtout pas pour ce papa paumé. C'est pas universel,ça?

                                        Et n'oubliez pas l'avis d'un célèbre ruminant qui faillit disparaître au siècle avant-dernier,mais s'il n'en reste qu'un ce sera le nötre. J'ai nommé Le Bison, domicilié http://leranchsansnom.free.fr/?p=7213

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03 avril 2014

La poésie du jeudi, Giacomo Leopardi

                                    Un amour infini pour l'Italie, pour le romantisme, et quand c'est l'immense Vittorio Gassman qui dit, que demander de plus? Rien, qu'une pensée pour Giacomo Leopardi (1798-1837), solitaire, maladif, suicidaire, "sombre amant de la mort, pauvre Leopardi " (ainsi disait  de lui Alfred de Musset). Il existe plusieurs traductions de ce texte. J'ai choisi celle de René de Ceccaty qui rend bien compte de la douleur et du pessimisme de Leopardi. Cela me permet de rejoindre le challenge Il viaggio, maintenant chez Eimelle (lecture-spectacle)

chants

L'infini

J'ai toujours aimé ce mont solitaire

Et ce buisson qui cache à tout regard

L'horizon lointain. Mais quand je m'assieds

Pour mieux observer, je me représente

Au fond de mon cœur l'espace au-delà :

Calme surhumain, très profonde paix.

Il viaggio

Pour un peu, je suis perdu d'épouvante

En entendant geindre, entre les feuillages,

Le vent, je compare cette à voix-là

L'infini silence et je me souviens

De l'éternité, des mortes saisons,

Et de la présente, et de la vivante.

Et de sa rumeur. Ainsi dans l'immense

Sombre de ma pensée. Et dans cette mer

Il m'est doux enfin de faire naufrage

        Giacomo Leopardi (Canti,1819)

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29 mars 2014

Les plumes...by Asphodèle: Contessa Blues

   logo-plumes2-lylouanne-tumblr-com                                                           

                                             Asphodèle a glané pour cette semaine les mots suivants au nombre de 21: voiture-rue-immeuble-abeille-théâtre-anonymat-animation-pavé-visite-parc-asphalte(ou bitume)-bus-fuite-flâner-embouteillage-urbain-gare-hôpital-cohue-chuter-constant(ou constance). Merci Miss Aspho. Cette liste m'a sauté aux yeux, j'ai très vite su quel univers elle m'évoquait. Ca m'a conduit à prendre pas mal de libertés mais Les Plumes d'Asphodèle est justement un espace de liberté.

20140327_01

                                              J'ai voulu écrire un blues, le côté citadin  de la suite de mots m'y incitait vraiment J'ai déjà écrit un ou deux blues en français mais là j'ai un peu corsé les choses, dans la langue vernaculaire de cette musique. J'ai essayé de respecter la métrique du blues et ses intonations, de même que les rimes. Bien  sûr cela  est très éloigné de la poésie telle qu'on la lit souvent. J'ai donc ajouté une traduction. Evidemment les mots du blues, surtout en français, c'est pas Nerval, encore que Gérard s'y connaissait en blues (cf. Hanging Blues on Rue de la Poterne, salut mon Gérard). Pour sonner blues il fallait procéder à quelques adaptations. Ainsi voiture est devenu bagnole, gare est devenu quai, hôpital s'est argotisé en hosto, constant est devenu tout l'temps, abeille est devenu bourdon, visite est à voir, chuter est devenu à genoux, fuite a foutu' l'camp, anonymat a sombré dans l'inconnu, théâtre n'est plus que scène. Confidence, aucun texte pour Les Plumes ne m'aura bouffé autant de temps (voyez j'parle encore façon blues). Ne vous plaignez pas, vous avez échappé au pire car j'avais l'intention de jouer et chanter Contessa Blues. Il y a cependant des limites car le blues, si je peux beaucoup l'aimer, un peu le jouer, manifestement je ne peux le chanter. J'ai essayé mais vous êtes mes amis, je n'ai pas le droit de vous faire ça.

 

                   Since you've been gone

                    Feel so bad on concrete

                    Yeah, since you've been gone

                    Even green parks delete

 

                    Hey baby,sleeping in dirty old car

                    Lost in traffic jam

                    Aimlessly urban, shivering heart

                    Without you, city's Gotham

 

                    Please get back where you belong

                    Just help me, baby, that's my last station

                    Trouble, pain, hospital won't be long

                    Constant sorrow, fatal oppression

 

                    Remember lazy strolling days

                    Remember bustle in the streets

                    Both of us having fun on bus sways

                    Buzzin' alright like honey bees

 

                    Now things go wrong and cobblestone gets rough

                    Don't you visit me once more

                    Fallin' down on my knees so tough

                    You were on the run,what a bore

 

                    Please get back where you belong

                    Just help me, baby, that's my last station

                    Trouble, pain, hospital won't be long

                    Constant sorrow, fatal oppression

 

                    Feel lonely and blue here in the mob

                    Anonymous tenements squashing my back

                    Life's empty theatre in my inside job

                    Home of my soul became a shack.

 

                    Depuis que tu m'as largué

                    J'me sens mal; scotché au bitume

                    Depuis que tu m'as largué

                    Même les parcs si verts m'ont laissé tomber

 

                    Hey Baby, j'dors dans une bagnole pourrie

                    En plein embouteillage

                    Urbain sans but, coeur tremblant

                    Sans toi, la ville c'est Gotham City

 

                    J't'en prie, Baby, reviens

                    J'suis fini, au bout du quai

                    Que des pépins, j'ai mal, bientôt l'hosto

                    J'me fais d'la bile tout l'temps, lourd, lourd

 

                    Tu t'souviens des bons moments à flâner

                    Tu t'souviens d'l'animation dans les rues

                    On s'embrassait au fond du bus

                    Chauds comme des bourdons excités

 

                    Maintenant tout va mal et le pavé m'écorche

                    Si tu revenais m'voir, Baby

                    J'suis à genoux, c'est si dur

                    T'as foutu l'camp, comme c'est moche

 

                     J't'en prie, Baby, reviens

                    J'suis fini, au bout du quai

                    Que des pépins, j'ai mal, bientôt l'hosto

                    J'me fais d'la bile tout l'temps, lourd, lourd

 

                     Si seul, si paumé , même dans la cohue

                     Ces immeubles, ces inconnus, ça m'tombe dessus

                     La scène est vide, ma tête explose

                     Mon coeur survit dans une baraque.

P.S. Rajouter "yeah" tous les cinq ou six mots. Merci d'avance.

 

                    

 

                   

 

 

 

                  

 

                   

                     

                   

                    

 

            

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27 mars 2014

Haro sur Dawa

Mmasse critique

                                                    Nouvelle aventure critique avec Babelio qui me fait confiance une fois encore. Dawa est un pavé qui aurait gagné à se "galetiser" d'au moins un tiers car tout de même 500 pages c'est lourd, surtout pour un roman pour le moins redondant et immodeste.Dawa est le nom d'une opération terroriste visant à cinq attentats dans les cinq grandes gares parisiennes. Tous les étages de la société française de 2014 sont explorés,mais comme ça m'a ennuyé. De la cité des 3 000 avec son habituel gisement de délinquants dont certains recrutés pour l'opération, jusqu'aux arcanes du pouvoir, très concrètement circonscrits car l'action se déroule en ce moment même d'élections 2014, en passant par la sempiternelle guerre des polices. Souvent dans ce genre de bouquins on n'aime pas tout. Là je n'aime presque rien.

dawa

                                    A commencer par le présupposé que l'argot des banlieues n'avait pas de secrets pour moi. Nanti d'un zeste d'incompréhension, j'ai très vite fait la gueule à ma lecture mais suis allé jusqu'au bout, sans que jamais aucun personnage ne m'interpelle vraiment. Trop de figures traversent cette histoire, pessimiste quant à ce pays qui ne se comprend plus lui-même. Dans ces cas là on privilégie l'efficacité, genre cinéma carré, pourquoi pas. Mais voilà, des digressions, des considérations générales sur le microcosme politique, des personnages féminins stéréotypés, Julien Suaudeau a fait bien long pour m'emmener tout près. Sans intérêt pour moi. J'ai bien dit pour moi.

 

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24 mars 2014

And the winner is ...Death

WAITING

   

                                                             L'auteur, le Britannique Barney Hoskyns, historien du rock, a également publié des bio de Tom Waits et Led Zeppelin, une saga sur le San Francisco folk. Waiting for the sun est une somme sur plus de 50 années de création musicale à Los Angeles. Ce livre est passionnant mais ne peut l'être que pour des lecteurs ayant partagé au moins pour une période un intérêt profond pour la musique de la cité, car tant de noms sont cités que l'on perd le fil très vite si ces noms n'évoquent rien. Pour moi ce fut passionnant, et très instructif, sur une période que je connais assez bien musicalement, mais dont je sais la terrible impasse humaine, le monumental gâchis. Waiting for the sun est le titre d'un album des Doors mais ce groupe n'est que l'un des innombrables avatars cahotiques et mortifères qui passèrent dans la Cité des Anges, pour le pire et pour l'encore pire. Je n'ignorais donc pas la mortelle randonnée, je viens de le dire, je ne savais pas qu'elle était allée si loin dans la dérive. Fou de cette musique, j'en ai une vraie peine. Un seul mot, le gâchis somptuaire. Sans revenir sur les détails quelques sentiments que cette histoire douloureuse m'a procurés.

                                                             L.A. n'est pas New York, mais n'est pas non plus San Francisco. Dès les années trente les jazzmen avaient montré la double voie qui ne devait jamais changer, marier création musicale parfois de génie et autodestruction massive et virant au grotesque.Hollywood proche n'a rien arrangé et les années carnages n'ont pas cessé.Je connais surtout la partie 1960-1990, mais ce voyage court jusqu'a l'aube du XXIème Siècle. Bien sûr je n'ai jamais pris les Beach Boys pour des angelots blonds, surfers bien propres sur eux. Les frères Wilson, une famille d'Atrides et de malades mentaux.Et pourtant ...Pet Sounds, et les harmonies magiques  du sorcier Brian. On a parlé des paradis artificiels, des concept-albums sous influence. Vrai, mais les enfers, eux, étaient bien concrets.

images

                                                             Les jolies et très minces folkeuses éthérées, Joni Mitchell, Janis Ian, odieuses et invivables comme tout le monde. Dire que les subtiles arabesques de Crosby, Stills, Nash and Young ont été conçues à l'eau de source, je n'aurais pas été jusque là. Les Mamas and Papas (California dreaming) passèrent en quelques jours de troubadours à junkies.Mes amis Byrds n'avaient pas grand chose d'une réunion d'amis autour de la légendaire douze cordes de McGuinn. Et Hugues Aufray tentait de nous faire prendre Mr. Tambourine Man pour un homme orchestre, ou un innocent musicien. Mr. Tambourine Man est l'homme qui frappe des doigts sur la porte pour la livraison. Et Laurel Canyon n'était pas qu'oasis de verdure croisant Mulholland Drive. Mais Waiting for the sun qui détaille les turpitudes et les inconsciences faramineuses de tous ces créateurs n'oublie pas que dans la métropole angelna régnait aussi la musique malgré? ou à cause? Vaste débat...

 

                                                            Jouissant d’une réputation en totale opposition avec la Côte Est, encore relativement européenne, L.A.a cultivé son indépendance artistique très tôt. Tout,plus fort, plus vite, plus loin...plus mort. L’ascension des Doors est maintenant bien connue et le culte Morrison est pour le moins discutable pour un groupe dont personnellement musicalement je n'aime très fort que deux albums, The Doors et L.A.Woman.  On n’oublie pas non plus, dans la foulée de La fureur de vivre les égarés notoires qui ont participé à l’explosion musicale de la ville (Phil Spector et ses flingues en studio, Arthur Lee de Love, groupe dont deux albums en état de grâce et de lévitation, les Freaks en tous genres, les Hell’s Angels, les incontrôlables  comme Charles Manson et sa « famille " dont hélas certains de mes héros musicaux furent dangereusement proches. L.A. comporte aussi son contingent de météores,  passagers d'une saison, qui tous ont contribué à faire d'El Pueblo de Nostra Senora la Reina de Los Angeles de Porcunciula un phare musical et un naufrage moral. Tout ça sur fond selon le goût et l'époque de  cool jazz, de surf music, de folk-rock, de protest- songle, de hard rock, de punk, de rap, mais là il y a longtemps que j'ai décroché. La mort de Sharon, Altamont, les ravages de The needle and the damage done, hélas Neil...

                                                      La parole à Barney Hoskyns « Mon intention profonde avec Waiting For The Sun, c’est une étude de l’interaction typiquement californienne entre la lumière et l’obscurité, ou entre le bien et le mal ». Vous voilà prévenus. Personnellement je ne suis pas un  juge, je suis un "regretteur". Je vous ai presque tous tant aimés et pas mal d'entre vous me collent à la peau. Ci dessous quelques survivants, non des moindres, pour I love L.A., Randy Newman, Tom Petty, Jackson Browne, John Fogerty, qui tous ont eu leur période angelna. Angélique, pas sûr. La vidéo du dessus illustre le plus riche du cimetière.

 

 

 

 

                                                      

 

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23 mars 2014

Un livre, un film (énigme 88), la solution

sans-titre

sans-titre 2

                                        Bravo à Dasola, Pierrot Bâton, Asphodèle. Chronique d'une mort annoncée, roman du Prix Nobel colombien Gabriel Garcia Marquez, film de Francesco Rosi avec Gian Maria Volonte. Merci et rendez-vous chez Claudia et Wens samedi prochain.

 

 

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22 mars 2014

Un livre, un film (énigme 88)

film

                                        Livre et film ont le même titre. Publié au début des années 80 en son pays d'origine, peu de temps après en France, et adapté au cinéma quelques années plus tard. L'écrivain est célèbre, honoré, je dirais même très (trop) institutionnalisé. Le metteur en scène est de la même génération. L'auteur vient de l'autre côté, celui d'après 1492. Le cinéaste, lui, est du vieux continent.Tous deux vivent encore. Les maîtres mots de cette sombre histoire: honneur, vengeance, famille. Nous sommes, bien sûr, plutôt au Sud.

                                       Alors, tous deux continuèrent de le poignarder contre la porte, facilement, en alternant les coups, avec la sensation de flotter sur ce méandre éblouissant qu’ils découvrirent de l’autre côté de la peur.

                                       Au cinéma l'acteur principal, très présent dans le cinéma des années 70-90, pour des rôles souvent très marquants, trouvait là son cinquième rôle avec ce metteur en scène. Avis personnel, si j'aime énormément le cinéaste en général je trouve qu'il n'a pas réussi son incursion dans l'oeuvre du grand écrivain "de là-bas", chantre d'une littérature souvent qualifiée de baroque à laquelle je suis assez réfractaire. Voilà, c'était l'énigme 88 concernant un auteur que je n'aime guère et un film qui ne m'a pas plu. Mais rassurez-vous, je ne suis pas maso au point d'avoir relu le livre ou revu le film.

                                       S'il vous plait, titre du livre et du film, auteur, metteur en scène et interprète principal. Je vous retrouverai pour une autre énigme le deuxième samedi d'avril, soit le 12. Claudia et Wens, eux, seront là le 29 mars et le 5 avril. Consignes (soigneusement pompées sur Claudia): vous pouvez donner vos réponses par mail et  me laisser un mot dans les  commentaires sans révéler la réponse pour m'avertir de votre  participation. Le résultat de l'énigme et la proclamation des vainqueurs seront donnés le dimanche. Merci.

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20 mars 2014

La poésie du jeudi: Jules Supervielle

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                                         Jules Supervielle, né en 1884 à Montevideo, devint orphelin à un an. Sa vie fut partagée entre France et Amérique du Sud. Romancier (L'homme de la pampa), nouvelliste (L'enfant de haute mer), ami de Rilke et de Henri Michaux, ce poète mourut en 1960. Sa tombe pyrénéenne à Oloron Sainte Marie , où moururent ses parents lorsqu'il avait huit mois, porte une bien jolie épitaphe. "Ce doit être ici le relais/ Où l'âme change de chevaux."

La goutte de pluie

Je cherche une goutte de pluie

Qui vient de tomber dans la mer.

Dans sa rapide verticale

Elle luisait plus que les autres

Car seule entre les autres gouttes

Elle eut la force de comprendre

Que, très douce dans l’eau salée,

Elle allait se perdre à jamais.

Alors je cherche dans la mer

Et sur les vagues, alertées,

Je cherche pour faire plaisir

À ce fragile souvenir

Dont je suis seul dépositaire.

supervielle

Mais j’ai beau faire, il est des choses

Où Dieu même ne peut plus rien

Malgré sa bonne volonté

Et l’assistance sans paroles

Du ciel, des vagues et de l’air.

                                                                Jules Supervielle (La Fable du Monde)

                           

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18 mars 2014

Géographie: Poplar Bluff, Missouri

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                                     Poplar Bluff, 16 000 habitants, deux minutes d'arrêt, ce qui me suffit largement tant je n'ai rien à dire. Mais comme statutairement je suis tenu à instruire avant de distraire je dirai  que le conquistador Hernando de Soto fut le premier dans ce coin et que la ville tire son nom d'une falaise (bluff)  plantée de tulipiers (tulip poplars) surplombant la Black River. Etonnant, non? Si au moins j'avais quelques informations sur le groupe Red Jacket Mine. Même pas. Euh,si, ils viennent de Seattle, mais, sont assez loin du grunge nirvanesque. Décidément ça se gâte sur notre American Music Road. Tout fout le camp.

Poplar_bluff

http://www.deezer.com/track/66472621    Poplar Bluff    Red Jacket Mine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 mars 2014

Les plumes... by Asphodèle: Eléments

                                          Me voilà de retour sur Les plumes d'Asphodèle (merci encore et bon anniversaire à ce blog frère) à jongler avec les 21 mots suivants:temps-vie-chanson-rien-diva-furibond-montagne-souffle-pollution-tempête-ballade-léger-envoyer-courant-bulle-prendre-gonfler-voleter-brèche-blesser-balançoire.

                                          Ce texte est bien sûr comme toujours une fiction. Evidemment. Mais comme je pense que l'on n'écrit guère que sur soi de forts relents personnels peuvent s'y nicher. Ecrire suppose son contingent de m'as-tu-luisme."Madame  Bovary c'est moi".

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                                           Temps de Vie, c'est chez moi le nom d'une association qui gère l'hospitalisation à domicile. Rien qui puisse faire rêver, je le concède. Mais est-ce l'imminence d'une fin de carrière qui m'incite cette semaine à prendre cet air un peu grave? Ou plus simplement sont-ce les mots, ou leur agencement  qui m'ont inspiré ce qui pourrait ressembler à l'incipit d'un roman, ce roman qui m'échappe depuis si longtemps, insaisissable diva qu'amant transi j'espère encore avoir à l'usure. Des années de soins, des femmes de cinquante ans que je tutoie les ayant connues à quatorze, des centaines d'enfants parents à leur tour inquiets pour le souffle court de leurs petits, mais aussi toutes ces vieilles dames, trotte-menu et pas loin de la partance, pied léger,si léger et coeur lourd, toutes ces vies, toute ma vie...

                                          Quand s'annoncent de grands virages, que les collines s'apprêtent à devenir montagnes, que mollissent doucement les tempêtes adorables, que les flèches isolent Eros et que là-bas Thanatos guette au bout de la ligne droite, ni furibond ni impatient, Thanatos est sûr de lui, quand on se penche sur l'étymologie comme sur son passé, quand d'un vocable, retraite, on peut s'amuser à décortiquer différentes expressions, toutes elles blessent, tirer un trait, se retirer, la neige et la Bérézina, on se dit que même si tout finit par une chanson, on aurait aimé colmater la bréche et ralentir un peu l'infernal courant, celui, à la pichenette facile, gonflé d'importance, qui nous envoie paître, voire ad patres. J'ai conscience de faire un peu mon sentencieux, d'apporter hélas un soupçon de pollution à cette semaine asphodélienne à tendance probablement bulle d'oxygène, encore m'avancé-je un peu.

                                        Ainsi vivent les hommes et quand ils se piquent d'écrire ils ne font pas toujours dans la ballade bucolique. Ainsi vieillissent les hommes,et  souffreteux, volètent pourtant les oiseaux fatigués.Temps de Vie, j'ai travaillé avec eux,des gens de bien. Le temps de la vie, balançoire de nos squares d'enfants, j'ai oscillé, quittant, quitté, quitte.

                                       

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12 mars 2014

In the name of rock/Roberta

                                                      Cette nouvelle rubrique ne sera pas bavarde. Le rock, sens large, encore et toujours, à écouter, pas à disséquer. Accolé cette fois à un prénom féminin, eh oui, l'essentiel est dit de ma vie. Je sais il y a aussi  Schubert et Buzzati et Ferré et Welles et Mozart et Bogart et Visconti et Dylan et Nerval et Cohen et Chaplin et Goya... Mais tout de même, extrait d'un des tout premiers albums Roberta, Eric Burdon and the Animals, l'homme qui m'a poussé dans le chaudron de Tin Pan Alley où je mijote toujours. Yeah! Ici ce sera très bref. Yeah! J'ai bien dit.

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10 mars 2014

Sir Walter en la Pléiade

talisman

                                      En lecture commune avec Claudia, Pyrausta et Nathalie nous nous sommes penchés sur Sir Walter Scott dont je n'avais lu qu'Ivanhoe, en livre jeunesse du temps de ma jeunesse, c'est dire...Le talisman raconte un épisode de la croisade des princes, Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste entre autres. Je m'étais porté volontaire pour cavaler sur un fringant destrier, en découdre avec traîtres et infidèles, festoyer sous la tente, et retrouver des héros caracolant pour une belle dame de leurs pensées. Et je me suis retrouvé à tourner les pages d'un Talisman dans la Pléiade,seule version disponible. Or je n'aime pas lire dans la Pléiade. La Pléiade ça ne se lit pas, ça se cale dans une bibliothèque d'une belle maison et on en mesure la longueur en faisant croire qu'on a lu tout Balzac. Physiquement je n'aime guère ce contact  qui m'oblige à m'y prendre à deux reprises, comme dans mon lointain missel, pour tourner la page tant la finesse.... Ca aurait eu l'avantage de finir deux fois plus vite le roman de chevalerie de Walter Scott qui n'a pas apaisé ma soif d'aventures et de combats. Je voyais ça virevoltant, d'estoc et de taille, palefrois et gonfanons claquant au vent d'Orient.

                                     Le talisman m'a semblé plutôt un festival de la palabre. Qu'est-ce qu'on parle, Sir Kenneth, le héros écossais,le Maître des Templiers, l'archiduc d'Autriche, le roi Richard, bien que malade, et ses conseillers, mais alors les bavards... Ca réveille un peu mes souvenirs des croisades qui seraient plutôt tendance Monicelli-Gassman dans L'armée Brancaleone.On retient essentiellement de ces joutes verbales la rivalité des différents participants et l'on esquisse une réflexion sur l'engagement occidental pour le Saint Sépulcre. Mais honnêtement les caractères d'imprimerie de la Pléiade ne me conviennent pas des masses ( à propos de masses, d'armes cette fois, on doit souvent aussi recourir au lexique pour l'héraldique ou l'armement, c'est usant).

                                    Bref, enfin pas si bref que ça, pas assez de castagne pour moi, pas  assez de tournois, un seul réglement de compte à la fin, je n'en ai pas eu pour mes écus. Après avoir maintes fois manipulé finement les deux signets verts, l'un pour le roman, l'autre pour les notes explicatives, je suis arrivé à deux conclusions, celle du Talisman, bienvenue, à peine le sang aura-t-il coulé, et la mienne propre, de conclusion, légèrement iconoclaste dans un challenge littéraire, qui est la suivante...Je crois que de Walter Scott mes meilleurs souvenirs resteront visuels, l'excellent film avec Robert Taylor, présenté ici par Claudia et Wens, (Ma Librairie: Walter Scott : Ivanhoe ) et le générique du feuilleton de mon enfance, Ivanhoe, qui date,il est vrai de quelques semaines maintenant.

 

 

 

 

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07 mars 2014

Des fleurs dans les ordures

21_Scintillation

                                          Plaisir de lecture commune avec Valentyne, La jument verte de Val nous avions cette fois choisi le roman de John Burnside. Je publie avec un peu de retard,pardon Val. Mais emballé que j'avais été par trois autres romans de cet écrivain écossais j'ai un peu moins adhéré au propos, notamment dans le premier tiers. Pourtant à l'évidence la prose de Burnside est exceptionnelle bien que souvent brutale et  inhospitalière. Dans cette Intraville, amalgame de décharge sauvage et de friche industrielle qui fait penser à une côte soviétique aux plus belles années de la pollution littorale et sous-marine, j'ai songé à ma chère Suzanne de Leonard Cohen qui nous montre où regarder "parmi les ordures et les fleurs, she shows you where to look, among the garbage and the flowers". Drolatique, Leonard est aussi le nom de l'ado, principal personnage de cette étrange et mortelle histoire.Peut-être la photo de couv. vous met-elle mal à l'aise, c'est normal et ce n'est pas de lire ce roman qui va arranger ça.

                                        Dans ce contexte déjà pas gai disparaissent plusieurs jeunes garçons. Il fait vous dire que l'Intraville est une entité bien mystérieuse et que de l'Extraville voisine on ne saura pas grand chose. Une vie nulle part était déjà un titre de John Burnside, remarquable mais tout cela sonne quand même inquiétant. Vous vous inquiétez, vous avez raison. Leonard n'est pas un parangon de vertu, ses fréquentations sont douteuses et si d'autres  moins présents tirent les ficelles, il porte sa part de culpabilité. La fascination pour la violence est dans ce roman assez insoutenable, tout cela soutenu par une belle écriture aux méandres complexes et qui, au moins, nous épargne démagogie et simplisme. Mais quelle épreuve avec ce Leonard qui m'est tout de même resté étranger, heureusement peut-être, alors que j'avais ressenti une osmose bien plus forte dans Un mensonge sur mon père et plus encore Une vie nulle part.

                                      Deux mystères au moins dans Scintillation. Comment ce livre peut-il avoir cette grâce d'écriture splendide et intempestive dans un environnement qu'évoque si  bien la couverture aux oiseaux morts? La scintillation-attraction-répulsion est extraordinairement bien rendue. La seconde énigme concerne la fin du livre. Pardon Val, je serais bien en peine d'éclairer ta lanterne, le basculement du livre dans le fantastique m'ayant depuis longtemps contraint à laisser au vestiaire mon rationalisme, acceptant, avec un peu de difficultés au début, ce voyage dans l'univers burnsidien, déjà quel patronyme infernal et marginal, brûler, côté. Persistant, je conseillerais plutôt Une vie nulle part, bien plus proche de moi et du coup, il me semble, de vous qui vous intéressez à cet Ecossais aussi poète. Mais méfiez-vous de la lande de là-bas, on n'y a pas toujours un Sherlock Holmes à Baskerville pour résoudre la question.

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06 mars 2014

La poésie du jeudi, William Butler Yeats

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                                           Merci encore à Asphodèle pour cette organisation sans faille qui nous offre de délicieux moments de découvertes et de redécouvertes, dans l'infinie variété de la poésie. L'occasion pour moi de relire un peu du grand poète irlandais W.B.Yeats dont j'ai choisi Le voyage d'Aengus. Je vous en propose ma propre traduction, celle d'un amateur, ça va de soi.

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                                        De plus, coup double, vous connaissez ma folkmania, de grands musiciens ont chanté Yeats, Joni Mitchell, The Waterboys et mon si cher Donovan qu'on s'obstine à ignorer, scandale que je vais tenter de réparer,si peu que ce soit. Son interprétation figure sur un double album très ancien où il chantait aussi Lewis Carroll. Et la vidéo est magnifiquement illustrée.

The song of wandering Aengus

I went down to the hazel wood,

Because a fire was in my head,

I cut and peeled a hazel wand,

And hooked a berry to a thread;

And when white moths were on the wing,

And moth-like stars were flickering out,

I dropped the berry in a stream,

And hooked a little silver trout.

When I had laid it on the floor

I went to blow the fire aflame,

When something rustled on the floor,

And someone called me by my name;

It had become a glimmering girl

With apple blossoms in her hair

Who called me by my name and ran

And faded in the brightening air.

Though I am old with wandering

Through hollow lands and hilly lands.

I will find out where she has gone,

And kiss her lips and hold her hands;

And walk among long dappled grass,

And pluck till time and times are done

The silver apples of the moon,

The golden apples of the sun.          

                       

 

 

J'allai jusqu'au bois de noisetier

La tête comme incendiée

Je taillai une baguette de coudrier 

Et pendis une baie à mon fil

Et quand les phalènes reprirent leur vol

Et les étoiles filantes leurs tremblements

Je plongeai la baie dans le torrent

Harponnai une vive truite argentée 

Quand je l'eus posée là par terre

J'allai pour ranimer le feu

Mais quelque chose frémit à terre

Et quelqu'un appela mon nom :

Apparut une fille lumineuse 

Des fleurs de pommier aux cheveux

Qui dit mon nom encore puis s'en fut

Disparut dans l'air comme avivé

Et bien que las des voyages

Par basses terres et collines

Je trouverai où elle se cache

Je baiserai ses lèvres et ses mains

Et là parmi les longues herbes mûres

Je cueillerai longtemps, longtemps

Les pommes d'argent de la lune

Les pommes d'or du soleil

William Butler Yeats ( 1865-1939)

 

 

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