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BLOGART(LA COMTESSE)
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30 novembre 2023

Sûr que Shane...

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         Oui, sûr que Shane MacGowan n'a pas mis tous les atouts dans son jeu pour faire un centenaire. So long Shane. Je sais pas te le dire en gaélique. Mais le coeur y est. Par contre je sais d'ou vient le nom The Pogues. Mais je m'abstiendrai de traduire. Slainte! Sur les bords de la Liffey tu vas me manquer. Mais bon sang comme j'ai adoré ce bloody bouge thailandais et cette maudite vieille ville de Dublin. 

 

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25 novembre 2023

Les souvenirs et les regrets aussi

Les feuilles mortes 

           Mes interventions sur le cinéma sont devenues rares mais à celle-ci je tenais. Je proposais au ciné-club ce lundi le dernier, peut-être l'ultime film d'Aki Kaurismaki, le relativement célèbre metteur en scène phare de Finlande. J'ai vu une bonne partie de ses films et j'adhère totalement à son univers. Cet homme sait à merveille marier l'émotion et une certaine fantaisie, dans un monde plutôt dur où les peines se conjuguent volontiers dans un coin de bistrot. Et ce qui pourrait paraitre quelque peu trivial est transfigiré par le regard de cet humaniste venu du Nord.

         Une histoire d'amour, simplement. Tu vois, je n'ai pas oublié. Pas oublié ce ressort éternel et qui a séduit le public, assez nombreux, assez pour remettre en selle un vieux cinéphile, jusqu'à la prochaine chute. Helsinki selon A.K. est hors temps et bien que les mauvaises nouvelles sortant du transistor lui-même antédiluvien nous viennent d'Ukraine on pense plutôt années cinquante car le temps kaurismakien n'obéit qu'à son maître. Ansa (la femme) et Holappa (l'homme) sont des précaires, des fragiles. Enfin surtout l'homme. Uniquement l'homme, finalement. Le maillon faible. Interprétés par des fidèles du cinéma de Kaurismaki, les deux sont formidables. 

        Fibre sociale toujours chez notre ami Aki, bien sûr. Mais tellement aérienne, tellement "c'est comme ça" qu'on finirait par trouver drôles l'alcool, les conditions de vie, cette sorte d'ennui un peu pince sans rire, même si on ne rit pas vraiment on ne donne ni dans l'affliction ni dans la lamentation. Evidemment Helsinki by night n'est pas très glamour, le karaoké (importnace des chansons populaires) manque de paillettes et même la mafia locale ne donne que dans les minables trafics et le travail au noir, rien de "prestigieux". C'est un petit monde que celui de l'auteur mais il y a du coeur là-dedans et l'émotion s'installe confortablement. 

        Et puis là, c'est plus personnel quel régal de cinéphile que ce cinéma de quartier aux affiches succulentes et inattendues, Rocco, Le cercle rouge, Fat City, Le Mépris, tout cela en finnois. Et les plus anciens de reconnaître Brève rencontre, qui pourrait être le beau titre de  ce film qui en a déjà un, très beau lui aussi, et qui sonne bien. C'est un film qui nous ressemble 🎶Sans parler du patron qui regarde tout cela, Sir Charles Spencer. Voyez vous-même si vous en avez l'occasion. Il ne manque rien à la geste nordique. Si, une apparition des légendaires Leningrad Cowboys. 🎸Et peut-être, ou je l'ai raté, une traditionnelle photo de Matti Pellonpaa, l'alter ego de Kaurismaki, parti depuis longtems là où Au loin s'en vont les nuages

14 novembre 2023

Tempo très moderato

Ciel de réglisse par Marc Villard

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                       Babelio dont je suis un vieux complice m'a proposé Ciel de réglisse de Marc Villard. Composé de deux novellas et six nouvelles (j'avoue que la différence m'échappe, peu importe) ce recueil de Marc Villard est d'obédience plutôt polar urbain contemporain. J'ai, je crois, un peu préféré les nouvelles courtes centrées sur le thème du jazz au sens large, assez efficaces, sous le titre général Musique soule. Jazz et thriller ont souvent fait bon ménage. Entre came et petits trafics rien de neuf sous le soleil ou plutôt la nuit qu'elle soit marseillaise ou catalane. Mais c'est pas mal troussé. Si ça vous tente ça ne vous prendra pas trop de temps. 

                       Les deux novellas, En danseuse et Ciel de réglisse bénéficient d'un scénario forcément un peu plus fouillé, le premier en banlieue parisienne rebondissant sur Marseille avec ce qu'il faut de réfugiés, de livreurs de pizzas et de dealers, du tout venant, quoi. Le second en Californie sur fond d'espionnage:0 comme on dit maintenant. Le soleil de l'ouest américain n'est pas plus engageant que les deux plus grandes villes françaises. Guère plus engageant, ce recueil qui se voudrait à tempo de jazz, plutôt inopérant quant à moi. Ce fut une chronique brève. C'est le mot qui convient.

11 novembre 2023

Je m'appelais Ojinjintka, maintenant Winona. J'étais une Lakota.

Lunes

              J'ai aimé tout ce que j'ai lu de l'Irlandais Sebastian Barry (Les tribulations d'Eneas McNulty, Un long long chemin, Du côté de Canaan, Le testament caché). J'ignorais que Des millers de lunes était une suite indépendante de Des jours sans fin (2017) que je n'avais pas lu et j'ai découvert les personnages peu à peu. Avec un peu de mal à me plonger dans l'histoire. Mais assez vite le destin de Winona, orpheline indienne rescaoée d'un massacre et élevée par deux hommes blancs, m'a intéressé.

           Peu après la Sécession cette curieuse famille exploite une modeste ferme du Tennessee, avec l'aide de deux esclaves affranchis. La guerre est certes finie mais les rancoeurs sont tenaces et les agressions fréquentes. Beaucoup d'ennemis dans l'existence de Winona, beaucoup d'ennemis et peu de protecteurs. Cependant l'énergie est vissée au corps et au coeur de la jeune indienne. D'accord pour ce roman solide et humain, un bon livre. Mais tout de même en exilant sa littérature en Amérique, au moins dans ce cas, je trouve que la force de conviction de Sebastian Barry s'est légèrement amollie, ou plutôt standardisée.

          Des milliers de lunes, c'est donc, et aussi, un roman sur l'identité. On n'y échappe pas, on n'y échappe plus guère. Au point que les livres tendent à se ressembler de plus en plus et que littérature, mais également cinéma, me font maintenant souvent penser à nos zones commerciales périurbaines. Pouah! Je suis un peu dur avec Barry car ce thème de l'identité n'est pas asséné comme dans tant d'autres. Et interroger sur les minorités quelles qu'elles soient réclame aussi de la mesure. Ceci dit Des milliers de lunes reste un excellent roman et Sebastian Barry une valeur sûre de ma chère Irlande.

            

1 novembre 2023

Liens de sang

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                Quelque chose me plaisait dans cette histoire, quelque chose susceptible de me toucher. Cinéphile invétéré j'aime beaucoup certains films de Jules Dassin, surtout sa trilogie noire des fifties La cité sans voiles, Les forbans de la nuit, Les bas-fonds de Frisco, fabuleuse. Son fils Joe, chanteur à succès, m'a toujours semblé beaucoup moins lisse que l'image que le public avait de lui. Citoyen américain il avait peut-être l'étoffe d'un folksinger comme je les aime. Mais ce qui m'attirait c'était surtout le rapport père-fils, sachant que les deux s'étaient finalement assez peu rencontrés toutes ces années. Se connaissaient-ils vraiment? Question valable pour le commun des mortels, dont manifestement n'étaient pas nos deux personnages mais j'y reviens.

                J'ai apprécié l'an dernier La dernière enquête de Dino Buzzati où Alexis Salatko rendait un modeste mais subtil hommage à l'auteur du Désert. Son talent n'est pas vraiment en cause. Voilà la vérité. Ni Jules ni Joe ne m'ont ému ou touché au long de cette longue confidence du père, Jules Dassin, enfant d'immigrés juifs ukrainiens (il semblerait que le nom Dassin vienne d'Odessa, ces choses étaient monnaie courante à Ellis Island). Il y évoque par bribes son entrée dans le monde du cinéma, assistant d'Hitchcock, ses premiers films, son mariage et ses trois enfants dont un garçon, Joe, l'aîné, qu'il verra grandir en partie puis de loin en loin. Joe ne prend jamais la prole dans ce récit mais Jules en parle, presque comme d'un cousin éloigné sur lequel il est très critique. Etudes de Joe, premier démons, comme tout le monde, et dépendance ultra-rapide, comme beaucoup. Et dire que ctte génération se croyait rebelle. Chimères.

             Et puis le maccarthysme tient une grande place bien sûr, Dassin en ayant été une des principales victimes. Sur ce sujet de la chasse aux sorcières j'ai déjà eu l'occasion de dire ma circonspection. Mais c'est la diva Melina Mercouri qui m'a laissé l'impression la plus désagréable. Une icône, une diva. Justement là encore je me méfie des divas et des icônes. Un peu intouchable, il est vrai qu'elle fut une grande résistante au régime des colonels, menacée dans sa vie même, puis devenue une institution à l'égal du Parthénon. Ca ne suffit pas à m'émouvoir, encore moins à m'envoûter. Peu enclins à la modestie père, fils et belle-mère n'ont pas tardé à susciter mon ennui, peut-être pas vierge de toute mauvaise foi. Je me suis octroyé depuis bien longtemps le droit à une touche raisonnable de ce sentiment bien pratique. 

            Nous en resterons là, aux grands films de Jules, ce qui n'est pas si mal.Aux gentilles ballades de Joe, souvent des standards du folk adaptés en français, au moins au début. Quand même déçu par Jules et Joe.

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