23 septembre 2013

Des années difficiles,toute une vie difficile

 Il viaggio

                    Ce mois-ci l'Italie m'a fait défaut sur le plan littéraire.Ni le laborieux polar Renaissance de Giulio Leoni La conjuration du troisème ciel où Dante mène l'enquête,ni les écrits d'Anna Maria Ortese datant de 1953,La mer ne baigne pas Naples,ensemble de deux nouvelles et trois reportages sur le quart monde napolitain après guerre,ne m'ont convaincu. Fort heureusement le cinéma veillait, avec deux films méconnus.

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                               L'histoire du cinéma d'Italie passe par Luigi Zampa.Or, aucun livre et très peu d'articles, très peu de DVD à se mettre sous la dent.En fait je découvre mon premier film de lui, datant de 1947. Le film s'appelle Les années difficiles et revient sur le parcours d'Aldo Piscitello,un fonctionnaire municipal moyen qui sera plus ou moins forcé d'adhérer aux Faisceaux à seule fin de garder son modeste emploi. Adapté d'un roman du Sicilien  Vitaliano Brancati (auteur du Bel Antonio) nommé Le vieux avec ses bottes, le film s'inscrit dans le registre, malgré tout pas trop alourdi par le thème,d'une certaine comédie discrète qui n'en fait pas des tonnes,avec des dignitaires fascistes que les auteurs semblent avoir voulu relativement point trop méchants.Point trop méchants mais certes opportunistes car Les années difficiles s'avère un chef d'oeuvre dans la description du fréquent syndrome de fin de guerre,syndrome dit du "retournage de veste". L'écrivain Brancati avait, lui aussi, en ses jeunes années, frémi pour le Duce au point d'écrire une pièce à sa gloire.Faut bien que jeunesse se passe. Ce film,une rareté, prouve si besoin était que le cinéma italien ne se limitait pas aux géniaux,c'est pas moi qui dirai le contraire,Ross., Fell., De Sic., Visc. ou Anton.Géniaux mais parfois encombrants. Le cinéma italien a souvent dans son histoire eu la faculté rare d'être vraiment en phase avec un peuple, une époque, un pays. Croyez-moi ce ne fut pas le cas en France à quelques  exceptions près. Mais ceux qui me lisent savent qu'au moins sur le plan Septième Art mon coeur bat la romaine. Ne me demandez pas l'objectivité.

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                           Pour Dino Risi (Le fanfaron, Les monstres, Parfum de femme), en 1961, Alberto Sordi est absolument génial et incarne à lui seul toute une Italie post-fasciste avec ses contradictions. Pourtant Une vie difficile ne sortit en France que dans les années 70, mais là je fais peut-être erreur. C'est un des meilleurs films de Risi, analyste plus fin qu'il ne l'a été écrit souvent de  cette société italienne de l'après guerre.Sordi est l'interprète le plus italianissime parmi les cinq colonels (Gassman,Tognazzi, Manfredi, Mastroianni), somptueux dans la petite bourgeoisie,souvent pleutre et fayot, parfois grandiose d'humanité, tellement vrai ici dans le rôle d'un journaliste fauché,résistant puis courageux pourfendeur des trop nombreux "aménagements". Mais voilà, la vita c'é la vita et on est amené à changer parfois. Comme dans le film de Zampa on peut retourner un peu sa veste et ses idées.Quoi de plus humain. Quinze années de la vie de l'Italie sous l'oeil taquin et finaud de Dino Risi,à la fin d'un film comme ça on en sait un peu plus sur ce pays dont j'attends au moins une statue équestre à mon effigie sur la Piazza della Signoria de Florence depuis que je l'encense.

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                           Travaillant actuellement sur Cinécitta j'ai apprécié aussi dans Una vita difficile l'incursion dans les studios quand Sordi tente de vendre les droits de son roman. On y croise dans leur propre rôle Gassman, Silviana Mangano et Alessandro Blasetti, encore un cinéaste sur lequel j'ai envie de me pencher.Ciao amici miei é supratutto Nathalie da Chez Mark et Marcel per l'ultima volta.

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08 août 2008

Bouffonnerie sicilienne

         Vitaliano Brancati,auteur sicilien(1907-1954) dont le livre le plus connu est Le bel Antonio depuis l'adaptation cinéma excellente de Mauro Bolognini,a bâti son oeuvre sur l'ironie et les dévoiements de l'homme.Il s'était lui-même lourdement fourvoyé dans une forte sympathie pro-fasciste,et plus puisqu'auteur d'une pièce à la gloire de Mussolini.En 1934  il a rompu radicalement et c'est en opposant et surtout en écrivain fin et sensible que l'Italie le considère.En France on l'ignore.

                Rêve de valse est un court roman ou une longue nouvelle,je n'ai jamais su faire la différence. Des notables et des fonctionnaires qui s'ennuient dans une bourgade sicilienne,ni Catane, ni Palerme, décident d'organiser un grand bal.Mais cette belle idée va s'avérer difficile à réaliser.L'arrivée de prêcheurs et les lumières anthroposophes vont ainsi faire basculer la cité dans  un non-sens et faire des dames de la haute des prostituées et des notables des philosophes.Je laisse à votre appréciation  lesquels sont les plus nocifs.Ainsi entre spiritisme et bouffonnerie va cette Sicile si littéraire et si originale que personne et surtout pas Rome nont su apprivoiser.

        Les aventures de Tobaïco se présente plus comme un conte voltairien.Je crois qu'il faut du talent pour écrire à propos d'une chambre peu hermétique "Le vent y lit mes livres".Simple mais beau. Le jeune Luigi Tobaïco est un peu le Rastignac de Catane,mais pas dévoré d'ambition,non,un poil épicurien.et ses aventures picaresques pour conquérir un jeune fille riche et belle le conduiront à des rencontres drôlatiques, aux confins du drame,mais seulement aux confins,même un peu avant les confins.Parmi ces moments,un duel qui avorte parce que la fougère est tendre et les arbres mélodieux. Quelle sagesse.Et si vous accordiez deux heures à ces deux petites pièces comme on dit en musique.

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