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                               Reprise en douceur et en musique pour notre saison cinéphile avec le joli document de la cinéaste britannique Lucy Walker qui nous entraîne à Cuba pour l'adieu aux enchanteurs du Buena Vista Social Club que Wim Wenders et Ry Cooder ont immortalisés il y a presque vingt ans. A l'aide d'images d'archives des années cinquante et soixante ce voyage dans l'histoire de la grande île antillaise rassemble l'émotion de retrouver nos vieilles connaissances, Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Ruben Gonzalez, l'humour et parfois l'autodérision (même si mieux vaut tard que jamais), mais aussi la dureté de la vie pour tous les Cubains ou presque. Les spectateurs ont tous été très heureux de cet au revoir à la familia de siempre.

                            Plus que par la sanctification un peu démesurée, qui culmine avec la réception à la Maison Blanche, et qui reste sympathique, j'ai été quant à moi remué par des  scènes plus intimes. Les retrouvailles déchirantes d'Ibrahim et d'Omara Portuondo, le petit fils de Guajiro le trompettiste, qui joue lui aussi avec le BVSC 2016 et qui veille sur son grand-père avec dévotion, quelques querelles entre musiciens à propos d'une tonalité de sol. Et quelques perles de nostalgie, Chan Chan, Dos gardenias, Candela. Une vraie belle soirée entre joie de vivre et leçon de tonus de la part de ces seniors qui connurent "las flores de la vida" in extremis. Une façon aussi, un, de rappeler que le documentaire, c'est vraiment du cinéma, et, deux, de proposer aussi, parfois, lors de ciné-débats, de la bonne humeur, denrée relativement rare. Humeur qui d'ailleurs n'empêche pas l'histoire musicale de Cuba de rejoindre l'histoire tout court, des séquelles de l'esclavage aux Antilles aux relations très particulières de La Havane avec le grand voisin.