En cet été, pas toujours, il s'en faut, synonyme de détente, et comme actuellement je vis avec Shakespeare, particulièrement Hamlet, voici A Horatio, ou quand la jeunesse en fête commence à s'inquiéter devant l'avenir de sombre vêtu. Avec toute mon amitié pour Aspho qui m'a remis en selle dans le sillage de la poésie.Texte illustré par Hamlet et Horatio au cimetière de Delacroix.

Poésie du jeudi

A Horatio

Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes,

Des créanciers, des duels hilares à propos

De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux

Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes.

 

Voici venir, ami très tendre qui t'allumes

Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots,

Horatio, terreur et gloire des tripots,

Cher diseur de jurons à remplir cent volumes,

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Voici venir parmi les brumes d'Elseneur

Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur,

Qu'Ophélia, l'enfant aimable qui s'étonne,

 

C'est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main

Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne,

Hélas ! et nul moyen de remettre à demain !

Paul Verlaine