20 février 2017

Révélations, 10h30 de ma vie privée

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                   C'est un assez gros travail de préparation mais ça m'a passionné. Je ferai ça sur sept lundis à compter du 27 février. J'en dirai quelques mots ici très brièvement.


14 janvier 2016

Tout sur ma mère...

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                       ... a été dit fort justement par quelques-uns dont je partage les avis. Alors comme ça m'arrive de temps en temps je n'ai pas cru bon d'en rajouter. Je vous invite seulement à les consulter et à voir le film admirable de Nanni Moretti. C'est l'un de mes cinéastes favoris, plus que ça probablement. Vif succès en ciné-débat avec une belle audience. Paradoxalement peu de discussion, il fallait s'y attendre tant le film suscite d'empathie et de retenue. Mia Madre, en l'occurrence Nostra Madre rend plutôt réservé. Certains silences sont éloquents.

Avant la fin 1001 bobines

Mia Madre : le chant d’amour de Moretti à une mère Strum

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30 avril 2015

L'autre Michel-Ange

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                                            Il faudra que j'aille à Ferrare un jour. Je le savais depuis longtemps déjà, vous connaissez ma passion pour l'Italie en général, sa litté et son ciné en particulier. J'ai décidé de dire litté comme on dit ciné, à savoir une belle apocope, histoire d'avoir l'air de frayer avec tout ce qui s'écrit et se lit. Vanité...Humour, ça je précise toujours. Faute d'aller en Emilie-Romagne je me suis contenté pour l'instant de visiter à la Cinémathèque de Bercy, curieux endroit ou snobisme et perdition voisinent avec nostalgie et fascination, l'expo (encore une apocope) consacrée à Michelangelo Antonioni, un beau et patricien patronyme, presque aussi beau qu'Edualc Eeguab. C'est un modèle pour les cinéphiles, un endroit où je me suis senti mal, donc en phase avec le cinéma d'Antonioni, où tous les personnages ne vont pas bien, donc j'étais bien là bas à Bercy, à ma place, pas aux Finances. Le cinéma antonionien, on lui reproche parfois son nombrilisme, et l'on n'a pas complètement tort. Mais voilà, un nombril peut parfois, pourvu qu'il soit bien observé, nous apprendre beaucoup.

                                        Les films d'Antonioni prêtent le flanc aux accusations d'élitisme un peu comme s'ils venaient d'un homme qu'on estime mais à la réputation ésotérique. Il y a dix ans déjà, présentant les cinq géants du cinéma italien d'après guerre, j'avais pris pour incipit: Rossellini le professeur éclairé, De Sica le médecin prévenant, Fellini le roi-bouffon, Visconti le cousin aristocrate et contradictoire et Antiononi un autre cousin, intellectuel un peu éloigné.

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                            Il faudra que j'aille à Ferrare un jour. Ferrare, héroïne des si beaux livres de Giorgio Bassani mais aussi ville natale d'Antonioni . L'expo n'oublie pas ses débuts néoréalistes, le court métrage Les gens du Pô, cette Italie juste après guerre qui initiait un nouveau courant, celui d'un cinéma qui sera comme aucun autre en totale adéquation avec un pays, un peuple, une époque. Je rabâche. L'influence du Duc de Modrone, Luchino Visconti, est bien là dans le premier quart de sa carrière, dont surtout après une incursion dans les coulisses du Septième Art, La dame sans camélias et sa première muse, Lucia Bose, il s'affranchira pour défricher une terra incognita en cinéma, la fameuse incommunabilité qui devait le poursuivre toute sa vie. Très bien initiée par Le cri, avec quelques séquelles néoréalistes, cette période culmina avec sa trilogie L'Avventura, La notte, L'eclisse. Ce fut aussi l'incompréhension, y compris d'une partie de la critique dérangée dans ses certitudes.

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                                Lettres, manuscrits, photos, et les magnifiques affiches, toutes plus belles les unes que les autres, composent ce chemin d'étoiles, interrogeant nos souvenirs cinéphiles et existentiels. Bien trop jeune pour la trilogie, j'ai découvert ces films et leur richesse trente ans après, stupéfait devant une telle modernité, un tel cran, qui devaient laisser au début des sixties bien des spectateurs au bord de la route. Un visage illumina ces années, Monica Vitti, même si dans La notte Jeanne Moreau, si souvent insupportable par la suite, forme avec Marcello un couple reflet, un duo miroir extaordinaire.

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                                    Cette expo s'intitule Aux origines du pop car Michelangelo Antonioni, très intéressé par la culture pop, Carnaby Street, le pop art, et la musique émergente, choisit de quitter l'Italie pour mijoter en Angleterre Blow up, Palme d'Or, parabole sur le voyeurisme et sur la presse qu'on n'appelait pas encore people, qui fit de lui une icône d'une certaine jeunesse, l'un des rares cinéastes à s'aventurer dans cet univers étrange et un peu effrayant pour qui avait dépassé trente ans. Moi j'en avais seize et, fou de cette musique, je retenais surtout la scène où Jeff Beck cassait sa guitare au sein des Yardbirds (Beck et Jimmy Page réunis, c'est le seul document). 

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                                    Puis ce fut l'Amérique de Zabriskie Point et Profession reporter, visions désespérées des seventies, déjà évoquées sur ce blog. Mais je ne vais pas faire l'analyse exhaustive de Aux origines du pop, j'engage seulement ceux qui en auront l'occasion, à s'attarder rue de Bercy pour découvrir un artiste protéiforme et qui ne se retourna pas, le contraire d'un créateur de recettes, et qui fut aussi peintre et photographe, l'influence d'un Giorgio de Chirico notamment.

                                    Il faudra que j'aille à Ferrare un jour. Car Michelangelo Antonioni n' apas usurpé son prénom, participant à une nouvelle renaissance de ce cinéma italien phenix, des paysans de la plaine du Pô aux esthètes oisifs romains, du Swinging London à la Chine postmaoïste. Il ya comme ça, des choses qu'il faut faire. Autre chose qu'on peut faire, sans être un italocinémaniaque comme moi, regarder ce beau montage travelling proposé par la Cinémathèque. http://www.cinematheque.fr/expositions-virtuelles/antonioni/index.htm

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P.S. Pour retrouver quelques-unes de mes chroniques sur les films de M.A. tapez Antonioni dans "Rechercher".

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09 septembre 2014

Ritorno a casa

                                         Des mois que je ne vous avais pas cassé les pieds avec le cinéma italien. Rassurez-vous, j'ai toujours le virus. Tiens, trois films très différents, on en cause un poco,si? Si l'un d'entre eux constitue un sequel assez indigeste les deux autres sont plutôt sympas à découvrir.

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                                         Quinze ans après son hallucinante galerie des Monstres (63) Dino Risi, flanqué cette fois de Mario Monicelli et Ettore Scola, échoue avec Les nouveaux monstres, assez lamentable pochette de sketches lourdissimes et démagogiques en diable. On sourit quand même parfois tant les géniaux cabots habituels en font des tonnes, Gassman, Tognazzi,Sordi. Et ces gens-là m'ont tellement donné de plaisir cinématographique que je ne saurais leur en vouloir. Vu en plus sur un catastrophique DVD où la V.O. se met d'un seul coup à la V.F. sans la moindre explication. Mes chers amis (sic) Dino, Mario, Ettore, Vittorio, Ugo, Alberto, lei amo tante, che vergogna!

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                                             Bien antérieur mais surtout plus pimpant, Séduite et abandonnée de Pietro Germi (1964), sans atteindre à son chef d'oeuvre Divorce à l'italienne,nous ramène en Sicile, où une toute jeunette Stefania Sandrelli a maille à partir avec son père cause faute et déshonneur.Parfois hilarant avec ses mâles qui n'ont pas encore compris que bientôt ils ne maîtriseraient plus grand chose de la vie de leurs enfants et qui se croient encore propriétaires de l'avenir de leurs filles. La sociologie italienne moderne doit tant au cinéma et notamment à Pietro Germi qui, tout en restant drôle avec ses archétypes, en dit long sur cette terre ultra-méridionale des années soixante. Saro Urzi, surnommé le Raimu italien, à juste titre tant sa présence est éclatante sans vampiriser le film comme le faisait Jules, joue un père en équilibre sur son amour pour sa fille et l'honneur, ah, l'Honneur! Truculence et personnages traditionnels, femmes en noir confites en dévotions, tout homme ou presque est selon les us et coutumes Don Quelque chose, mais le feu couve sous la glace. Une vraie réussite.

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                                        Plus surprenante en 1965 l'ncursion d'Elio Petri, cinéaste plutôt ouvertement "politique", dans une pop-science-fiction adaptée du roman de Robet Sheckley La septième victime qui devint à Cinecitta La dixième victime. Dans un futur indéterminé, pour canaliser l'agressivité de la population dans une société où les guerres ont disparu, des chasses à l'homme mortelles sont organisées entre des participants volontaires. Un ordinateur désigne le chasseur et la victime. Caroline, avec neuf victoires à son actif, se voit désigner une dixième victime : Marcello, neuf victoires lui aussi. Voir Mastroianni en rouquin aux trousses d'Ursula Andress est assez jubilatoire. Une bande son pop assez gainsbourgienne sixties,des décors à la Barbarella, un clin d'oeil aux cinéphiles qui s'amuseront devant cette pochade préberlusconienne où le terme "néoréaliste" est uitilisé comme une injure.Au rayon des curiosités donc, mais pourquoi pas...

 

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17 avril 2014

Le retraité napolitain

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                                                                                    Retour à mon cher cinéma italien, cela faisait longtemps. En 74 Francesco Rosi est un cinéaste reconnu, estimé, sérieux. Il ne sera jamais vraiment élevé au rang de créateur, plus ou moins cantonné au constat politique, spécialiste de l'histoire houleuse de l'Italie. Ainsi vont les choses en cinéma., qui brille parfois d'un certain suivisme. Grand Prix à Cannes 71, il n'existait pas encore de Palme d'Or, avec L'affaire Mattei, il retrouve Gian Maria Volonte, omniprésent en ces années 70, pour Lucky Luciano. Extraordinaire personnage que Salvatore Lucania, né en Sicile, devenu l'un des plus célèbres chefs de gang aux Etats-Unis, condamné à 35 ans  de prison, libéré en 1946, après seulement neuf ans, pour "service rendus à l'armée américaine". On croit rêver. Vieillissant, se chauffant au soleil de la Baie de Naples, le Lucky Luciano que nous présente Rosi s'apparente plus à un fonctionnaire retraité qu'à un maître es cartels criminels. Le cinéma de Rosi ne donne pas dans le spectaculaire et nous ne sommes pas là dans l'opéra baroque à la Coppola.

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                                                                 Les connexions entre le pouvoir et la pieuvre, souvent évoquées au cinéma, de même que les sanglants réglements de comptes. Mais dans Lucky Luciano  la rigueur, voire l'austérité du propos, sont comme des lames qui zèbrent le récit absolument pas romancé et basé sur des faits strictement authentiques. Les mécanismes et les logiques de Cosa Nostra ne cherchent pas à retranscrire un cérémonial funèbre, simplement à exposer, à la manière dossier Rosi, qui peut irriter, la vérité de cette Italie à l'ambiguité immense. Retours vers le passé, chassé-croisé Italie-Amérique, dualité passionnante et fascinante, servie par la composition hallucinante, mais sobre de Gain Maria Volonte, définitivement l'arrogant Lucky Luciano.

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16 décembre 2013

Lettre ouverte au Bison

                      Mon cher Bison

                      Suite à ta question sur l'origine de mon intérêt pour le cinéma italien sache qu'il  a de multiples causes mais la principale est une histoire de riz. Rollin' down the rizière mais pas le Mississippi,non, le Pô, d'où l'expression manquer de Pô pour qui n'a pas vu vers l'âge de dix ans Silvana Mangano dans ce film dont je sais maintenant qu'il n'est pas tout à fait le chef d'oeuvre de mon enfance émoustillée mais le souvenir d'un trouble d'une nature qui m'était mystérieuse et qui n'était pas que pure cinéphilie éthérée d'un esthète du Septième Art.

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                       Je joins deux images, mais j'en perds un peu le souffle. Dame j'ai,quelques années de plus et le riz n'est plus ce qu'il était, le Pô non plus et Mangano damne maintenant la-haut au paradis des enfants émus et des cinéphiles nostalgiques.

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                         Voilà, tu sais tout, cher ruminant libre des vastes plaines. Nul doute que tu sois tout à fait apte à comprendre ces émotions. Reçois pour finir ma fraternelle accolade, moi qui souvent fais escale en un certain ranch innommé où l'accueil est riche et bien pourvu spirituellement et spiritueusement.

                                  

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27 novembre 2013

Peur sur la ville

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                                         Revoir 42 ans après l'hallucinant film italien d'Elio Petri Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon est une émotion forte. L'ayant vu à 20 ans,je le reçois sûrement avec un peu plus de recul. Mais l'objet reste totalement fascinant, l'un des rares films à faire vraiment peur, non pas à renforts d'hémoglobine ou d'effets spéciaux, mais en forant la conscience d'un personnage inoubliable, le commissaire, Gian Maria Volonte, qui d'autre, l'homme qui voulait le contrôle absolu sur tout, incapable du moindre empire sur lui-même. Mabuse, lui, au moins, n'a jamais prétendu être du bon côté.

                                        Au moment du tournage l'Italie vit sous le choc de  l'attentat meurtrier de la Piazza Fontana à Milan. Elle ne sait pas que l'attend celui de la gare de Bologne, pire encore.En 69 c'était l'autumno caldo, anarchistes et extrême-droite s'impatientaient dans un pays englué entre un miracle économique qui s'étiole et un Sud qui reste fragilissime. Elio Petri et son scénariste Ugo Pirro ont failli voir leur film censuré. Pourtant Enquête... sera présenté à Cannes, et récompensé. Ce sera même un succès public, relatif mais assez universel. Volonte et l'entêtante mélopée d'Ennio Morricone, avec guimbarde, n'y sont pas pour rien.

                                       Le film se réfère à du vrai, bien sûr, certains scandales d'écoutes et l'on pense un peu au mccarthysme, voire à la Stasi, à d'autres organismes sympathiques. En fait Elio Petri ne fait pas le procès de la police, mais bien celui d'un homme, et à travers lui d'un système en général, allégorie de l'aliénation du pouvoir, de n'importe quel pouvoir, politique, économique. Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon est aussi un curieux mélange de rigueur documentaire, portrait de policiers, presque tous du Sud, ce qui était particulièrement vrai à l'époque, et de fantaisie de mise en scène avec ce décor irréaliste de l'appartement du fonctionnaire, très high-tech, et couleurs seventies bien clinquantes (voir affiche). L'homme n'est pas vraiment schizo mais se révéle en fait très infantilisable, ce qui le conduit à tuer sa maîtresse lors de rapports sado-maso. Sûr de l'impunité il accumule sciemment et soigneusement les indices qui mèneront à lui.

                                     Presque honnête dans son délire il ne laissera pas un autre punir à sa place. Cet homme, qui n'obéit qu'à sa propre cohérence bigbrotherienne, veut que l'on sache qu'il est coupable et que la société demeure incapable de le punir. La quintessence de la manipulation en quelque sorte. Gian Maria Volonte y est inoubliable, histrion,arrogant, grotesque, tellement impliqué dans les films "politiques " de l'époque qu'on a quasiment fini par lui en attribuer la pléthorique paternité. Volonte n'a pourtant réalisé aucun film. Très étonnante figure du cinéma italien, fils d'un important dignitaire fasciste, ayant débuté dans de très avant-gardesques spectacles genre Living Theater, probablement l'acteur le plus" psychanalytique" du cinéma avait-il ainsi d'intimes comptes à régler.

                                    Malgré sa relative ambiguité Enquête... fut assez bien reçu et somme toute assez peu attaqué, calcul prudent. Seule l'extrême-gauche se déchaîna,il est vrai que le film la traitait assez férocement et comme elle manque d'humour elle n'apprécia que modérément. Il reste un film exceptionnel, plongée dans un subconscient effrayant, serti dans une mise en scène où il y a au moins quatre moments sublimes, la manipulation du plombier par exemple. La fin est impressionnante et nous laisse à notre interrogation, avec une signature de Franz Kafka, autre héros du film. Hollywood, bien inspiré cette fois, renonça au remake un temps envisagé. Ouf!

http://youtu.be/7HA5zIq7raY       Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon

 

                                        

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13 novembre 2013

L'un de mes péchés mignons...

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             ... on le sait,est le cinéma italien. Animant au Temps Libre une série de six exposés sur le sujet j'ai décidé cette année d'ignorer les géants,déjà souvent présentés, pour me consacrer à l'équipe réserve du cinéma italien des annèes 50-80. Et croyez-moi la réserve se compose des quelques réalisateurs passionnants dont Luigi Comencini et Mario Monicelli. Je dois à Comencini probablement l'un de mes tout premiers souvenirs de cinéma,encore est-ce plutôt vague. L'histoire entre Vittorio De Sica et Gina Lollobrigida connut un immense succès au milieu des années cinquante.1954, bon enfant et pétillant, une pagnolade dans les Abruzzes en quelque sorte, Pain, amour et fantaisie marqua pour le metteur en scène un tournant important. Le triomphe public en Italie et son succès en France valurent à Comencini l'étiquette infamante de cinéaste à visées commerciales. Che vergogna!

                Sa suite, Pain, amour et jalousie n'arrangea rien on s'en doute. Pourtant au moins le premier du binôme est délicieux, tordant gentiment le cou au Néoréalisme exsangue d'avoir été trop brillant. Le prestige de l'uniforme,quoique modeste maréchal des logis d'une brigade de carabiniers d'un village du Sud, et la jeunesse de Lollobrigida, annonçant gaiement  Esmeralda de Notre-Dame de Paris, expédient vivement l'affaire, rappelant que le cinéma italien a eu ses heures sympas et toniques, en dehors des "Immenses". Dame, on ne peut regarder tous le jours Le Guépard, La dolce vita, Rome ville ouverte ou L'avventura. Mon intérêt pour le cinéma italien tient aussi au fait que,parfois médiocre, il est toujours resté terriblement italien jusque dans ses errances.

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                              Plus tard avec A cheval sur le tigre, vers 1960, Comencini parvient à marier de belle façon le film de prison avec tentative d'évasion, presque un genre en soi, et la chronique sociale héritière de l'après-guerre. Quatre petits malfrats se trouvent libres après bien des difficultés et une description carcérale assez précise pour l'époque. L'un des protagonistes tombe d'un toit de cinéma,le toit était ouvrant, fréquent en Italie en ces années. Cette mort violente au milieu d'une comédie est déjà en soi une audace. Le héros principal, impeccable Nino Manfredi, retrouve sa famille et, l'accent du film virant au grave, chose essentielle dans la comédie italienne, n'aura de choix que la trahison de son dernier compagnon. La truculence de la première partie, parfois hilarante, s'est mâtinée de sombre et de  désespoir. Nul mieux que les Italiens de la comédie, cette fameuse équipe B, Comencini ou Monicelli ou Risi ou Germi ou Scola, ne sait faire ça. Che dice? Que je suis partial. Si,si... Etre A cheval sur le tigre n'est pas confortable, mais en tomber risque d'être pire.

 

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05 novembre 2013

Arte + 7

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                                               On peste souvent sur Internet. Mais quand Arte + 7 vous permet de voir à des horaires choisis deux documents magnifiques d'intelligence et de clairvoyance sur deux créateurs,deux forces de la nature qui auront marqué leur art dans des registres très différents, on ne peut que, chapeau bas, s'incliner.Je suis féru du cinéma de Fellini et le témoignage de Gérald Morin,qui collabora avec le maestro sur Romamarcordanova, (térato-expression par moi-même créée sur des critères felliniens), est superbe de tendresse et d'amitié.

                                               J'ai vu et souvent revu la plupart des films de Fellini et prétends que s'il est un metteur en scène, un "montreur d'images" c'est bien lui. J'ai aussi pas mal lu sur son travail mais découvre toujours de la richesse d'imagination chez cet homme qui savait tirer le meilleur parti de ses collaborateurs. Gerald Morin nous balade au coeur de l'oeuvre et retrouve le sens premier du spectacle chez ce diable, limagination faite homme, dont les toutes premières influences lui vinrent des cirques de son enfance,là-bas à Rimini. Rimini, dont le Grand Hôtel de blanc vêtu semble m'attendre,  Richard Galliano jouant Nino Rota sur la terrasse, l'ombre du Maestro griffonnant dans le hall, m'a définitivement convaincu qu'il est  vraiment des lieux où souffle l'esprit.

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                                                 Je ne suis pas très féru par contre de hard rock auquel je concède cependant une tendresse de père rockophile pour un enfant ayant choisi une voie un peu marginale. Pourtant je considère le document Lemmy comme un des rares films sur le rock authentiquement passionnants. Greg Oliver et Wes Orshoski ont suivi Lemmy Kilmister, tête pensante de Motorhead depuis 35 ans. Portrait de cet artiste intransigeant à sa façon, celle d'un bassiste dont les décibels ont vrombi sur tous les continents, assourdissants et assourdissant. Adepte de tas de trucs depuis l'adolescence, ne s'accordant qu'une éthique, pas touche à l'héroïne, Lemmy est un personnage quasiment légendaire dans le milieu,loin d'être groupusculaire, du hard, lui-même maintenant dépassé par le shred, le trash, le death... 49 % motherf**ker.51% son of a bitch.

                                                Que dire de mieux sur ce doc qui, et là je suis sérieux, finirait par me convaincre du bien-fondé de la théorie qui ferait des vrais hardos les héritiers, les vrais. Les témoignages des confrères bruitistes de Lemmy s'avèrent fort sagaces et puis la poésie des noms de ces groupes, je crois que je ne m'en lasserai jamais, Anthrax, Sepultura, Black Sabbath, Slayer, Graveyard.... De là à m'envoyer pour Noel l'intégrale Poison en coffret collector...

                                                Ce grand écart, assez douloureux pour les adducteurs, pour dire tout le bien possible de Arte + 7

http://youtu.be/qg_2nX7jIsE    Omaggio a Nino Rota   Richard Galliano

http://youtu.be/Mg0mjnFkeqw  Lemmy le film

Allez Valentyne

 

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Toute image susceptible de nuire à quiconque sera immédiatement retirée.

                                       

 

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23 septembre 2013

Des années difficiles,toute une vie difficile

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                    Ce mois-ci l'Italie m'a fait défaut sur le plan littéraire.Ni le laborieux polar Renaissance de Giulio Leoni La conjuration du troisème ciel où Dante mène l'enquête,ni les écrits d'Anna Maria Ortese datant de 1953,La mer ne baigne pas Naples,ensemble de deux nouvelles et trois reportages sur le quart monde napolitain après guerre,ne m'ont convaincu. Fort heureusement le cinéma veillait, avec deux films méconnus.

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                               L'histoire du cinéma d'Italie passe par Luigi Zampa.Or, aucun livre et très peu d'articles, très peu de DVD à se mettre sous la dent.En fait je découvre mon premier film de lui, datant de 1947. Le film s'appelle Les années difficiles et revient sur le parcours d'Aldo Piscitello,un fonctionnaire municipal moyen qui sera plus ou moins forcé d'adhérer aux Faisceaux à seule fin de garder son modeste emploi. Adapté d'un roman du Sicilien  Vitaliano Brancati (auteur du Bel Antonio) nommé Le vieux avec ses bottes, le film s'inscrit dans le registre, malgré tout pas trop alourdi par le thème,d'une certaine comédie discrète qui n'en fait pas des tonnes,avec des dignitaires fascistes que les auteurs semblent avoir voulu relativement point trop méchants.Point trop méchants mais certes opportunistes car Les années difficiles s'avère un chef d'oeuvre dans la description du fréquent syndrome de fin de guerre,syndrome dit du "retournage de veste". L'écrivain Brancati avait, lui aussi, en ses jeunes années, frémi pour le Duce au point d'écrire une pièce à sa gloire.Faut bien que jeunesse se passe. Ce film,une rareté, prouve si besoin était que le cinéma italien ne se limitait pas aux géniaux,c'est pas moi qui dirai le contraire,Ross., Fell., De Sic., Visc. ou Anton.Géniaux mais parfois encombrants. Le cinéma italien a souvent dans son histoire eu la faculté rare d'être vraiment en phase avec un peuple, une époque, un pays. Croyez-moi ce ne fut pas le cas en France à quelques  exceptions près. Mais ceux qui me lisent savent qu'au moins sur le plan Septième Art mon coeur bat la romaine. Ne me demandez pas l'objectivité.

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                           Pour Dino Risi (Le fanfaron, Les monstres, Parfum de femme), en 1961, Alberto Sordi est absolument génial et incarne à lui seul toute une Italie post-fasciste avec ses contradictions. Pourtant Une vie difficile ne sortit en France que dans les années 70, mais là je fais peut-être erreur. C'est un des meilleurs films de Risi, analyste plus fin qu'il ne l'a été écrit souvent de  cette société italienne de l'après guerre.Sordi est l'interprète le plus italianissime parmi les cinq colonels (Gassman,Tognazzi, Manfredi, Mastroianni), somptueux dans la petite bourgeoisie,souvent pleutre et fayot, parfois grandiose d'humanité, tellement vrai ici dans le rôle d'un journaliste fauché,résistant puis courageux pourfendeur des trop nombreux "aménagements". Mais voilà, la vita c'é la vita et on est amené à changer parfois. Comme dans le film de Zampa on peut retourner un peu sa veste et ses idées.Quoi de plus humain. Quinze années de la vie de l'Italie sous l'oeil taquin et finaud de Dino Risi,à la fin d'un film comme ça on en sait un peu plus sur ce pays dont j'attends au moins une statue équestre à mon effigie sur la Piazza della Signoria de Florence depuis que je l'encense.

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                           Travaillant actuellement sur Cinécitta j'ai apprécié aussi dans Una vita difficile l'incursion dans les studios quand Sordi tente de vendre les droits de son roman. On y croise dans leur propre rôle Gassman, Silviana Mangano et Alessandro Blasetti, encore un cinéaste sur lequel j'ai envie de me pencher.Ciao amici miei é supratutto Nathalie da Chez Mark et Marcel per l'ultima volta.

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