25 octobre 2018

In the name of rock/ Angelica

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                                 J'ai toujours aimé les dandys du rock, un peu mystérieux. Vieillissants ils en deviennent grandioses parfois, pathétiques un peu, émouvants toujours. Scott Walker en est l'archétype, quelque part entre David Bowie et Neil Hannon. Angelica, ce n'était déjà plus les slows d'enfer des Walker Brothers, trois pas frères et pas fraternels qui se disputèrent plus vite que les Davies (Kinks) et aussi vite que les Gallagher (Oasis), pourtant frères de sang. Au fait mon frère vient de m'appeler ce soir. On bavarde parfois.

 

                                  Introverti et plutôt timide en ces années là, sur Angelica ou autres slows ravageurs je fis souvent tapisserie. Cela n'a pas duré. Et vint l'agitation. Longue, fatigante, mais longtemps je me suis senti mieux quand j'me sentais mal. Raisonnablement.

 

 

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26 août 2018

In the name of rock/Alexandra

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                                Je prépare actuellement une conférence sur Leonard Cohen. Ce qui n'est pas de l'ordre du burlesque, vous serez d'accord. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'elle voie vraiment le jour. Est-on jamais sûr de rien? Et il semble, je dis bien il semble, car ses paroles sont clairement incompréhensibles (bel oxymore), que les lendemains coheniens furent souvent incertains. Ici il semble que les nuages de cette année soient assez teigneux. Alors Alexandra s'en va. Alexandra leaving est extrait de l'album Ten new songs (2001) sorti après sa retraite bouddhiste californienne. Le texte ci-dessous n'a rien à voir avec la chanson. J'ai cependant essayé d'être un peu dans l'esprit de Cohen. Ce que je ne conseille pas.

Alexandra n'est pas partie un soir de pluie

Elle n'a pas disparu, sacrificielle

Aucun message sybillin, aucune déraison

L'oreiller, solitaire depuis milles saisons

N'a rien caché de sa hideur

Alexandra, je la verrai demain au bar des habitudes

Nous nous tairons ensemble

Et ne nous blesserons pas

Puis sa silhouette s'effacera au coin du vieux café

Louve stérile

Je retrouverai le miroir sans artifice

Hôtel, asile, refuge

Où-vais-je, où vis-je?

Alexandra, reste au moins dans la ville,

Telle est ma prière à sa poitrine interdite

Alexandra n'est pas partie

La neige reste sans traces

Alexandra part tous les jours, au moins un peu

Alexandra, je ne la sais qu'en partance

De mon navire, ce vraquier craquant de partout

Se doute-t-elle comme elle sait crucifier

L'homme aux abois?

 

 

 

 

 

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29 juillet 2018

In the name of rock/Lucrecia

 

                             J'ai connu assez peu de Lucrèce dans ma vie, même pas la Borgia. Mais j'ai appris à user de liberté pour les prénoms de cette rubrique. Passons aux choses sérieuses, Blood, Sweat and Tears,le plus fabuleux rock-jazz-fusion band de l'Histoire ne fut star que que quelques semestres, tout début seventies Al Kooper, Randy Brecker furent à l'origine du projet. Et David Clayton-Thomas, une voix formidable. Somptueuse machine de dix musiciens, Blood, Sweat and Tears dynamita le monde rock en impulsant un swing qu'avait entr'ouvert peu de temps avant Chicago Transit Authority. Il faut dire que les gars de BST étaient tous des pointures, influencés aussi bien par Duke Ellington que par Eric Satie ou James Brown. Dans leur second album, probablement le meilleur, se trouve une version de Trois gymnopédies.

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                             Quant à Lucrecia MacEvil, extraite de BST 3, je l'adore car elle porte bien son prénom de femme fatale et vénéneuse et son nom de diablesse. Tout compte fait, et à bien y réfléchir, je crois que j'ai connu des Lucrèce.

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28 juin 2018

In the name of rock/Emily

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                                      Bien qu'il soit tard, bien tard, je la cherche encore. Sur un banc du parc, mais pas un jour où criaillent les enfants. Elle n'aime pas les enfants. Au marché du jeudi matin, mais pas trop tard. Le monde lui déplait. Où? Et quand? Et comment? Là-bas! Sa silhouette? Inchangée, rude et parfois hautaine. Non. Elle a pris tant de coups. Beaucoup sont venus de moi. Pluie, plaie, pleurs et puis grands risques d'aridités.  Pauvre fou que j'étais qui n'a su garder l'or que touchaient mes doigts.

 

                                       For Emily whenever I may find her n'a jamais cessé de résonner à mes oreilles. C'est peu dire que souligner l'intemporalité de cette chanson. Art Garfunkel la chante encore. L'émotion est intacte. Seul le cheveu manque à son profil d'aigle. Pour le cheveu, moi, je tiens encore le coup.

 

                                  Même les rudes Red Hot Chili Peppers, pourtant à mille lieues de la ballade, l'ont interprétée. Torse et âme à nu. Mais il y a eu bien d'autres versions. Celles de Johnny Rivers ou Glenn Yarbrough. Et, plus étonnant, celle du saxophoniste Paul Desmond sur un album consacré aux chansons de Simon et Garfunkel.

 

                            La chanson est extraite du magique Parsley, sage, rosemary and thyme, troisième album du somptueux duo. Sur le même disque ils citent une autre Emily, la poétesse Emily Dickinson, dans le délicat The dangling conversation. Une merveille sur l'incompréhension qui s'est installée, une conversation banale, un peu plus que le début d'une fin. Il y est question de nature morte, de couplets hors de rythme et de refrains hors de rime. Out...Mais je parle d'un temps...

 

                            A peu près à la même époque une aube pinkfloydienne (Syd Barrett, Nick Mason, Rick Wright, Roger Waters) voyait aussi son Emily. Regardez-la jouer. See Emily play. Et si vous la voyez, vous savez où me trouver.

 

 

 

 

 

 

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07 avril 2018

In the name of rock/Angelyne

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                                           Que j'aime ce prénom! Je trouve que le Y modifie le climat angélique et le rend un peu plus interrogatif. Voilà qui certes ne veut pas dire grand-chose. J'avais seulement envie de faire écouter une jolie chanson par un de mes si chers ensembles folkie, The Jayhawks. Ne cherchez pas l'originalité. Cette dernière m'a déserté. Et puis plus passent les jours et passent les semaines, plus prénoms me reviennent. Extrait de l'album de 2003 (donc récent pour moi) Rainy day music, voici ma tendre amie Angelyne. Depuis, Gary Louris et ses complices la promènent sur les scènes indie-folk du monde entier en différentes versions, acoustique, solo, duo, trio. Si ça vous tente...

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14 mars 2018

In the name of rock/Deborah

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C'était un temps déraisonnable,

Préhistorique en diable

Glam rock était in et j'étais un peu out

Dix-neuf printemps et sans quartier, un mai latin

Une école, près du Luxembourg, fermée de grand matin

Fallait-il que je m'en foute.

Rien d'important

Je m'en moque tout autant

C'était un temps immémorial

T.Rex devint leur nom, éclatant

Et Marc Bolan brilla, impérial

Cela dura, dura...neuf ans

Lovin'you my Deborah

Wah!

   

 

                  

 

 

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25 février 2018

In the name of rock/Kathleen

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                                   J'ai tant chanté les prénoms, ceux qui voltigent et ceux qui désespèrent. J'ai tant écouté les solitaires munis d'une bandoulière et de six cordes. Parfois les cordes sont des bonds, lapins dans la rosée. Parfois les cordes sont des rires de femmes étendant une pimpante lessive sur la fraîche prairie. Parfois les cordes sont des larmes perdues, éperdues. Mais Kathleen n'est pas une femme. Et Townes Van Zandt le savait, comme beaucoup d'autres. Ainsi vécut Townes, miraculeusement, une cinquantaine d'années avant que sa Kathleen ne l'emporte. A dire vrai c'était déjà deux fois plus que tant d'autres.

                                  Comme je vous en veux, à vous tous, qui partites si vite. Et moi je vis toujours, et vous n'êtes jamais très loin. Savez-vous comme vous m'avez aidé? Savez-vous comme vous m'avez gardé la tête hors de l'eau? Alors je vous dois bien cette ballade à Kathleen. Mais de grâce, vous qui passez ici, ne la rencontrez pas.

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26 octobre 2017

In the name of rock/Elizabeth (version crooner)

                                                        Extrait de l'album Watertown, l'un des plus beaux de Sinatra, j'ai choisi Elizabeth, un prénom qui ne se donne plus, mais quand il chante Elizabeth, les frissons me parcourent, la chanson est pourtant anodine, les paroles simplistes, je n'ai pas connu d'Elizabeth, et ne suis guère apparenté à Buckingham Palace. Et depuis quand faudrait-il une raison pour aimer? Suis-je le seul à aimer la chanson et l'album entier, écrit par Bob Gaudio, un ancien des Four Seasons (Jersey Boys), album qui fut la plus mauvaise vente de Frankie The Voice? La raison probable? Très élaboré, magnifiquement orchestré, Watertown est en fait un concept-album sur la solitude d'un homme ordinaire, dans une bourgade très ordinaire elle aussi, que sa femme a laissé avec deux enfants. Les Américains de 1969 n'étaient pas prêts à faire un triomphe à ce Sinatra là. Les choses ont changé et les croonerologues considèrent que ce pourrait être l'un des plus beaux disques de Francis Albert. J'ai déjà évoqué cet album dans mon carnet de voyage musical.

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28 juin 2017

In the name of rock/Judy

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                                     Dame Judy et ses yeux bleus méritaient bien toute une suite. Est-ce le syndrome de la sortie restaurée de Hair de Milos Forman, notre prochain et dernier ciné-débat de la saison, lundi 3 juillet? Toujours est-il que l'envie m'a pris d'entendre à nouveau les si délicates harmonies de David, Stephen et Graham, Neil n'ayant pas encore emboîté le pas pour l'album Crosby, Stills and Nash. Galette enchanteuse, grace en 33 tours, dont tous les titres peuvent prétendre au panthéon. Suite: Judy blue eyes ouvrait cet album.

 

                                     Judy c'est bien sûr Judy Collins, compagne de Stills en ces années et la suite est vraiment une suite composée à partir de bribes de morceaux restés à l'état d'ébauches. Tous ces gens là ont maintenant 75 ans. Je ne laisserai personne dire que 75 ans est le plus bel âge de la vie. Du haut de mes vingt ans ma version à moi s'appelait Suite: Martine black hair mais qu'en reste-t-il? Tout de même, un autre 30cm, dédicacé, Songs of love and hate, le troisième de Leonard, tout un symbole.

                                 

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10 juin 2017

In the name of rock/ Renée

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                        Ce prénom bien désuet, bien français, les gens du rock l'aiment bien. Ils ont du mal à le prononcer et ça donne aux morceaux un exotisme continental bon chic. J'adore. Surtout quand Mark Hollis se met en quête de le psalmodier. La new wave de 1984 avait de bien beaux atours, Depeche Mode en particulier et les très bons Talk Talk dont Mark était la tête pensante. Ambiance sombre et égocentriste pour cette ballade. Talk Talk n'a jamais fait dans la joie de vivre. Il fut des moments où ça m'a plutôt convenu. Oui, les prénoms féminins que j'ai murmurés ont parfois frôlé le noir. Bien sûr, extrait de l'album It's my life, Renée est un prénom, disons emprunté.

 

                        Maintenant sexagénaire Mark Hollis a enregistré en solo quelques plages. Il s'est dirigé vers toujours plus d'épure, toujours plus d'intimisme, toujours plus de minimaliste, qu'il a fini par presque disparaître du paysage musical britannique. Un peu à la manière de son aîné Scott Walker. L'évangile selon Mark semble bien écrit, destin rock oblige. "I love sound, but I like silence more". La vie comme dissoute. Frissons. Inquiétude. Léger snobisme "J'me sens mieux quand j'me sens mal".

 

 

 

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